Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 10 : Le test de Grand-mère Weasley
Albus observait Fred, les yeux plissés par la concentration, une mèche noire trempée de sueur collée à son front et tombant devant ses yeux. Balayant de ses prunelles émeraudes le large espace autour de lui, il fit un rapide calcul. S'il se déplaçait de deux mètres sur la droite, il aurait un bon angle de tir.
Mettant aussitôt son plan à exécution, il fit un signe discret à Stella, qui répondit d'un bref signe de tête en tentant de repousser une mèche blonde échappée de sa tresse. Agrippant d'une main ferme son balai, la petite fille fonça avec détermination en direction d'un Cognard et frappa la grosse balle noire de toutes ses forces.
Albus vit le Cognard arriver vers lui à toute vitesse, et ramena sa batte en position de tir, vérifiant d'un coup d'œil que Fred ne se doutait de rien. Le bruit sec que fit la batte en heurtant le Cognard fut des plus satisfaisants, et Albus constata fièrement que la balle avait atteint son but : Fred laissa échapper une bordée de jurons qui n'auraient certainement pas franchi ses lèvres si sa mère avait été là, et frotta l'arrière de son crâne en louchant furieusement dans la direction de son cousin. Albus agita la main, lui faisant remarquer que, profitant de sa distraction, Lily avait plongé vers le sol et poursuivait le Vif d'or. Fred poussa un cri d'alarme et se lança aussitôt derrière sa cousine, malgré l'avance que celle-ci avait déjà prise. Albus sourit victorieusement. Ils avaient quasiment gagné.
Un éclat de rire lui fit tourner la tête. Roxanne s'esclaffait en pointant James du doigt, et ce n'était pas bien difficile de savoir pourquoi. L'air éberlué de son frère apprit à Albus que Scorpius venait encore d'arrêter un des tirs de James. Albus ricana devant l'ahurissement de son frère et dirigea son balai vers un des Cognards. Qui aurait pu croire que Scorpius avait un tel talent de Gardien ? Louis, qui protégeait les autres buts, le regardait quelquefois en secouant la tête, les yeux ronds comme des billes.
Un sifflet retentit soudain, et toutes les têtes se tournèrent vers Teddy, qui arbitrait le match.
– Lily a attrapé le Vif d'or ! cria-t-il avec un grand sourire, ses longs cheveux indigo voletant dans la brise hivernale.
Albus hurla de joie et, ramenant sa batte contre son flanc, piqua vers le sol enneigé en parfaite harmonie avec les onze autres joueurs restants. Venus, Sunny, Stella, Rose, Scorpius et lui se précipitèrent aussitôt vers Lily pour la féliciter tandis que James, Louis, Dominique, Marie, Roxanne et Hugo entouraient Fred pour le consoler de s'être une nouvelle fois fait battre par sa cousine.
– L'équipe de Stella gagne par 210 points à 70, annonça Teddy, ses yeux virant au vert d'eau. Maintenant, je propose qu'on rentre. Il fait froid, et Grand-mère Molly me tuera si l'un de vous attrape un rhume.
La ribambelle de cousins et assimilés comme tels se dirigea lentement vers la remise à balais après que Teddy eût récupéré les balles grâce à un Sortilège d'Attraction. Les Cognards en mousse et le Vif d'or furent immobilisés par ses soins, et chaque joueur hissa son balai sur ses épaules. Teddy se chargea du balai de Roxanne en plus de la caisse des balles, malgré les protestations de la petite fille, qui affirmait qu'à presque sept ans, elle pouvait porter son balai toute seule.
– Alors, Scorpius, commença Teddy en marchant à leur hauteur, laissant les autres prendre de l'avance, comment se passent les vacances, jusque là ? Tu tiens le coup ?
Scorpius haussa les épaules, mais personne ne pouvait se méprendre sur la lueur de son regard. Il était ravi.
– J'essaye de m'habituer au bruit, répondit le garçon blond. Le silence n'existe pas, chez vous, même la nuit.
– Dis tout de suite que je ronfle, intervint aussitôt Albus, vexé.
Teddy éclata de rire, imité par Scorpius.
– Al, si tu ronflais, James n'aurait jamais laissé passer une occasion de te l'apprendre ! affirma Teddy quand il se fut un peu calmé.
Albus se demanda brièvement s'il était trop âgé pour bouder. Optant pour un compromis, il fusilla du regard Teddy et Scorpius et, leur tournant résolument le dos, les distança de quelques pas.
Il ne boudait pas, il opérait une retraite tactique pour réfléchir à un plan de vengeance.
– Il boude, murmura Teddy dans son dos.
Albus fit volte-face, sa robe volant autour de ses chevilles, faisant valser la neige.
– Je ne boude pas !
Teddy leva les mains en essayant de ne faire tomber ni la caisse, ni le balai.
– D'accord, d'accord.
Albus lui offrit un sourire grimaçant pour prouver qu'il n'était pas vexé et se remit à marcher, son balai en travers des épaules.
– Eh bien, cousin, reprit Teddy sans plus se préoccuper d'Albus, raconte-moi un peu ta vie. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler.
Albus sentit son estomac se serrer et attribua ce phénomène à la faim qu'il ressentait. Il venait de passer une heure à jouer au Quidditch, après tout. A sa gauche, il vit l'ombre de Scorpius donner un coup de pied dans la neige, faisant voler les flocons autour d'eux.
– Il n'y a pas grand-chose à dire, répondit finalement le blond. Je suis né chez nous, j'y ai grandi et je suis entré à Poudlard cette année.
– C'est tout ? s'étonna Teddy. Tu n'as jamais été malade ? Jamais eu de jambe cassée en tombant de ton balai-jouet ?
– Elles sont joyeuses, tes questions, ne put s'empêcher de remarquer Albus.
– Déformation professionnelle, répliqua Teddy en haussant les épaules.
– Tu n'es même pas encore guérisseur, rétorqua Albus.
– Plus que trois ans d'études ! s'exclama Teddy en ramenant ses cheveux à leur habituelle couleur turquoise, ses iris virant à l'ambre doré. Fais attention, Al… Dans trois ans, j'irai travailler avec Madame Pomfresh et si jamais tu passes par l'infirmerie, je m'occuperais personnellement de toi !
– Tu veux devenir le guérisseur attitré de Poudlard ?
L'incrédulité était clairement audible dans la voix de Scorpius. Teddy éclata de rire.
– Certainement pas ! Je n'ai pas assez de patience pour m'occuper uniquement d'adolescents impulsifs !
– Oh, oui, tu n'es pas impulsif du tout, railla Albus. Et je crois que tu as réussi à trouver un terrain d'entente avec une septième année, n'est-ce pas, Teddy ?
Il aurait dû s'éloigner un peu plus avant de dire ça. Ou au moins se mettre à courir après avoir fini sa phrase. Mais comme il ne l'avait pas fait, il ne put éviter Teddy quand celui-ci, avec un cri de guerre, se jeta sur lui de tout son poids, laissant tomber caisse et balai. Albus frissonna en sentant la neige s'infiltrer sous ses habits. Grand-mère n'allait pas être contente.
Teddy, assis à califourchon sur son ventre, maintenait ses bras plaqués au sol. Albus battit des jambes, en vain. Teddy l'avait bel et bien piégé.
– Qu'est-ce que je vous ai dit à propos des commentaires sur Victoire et moi ? demanda dangereusement le jeune homme.
Un bref coup d'œil à Scorpius lui apprit qu'il semblait partagé entre l'envie de venir en aide à Albus et celle de se moquer de lui en le voyant dans cette position.
– Sco ! cria-t-il d'un ton déchirant. Viens m'aider, vite !
Au même instant, deux groupes apparurent de chaque côté de la route. Le premier groupe, qui venait du Terrier, rassemblait tous les cousins Weasley qui, ayant entendu le hurlement de Teddy, s'étaient dépêché de rebrousser chemin. Le second groupe comportait des adultes, partis en promenade après le déjeuner, et qui venaient apparemment de montrer le terrain de Quidditch aux Malefoy.
Teddy se figea au-dessus d'Albus, sa main levée prête à écraser une poignée de neige sur sa figure. Scorpius regarda le visage stupéfait de son père avec culpabilité, et Albus profita de la seconde où personne ne bougeait pour hurler :
– Papa ! A l'aide !
La scène qui suivit, lorsque Luna Finnigan montra son souvenir à Minerva McGonagall, fut conservée par la directrice de Poudlard dans sa Pensine personnelle jusqu'à la fin de sa vie. Elle aussi avait besoin de rire de temps en temps.
La main de Teddy Lupin (et la neige qui était dedans) s'abattit sur le front d'Albus. A ce moment précis, Harry Potter et Ron Weasley dévalèrent le chemin pour se jeter sur Teddy, libérant Albus qui s'empressa de ramper hors de la zone de combat. Il n'alla pas bien loin, car il fut brusquement attaqué par une dizaine de boules de neige, toutes lancées par ses cousins. Constatant que son père et son oncle étaient toujours occupés à faire manger de la neige à Teddy, il essaya tant bien que mal de se remettre sur ses pieds. Trébuchant sous la volée de boules de neige, il se replia derrière un vieux chêne.
– James, Lily ! cria-t-il en faisant signe à Scorpius de se mettre à l'abri. Vous êtes avec moi ?
– Evidemment, répondit sa sœur en surgissant à ses côtés, de la neige plein ses cheveux roux.
– On était au premier rang, ils nous ont attaqués par derrière, râla James en essuyant ses lunettes.
Bien. Il était temps d'appeler la cavalerie. Les cousins allaient souffrir.
– Maman, Tante Hermione ! hurla Albus. Dans quel camp êtes-vous ?
Deux « CRAC ! » sonores retentirent, les faisant sursauter.
– Les Malefoy et les Finnigan les encerclent par l'autre côté, annonça Ginny comme si de rien n'était.
– Mes parents aussi ? s'étonna Scorpius deux mètres plus loin, caché derrière un orme.
– Luna les a réquisitionnés de force…
A l'aide de sa baguette, Hermione confectionnait des dizaines de petites boules de neige. Ginny en saisit trois et se tourna vers ses enfants, les yeux brillants. Scorpius profita d'une pause dans l'assaut pour les rejoindre et tous prirent des provisions. Hermione fit flotter les boules dans les airs pour les avoir à portée de main.
– A trois, compta Ginny. Un… Deux… Trois !
Se précipitant sur le chemin, tous les cinq bombardèrent l'ennemi, prenant à peine le temps de s'étonner de voir Teddy gisant abandonné dans la neige, le visage trempé mais hilare. Leurs adversaires purent tout juste crier de surprise que, dans leur dos, surgirent les six autres adultes, munis eux aussi d'armes glacées. Albus visait Rose et Venus, et chacun de ses projectiles touchait son but, résultant en hurlements de rire.
Bien sûr, il changea de cible quand Teddy lui envoya une boule de neige à l'arrière de la tête.
– Finalement, qui a gagné ? demanda Molly Weasley après avoir sévèrement réprimandé tout le monde pour être revenu trempé de la tête aux pieds.
– Nous ! déclara fièrement James en serrant les mains autour de sa tasse de thé. Sunny et Venus ont abandonné.
– Vous aviez tous les grands avec vous, marmonnèrent les triplées.
– Vous auriez pu nous appeler, ronchonna l'oncle George.
– On n'a pas eu le temps, se récria Hugo. Teddy a commencé avant qu'on puisse bouger !
Teddy releva une tête indignée du canapé où il « discutait » avec Victoire.
– Ce n'est pas moi qui ai commencé !
– Si ! dirent toutes les personnes présentes dans la pièce.
Teddy grimaça et se renfonça dans son siège. Grand-mère Weasley se tourna vers Mr Malefoy, la théière levée.
– Un peu plus de thé, Drago ? proposa-t-elle d'un ton mesuré.
Elle avait décrété qu'elle attendait de se faire une opinion par elle-même avant de les accueillir à bras ouverts, d'où l'invitation à déjeuner. D'après elle, on ne pouvait connaître quelqu'un qu'en voyant ce qu'il mangeait. « L'estomac est le reflet de la personnalité, » disait-elle souvent.
– Oui, je vous remercie, répondit Mr Malefoy.
Jusque là, les Malefoy réussissaient l'examen d'entrée. Ne restait plus que le test final, qui ne devrait logiquement plus tarder, à en juger par les regards que la matriarche posait sur le plus jeune des Malefoy. Albus croisa les doigts sous la table. Scorpius devait donner une bonne réponse.
– Scorpius, encore un peu de gâteau ? demanda Grand-mère Weasley.
Toute la tablée retint son souffle, sachant que de la réponse du garçon blond dépendait son entrée définitive dans le clan Weasley.
– Oui, s'il vous plaît, répondit Scorpius sans s'émouvoir des dizaines de regards insistants posés sur lui.
Molly Weasley eut un sourire rayonnant en remplissant son assiette pour la quatrième fois. Albus donna un coup de coude dans les côtes de son ami et Scorpius se tourna vers lui, ses yeux gris interrogateurs.
– Tu as passé le test avec mention « Optimal », chuchota Albus. Bienvenue dans la famille.
Et voilà le chapitre 10. Vous n'allez bien entendu pas oublier de laisser une R E V I E W.
Merci à Caella, Gwendolyn Jedusor Black, soleil levant08, lixouille, Jullsy et Margaux.R. !
