Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 13 : Affaires de coeur et d'esprit

Rose arborait un sourire triomphant, et ses deux Serpentards préférés en étaient dégoûtés. Le trio revenait de l'infirmerie où ils avaient été visiter Louis Weasley, Préfet de cinquième année de Serdaigle et Gardien de son équipe de Quidditch, qui, lors du dernier match, avait reçu un Cognard sur l'épaule et s'était cassé la clavicule. Soumis, à son grand désespoir, au régime Poussos Spécial Fractures, il devait passer le week-end sous la surveillance étroite de Madame Pomfresh, dont le mode « Je-Suis-Là-Pour-Guérir-Les-Elèves-Alors-Faites-Ce-Que-Je-Vous-Dis-Et-Avalez-Cette-Potion » terrifiait toujours autant les étudiants, y compris ceux de septième année, et parfois même les professeurs les plus jeunes, dont elle s'était déjà occupée lors de leur scolarité.

Albus perdit son calme quand sa cousine commença à fredonner la vieille chanson « Weasley est notre roi », que Luna avait apprise aux Serdaigles dès qu'elle avait su que Louis jouerait Gardien.

– Est-ce que tu pourrais, s'il te plaît, arrêter de nous narguer ?

– On vous a ma-ssa-crés, chantonna Rose en s'éloignant prudemment de quelques pas.

– Vous n'avez gagné qu'avec une avance de 100 points, répondit Scorpius. Nous sommes toujours dans la course pour la Coupe, même si Gryffondor gagne aussi contre vous.

– …Avec lui, le Souaffle ne passe pas…

– Louis est fou, décréta Albus. Continuer à jouer avec une clavicule cassée… Il est fou, répéta-t-il en secouant la tête.

– Leur remplaçant est une vraie passoire, intervint Scorpius. Pas étonnant qu'il n'ait pas voulu le laisser jouer.

– Rob n'est pas une passoire ! s'indigna Rose en interrompant sa chanson. Il est juste un peu moins doué que Louis. C'est pour ça qu'il est remplaçant.

Albus échangea un regard avec Scorpius, et les deux garçons se tournèrent vers la Serdaigle.

– Il est une passoire, affirmèrent-ils de concert.

Rose renifla de dédain en croisant les bras. Albus prit un air alarmé tandis que Scorpius étouffait un rire.

– Je t'ai vexée ? fit mine de s'inquiéter Albus. J'ai remarqué que depuis ton anniversaire, tu boudais beaucoup plus souvent.

Les iris bleus de Rose s'assombrirent dangereusement.

– Je ne boude pas, prononça-t-elle lentement. Et tais-toi avec cette histoire.

– C'est parce que tu as déjà douze ans que tu nous donnes des ordres ?

– Al, intervint Scorpius, tu devrais arrêter de l'embêter avec ça.

Rose lui adressa un sourire reconnaissant.

– Après tout, continua Scorpius, ce n'est pas de sa faute si elle est plus vieille que nous.

Le sourire de Rose s'évanouit. Elle frappa du pied contre le sol, les poings serrés, ses cheveux s'échappant de son chignon.

– Taisez-vous ! Je ne suis pas vieille !

– Ce n'est pas ce que tu as dit… c'était quel jour, déjà, Al ?

– Le 28 février, il y a trois semaines, rappela Albus. Le jour de son anniversaire. Quand elle a eu douze ans, et qu'elle s'est rendu compte que nous ne les aurions qu'en mai.

– Ah oui, et qu'elle a enlevé une bougie sur le gâteau que James avait commandé aux elfes… BAISSE-TOI !

Albus plongea, et le sortilège que Rose venait de leur décocher passa au-dessus d'eux, ricochant contre le mur et brisant une fenêtre. Les deux garçons déglutirent difficilement derrière le pilier où ils avaient cherché refuge. Ils avaient oubliés à quel point Rose était brillante. Nul doute que ce sort devait avoir de très mauvais effets. Scorpius tira son mouchoir de sa poche et l'agita en signe de trêve.

– D'accord, d'accord, on retire tout ce qu'on a dit ! Tu n'es pas vieille, tu es même très, très jeune !

– MISS WEASLEY !

Le bras de Scorpius se figea, et Albus était sûr que son visage reflétait sa propre horreur. Les sorts étaient interdits dans les couloirs, Rose avait enfreint le règlement. Mais ce n'était rien comparé au fait d'avoir été prise sur le fait par le professeur Blaise Zabini. Rose allait avoir de très gros ennuis.

– Hum… Ce n'est pas ce que vous croyez, professeur, l'entendirent-ils balbutier.

Ils contournèrent le pilier pour lui apporter leur soutien. Même si elle leur avait effectivement lancé un sort, elle ne méritait pas une retenue avec Zabini. Les amis devaient s'entraider.

– Il y a un problème, Monsieur ? demanda innocemment Scorpius en levant de grands yeux gris vers le professeur de Potions.

Albus s'autorisa une pointe de fierté à cette vue. Il avait enseigné le « truc des yeux » à Scorpius dès qu'il en avait eu l'occasion, et son ami lui avait déjà confirmé que sa mère y était aussi sensible que Luna ; il l'avait testé pendant les vacances de Noël.

Malheureusement, Zabini devait posséder autant de sensibilité que les Scroutts à Pétards dont l'oncle Ron avait parlé quelques années auparavant, car il se contenta de lever un sourcil dans leur direction avant de se tourner vers Rose.

– Interdiction d'utiliser les baguettes dans les couloirs, Miss Weasley, dit-il laconiquement. J'enlève vingt points à Serdaigle. Rangez-la.

Il attendit que Rose enfermât sa baguette dans son sac pour s'éloigner à grands pas vers l'infirmerie, les poches cliquetant de fioles de potions. Les trois élèves le suivirent des yeux, contents de s'en tirer à si bon compte. Rose soupira et entama la discussion qu'ils avaient maintes fois répétée au cours des dernières semaines :

– Vous avez trouvé Moira Mandeni ?

Deux têtes furent secouées négativement dans un bel ensemble. Rose laissa échapper un soupir de frustration et récapitula :

– J'ai regardé dans les albums de la Bibliothèque et nous connaissons maintenant son visage. Nous savons qu'elle n'est pas la femme de la photo de la famille de Zabini. Vous avez « discrètement » interrogé les adultes concernés, et ni Luna, ni Neville, ni Seamus, ni le professeur Boot ne se rappellent d'elle. Evidemment, aucun d'eux ne sait ce qu'il ou elle a fait de son album photo, et ceux de la Bibliothèque ne contiennent pas les résumés de vie, étant donné qu'ils sont publics. Hagrid se souvient vaguement d'une jeune fille discrète aux cheveux noirs, mais ça ne nous aide pas beaucoup.

Elle passa une main brusque dans ses cheveux, arrachant les épingles qui les retenaient d'un mouvement saccadé. Les boucles rousses s'étalèrent sur ses épaules, et elle commença à les entortiller autour de son index, comme elle le faisait toujours quand elle réfléchissait intensément.

– Je suppose qu'il ne nous reste plus qu'à interroger nos parents, soupira-t-elle après un long moment. Ils sont notre dernière piste. Ne gâchez pas votre chance lors des vacances, surtout toi, Sco, nous n'aurons peut-être pas l'occasion de leur demander deux fois.

Les deux garçons se contentèrent d'opiner, ayant déjà entendu ses mises en garde une bonne centaine de fois. Le trio avait décidé de confronter leurs parents aux vacances de Pâques, pensant qu'un entretien direct valait mieux qu'une lettre. Les parents ne pourraient pas éviter les questions posées les yeux dans les yeux.

Scorpius se redressa brusquement, les sourcils levés en signe d'étonnement.

– Dites-moi que je rêve.

Rose et Albus se retournèrent, surpris par son ton incrédule. Perdant instantanément le contrôle de leurs maxillaires, leurs bouches s'entrouvrirent en une parfaite imitation des poissons rouges que Dean Thomas gardait dans son bureau du Chicaneur, au Chemin de Traverse.

Car James Potter se tenait à quelques pas d'eux, l'air horrifié, ayant visiblement tourné le coin du couloir sans savoir que quelqu'un se trouvait derrière. Il était vrai que les chances de croiser des élèves dans les corridors à l'heure du déjeuner, un dimanche, étaient extrêmement réduites.

Ce qui les choquait n'était pas de constater que James avait volontairement sauté un repas. Non, non. En réalité, ils avaient remarqué l'état de James. Sa robe de sorcier froissée, ses cheveux ébouriffés, ses joues rougies et ses lunettes de travers étaient si peu caractéristiques de son frère qu'Albus réagit aussitôt, une fois remis de son étonnement.

– Que t'est-il arrivé ? demanda-t-il en dissimulant son sourire derrière sa main.

A côté de lui, Scorpius s'était accroupi pour renouer son lacet. Albus aurait pu y croire si ses épaules n'étaient pas secouées de soubresauts, signe qu'il avait renoncé à garder son sérieux. Rose avait les yeux fixés sur le portrait d'une petite fille coiffée en macarons, les commissures de ses lèvres frémissant dangereusement.

Pourquoi la situation était-elle si drôle ? Parce que James Potter mettait un point d'honneur à être toujours impeccable. D'après lui, les professeurs soupçonnaient moins un élève propre sur lui qu'un élève débraillé quand il s'agissait de découvrir qui avait enchanté les armures pour leur faire danser le french cancan. Tout était question d'apparences.

James jeta un coup d'œil nerveux derrière lui en tentant de redresser sa cravate.

– Je ne vois pas de quoi tu parles, se défila-t-il.

Rose fit entendre un reniflement très peu élégant.

– Oh, je t'en prie. On dirait que tu as couru un 100 mètres.

– J'ai le droit de faire du sport, non ? répliqua vivement James.

– Sauf que si tu avais vraiment couru, tu aurais un peu plus transpiré, remarqua Scorpius.

– J'ai pris une douche.

– Tes cheveux ne sont pas mouillés.

– Jamais entendu parler d'un sort de séchage ?

– Tes habits sont froissés. Tu veux nous faire croire que tu as couru avec ?

La bouche de James s'ouvrit et se ferma. Puis se rouvrit.

– Euh… Oui ?

– Jamie, Jamie, Jamie, soupira Rose en secouant la tête. Pas à nous, s'il te plaît. On te connaît trop bien.

James s'enferma dans un silence buté et croisa les bras.

– Très bien, dit finalement Albus. Ne nous dis rien, on va deviner tous seuls.

– J'aimerais aller manger, si ça ne vous fait rien, grinça James entre ses dents.

– Donc, continua Albus sans tenir compte de ses propos, tu sors du couloir de Sortilèges avec la même tête que…

Il s'interrompit brusquement et écarquilla les yeux. Puis il éclata de rire.

Rose et Scorpius le regardèrent curieusement. James tenta de se glisser entre eux pour s'échapper, mais Albus saisit sa manche, souriant comme un dément.

– Comment elle s'appelle ?

– Qui ça ? bafouilla James en reculant d'un pas.

Teddy allait adorer la nouvelle. James allait détester la réaction de Teddy.

– Ton amoureuse, précisa Albus en luttant contre le fou rire qui le gagnait.

Rose étudia James d'un œil critique, tandis que Scorpius levait un sourcil blond, étonné.

– Quoi ? s'exclama James en libérant sa manche d'un coup sec. Qu'est-ce qui te fait dire que j'ai une petite amie ?

– Tu as la même tête que Papa quand il sort du bureau où il s'était enfermé avec Maman !

James en bégaya.

– Tu… Je ne… ce n'est pas…

– Mais bien sûr, concéda Rose en tapotant son épaule. On ne dira rien.

– Quoi ?! protesta Albus en s'inquiétant de la santé mentale de sa cousine.

Rose le regarda sévèrement. Elle ressemblait tellement à sa mère dans ce cas-là qu'Albus ne fut pas surpris d'avoir envie de reculer d'un pas. Il n'en fit rien, bien sûr ; elle en serait trop heureuse.

– Al, si James ne t'en a pas parlé, il devait certainement penser que ce n'était pas le bon moment, expliqua sa cousine de son ton d'adulte. Il le dira quand il sera prêt.

Albus soupira ; il détestait quand Rose se faisait la voix de la raison. Encore plus quand c'était pour le contredire. Et surtout devant un tiers. Il haussa une épaule en signe de défaite.

– Est-ce qu'on peut au moins savoir qui c'est, James ? James ?

James avait disparu. Il avait profité de leur discussion pour s'éclipser discrètement, fuyant les questions de son frère. Albus se tourna vers Scorpius, du reproche plein les yeux. Le blond se contenta de hausser les épaules.

– Je suis d'accord avec Rose. Tu aimerais, toi, qu'on te force à dire tes secrets ?

Albus fut bien forcé de reconnaître que non. Mais d'un autre côté, James était son frère, il avait bien le droit de le cuisiner un peu.

– Et si on allait manger ? proposa Rose dans une tentative évidente de détourner son attention. J'ai promis à Louis de lui rapporter une part de tarte à la citrouille.

Tout en suivant ses amis en direction de la Grande Salle, Albus se jura d'écrire à Teddy le plus tôt possible.


Ok, il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre. Mais ça reprend dans le suivant, qui est, autant vous prévenir tout de suite, très, très court...

Merci à pocabie, lily forever, Ae'Risse, Saga Lionheart, lixouille, DR Ciboulette et Gwendolyn Jedusor Black pour leurs reviews!

Le petit bouton bleu attend que vous cliquiez sur lui. Ne le décevez pas...