Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 11 : Philtres d'amour et petits cœurs
Albus se demandait s'il lui serait possible de commander une Boîte à Flemme à son oncle George sans que sa mère le sût. La grande majorité de ses camarades de classe avait déjà eu recours à une Pastille de Gerbe ou un Nougat Néansang, et ceux qui restaient projetaient d'utiliser les Petits-Fours Tourndeloeil. Albus comptait tester les Sablés de Feu, qui provoquaient la fièvre, ou les A-Toux, que son oncle avait récemment mis au point et qui entraînaient de terribles quintes de toux. N'importe quoi serait le bienvenu pour échapper aux cours de Potions.
– Malefoy, vous allez avec MacMillan…
Zabini séparait toujours les groupes d'amis pour préparer les potions, et ne mettait jamais d'élèves de la même Maison ensemble.
– Et Potter, vous allez à côté de Dubois.
Albus saisit son chaudron et ses ingrédients et s'assit avec un sourire soulagé à côté de la jeune fille blonde. La dernière fois, il avait dû coopérer avec Jake Ivory, et il avait été insupportable. Sa jumelle Jessica était à Serpentard, et Zabini refusait de les laisser travailler ensemble. Jake avait reporté sa frustration sur le chaudron, et avait failli faire exploser la mixture qu'il avait concoctée. Zabini leur avait mis zéro à tous les deux. Albus espérait que Patricia serait un peu plus sensée. Il avait vraiment besoin d'une bonne note pour remonter sa moyenne avant que sa tante Hermione n'envoie une Beuglante concernant l'importance de bien travailler pour avoir dix Optimals aux BUSEs.
Zabini s'éclaircit la gorge et les faibles murmures s'éteignirent immédiatement. Tous les élèves se tournèrent vers le professeur, soucieux d'éviter toute source de mécontentement.
– Comme vous le savez sûrement, commença Zabini, demain est le jour de la Saint-Valentin.
Les première année se regardèrent, troublés, murmurant leur surprise. Le Maître des Potions ne leur avait jamais semblé pourvu du moindre romantisme. En quoi la Saint-Valentin pouvait-elle bien l'intéresser ?
– Taisez-vous ! aboya le professeur. Merlin seul sait pourquoi, mais la directrice souhaite que chaque professeur fasse un effort pour adhérer à l'esprit festif de cette journée ridicule. Nous allons donc préparer un simple philtre d'amour.
Les murmures reprirent, excités. Patricia se redressa sur son siège et Albus fut surpris de trouver un large sourire sur son visage. Zabini promena un regard noir impérieux sur ses élèves.
– Il est bien évident que vous ne pourrez pas en emporter un échantillon.
Plusieurs filles soupirèrent, déçues, et Patricia cessa de sourire. Albus ricana silencieusement en voyant sa tête.
– Puisque Mr Potter trouve ce cours tellement comique, il va vous distribuer le matériel. Potter, vous savez où aller. Pour les autres, les instructions sont au tableau. Commencez à couper la menthe.
Habitué à être envoyé dans la salle de stockage du matériel, au fond de la classe, Albus ne mit pas plus de cinq minutes pour trouver, rassembler et distribuer toutes les affaires. Patricia avait déjà fini de broyer ses graines de tournesol quand il la rejoignit. Elle lui sourit en rassemblant la fine poudre en petit tas.
– Tu peux mesurer l'eau de rose, s'il te plaît ?
Albus décida en portant l'éprouvette graduée à la hauteur de son œil que toutes les filles n'étaient pas si mauvaises. Il se figea soudain et ses doigts se crispèrent sur la fiole d'eau de rose, menaçant de la briser. Inspirant profondément en fermant les yeux, il compta mentalement jusqu'à dix avant de se tourner vers la paillasse voisine où Tina Raven avait « malencontreusement » renversé sa bouteille d'essence de pensée, aspergeant ainsi copieusement ses chaussures et le bas de son pantalon. Au moment où il ouvrait la bouche malgré les signes affolés de Patricia, une voix narquoise murmura dans son dos :
– Potter, ne me dites pas que vous avez encore renversé quelque chose ? Vous êtes une catastrophe ambulante, mon pauvre… Une retenue devrait vous apprendre à maîtriser vos mains…
– Ce n'était pas lui, monsieur.
Le silence sembla s'étirer pendant un temps infini avant que toute la classe, professeur compris, ne se tournât vers Scorpius. Le garçon blond baissa la tête sous les regards surpris, admiratifs, choqués, voire calculateurs qu'il recevait.
Albus n'en croyait pas ses oreilles. Scorpius venait, pour la première fois, de contredire un professeur. Et pas n'importe quel professeur ; Blaise Zabini, le sombre et froid Maître des Potions, celui dont la voix douce vous faisait frissonner de terreur, dont l'ombre effrayait la vôtre, dont le regard vous pétrifiait pour peu que vous le souteniez trop longtemps.
Comment ça, il exagérait ?
Si peu.
– Je vous demande pardon, Mr Malefoy ? chuchota Zabini de sa voix 'Vous-Aurez-Une-Retenue-Si-Ce-Que-Vous-Dites-Ne-Me-Plaît-Pas'.
Scorpius releva courageusement (ou stupidement, selon le point de vue) la tête et les épaules.
– Il n'a pas renversé son essence de pensée, monsieur. C'est Tina qui l'a laissée tomber.
Zabini traversa la salle d'un mouvement fluide pour venir se camper de toute sa hauteur (très haut, donc…) devant Scorpius qui déglutit sous les éclairs glacés qui remplaçaient les yeux du professeur.
– Mr Malefoy, commença doucereusement Zabini, il me semble que vous n'avez pas eu la permission de parler en premier lieu. Encore moins pour accuser injustement une camarade de classe.
Scorpius se redressa lui aussi de toute sa taille. Albus le soupçonna de se dresser sur la pointe des pieds pour paraître plus grand.
– Mon intervention est parfaitement fondée, expliqua calmement Scorpius. Albus n'a dans sa main que le flacon d'eau de rose, et sa bouteille d'essence de pensée est encore sur la table, pleine. En revanche, Tina venait de reposer sa bouteille vide alors que sa potion n'a pas la couleur turquoise qu'elle devrait avoir si elle l'avait versée dans son chaudron. La déduction logique est que Tina a renversé sa bouteille d'essence de pensée, et mon expérience personnelle me porte à croire qu'il s'agit d'un acte délibéré. J'ajouterai que l'essence de pensée est un produit qui s'enlève très difficilement des habits une fois sec, alors si vous pouviez avoir la gentillesse de lancer un sort de nettoyage, ça vous éviterait l'inconvénient d'une Beuglante quand Mme Potter saura qu'Albus a dû jeter des pantalons neufs à cause de vous. Si j'étais vous, j'essayerais de ne pas la contrarier.
La moitié de la classe (les Gryffondors) était bouche bée. L'autre moitié (les Serpentards) attendait anxieusement quoique avidement l'explosion/la phrase assassine/l'Avada Kedavra du professeur Zabini.
Voilà pourquoi le « Vous avez raison » qu'il répondit calmement après avoir étudié la paillasse de Tina Raven provoqua quelques évanouissements, deux ou trois crises cardiaques et une hospitalisation à vie dans l'aile psychiatrique de Ste-Mangouste.
Naaan, c'est pas vrai. Sauf pour les évanouissements.
Après avoir ranimé les élèves, Zabini rappela que de toutes façons, Scorpius avait parlé sans lever la main, et qu'il aurait donc quand même une retenue. Tina écopa d'un devoir en plus à rendre au prochain cours.
Rose les toisa d'un regard sévère.
– Non, Zabini n'est pas la réincarnation de Voldemort, Al. Arrête de dire des bêtises de ce genre, si un des professeurs t'entendait, c'est d'une exclusion que tu devrais t'inquiéter, pas d'une retenue.
Albus planta sa cuillère dans son porridge avec une moue morose. Assis à la table des Serdaigles pour le petit-déjeuner de cette Saint-Valentin 2018, Scorpius et lui venaient de raconter à la jeune fille les événements du cours de Potions de la veille. Ils n'avaient pas pu lui parler avant pour cause de « révisions. Et vous feriez bien de vous y mettre aussi, les examens seront là avant que vous ne vous en rendiez compte. Je peux vous faire un planning de révisions, si vous voulez. Comment ça, non ?! »
Albus observa le dos de sa cuillère avec attention, réfléchissant au meilleur moyen de persuader sa cousine que Zabini était vraiment le Diable en personne. L'arrivée des hiboux ne perturba même pas ses pensées. Les pauvres oiseaux devaient réaliser des prouesses d'acrobatie pour atterrir devant leurs destinataires, les cœurs en papiers flottant dans les airs rendant les vols un tantinet aveugles. De temps en temps, un cœur éclatait en une multitude d'étincelles rouges, roses ou dorées au-dessus d'un élève (ou d'un professeur…), qui se retrouvait moucheté de paillettes pour les cinq minutes suivantes.
– Il est injuste même envers ses Serpentards, se plaignit-il une nouvelle fois. A ton avis, qui d'autre parmi les professeurs pourrait donner une retenue sans motif valable, ne pas l'annuler quand l'élève est reconnu innocent, et en donner une à quelqu'un d'autre quand ce quelqu'un essaye d'aider ?
– Il est injuste envers vous deux seulement, contra Rose. Raven n'a pas eu de retenue, n'est-ce pas ?
– Ne m'en parle pas, grommela Albus en foudroyant sa malheureuse cuillère du regard.
– Il a dit qu'il était ami avec Drago Malefoy, avant, reprit Rose en mordillant sa lèvre inférieure. Peut-être que la façon dont il vous traite à quelque chose à voir avec ce qui s'est passé entre eux ?
Albus repoussa son bol de porridge.
– Dans ce cas, qu'il tienne Sco à l'écart serait compréhensible, mais il n'a aucune raison de m'en vouloir.
Rose haussa les épaules en signe d'impuissance sans répondre.
– Et en plus, continua Albus, il lui a donné un… conseil… en début d'année, chez Hagrid, tu te rappelles ? Pourquoi voudrait-il l'aider à s'intégrer si c'est pour ne pas donner l'exemple lui-même ?
– Sco ? demanda soudain Rose d'un ton inquiet. Tu vas bien ?
Albus se tourna immédiatement vers son ami, intrigué. Scorpius s'était figé, une lettre dans sa main droite, la main gauche tenant sa fourchette suspendue à mi-chemin de sa bouche entrouverte. Son visage se colorait peu à peu et il semblait ne plus respirer.
– Sco ? demanda à son tour Albus.
Il agita une main devant les yeux de son ami et celui-ci sursauta. La fourchette retomba dans son assiette avec un claquement sec, et la lettre disparut sous la table.
– Quoi ? répondit-il en faisant comme si rien ne s'était passé.
Albus tendit la main, le comportement étrange de Zabini oublié.
– C'est une lettre d'amour ? On peut voir ?
– Non.
Scorpius se détourna et remit la lettre dans son enveloppe, l'enveloppe dans son sac à dos, et son sac à dos entre ses pieds.
– Oh, allez, quoi… gémit Albus en tiraillant sur sa manche.
– Non, Albus, répéta sèchement Scorpius.
Albus se figea. Scorpius ne s'adressait jamais, jamais, à lui par son prénom entier. Il laissa lentement retomber sa main.
– D'accord.
Il jeta un coup d'œil furtif à Rose, dont les sourcils froncés indiquaient qu'elle aussi avait remarqué le sérieux de leur ami. Puis ses yeux bleus s'éclairèrent brusquement. Elle se leva d'un bond, faisant sursauter les deux garçons.
– James ! appela-t-elle en agitant les bras. Viens voir !
Le frère d'Albus s'approcha avec un grand sourire, sautillant légèrement.
– Joyeuse Saint-Valentin ! lança-t-il en guise de salut. Vous savez que si un cœur explose au-dessus de vous, ça veut dire que quelqu'un pense à vous ? C'est Oncle Neville qui me l'a dit. Apparemment, c'est Tante Luna qui a eu l'idée. Pas mal, hein ?
Au même instant, des paillettes tombèrent en pluie au-dessus de sa tête, à son grand embarras. Il étudia ses mains d'un air ennuyé.
– Oui, évidemment, il y a des inconvénients, aussi… Tu voulais me dire quelque chose, Rosie ?
Rose sortit de l'état d'hébétude qui semblait la saisir chaque fois qu'elle voyait son cousin et échangea un regard déconcerté avec Albus et Scorpius. Si James adorait faire des blagues, il ne supportait pas d'en être victime. Son indifférence à avoir une peau rose bonbon pour les cinq minutes à suivre était quelque peu surprenante.
– Euh, répondit enfin Rose, je me demandais comment Zabini te traitait en classe.
James haussa un sourcil.
– Comme tout le monde, je pense. Il me donne peut-être plus de retenues et de points en moins, mais à part ça… Pourquoi ?
– Parce qu'il a l'air de s'acharner sur nous, voilà pourquoi ! s'exclama Albus. On dirait qu'il essaye de me donner une retenue toutes les semaines.
James le regarda d'un air compatissant et tendit une main pour ébouriffer ses cheveux. Albus le laissa faire malgré les épis qui se dressaient à présent dans tous les sens sur son crâne, sachant que si James ne le faisait pas maintenant, il allait le poursuivre toute la journée rien que pour l'embêter.
– Il m'a fait le coup ma première année, grimaça James. Il s'est calmé vers avril, mais j'ai eu mon lot de retenues entre-temps. T'inquiète, ça va passer.
Albus tenta de remettre de l'ordre dans ses mèches rebelles.
– J'espère juste que ça va passer vite, soupira-t-il.
James fit un geste insouciant de la main en regardant par-dessus son épaule en direction de la table de Gryffondor.
– Il finira par se lasser, à la longue. Bon, là, on m'attend. Passez une bonne journée. Oh, et Scorpius, félicitations.
Albus et Rose se tournèrent vivement vers leur ami tandis que James repartait en sautillant de l'autre côté de la salle. Leurs mâchoires tombèrent.
La peau de Scorpius était dorée.
Ta-dam! Chapitre 11, les amis! 11! 11 comme le nombre de reviews que j'ai reçues pour le dernier chapitre!
Merci à lily forever, DR Ciboulette, Margaux.R., miss-Potter-Weasley, Ame Silvery, Rini, Gwendolyn Jedusor Black, Tinn-Tamm, lixouille, Earenya et Caleen!
Je veux des reviews! Elles stimulent mes muses! Et j'en ai besoin, je bloque un peu sur le chapitre 15 en ce moment...
