Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 07 : La Pensine
Albus frappa avec appréhension à la porte cachée derrière le tableau représentant Bowman Wright en train de façonner le premier Vif d'or. Derrière lui, Scorpius et Rose frétillaient d'impatience, tapant du pied sur le sol dans le cas de Rosie, se frottant nerveusement les mains dans le cas de Scorpius. Il leur jeta un coup d'œil agacé. Ces deux-là ne tenaient vraiment pas en place.
La porte s'ouvrit et trois visages identiques levèrent les yeux vers lui.
– Bonjour, Al ! saluèrent les triplées.
– Bonjour, les filles, leur répondit-il en entrant dans le salon de l'appartement, sa cousine et son meilleur ami à sa suite. Luna est là ?
– Bonjour, Rosie ! continuèrent Venus, Sunny et Stella sans lui répondre.
– Bonjour, les filles, répéta Rose en levant les yeux au ciel.
– Bonjour, Scorpius ! finirent les triplées en faisant un grand sourire au garçon blond.
– Bonjour, euh… les filles ? hésita Scorpius en suppliant du regard Albus de venir à son aide.
Sa timidité allait vraiment devoir être travaillée.
– Luna est là ? répéta Albus.
– Maman est dans son bureau, répondit Stella.
– En train de corriger des copies, précisa Venus.
– Mais elle ne t'en voudra pas de la déranger, continua Sunny. Elle t'aime bien.
– Merci, c'est gentil, se vexa Rose.
– Ne sois pas fâchée…
– C'est juste qu'elle voit Albus plus souvent…
– Avec les virées shopping qu'elle fait avec Tante Ginny…
– Tu sais bien que ce n'est pas trop le genre de Tante Hermione.
– Je sais, oui.
– Asseyez-vous ! s'exclamèrent les triplées en attrapant Rose et Scorpius et en les poussant dans le canapé.
Les triplées, qui avait eu interdiction de sortir de leurs quartiers jusqu'aux vacances de Noël, sautaient de joie à la moindre visite. Albus en profita pour se faufiler dans le couloir jusqu'au bureau de Luna. Planté devant la porte, il essuya ses mains moites sur son pantalon et rassembla son courage pour frapper.
– Oui ? fit la voix éthérée de Luna.
Albus passa la tête dans l'interstice et sourit à sa marraine.
– Je peux entrer ?
Elle acquiesça avec un sourire et fit disparaître ses parchemins d'un petit mouvement de baguette.
– Bonjour Albus. Tu as réussi à échapper à mes trois étoiles ?
– Rose et Scorpius les occupent, répondit-il avec un haussement d'épaules. Tante Luna, je peux te demander un service ?
– Demande…
– Est-ce que je peux utiliser ta cheminée pour demander quelque chose à ma mère ? C'est assez urgent, je n'ai pas le temps d'attendre un hibou.
Albus écarquilla légèrement ses yeux pour les faire paraître lumineux et innocents, et leva sur sa marraine un regard émeraude suppliant, remerciant Merlin de ne pas avoir de lunettes. Elles auraient gâché tout l'effet. Comme d'habitude, Luna fondit devant tant de candeur.
– Bien sûr, Al. La poudre de cheminette est dans le pot de droite. Prends tout ton temps.
Albus la remercia d'un sourire et se précipita dans la chambre de Luna, où se trouvait la cheminée en communication avec l'extérieur. Jetant une pincée de poudre dans le foyer et y avançant la tête, il s'exclama clairement :
– 12, square Grimmaurd !
Sa tête se mit aussitôt à tournoyer. Il vit passer quelques salons, deux ou trois cuisines et même une chambre avant de cligner enfin des paupières sur l'intérieur de sa propre cuisine.
– Mamaaaan ! hurla-t-il.
Il y eut un choc sourd quelque part dans les étages, des bruits de cavalcade dans les escaliers et Ginny Potter fit irruption dans la cuisine, le souffle court, ses longs cheveux roux en pagaille, baguette magique à la main.
– Albus ! s'exclama-t-elle. Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que tu fais dans la cheminée un samedi matin ?
– Maman adorée, commença Albus avec un sourire charmeur, est-ce que tu veux me faire plaisir ?
Ginny croisa les bras, l'air soupçonneux – et avec raison.
– Qu'est-ce que tu veux ?
– Est-ce que Scorpius peut venir à la maison pour les vacances de Noël ? demanda-t-il rapidement. S'il te plaît, Maman adorée, dis oui !
Ginny parut déconcertée.
– Je suppose que si Malef- ses parents sont d'accord, il ne devrait pas y avoir de problème. Il vient toutes les vacances ou seulement une semaine ? Il ne reste pas avec ses parents ?
– Toutes les vacances… S'il te plaît, il dit qu'il veut éviter d'aller voir son grand-père à Azkaban…
Albus refit le coup du regard suppliant. Ginny haussa les épaules, mal à l'aise à la mention de la prison.
– Pour moi, ça va. Dis-lui que j'enverrai un hibou à ses parents pour confirmer. Bisou, mon cœur.
– Ne m'appelle plus mon cœur. J'ai onze ans. On se revoit à King's Cross.
Albus retira sa tête de la cheminée et lança son poing en l'air.
– Ouais ! Oups…
Il rattrapa in extremis le bol qu'il avait failli faire tomber. Bien évidemment, Luna entra dans la chambre à ce moment-là.
– Attention avec cette Pensine de poche, Al. Elle est à Seamus.
– Une quoi ? interrogea Albus en portant la Pensine à hauteur d'œil. A quoi ça sert ?
– Une Pensine, répéta Luna. C'est pour stocker les souvenirs. Regarde…
Elle porta sa baguette à sa tempe et l'éloigna lentement de son visage, de longs filaments argentés s'étirant entre sa baguette et son front avant de se détacher et de tomber avec grâce dans le petit bol. Le liquide gazeux se mit aussitôt à tournoyer, des taches de couleurs apparaissant ici et là. Albus les regarda, fasciné.
– Cool, murmura-t-il.
Luna tapota le bol avec sa baguette. Le liquide s'éclaircit jusqu'à former une image minuscule, comme une télévision.
– Tu veux voir ? proposa Luna.
Albus hocha frénétiquement la tête. Sa marraine lui prit la Pensine des mains et la reposa sur la petite table.
– Tu n'as qu'à mettre un doigt dedans, lui indiqua-t-elle. Prêt ? C'est parti.
Albus se sentit aspiré à l'intérieur de la Pensine, comme s'il avait plongé tête la première dans une piscine. Il poussa un cri et replia un bras pour protéger sa tête, mais ce furent ses pieds qui entrèrent brutalement en contact avec le sol. Il vacilla et sentit Luna saisir ses épaules pour le stabiliser.
– Regarde, dit-elle. Je suis là.
Albus regarda autour de lui. Il était dans une grande salle qu'il ne connaissait pas, avec des étagères pleines de livres, des coussins et des élèves. Une Luna d'environ quinze ans était assise à ses pieds, tandis que sa marraine de trente-cinq ans était debout à côté de lui, le tenant toujours par les épaules, et promenait un regard à la fois curieux et mélancolique autour d'elle.
– Chouette collier, Tante Luna, remarqua-t-il. C'était à la mode, les bouchons de Biéraubeurre ?
Une voix familière le fit soudain sursauter.
– On est sur le Sortilège du Bouclier depuis deux séances, et certains d'entre vous ont déjà réussi à produire une protection provisoire. C'est pas mal du tout, et on va essayer d'obtenir des Boucliers un peu plus consistants cette fois-ci…
– Mais c'est Papa ! s'exclama Albus. Et Maman, Tante Hermione, Oncle Ron… Oncles Fred et George !
Luna hocha la tête.
– Bienvenue dans les locaux de l'Armée de Dumbledore, groupe illégal de Défense contre les Forces du Mal, créé lors de ma quatrième année. Devine qui était chargé des cours ?
– Ce serait mon père que ça ne m'étonnerait pas, plaisanta Albus. Oncle Seamus n'est pas là ?
– Il nous a rejoints plus tard…
Ils écoutèrent Harry donner quelques éclaircissements sur la façon de faire apparaître un Bouclier, puis regardèrent les élèves s'associer par paires pour pratiquer le sortilège. La jeune Luna se retrouva avec un garçon joufflu à l'air angoissé. Albus se rapprocha.
– Ce ne serait pas Oncle Neville ? Hé !
Un sort, à sa plus grande surprise, venait de traverser son abdomen. Luna éclata de rire en voyant son ahurissement.
– C'est un souvenir, Albus, lui rappela-t-elle gentiment. Les sorts ne peuvent pas te faire de mal. En fait, rien ne peut t'atteindre.
– Je le savais, répliqua Albus, se redressant fièrement.
Luna sourit sans répondre. Albus commença à se promener entre les différents groupes, suivant son père qui intervenait pour rectifier une incantation ou un mouvement de baguette. C'était drôle de voir ses parents à quinze ans. Ils avaient beaucoup moins de rides.
– Albus ? appela Luna. Il va falloir remonter, maintenant. J'ai encore des copies à corriger.
Albus arracha ses yeux du visage de sa mère, crispé par la concentration, et revint vers sa marraine, se sentant légèrement étourdi. Luna posa simplement la main sur son épaule et l'instant d'après, ils étaient de retour dans la chambre des Finnigan, à Poudlard, l'école de sorcellerie.
– J'espère que Rose et Scorpius sont encore vivants, fit-elle remarquer en reprenant son souvenir. Mes trois étoiles peuvent être infernales quand elles le veulent. Mais je crois qu'elles ont un faible pour ton ami.
– Ah bon ? s'étonna Albus.
Luna hocha la tête en le suivant dans le couloir.
– Elles n'arrêtent pas de parler de lui depuis que tu le leur as présenté, début octobre.
Albus ricana en imaginant les triplées suivant Scorpius partout dans le château, comme elles l'avaient fait quand Steve était arrivé, cinq ans auparavant. Victoire s'était bien amusée à raconter comment les trois petites filles de cinq ans entouraient le fils aîné de Percy Weasley à la table de Gryffondor, lors des repas.
Le ricanement se transforma en franc éclat de rire lorsqu'ils entrèrent dans le salon. Rose était assise confortablement dans un fauteuil, tandis que Scorpius, au milieu du canapé, tentait d'échapper à Venus (à sa droite), Stella (à sa gauche) et Sunny (à ses pieds), qui le bombardaient de questions sur les cours, la salle commune des Serpentards, la vie au château et lui-même en général.
Scorpius se leva d'un bond, manquant renverser Sunny, quand il les vit entrer. Le soulagement évident peint sur son visage était indécemment comique.
– Al ! s'exclama-t-il. Qu'est-ce qu'elle a dit ? Oh, euh, bonjour, professeur, ajouta-t-il avec un temps de retard.
Luna lui sourit en chassant ses filles hors de la pièce.
– Elle a dit, répondit Albus, que c'était bon pour elle mais qu'elle enverrait un hibou à tes parents.
Scorpius grimaça.
– Je ferais mieux de leur envoyer une lettre tout de suite, alors. Au revoir, professeur ! lança-t-il par-dessus son épaule en se précipitant hors de l'appartement.
Rose éclata de rire.
– Je crois que les triplées l'ont totalement dépassé, Tante Luna ! Il n'osera plus jamais mettre un pied ici !
Luna soupira en secouant la tête, un faux air désolé sur le visage.
– C'est entièrement la faute de Seamus, se lamenta-t-elle. C'est de lui qu'elles tiennent cette manie d'interroger les gens sans raison.
– Mais c'est de toi qu'elles tiennent ce don de dire toujours ce qu'elles pensent, que le moment soit bon ou pas, la taquina Rose.
– C'est bien possible, soupira Luna.
Elle vérifia sa montre.
– Je dois terminer mes copies. Vous avez fait vos devoirs ?
Albus se leva d'un bond.
– Bon, au revoir Luna, on était contents de discuter avec toi, il faut que j'aille voir comment Sco se débrouille avec sa lettre, on se voit ce soir au dîner, salut !
Et il fonça hors de la pièce.
– Ça veut dire non, traduisit charitablement Rose à l'adresse de sa tante qui se contenta de lever les yeux au ciel.
NdA : Concernant la Pensine, j'ai décidé qu'un simple contact avec la peau devrait suffire à envoyer la personne dans les souvenirs.
Merci à lily forever, pocabie, DiagonAlley, Caella, soleil levant08 et Hyotsuki pour leurs reviews.
