Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 08 : Réconciliations
– …Aveeec des jouets par millieeeers…
– Al, tais-toi, tu chantes faux, c'est une horreur, soupira Rose en hissant sa valise dans le porte-bagages.
Albus interrompit son interprétation très personnelle de Petit Papa Noël avec un couinement d'indignation.
– Je ne chante pas faux !
– Si, fut l'intervention laconique de Scorpius.
Albus croisa les bras, adressant une grimace à sa cousine et son meilleur ami.
– Vous dites ça parce que vous êtes jaloux de ma belle voix.
Rose en fit tomber sa valise sur son pied.
– Jaloux ?! ricana-t-elle en sautillant sur place, son pied dans la main. C'est une plaisanterie ? Al, tu serais incapable de chanter juste même si ta vie en dépendait…
– Même pas vrai.
– Si.
– On ne t'a rien demandé, Sco.
Scorpius se contenta de hausser les épaules en casant la valise de Rose à côté de la sienne. Albus lui donna brusquement une bourrade.
– Défends-toi un peu ! Les Serpentards sont censés ne pas se laisser marcher sur les pieds !
Scorpius saisit la main qui lui martelait les omoplates et coula un regard noir à Albus par-dessus son épaule.
– Il faut croire que je n'ai pas le caractère d'un Serpentard, alors.
– C'est vrai, ça, marmonna Rose. Pourquoi es-tu à Serpentard ?
Scorpius s'assit lentement, prenant un soin particulier et inutile à ne pas froisser sa robe. Quand il se rendit compte que ses deux amis le fixaient en attendant sa réponse, il soupira.
– Le Choixpeau a dit que j'avais beaucoup d'ambition…
Sa voix mourut alors qu'il se tournait vers la fenêtre. Rose et Albus échangèrent un regard furtif, avant de reprendre la parole.
– Si tu ne veux pas nous le dire, ce n'est pas grave, dit gentiment Rose.
– Oui, savoir ce qui se passe dans ta tête risque de me donner mal à la mienne, continua Albus.
Il évita un coup de pied de sa cousine.
– Tu deviens violente, Rosie, fais attention…
– Violente, elle ? s'étonna une voix douce.
Le trio sursauta et Abigail Anderson rougit. Elle commença à refermer la porte du compartiment.
– Je peux repasser plus tard…
– Non, non ! s'écria Rose en se levant d'un bond. Reste !
Abigail sourit avec gratitude et entra pleinement dans leur compartiment, s'asseyant à côté de Rose, en face des garçons. Elle leva un regard timide vers Scorpius dont les yeux absents étaient toujours tournés vers l'extérieur.
– Je suis venue m'excuser, lui dit-elle.
Il y eut un bref silence avant que la voix de Scorpius ne s'élevât.
– On ne s'excuse pas, on présente ses excuses.
Abigail rougit mais ne se laissa pas démonter.
– Je te présente mes excuses, alors. Pour avoir écouté tout ce qu'on disait sur ta famille et y avoir cru sans te connaître. Pour ne pas t'avoir bien traité en début d'année.
Elle hésita.
– Et pour ne pas t'avoir prêté mon livre sur la métamorphose élémentaire quand tu me l'as demandé à la Bibliothèque.
Albus haussa un sourcil. Scorpius ne lui avait pas raconté cet épisode. Le blond dut sentir son regard curieux car il lui jeta un coup d'œil incertain avant de se tourner enfin vers Abigail.
– C'est bon, n'en parlons plus.
Elle lui sourit avec reconnaissance.
– Merci.
Après un silence un peu gêné, les garçons entamèrent une discussion sur le Quidditch et les filles sortirent leurs livres de Botanique pour commencer leurs devoirs.
Ce fut un peu après le passage du chariot de friandises qu'ils eurent à nouveau de la visite, bien moins agréable cette fois-ci.
– Est-ce que vous… Oh, c'est vous.
Laura Nott était toujours aussi aimable. La main d'Albus se glissa dans sa poche et serra sa baguette.
– Va-t-en, Nott.
Elle ne lui prêta pas la moindre attention. Derrière elle, Tina Raven et Xena Taby tendaient le cou pour voir les occupants du compartiment. Les yeux de Laura glissèrent sur Abigail pour s'arrêter sur Rose. Un sourire froid sur les lèvres, elle fit un pas dans le compartiment.
– Rose Weasley, murmura-t-elle. Il paraît que tu es intelligente.
Comme elle semblait attendre une réponse quelconque, Albus vit sa cousine hocher prudemment la tête.
– Oui…
– Alors, que fais-tu avec ces deux-là ? demanda Laura en désignant du menton Albus et Scorpius.
Scorpius, à la surprise générale, se leva d'un bond, sa baguette pointée en direction des trois filles.
– Ne commence pas à nous insulter, Nott, menaça-t-il. Soit tu t'en vas, soit tu nous expliques pourquoi tu éprouves le besoin d'imiter Zabini chaque fois que tu nous croises.
Laura, sa propre baguette sortie et fermement tenue en direction du garçon blond, s'autorisa un rictus de dérision.
– Demande à ton père, Malefoy. Et au tien, Potter. Je suis sûre qu'ils seront ravis de vous renseigner.
Albus se leva vivement quand des étincelles rouges s'échappèrent de la baguette de Scorpius. Il savait que la dernière chose à faire en présence de son ami était d'insulter Drago Malefoy. Un troisième année qui lui avait demandé si son père sacrifiait vraiment un Moldu à la pleine lune après le solstice d'été était resté inconscient à l'infirmerie pendant une semaine.
Laura dut confondre les étincelles avec un véritable sort, car elle réagit aussitôt.
– Tarentall-
– Petrificus Totalus !
Le Maléfice du Saucisson la frappa dans le dos et elle s'étala sur le sol, raide comme un piquet. Tina et Xena hurlèrent et se retournèrent d'un bond, cherchant l'origine du sort. James Potter remit tranquillement sa baguette dans sa poche.
– J'ai bien fait de venir, moi, marmonna-t-il.
Il poussa le corps de Laura en-dehors du compartiment et ferma sans plus de façons la porte aux nez des trois Serpentards. Albus s'empressa de refermer sa bouche et donna une tape sur la main de Scorpius pour qu'il baissât sa baguette.
– Merci, Jamie ! claironna Rose.
James secoua la tête en faisant signe à Abigail de lui faire un peu de place entre elle et Rose.
– Ces trois-là commençaient à me taper sur les nerfs. Toujours à faire des remarques quand on se croise dans les couloirs. C'est un miracle qu'elles n'aient pas reçu un sort plus tôt.
Tout en parlant, il regardait Scorpius avec insistance, tant et si bien que, voyant son ami rougir de plus en plus et se tortiller malaisément sur son siège, Albus se décida à prendre la parole.
– Qu'est-ce que tu veux ?
Pas forcément l'entrée en matière la plus sympathique, mais bon…
– Vous demander pardon, répondit son frère.
– Toi aussi ? sursauta Albus.
James fronça les sourcils.
– Quoi ?
– Non, rien, dit hâtivement Rose. Pardon à qui, pour quoi ?
James s'éclaircit la gorge. La seule fois où Albus avait vu son frère aussi sérieux, c'était quand il l'avait mis en garde contre Scorpius, le 1er septembre, à bord de ce même train.
– Al, je suis désolé de ne pas t'avoir parlé pendant tout le trimestre. Je suis un ignoble crétin à l'ego surdimensionné qui n'a pas accepté que son frère arrête de l'idéaliser du jour au lendemain. J'étais aussi furieux que tu sois allé à Serpentard après avoir clamé pendant des années que tu n'irais jamais. Je me suis persuadé que si le Choixpeau t'y avait envoyé, c'était uniquement à cause de Malef- Scorpius, que tu avais voulu rester avec lui, ou je ne sais quoi. J'aurais dû me rappeler que le Choixpeau avait été tenté de m'envoyer à Serpentard.
Si Albus ne fut pas étonné par cette information, Rose écarquilla les yeux en se tournant vers son cousin.
– Quoi ?!
James hocha la tête, l'air coupable, les joues écarlates sous ses taches de rousseur.
– Mais il a finalement décidé que j'étais plus Gryffondor que Serpentard. Je suis vraiment désolé, Allie.
Par Merlin. James ne l'avait plus appelé Allie depuis qu'il avait cinq ans.
– Ça va, Jamie, dit-il doucement. Ce n'est pas grave.
James lui adressa un sourire soulagé avant de se tourner vers Scorpius.
– Scorpius, commença-t-il, je suis désolé de…
– C'est bon, le coupa Scorpius. Je n'ai pas envie d'entendre ça deux fois.
James le regarda sans comprendre. Abigail sembla perdre plusieurs centimètres en se ratatinant sur son siège.
– Mais je… tenta James.
– Ça va, j'ai dit, bougonna Scorpius.
James parut pris de court. Albus le vit hésiter un bref instant, mais James tendit la main vers Scorpius.
– On peut être amis ?
Albus se pinça discrètement. James Sirius Potter venait de parler avec un air timide. James Sirius Potter n'avait jamais eu l'air timide de toute sa vie.
Scorpius serra la main de James et la lâcha aussitôt quand Rose, avec un glapissement de joie, se jeta à son cou et l'étreignit de toutes ses forces avant de se tourner vers James et de faire la même chose. James se débattit aussitôt avec de grands cris, et bientôt tout le compartiment résonna d'éclats de rire.
– Tu ne perds pas le miroir, hein ? s'inquiéta une nouvelle fois Rose.
Scorpius leva les yeux au ciel.
– Non, je ne le perdrai pas, assura-t-il pour la centième fois.
Albus tentait de repérer ses parents tout en écoutant d'une oreille distraite ses deux amis se chamailler. James était parti récupérer sa valise et dire au revoir aux autres troisième année, et Abigail avait déjà quitté King's Cross en transplanant avec sa mère, qui avait été « ravie » de rencontrer « les jeunes Potter et Weasley », et beaucoup moins ravie de rencontrer le jeune Malefoy. Abigail allait sûrement subir un interrogatoire en règle une fois chez elle.
– Scorpius !
La voix grave les fit se retourner. Mr Malefoy faisait signe à son fils, ne voulant apparemment pas s'approcher d'Albus et de Rose. Les deux cousins ignorèrent totalement ses réticences et accompagnèrent Scorpius jusqu'à ses parents.
– Bonjour, Papa, Maman, salua Scorpius en souriant. Voici Albus Potter et Rose Weasley. Mes parents, Drago et Astéria Malefoy.
Albus serra la main de Mr Malefoy avec un grand sourire qui surprit visiblement le père de son ami, puis celle de Mme Malefoy. Il profita des salutations que Rose échangeait avec eux pour les étudier rapidement.
La ressemblance entre Scorpius et son père était frappante : mêmes cheveux blond pâle, mêmes yeux gris clair. Même la forme du visage était identique, bien que celui de Scorpius fût moins anguleux, et la courbe de son menton plus douce. Mme Malefoy avait des yeux bleus, des cheveux clairs et son sourire amical était le même que Scorpius.
– L'école se passe bien ? demanda-t-elle à son fils.
Il lui sourit.
– Bien sûr.
Albus savait qu'il n'allait pas lui raconter l'isolement et les chuchotements. Il ne l'avait pas fait dans ses lettres, il n'allait pas le faire de vive voix. Scorpius se tourna vers lui avec un regard entendu, confirmant ses pensées.
– On se revoit à Noël, alors ? dit-il en lui donnant sa main à serrer.
– Evidemment, confirma Albus. Vous êtes censés venir pour le déjeuner et le dîner, tu te rappelles ?
Rose le bouscula pour serrer Scorpius dans ses bras, à son grand embarras. Mr et Mme Malefoy retinrent visiblement un sourire en regardant ailleurs.
– On se parle dès demain, lui chuchota-t-elle à l'oreille. Ma famille passe les vacances chez Oncle Harry.
Elle le relâcha et Scorpius saisit la main de sa mère tandis que son père empochait sa malle rétrécie. L'instant d'après, ils avaient transplané.
Vous avez failli ne pas avoir de chapitre, aujourd'hui. Ceux qui pensent que "Pas ce soir, chéri, j'ai la migraine" porte à rire ne savent visiblement pas à quel point c'est handicapant. J'ai passé une très mauvaise nuit.
Et à présent...
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Merci à pocabie, Caella, Ron Ravenclaw, soleil levant08, Gwendolyn Jedusor Black et Earenya pour leurs reviews!
