Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 15 : Mauvaises nouvelles
Rose et Scorpius posèrent chacun une main sur les épaules affaissées d'Albus. Derrière eux, Hagrid tamponnait ses yeux avec un mouchoir à carreaux de la taille d'une nappe, et Cacahouète gémissait en regardant alternativement son maître et les trois enfants.
Albus ravala ses larmes en fixant le petit monticule de terre qui abritait la dépouille d'Elvire, sa chouette effraie. Elvire avait été une compagne des plus fidèles depuis qu'il savait assez écrire pour envoyer des lettres. Elle l'accompagnait partout depuis que son père la lui avait achetée. Il ne comprenait pas pourquoi son corps sans vie avait été retrouvé gisant sur le sol de la volière. Elvire était encore jeune, une adorable et malicieuse petite chouette.
Et maintenant elle reposait dans un coin du jardin d'Hagrid, entre une licorne et une Acromantule. Plus jamais elle ne prendrait son envol. Plus jamais il ne la verrait atterrir sur le rebord de sa fenêtre.
Ce fut quand Rose le serra dans ses bras qu'il se rendit compte que ses joues étaient trempées de larmes. Un reniflement à sa droite lui apprit que Scorpius, avec toute l'empathie présente entre eux, avait lui aussi cédé à la tristesse. L'une des têtes de Cacahouète se mit à hurler à la mort.
– Je vais préparer du thé, annonça Hagrid, la voix étranglée, en tapotant le flanc de sa chienne.
Ils entendirent ses pas s'éloigner et la porte se refermer. Cacahouète avait suivi son maître à l'intérieur, et ils restaient tous les trois seuls devant la minuscule tombe.
Albus prit une grande inspiration tremblotante et se dégagea des bras de sa cousine sans enlever la main de Scorpius de son épaule. Ce simple contact lui apportait plus de réconfort que tous les câlins que sa mère avait pu lui donner quand il était petit. De la main de Scorpius irradiait une douce chaleur qui se diffusait dans tout son corps, apaisant son malheur et séchant ses larmes. (1)
Quand il se sentit suffisamment calmé, Albus prit doucement les mains de ses amis et les entraîna lentement vers la cabane de Hagrid. L'hippogriffe Buck ne se réveilla même pas quand ils s'installèrent à la table, devant leurs tasses de thé et les gâteaux immangeables concoctés par Hagrid.
– Vous avez fait vos valises ? demanda le vieil homme, brisant enfin le lourd silence.
Les deux garçons secouèrent la tête.
– On ne part que dans deux jours, Hagrid, répondit Albus en tentant de maîtriser son enrouement. On a le temps de les faire.
Rose fit la grimace.
– Vous remettez toujours tout au dernier moment ! s'emporta-t-elle en reposant sa tasse avec brusquerie, des gouttes de thé éclaboussant la table. Est-ce que ça vous tuerait d'être prêts à temps, pour une fois ?
– Bien joué, Rose, murmura Scorpius alors que les yeux d'Albus s'embuaient de nouveau. Tu n'aurais pas pu mieux choisir tes mots ?
Rose parut horrifiée.
– Je suis désolée ! Je…
– Pas ta faute, réussit à articuler Albus en se replongeant dans son thé sans céder à l'envie de s'y noyer.
Sa cousine avait peut-être l'intelligence de sa mère, mais quelquefois la maladresse de son père resurgissait.
– Quoi qu'il en soit, reprit Hagrid après s'être éclairci la gorge, Cacahouète et moi sommes censés passer le jour de Pâques chez toi, Al. Je n'ai pas vu Harry depuis une éternité.
Albus sourit, sincèrement heureux.
– Génial, Hagrid. Vous n'êtes pas venu à la maison depuis que James est entré à Poudlard.
– Ah bon ? Tant que ça ? s'étonna le vieil homme.
Albus se pencha soudain en travers de la table.
– Et en parlant de James, vous connaissez la nouvelle ?
Scorpius leva les yeux au ciel et Rose s'exclama :
– Al, on a promis qu'on ne dirait rien !
Albus se redressa.
– Faux, tu as promis que tu ne dirais rien.
– Je parlais au nom de nous trois, grinça Rose.
Albus haussa les épaules.
– Ce n'est pas comme si Hagrid allait le hurler dans la Grande Salle à l'heure du dîner. En plus, il fait quasiment partie de la famille. N'est-ce pas, Hagrid ?
Le vieil homme lui répondit par un sourire ému.
– De toutes façons, reprit Rose, famille ou pas famille, tu n'as pas à le dire tant que James n'est pas d'accord. On en a déjà discuté.
La réplique d'Albus mourut sur ses lèvres quand un terrier argenté apparut brusquement au milieu de la cabane, entrant par la fenêtre ouverte et déclenchant les aboiements de Cacahouète. Il alla droit vers Hagrid et la voix du père de Rose résonna dans la petite pièce :
– Urgent. Tous les enseignants sont priés de se rendre dans la salle des professeurs immédiatement.
Rose bondit sur ses pieds, aussitôt paniquée.
– Que se passe-t-il, Hagrid ? Pourquoi est-ce que Papa vous appelle ?
Le demi-géant la gratifia d'un regard éberlué en se levant de table.
– Je n'en ai aucune idée. Venez, il vaut mieux que vous retourniez au château, je ne veux pas que vous restiez seuls ici, on ne sait jamais ce qui peut sortir de la Forêt.
A leur grand étonnement, le terrier les accompagna. Albus évita de regarder en direction du jardin lorsqu'ils remontèrent le chemin qui menait au château. Cela lui fut d'autant plus facile que Scorpius lui chuchota à toute vitesse :
– C'est un de ces trucs qui font fuir les Détraqueurs, non ? Comme dans la Pensine de ton père.
Albus hocha la tête.
– Un Patronus. Les Aurors s'en servent quelquefois pour envoyer des messages.
– Ah.
Ils se turent, économisant leur souffle pour grimper la pente trop raide, et jetant des regards envieux à Rose que portait Hagrid.
Le vieil homme la déposa aux marches de la porte d'entrée et les observa un instant d'un œil incertain. Le terrier disparut.
– Retournez dans vos salles communes, dit finalement Hagrid. A mon avis, tous les élèves ont été renvoyés là-bas. Je vous tiendrai au courant ce soir au dîner.
Ils le regardèrent disparaître dans l'escalier de marbre, un mauvais pressentiment au creux du ventre, avant de se séparer et d'aller, l'une vers la tour de Serdaigle, les deux autres vers les cachots de Serpentard.
Un profond silence régnait dans la Grande Salle. Les yeux de tous les élèves étaient tournés vers l'estrade de la table des professeurs, où l'Auror Ronald Weasley venait de faire l'annonce la plus incroyable que leurs jeunes oreilles eussent jamais entendue.
– Comment ça, on ne peut pas rentrer chez nous pour les vacances ?! s'indigna un Poufsouffle de sixième année.
Toutes les Maisons se mirent à parler en même temps, le brouhaha en résultant rendant toute explication impossible à discerner. Albus se contentait de fixer son oncle, sachant qu'il attendait le calme pour continuer.
– Silence ! s'écria la directrice en projetant des étincelles rouges et vertes du bout de sa baguette avec un bruit de pétard. Laissez l'Auror Weasley vous expliquer la situation !
La plupart des élèves se turent, mais quelques uns parmi les plus jeunes chuchotaient entre eux en dirigeant des regards meurtriers vers l'Auror. Albus vit son oncle parcourir des yeux l'assemblée, prendre une brève inspiration et se lancer :
– Le Bureau des Aurors a été averti de troubles magiques dans des villes se trouvant au nord de l'Ecosse. Les Aurors enquêtant sur ces perturbations ont constaté qu'elles se déplaçaient en direction de Poudlard.
– Mais alors, interrompit un Serdaigle de septième année, il ne faut pas rester ici. Si ça vient droit sur l'école, on est mieux chez nous, non ?
– Non, répondit gravement Ron. Ces troubles sont causés par des Détraqueurs.
La bouche du septième année s'ouvrit sans qu'aucun son en sortît, puis se referma, et il tourna la tête vers sa voisine avec des yeux exorbités. Scorpius se pencha vers Albus.
– Maintenant, on sait pourquoi son Patronus nous a accompagnés jusqu'ici, lui murmura-t-il à l'oreille.
Albus hocha la tête et se redressa sur son siège, remarquant que Victoire agitait sa main levée et tentait d'attirer le regard de son oncle. Ron lui fit un signe de tête.
– Que compte faire le Bureau des Aurors ? demanda-t-elle d'une voix claire.
Les têtes se tournèrent de nouveau vers Ron.
– La moitié des Aurors seront affectés à la protection de Poudlard, annonça Ron. L'autre moitié traquera – et est déjà en train de traquer – les Détraqueurs pour éviter qu'ils arrivent à l'école. Nous ne savons pas ce qu'ils veulent. Vous êtes plus en sécurité tous rassemblés entre les murs de Poudlard qu'éparpillés aux quatre coins du Royaume-Uni.
Il promena un regard bleu impérieux sur la foule de visages levés vers lui.
– Certains d'entre vous – la plupart, même – pensent sans doute ne pas être en sécurité à Poudlard si des Détraqueurs viennent l'attaquer. Mais la compagnie pour une durée indéterminée d'une cinquantaine d'Aurors parfaitement capables de les repousser est préférable à vos vacances entourés de votre famille non entraînée pour ce genre de situation.
Il s'interrompit un instant.
– Professeur McGonagall ? demanda-t-il en se tournant vers la vieille dame pour l'interroger du regard. Voulez-vous ajouter quelque chose ?
La directrice hocha la tête et s'avança vers le bord de l'estrade.
– Je suis désolée de vous faire part de ma décision d'annuler tous les week-ends à Pré-au-Lard, annonça-t-elle d'une voix pas désolée du tout. Vous comprenez bien que ce n'est pas prudent. La Forêt Interdite est plus que jamais interdite. La tour d'Astronomie sera désormais fermée le soir – inutile de rougir, jeunes gens, ajouta-t-elle sévèrement à l'adresse de quelques septième année cramoisis.
Des rires nerveux se firent entendre.
– De même, continua-t-elle, interdiction de monter sur les toits après le dîner pour vos devoirs d'Astronomie. Tous les accès seront fermés à double tour et ensorcelés. Les fenêtres de vos dortoirs ne devront plus être laissées ouvertes sans surveillance et elles seront renforcées par des sortilèges pour résister aux pouvoirs des Détraqueurs. D'une manière générale, évitez de sortir, sauf accompagnés d'un Auror ou d'un professeur.
Les élèves frémirent sous le feu de ses yeux perçants.
– Vous êtes très nombreux, ajouta-t-elle avec gravité. Le « baby-boom » de l'après-guerre a fait que Poudlard se trouvera inhabituellement rempli pour les prochaines années. Nous ne voulons perdre aucun de vous.
Son regard survola une fois de plus la salle silencieuse.
– Suivez les consignes et tout ira bien, conclut-elle.
Petit à petit, les conversations reprirent. Albus tendit la main vers le plat de cuisses de poulet, tandis que Scorpius mâchonnait distraitement une tranche de pain.
– Hé, Albus ! lança Jessica Ivory. Ton père ne devrait pas être là ?
Albus la regarda longuement sans déceler autre chose que de la curiosité et une pointe d'inquiétude sur son visage. Il haussa les épaules.
– Il est soit avec les Aurors qui chassent les Détraqueurs, répondit-il, soit au Bureau des Aurors pour coordonner tout ça. Mais mon oncle est parfaitement capable de prendre en charge l'école, affirma-t-il en désignant du menton la table des professeurs.
Oncle Ron, assis entre la directrice et Neville, paraissait absorbé par la discussion qu'il menait avec eux. Luna, de l'autre côté de McGonagall, écoutait d'une oreille attentive les propos qu'il tenait. Tous les professeurs avaient des traits tendus et parlaient entre eux à voix basse.
– Si tu le dis… marmonna Jessica en plantant sa fourchette dans sa tourte. J'aurais préféré ton père. Au moins, lui, on sait de quoi il est capable.
Albus serra les dents. Les gens supposaient toujours qu'il connaissait les « exploits » de son père. Tout ce qu'il savait, il l'avait lu au dos de la carte de Chocogrenouille. Son père avait simplement secoué la tête quand Albus lui avait demandé de raconter son histoire, et lui avait ébouriffé les cheveux avec un « plus tard » peu compromettant. Albus était persuadé que même le sorcier vivant dans le coin le plus reculé d'Alaska en savait plus que lui sur son propre père.
– Oncle Ron est un très bon Auror, répliqua-t-il quand même. Mon père n'a de Directeur que le titre. En fait, ils sont trois : Papa, Oncle Ron et Tante Gabrielle. Kingsl- le Ministre a juste pensé que mon père endosserait mieux les responsabilités. Enfin, ça, c'est ma mère qui le dit. Parce que c'est souvent Tante Gabrielle qui remplit les papiers administratifs.
Albus s'aperçut que tous les première année Serpentard le fixaient avec étonnement et réalisa qu'il était en train de parler d'un des services les plus privés du Ministère. Il jeta un regard coupable en direction de son oncle et se replongea dans son assiette, tête baissée pour éviter les questions des autres.
– De toutes façons, intervint doucement Scorpius, Mr Weasley ne serait pas ici si le Ministère ne lui faisait pas confiance. Il y va de notre sécurité, après tout. Je ne crois pas que le Ministre Shacklebolt aimerait se retrouver face à nos parents en colère. Ma mère, surtout, ne lui ferait pas de cadeau.
Jessica gloussa et accepta la diversion.
– Mon père est très doué avec les potions d'Enflure, raconta-t-elle. Avec le Rictusempra, aussi. Ce sortilège est une vraie torture.
Elle frissonna pour bien illustrer ses propos.
Bientôt, d'autres élèves se mirent à raconter ce que leurs parents feraient au Ministre s'il leur arrivait ne serait-ce qu'une égratignure, et Albus fit un clin d'œil reconnaissant à Scorpius. Le blond se contenta de hausser une épaule en souriant.
Saisi d'une idée, Albus se redressa légèrement pour fouiller des yeux la table des Serdaigles. Comme il s'en était douté, Rose ne mangeait rien et regardait son père avec inquiétude. Albus fronça les sourcils. Sa cousine était pire que Tante Hermione et Grand-mère Weasley réunies. Elle allait s'inquiéter jusqu'à ce que son père annonçât que les Détraqueurs avaient été éradiqués de la surface de la terre.
Albus sourit en saisissant une part de tarte à la mélasse. Il allait falloir distraire Rose, et le plus tôt serait le mieux…
(1) Je répète : ce n'est pas un slash…
Pour ceux qui se poseraient la question : la licorne est une de celles qui ont été tuées dans l'Ecole des Sorciers. Et l'Acromantule est bien sûr Aragog.
Merci à Margaux.R., Julie Winchester, BriKoock (looool!! XD ), Chocolatine, Gwendolyn Jedusor Black, lixouille, DR Ciboulette, Ae'Risse, Missdagane et lily forever!
Je sais que vous voulez laisser une review. N'allez pas à l'encontre de vos désirs. C'est mauvais pour la santé.
Je ne sais pas si je pourrais poster le chapitre suivant la semaine prochaine. TP et exposé à préparer... Eurk. On verra bien.
