Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 16 : Y a-t-il un Maraudeur dans la salle ?!

Albus soutint sans ciller le regard noisette de son frère. James fronça les sourcils et donna un coup de pied dans un caillou. L'un des Aurors qui surveillaient la cour le fusilla des yeux quand le caillou rebondit contre son talon.

– Désolé, Mr Hatchins ! s'exclama James avec un signe de la main. C'est du chantage, ajouta-t-il à l'encontre d'Albus quand l'Auror se fût détourné.

Albus lui sourit.

– Oui, mais comme tu vas m'aider, je n'aurai pas besoin de recourir à de telles extrémités. Oh, allez, James, je sais que tu en meurs d'envie…

James enfonça ses poings dans les poches de sa robe.

– C'est vrai, reconnut-il.

– Et en plus, c'est une bonne action, insista Albus.

James leva un sourcil sceptique.

– Je ne vois pas comment une farce de cette envergure est une bonne action.

Albus engloba de la main les élèves massés autour d'eux.

– Ils ont besoin d'être distraits, Jamie. C'était quand, la dernière fois que tu as entendu quelqu'un rire ?

– Hier soir, répondit son frère. Mais j'étais tout seul devant le miroir. Est-ce que ça compte quand même ?

Albus cligna rapidement des yeux avant de décider d'ignorer la question. L'expression d'innocence que James arborait était trop angélique pour être honnête.

– Il va nous falloir chercher les sorts dont on aura besoin, continua-t-il.

Son frère eut une grimace de dégoût. Albus leva les yeux au ciel devant tant de réticence. Il ne put s'empêcher de taquiner James.

– Jamie, rassure-moi… commença-t-il à voix basse. Tu sais où se trouve la Bibliothèque, n'est-ce pas ?

James se planta devant lui, bras croisés, pommettes rouges et iris noisettes lançant des éclairs. Albus coupa sa tirade d'un air goguenard avant même qu'il n'ouvrît la bouche.

– Je plaisantais, James. Vraiment, tu n'as aucun humour… Je plaisantais, je te dis !

Albus adressa un sourire rassurant à son frère, mais James éprouva quand même le besoin d'ébouriffer sa tignasse noire avec une lenteur délibérée avant de lui rendre son sourire. Les Aurors commencèrent à faire rentrer les élèves à l'intérieur.

– Au fait, où est-elle ? demanda James alors qu'ils avançaient dans la file d'attente devant les portes.

– Sco l'a entraînée à la Bibliothèque, répondit Albus en tentant de discipliner ses épis rebelles. Tu sais qu'elle devient folle dès qu'elle voit un livre. C'était le moyen le plus efficace pour la tenir à l'écart.

James hocha la tête, une lueur d'admiration dans le regard.

– Futé.

– Merci.

– Qu'est-ce qui est futé ? demanda une voix grave dans leur dos.

Les deux garçons firent volte-face.

– Oncle Ron ! s'exclama James. Est-ce que tu sais qu'ils ont annulé le match des Canons contre les Harpies à cause de débordements de supporters ?

Leur oncle eut un sourire crispé.

– Je sais, oui, mais ce n'est pas ça qui va me distraire. Qu'est-ce qui est futé ? Ne dites pas 'rien', je vois bien que vous avez quelque chose en tête.

Les deux frères s'interrogèrent du regard avant de répondre. Albus fronça le nez et James mordilla sa lèvre inférieure en levant des yeux innocents vers son parrain.

– Il se pourrait que Scorpius ait attiré Rose à la Bibliothèque sous un faux prétexte, admit l'aîné des Potter. …pour nous permettre de discuter tranquillement, acheva-t-il piteusement quand son oncle le fixa du regard.

Ron se contenta de lever un sourcil. Albus intervint pour éviter un interrogatoire en plein milieu du couloir.

– C'est indolore et sans conséquences permanentes, Oncle Ron.

Leur oncle les étudia un instant avant de lui tapoter l'épaule en souriant.

– C'est bon, mais ne touchez pas à mes Aurors. Si jamais ça tourne mal, ils devront quand même vous protéger.

Les deux garçons se redressèrent, indignés.

– Evidemment ! protestèrent-ils.

Et en plus, songea Albus, leur père les tuerait s'ils touchaient à un cheveu de ses précieux Aurors. Sans parler de Tante Gabrielle.

– Oncle Ron ? appela James alors que leur oncle faisait demi-tour. Tu crois qu'Oncle George pourrait venir au château ?

Ron eut l'air surpris.

– Oui, bien sûr… Tu veux que j'aille le voir ou tu lui envoies un hibou ?

– Oh, je vais lui écrire, répondit James avec un sourire un peu inquiétant. Je dois lui demander d'apporter deux ou trois trucs…

Ron parut se livrer à un combat intérieur. Albus savait qu'il se retenait de les interroger plus avant. Il pourrait ainsi prétendre à juste titre qu'il ne savait rien si la directrice McGonagall cherchait les coupables, comme elle le faisait à chaque fois que James frappait.

– On va dire que je ne suis pas au courant, d'accord ? reprit enfin Ron. Maintenant, filez, les cours vont commencer.

Les deux frères commencèrent à s'éloigner.

– James, Al ! les rappela Ron.

Quand Albus se retourna, il put lire sur le visage de son oncle que la curiosité avait repris le dessus dans sa lutte intérieure.

– Si jamais vous avez besoin d'un coup de main pour un sort un peu trop compliqué à votre niveau…

– Compris, Oncle Ron, coupa James avec un clin d'œil. Tu seras frappé d'amnésie passagère.


Une semaine, deux jours, trois heures, dix-sept minutes et quarante-huit secondes plus tard…

Albus releva la tête quand Scorpius s'assit brusquement devant lui. Malgré le mouvement incessant qui animait la Grande Salle à l'heure du dîner, le geste l'avait surpris.

Il se pencha vers Scorpius avec des yeux interrogateurs.

– Succès total, fut la brève réponse de son ami. Ton oncle vient de repartir.

Albus se redressa, satisfait. Ses yeux balayèrent la Grande Salle, s'attardant sur Rose, qui triturait sa nourriture sans la manger, James, qui hocha rapidement la tête, et l'oncle Ron, dont les oreilles rougirent quand il accrocha son regard. Il savait que La Diversion aurait lieu ce soir.

– Tu crois que McGonagall se doute de quelque chose ? demanda Scorpius.

Albus observa un instant la directrice. Elle était assise très droite, paraissant toujours aussi sévère avec son chignon blanc et ses lunettes carrées, et écoutait d'une oreille visiblement distraite le professeur Boot. Elle ne quittait pas des yeux la table de Gryffondor, et plus particulièrement l'endroit où était assis James.

– Même si c'est le cas, répondit Albus, elle ne peut plus rien y faire, maintenant. Tout est prêt, il n'y a plus qu'à attendre.

Scorpius émiettait nerveusement un morceau de pain. Albus tendit la main par-dessus la table et saisit son poignet.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

Scorpius leva de grands yeux gris effrayés vers lui.

– Les Détraqueurs approchent, murmura-t-il. J'ai entendu ton oncle en parler à d'autres Aurors. Ils échappent à tout le monde, et personne ne sait comment ils font.

Albus frissonna.

– Mon père doit être sur les nerfs, remarqua-t-il à voix basse. Il déteste ces monstres.

Nouveau regard vers la table des professeurs.

– Je suppose qu'il vaut mieux attendre un peu avant de l'interroger sur Moira Mandeni. C'est drôle qu'Oncle Ron ne se rappelle pas d'elle.

– On dirait qu'elle n'a pas beaucoup marqué les esprits, renchérit Scorpius. C'est bête qu'on n'ait pas pu rentrer chez nous, Rogue a dit de demander à mon père.

– Et si jamais les Détraqueurs ne sont pas arrêtés avant les vacances d'été ? s'inquiéta brusquement Albus. On va devoir rester ici ?

– Demande à ton oncle. Si c'est le cas, j'espère que les parents pourront nous rejoindre. Je voudrais vraiment poser quelques questions à mon père.

Albus sursauta soudain et saisit sa montre. Ses yeux étincelèrent.

– C'est l'heure ! Tu es prêt ?

Scorpius se raidit.

– On est sûrs que ça ne fait pas mal ? demanda-t-il pour la énième fois.

– Oui, Sco, on est sûrs, répondit Albus. Dans cinq… quatre… trois… deux… un…

A 18h15 très exactement, les bancs des quatre Maisons se mirent à briller. Quelques élèves hurlèrent et toute la Grande Salle résonna brusquement de bruits de sièges renversés, de cris apeurés ou réjouis, et de tintements provoqués par les professeurs pour ramener le calme ; calme qui ne dura pas plus de trois secondes quand des jets de lumière jaillirent des bancs et frappèrent les élèves.

Des quatrième année qui avaient atteints les portes se mirent à tambouriner dessus en constatant qu'elles étaient bloquées. Neville se frayait déjà un chemin dans cette direction en tentant d'éviter les rayons lumineux rouges, bleus, verts et jaunes qui fusaient dans tous les sens, et la directrice hurlait aux élèves de ne pas paniquer. Albus vit Luna pousser Zabini hors de la trajectoire d'un rayon, et le professeur Boot plongea sous la table des Poufsouffles pour en faire sortir des première année qui s'y étaient réfugiées.

Il y eut un 'POP !' retentissant, un peu comme le bruit d'un transplanage, et Albus grimpa sur la table pour scruter avidement la foule des élèves.

A la table des Serdaigles, un flamant rose avec un bec bleu et bronze regardait autour de lui d'un air profondément ahuri, écartant ses ailes pour les observer avec panique, puis laissant échapper un long cri qui fit se retourner la plupart des têtes. Un sixième année Gryffondor éclata de rire avant de se transformer avec un 'POP !' en girafe aux pattes rayées rouge et or. Un ours, un ocelot, un poney et une chèvre suivirent, et les uns après les autres, les élèves laissèrent leur place à tous les animaux de la Création, chacun arborant les couleurs de sa Maison sur une partie quelconque de son anatomie.

Les professeurs s'étaient figés et regardaient leurs élèves se transformer avec des yeux ronds comme des Gallions. La directrice avait toujours sa baguette brandie, et l'oncle Ron regardait la débâcle d'un air amusé en s'éloignant prudemment de McGonagall. Luna et Zabini étaient toujours étalés par terre, là où ils étaient tombés en plongeant pour éviter un rayon.

Albus surprit le regard de Rose avant qu'un 'POP !' ne la transformât en lapine aux oreilles tachetées bleu et bronze. Même si elle était indéniablement souriante, sa cousine allait lui demander des comptes, plus tard.

James avait depuis longtemps pris l'apparence d'un orang-outan, et Scorpius feula en remuant sa tête de tigre. Albus baissa les yeux en se sentant rétrécir, un 'POP !' résonnant dans son corps. Il retint une grimace en voyant ses écailles. Même si un varan n'était pas un animal des plus sympathiques, il préférait ça à la mouffette qu'était devenue Lucy.

– JAMES POTTER !! hurla brusquement McGonagall dans le silence qui suivit l'arrêt des transformations.

L'orang-outan se ratatina sous son banc. La directrice pinça l'arête de son nez en soupirant, et Neville abandonna ses efforts pour ouvrir les portes. Luna et Zabini se relevèrent lentement, l'une parfaitement calme, l'autre avec un visage incrédule. Et l'oncle Ron éclata de rire.

– Ce n'est pas drôle, Mr Weasley, aboya McGonagall sans ouvrir les yeux.

– Oui… je veux dire non, Professeur, tenta de répondre Ron à travers ses larmes de rire. Mais reconnaissez que c'est gentil de leur part de ne pas avoir ensorcelé les professeurs.

– Mr Weasley !

– Oui, Professeur. Pardon, Professeur.

L'oncle Ron se détourna de la directrice sous le prétexte de chercher des élèves sous la table des Serpentards, mais Albus voyait bien qu'il luttait pour contenir son fou rire.

– Pour un peu, je me croirais revenue de cinquante ans dans le passé, marmonna la directrice. Les James Potter sont insupportables, se lamenta-t-elle en contemplant le zoo qu'était devenue la Grande Salle, une main tapotant nerveusement son chignon. Pourquoi ont-ils toujours les meilleures idées pour rendre infernale la vie des professeurs ?

Albus échangea un regard coupable avec Scorpius. Mais James n'avait pas leurs scrupules, car l'orang-outan se précipita vers la directrice en émettant des cris stridents. Albus supposa que son frère voulait tenter de se justifier. Malheureusement, son numéro de petit ange blanc comme une licorne était considérablement affaibli par son apparence.

– Vous, calmez-vous, ordonna sèchement McGonagall. De toutes façons, je ne comprends rien à ce que vous dites.

Le tigre à côté d'Albus fit entendre un son à mi-chemin entre le ronronnement et le grognement. Albus supposa que c'était le bruit qui se rapprochait le plus d'un rire, chez les félins. Un aboiement attira son attention et il remonta sur la table pour observer les dégâts.

Hum… il n'aurait peut-être pas dû demander conseil à son grand-père et à Sirius, finalement. Même s'ils étaient réputés pour leur ingéniosité, ils avaient un peu forcé la dose en lui suggérant cette idée de farce.

En réalité, les deux hommes avaient proposé de changer les élèves en animal symbole de leur Maison, comme eux-mêmes l'avait fait en leur temps, et les triplées avaient aussitôt sauté de joie quand il avait exposé cette idée. A force de fréquenter Hagrid, elles avaient été contaminées par son amour des animaux, et leurs blagues comprenaient souvent des métamorphoses en bestioles à deux, quatre ou six pattes (l'épisode d'Halloween en étant un exemple éclatant). Sunny avait aussi décrété que quatre espèces d'animaux n'étaient pas assez, et James, Albus et Scorpius avaient fini par céder. Chaque élève serait un animal différent, mais les couleurs de sa Maison seraient quand même bien visibles. Et bien sûr, interdiction de toucher aux professeurs et aux Aurors.

McGonagall était livide.

Quoique, c'était bien le but de l'opération, n'est-ce pas ? Distraire les habitants du château pendant quelque temps. Au moins, les élèves auraient de quoi parler pendant les vacances, qui commençaient le lendemain, d'ailleurs. La Diversion était une réussite éclatante.

Plus qu'à attendre pour se débarrasser des plumes, des poils ou des écailles. Normalement, les élèves devraient reprendre leur apparence normale d'ici le lendemain soir, pour les plus lents…

Hagrid allait être ravi.


Ta-dsam!! Chapitre 16! J'ai calculé, la première année devrait avoir environ une vingtaine de chapitres. Eh oui, ça veut dire... que c'est bientôt fini! Snif, snif... Mais les années suivantes sont programmées... dès que je les aurai écrites.

Par contre, j'ai quelques petits soucis avec la fin de la première année, j'essaierai de mettre à profit la première semaine de vacances (qui commencent samedi 19 pour moi) pour ficeler tout ça et ne pas avoir de retard dans les posts. Voyez comme je vous aime.

D'ailleurs, j'embrasse Chocolatine, lily forever, DR Ciboulette, Julie Winchester, Un malade qui espère guérir (que ton souhait soit exaucé!), lixouille et Ae'Risse!

Ae'Risse: je pourrais éventuellement garder ton idée pour une année ultérieure, ça peut rentrer dans mon plan. Merci beaucoup. Le club pour apprendre le Patronus... disons qu'il va y avoir un truc de ce genre, mais les plus jeunes ne sont pas concernés. N'oublions pas qu'un Patronus demande beaucoup d'énergie. D'accord, Harry a réussi à 13 ans, mais je pense que "Horcruxe-numéro-7" y est pour quelque chose (après tout, d'après notre loup-garou préféré, nombre de sorciers adultes n'y arrivent pas). Quant aux personnages "amis"... on verra du monde dans le prochain chapitre, je pense.

J'aime les reviews. Surtout quand elles sont signées, parce que je peux vous répondre (ce que je fais toujours, même si c'est juste "merci beaucoup, bisous"). Alors si vous voulez me rendre heureuse et me mettre de bonne humeur pour faire mes exercices de chimie, vous allez cliquer sur le petit bouton bleu (qui, je vous le rappelle, est très malheureux lui aussi quand on ne clique pas sur lui).

A la semaine prochaine!