Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 09 : Spero Patronum
Albus s'agitait dans sa chambre. Il s'asseyait sur son lit pour bondir aussitôt vers l'armoire, vérifiant une nouvelle fois qu'il y avait assez de place pour les affaires de Scorpius. Il avait rangé six fois son bureau et trois fois sa table de nuit. Il pensait être prêt.
Oui, c'est vrai, il était nerveux, et alors ? C'était la première fois qu'il invitait quelqu'un pour les vacances. Etant donné que James, Lily et lui avaient été à une école primaire moldue, il était hors de question de faire venir des camarades de classe à la maison.
– Harry ! hurla soudain Ginny dans l'escalier. Dudley au téléphone !
Albus entendit son père dévaler les marches depuis le dernier étage pour parler à son cousin. C'était toujours comique de les voir discuter quand les Potter passaient le week-end chez Dudley Dursley. Déjà, à cause de la différence physique : grand, blond, avec sa carrure de champion de boxe sur le déclin, l'apparence de l'oncle Dudley ne correspondait en rien à celle de Harry, qui était petit, brun, et possédait la silhouette fine et déliée de l'Attrapeur. Quand il était plus petit, Albus pouvait s'amuser des heures rien qu'à les regarder.
Mais à présent qu'il était plus vieux, c'était la manière dont les deux cousins se parlaient qui le faisait rire. Car Dudley Dursley, qui aurait facilement pu assommer Harry Potter d'une seule main, les yeux bandés, en équilibre sur un pied, n'élevait jamais la voix en présence de son cousin. On aurait presque dit qu'il avait peur de lui. Pourtant, Harry n'était pas si terrible. Il lui arrivait même d'appeler son cousin « Duddlinouchet » – après avoir expressément défendu à ses enfants de l'imiter.
– Albus ! appela sa mère, le faisant sursauter. Je crois que les voilà !
Albus descendit si vite les escaliers qu'un observateur non averti aurait pu croire qu'il avait transplané. Sa mère l'attendait devant la porte d'entrée, la main sur la poignée.
– Non ! glapit Albus. C'est moi qui ouvre !
Ginny lâcha la poignée avec un sourire entendu qu'Albus n'apprécia pas du tout, et recula pour attendre devant la fenêtre magique qui illuminait le hall d'entrée. Du coin de l'œil, Albus vit James et Lily s'immobiliser au pied des escaliers, juste avant que la sonnette ne retentît. Il ouvrit aussitôt la porte sur le visage souriant de Scorpius.
– Salut ! lança-t-il à son ami en sentant le nœud dans son estomac se détendre.
– Salut, répondit Scorpius.
– Bonjour, Monsieur et Madame Malefoy, continua Albus en se poussant pour les laisser entrer.
– Bonjour, Albus, salua Mr Malefoy en entrant derrière son fils et sa femme. Weasley, ajouta-t-il en apercevant Ginny dans le couloir.
Elle fit entendre une sorte de ricanement.
– Mon cher Drago, mon nom est Potter depuis près de quinze ans, fit-elle remarquer.
– Oui, ça a fait assez de bruit à l'époque, intervint doucement Mme Malefoy.
Ginny hésita une fraction de seconde, puis l'étreignit brièvement.
– Astéria Greengrass, murmura-t-elle. Ça fait longtemps.
– Ma chère Ginevra, mon nom est Malefoy depuis près de quinze ans, parodia la mère de Scorpius avec humour.
Albus, qui était en train de présenter Scorpius à Lily, releva la tête quand son père descendit enfin du salon, le téléphone toujours à la main. Harry s'arrêta sur la dernière marche, englobant du regard les enfants à côté de lui, les deux femmes qui discutaient en riant, et Drago Malefoy qui le fixait avec une expression insondable. Albus vit son père froncer le nez, une mimique qui signifiait chez lui l'indécision.
– La Fouine, murmura enfin Harry.
– Le Balafré, répliqua aussitôt Mr Malefoy avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres, sourire qui s'étira faiblement quand Harry s'avança, la main tendue.
– Comment va ta mère ? demanda Harry alors que les deux hommes se serraient la main.
Mr Malefoy haussa les épaules, et Albus se désintéressa de sa réponse en tirant Scorpius par la manche.
– Viens, tu dors dans ma chambre, je vais te montrer où c'est.
Scorpius hésita.
– Tes parents…
– Tu les verras tout à l'heure, assura Albus en saisissant sa valise et en commençant à monter les escaliers. James ? Lily ?
Son frère bondit immédiatement derrière eux, mais Lily marmonna qu'elle allait aider leur mère à préparer la salle à manger en vue de la soirée. Avec 24 personnes à table, Ginny et Kreattur auraient besoin d'aide s'ils voulaient que le dîner fût prêt à temps. Mme Malefoy venait déjà d'offrir ses services.
Les garçons se réunirent donc dans la chambre d'Albus, où ils entreprirent d'installer Scorpius.
– Rose n'est pas revenue de chez ses grands-parents moldus ? demanda le blond en testant les ressorts de son lit.
James secoua la tête en rangeant la valise en haut de l'armoire, avec celle d'Albus.
– Elle ne devrait pas tarder, Tante Hermione est censée aider à préparer le dîner. Tout le monde devrait arriver dans l'après-midi, de toutes façons. Ça nous laisse quatre heures de calme avant la bousculade.
Scorpius se redressa, l'air inquiet.
– « Tout le monde » ?
Albus se mit à compter sur ses doigts.
– Oncle George et Tante Angelina avec Fred, Roxanne et Iris, Tante Luna et Oncle Seamus avec les triplées, Tante Andy, Teddy, Tante Hermione et Oncle Ron avec Rose et Hugo, et vous. On sera 25 en comptant Kreattur. Les autres passent la soirée chez nos grands-parents.
Scorpius se mordilla la lèvre sans rien dire. Albus soupira en allant s'asseoir à côté de lui.
– Ils ne vont pas te manger, Sco.
– Je n'aime pas la foule, prétendit son ami.
James éclata de rire.
– Alors il ne fallait pas accepter de venir ! Chez nous, tout le monde est toujours chez tout le monde. La foule, on ne connaît que ça.
– Déjeuner ! fit la voix de Ginny dans l'escalier.
James sauta du lit de son frère et se rua vers la porte.
– Le dernier arrivé est un Veracrasse !
Albus était, comment dire… désarçonné. Il savait qu'il y avait eu quelques tensions entre Drago Malefoy et la plupart de ses oncles, mais il ne s'attendait pas aux regards assassins échangés entre le père de Scorpius et celui de Rose. Oncle George était simplement poli, et il souriait moins qu'à l'ordinaire, tandis qu'Oncle Seamus regardait son assiette en donnant l'impression de vouloir la jeter par la fenêtre. Ses parents et ses tantes entretenaient l'essentiel de la conversation, et Tante Andy faisait de son mieux pour paraître enjouée, mais il voyait bien qu'elle était troublée. Du côté des enfants, en revanche, l'ambiance était beaucoup plus détendue, en partie grâce à Teddy qui changeait de couleur de cheveux, ou reproduisait le visage d'un membre de la famille. Scorpius le regardait avec une expression étrange qui ressemblait à de la… convoitise ?
Albus n'avait jamais été si content de voir un repas se terminer.
Les enfants furent envoyés dans la salle de jeux du deuxième étage pendant que les adultes (y compris Teddy) se rassemblaient dans le salon du premier.
La salle de jeux prenait tout un côté de la maison. Trois chambres avaient été réunies en une seule grande pièce, et les trois Potter y avaient passé la plupart de leur temps libre depuis qu'ils étaient en âge de courir. Leur mère avait décrété qu'elle ne voulait pas voir de jouets traîner dans la maison (c'était après que James fût tombé dans les escaliers avec sa licorne à bascule ; heureusement, leur père était juste devant lui et l'avait rattrapé à temps) et elle avait tout rassemblé à l'intérieur de la salle de jeux. Chaque enfant Potter possédait un coffre à son nom dont l'intérieur avait été élargi magiquement pour contenir tous ses jouets. La salle était assez grande pour qu'ils puissent y courir librement, sans risquer de se cogner quelque part ou de glisser dans un escalier, et Kreattur avait toujours été chargé de les surveiller. Leurs parents prenaient la sécurité au sérieux.
Albus traîna derrière avec Scorpius, se laissant distancer par ses cousins. Quand la dernière pantoufle eût disparu au détour de l'escalier, il saisit le bras de son ami et l'attira dans la première pièce venue. Albus grimaça en fermant la porte sous le regard surpris de Scorpius. Il n'était pas censé entrer dans le bureau de son père. Tant pis, c'était juste pour cinq minutes, et Harry était occupé ailleurs, il n'en saurait rien.
Il se tourna vers Scorpius dans l'intention de le questionner sur l'étrange réaction qu'il avait eue concernant le métamorphosisme de Teddy, mais son ami le prit de vitesse. Il désigna un objet sur le bureau.
– C'est une vraie Pensine ? interrogea Scorpius, la curiosité pétillant dans ses yeux gris.
Albus s'approcha, reléguant à plus tard ses questions. Une lourde bassine de pierre, couverte de runes semblables à celles ornant la Pensine de poche d'Oncle Seamus, était remplie du même liquide gazeux argenté que celui dans lequel Luna l'avait fait plonger. Albus tapota de sa baguette le bord de la Pensine, et les volutes argentés accélérèrent leur mouvement, faisant apparaître quelques taches de couleur ici et là. A côté de lui, Scorpius piétina malaisément.
– On devrait peut-être…
– Laisse tomber, l'interrompit Albus sans quitter des yeux le contenu de la Pensine, et décidant que le métamorphosisme pouvait attendre. Ils vont discuter pendant des heures, puis ils se rappelleront qu'Iris n'a que cinq ans et ils viendront la chercher pour la mettre au lit. D'ici là, on sera revenus depuis longtemps.
Prenant sa décision, il toucha les souvenirs du bout de sa baguette. Les taches de couleurs se firent de plus en plus vives, de plus en plus larges, pour finalement former une image. Les deux garçons se penchèrent avec intérêt sur la scène qui leur était dévoilée, puis, sans même se consulter, plongèrent simultanément la main dans la Pensine.
Ils rouvrirent les yeux quand ils eurent de nouveau un sol ferme sous leurs pieds. C'était la nuit, et ils pouvaient voir le château de Poudlard illuminé un peu plus loin. Derrière eux, le lac sombre reflétait la pleine lune, sa surface aussi calme et limpide que celle d'un miroir.
Et près du lac…
Une silhouette allongée par terre, recroquevillée sur elle-même ; deux ombres, courant vers elle, brandissant leurs baguettes ; et une bonne centaine de créatures voilées que chacun des deux garçons connaissait pour en avoir vu des dessins mais espérait bien ne jamais rencontrer : des Détraqueurs.
Albus et Scorpius échangèrent un regard, et coururent vers les trois personnes qui tentaient de se défendre des Détraqueurs. L'une d'elles était forcément Harry, car personne d'autre n'était visible dans les environs. Et effectivement, alors qu'ils s'approchaient, il l'entendirent hurler :
– Hermione, pense à un souvenir heureux ! Spero Patronum, Spero Patronum…
Tout à coup, sans bien savoir pourquoi, ils se retrouvèrent de l'autre côté du lac, à côté de… Harry, qui marmonnait des propos incompréhensibles. A l'autre bout de l'étendue d'eau, de faibles panaches argentés s'élevaient entre les silhouettes et les Détraqueurs, avant de s'éteindre tout à fait. Les Détraqueurs se rapprochèrent des trois ombres, et ce fut ce moment que choisit Harry pour bondir sur la rive du lac, pointer sa baguette sur le sinistre rassemblement, et hurler :
– Spero Patronum !
Aussitôt, une lumière aveuglante surgit de l'extrémité de sa baguette. Galopant à la surface du lac, un cerf argenté chargea les Détraqueurs, les faisant fuir comme autant de moineaux affolés. Scorpius et Albus regardèrent, fascinés, le Patronus protéger le trio évanoui avant de revenir vers son créateur, une fois assurée leur sécurité. Harry aussi dévorait des yeux le cerf argenté. Et lorsqu'il leva une main tremblante pour le caresser, quelqu'un abattit les siennes sur leurs épaules.
– Ce n'est pas que je veuille vous déranger, dit joyeusement Teddy Lupin en ignorant les sursauts et les cris de surprise, mais je vous signale que tout le monde s'apprête à monter dans la salle de jeu. Il vaudrait mieux pour vous que Harry ne vous trouve pas dans ses souvenirs.
L'instant d'après, ils étaient revenus dans le bureau. Teddy les abandonna pour retarder les adultes afin de donner le temps aux deux garçons de monter dans la salle de jeu, et ils se précipitèrent dans l'escalier.
– Eh bien, murmura Scorpius quand ils furent en sécurité, c'était intéressant.
Albus acquiesça en renvoyant un ballon à Hugo. Rose tentait de les sonder du regard tout en continuant sa conversation avec Stella, et il la soupçonnait de vouloir les soumettre à interrogatoire dans un futur très proche.
– Est-ce que ton père était des deux côtés du lac en même temps ? demanda Scorpius, perplexe.
Albus haussa les épaules.
– C'est impossible.
– Pas forcément. Tu n'as jamais entendu parler des Retourneurs de Temps ? On en a un à la maison, ils sont devenus très rares et ils sont difficiles à fabriquer. Ils servent à voyager dans le temps. Avec ça, une personne peut se trouver à deux endroits en même temps.
Albus le regarda comme si une deuxième tête lui avait brusquement poussé.
– Pour quelle raison mon père aurait-il eu besoin d'un Retourneur de Temps ?
Scorpius haussa les épaules en se dirigeant vers la porte d'où ses parents l'appelaient pour lui dire au revoir.
– C'était juste une hypothèse.
J'ai écrit un nouveau chapitre 10, cette semaine. Je me suis dit que ce chapitre seulement était bien peu pour les vacances de Noël. J'ai étoffé.
Contente, Caella? On revoit les Malefoy. Le plus comique, c'est qu'avant de savoir que la femme de Drago s'appelait Astéria Greengrass, j'avais choisi Daphné Greengrass. Coïncidence...
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