Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 17 : Soucis d'anniversaire

– Al !

Albus se retourna dans son lit avec un grommellement indistinct et tira sa couverture au-dessus de sa tête.

– Al, réveille-toi !

Un poids s'abattit soudain sur son lit, et Albus soupira en repoussant sa couverture, tout espoir de grasse matinée envolé. Il ouvrit péniblement les paupières pour découvrir le visage de Scorpius à quelques centimètres de son nez, l'excitation clairement visible sur ses traits fins.

– T'étais vraiment obligé ? croassa-t-il en s'asseyant, un bâillement ponctuant sa question.

Scorpius sourit largement et montra le pied de son lit.

– Cadeaux ! claironna-t-il. Ouvre !

– Même plus capable de former des phrases complètes, marmonna Albus en saisissant un paquet enveloppé de papier argenté.

Remarquant que Scorpius frétillait à ses côtés en le regardant déchirer le papier, il tendit le cou pour apercevoir les cadeaux sur le lit voisin.

– Tu n'ouvres pas les tiens ? s'étonna-t-il.

Scorpius balaya l'air de sa main.

– Si, si, je vais le faire. Ouvre ! ajouta-t-il en tirant sur un ruban.

Albus mit son cadeau hors de portée et acheva d'enlever le papier. Quelques minutes et plein d'exclamations de surprise plus tard, il se trouvait l'heureux propriétaire d'un tout nouveau kit de Batteur (avec la batte, les gants, le casque et tout ce qui allait avec), d'un livre intitulé Sortilèges et Ensorcellements pour Sorciers Débutants (envoyé par l'oncle George ; une note disait « Ne le montre pas à ta mère »), de friandises en tout genre, de trois nouvelles plumes et d'autres livres moins intéressants que celui de son oncle.

– A toi, maintenant, dit-il à Scorpius en lui reprenant le livre qu'il avait déjà commencé à feuilleter.

Scorpius bondit sur son lit et plongea dans ses cadeaux, déchirant fébrilement les emballages. Albus éclata de rire en voyant son enthousiasme et fut aussitôt récompensé par un oreiller lancé avec force à l'arrière de sa tête.

– On essaye de dormir, ici ! cria Octavius Pablederth, l'oreiller de Theo Badstern brandi au-dessus de sa tête, prêt à être lancé au moindre son.

Albus saisit sa nouvelle batte et un Cognard en mousse et prit un air menaçant.

– Pose cet oreiller, Pablederth, commanda-t-il d'une voix dangereuse.

Derrière lui, Scorpius avait déjà déballé deux boîtes de Chocogrenouilles, un livre d'Histoire et trois de Potions, et attaquait le papier de ce qui semblait être de nouvelles robes.

L'oreiller de Theo décrivit un arc de cercle en travers du dortoir, passant largement à côté d'Albus pour atterrir sur le lit de Ned Hills. Ned poussa un hurlement en se réveillant en sursaut et se redressa brusquement, cheveux en pagaille, baguette à la main, prêt à lancer un sort sur tout ce qui aurait le malheur de bouger. Albus profita de ce qu'Octavius regardait Ned d'un air coupable pour frapper fortement dans le Cognard. Octavius cria de surprise quand la balle le heurta à l'épaule ; au même instant, Ned laissa tomber sa baguette et, saisissant son propre oreiller, en frappa Tom Segwallis en hurlant :

– Tom ! Ils ont commencé sans nous !

Quand, une demi-heure plus tard, le Préfet de sixième année fit irruption dans le dortoir en demandant pourquoi, au nom de Merlin, ils faisaient un tel tapage, les huit première année se figèrent au milieu des plumes d'oie qui voletaient dans l'air avant d'éclater de rire.

Il fallait avouer qu'entendre un Préfet en pyjama bafouiller à propos d'un comportement correct pour des Serpentards tout en toussant parce qu'il avait avalé une plume était un spectacle plutôt comique.

– Et de toutes façons, fit remarquer Albus alors que Scorpius et lui allaient rejoindre Rose dans la Grande Salle pour le petit déjeuner, ce n'est pas comme si d'autres personnes que des Serpentards auraient pu nous voir. Il est vraiment parano.

– Qui est parano ? intervint une voix derrière eux.

Les deux garçons firent volte-face.

– Papa ! s'exclama Albus, tout sourire. Qu'est-ce que tu fais ici ?

Harry sourit.

– J'ai eu envie de rendre visite à mon fils pour son anniversaire, répondit-il en ébouriffant les cheveux d'Albus, si semblables aux siens.

Mais Albus vit bien que son sourire était un peu forcé. D'ailleurs, il le trouvait un peu pâle… et il avait des cernes sous les yeux de la taille d'assiettes à dessert.

– Tu as une tête horrible, fit-il abruptement remarquer.

– Merci beaucoup, rétorqua Harry avec un reniflement vexé. Ça fait plaisir de te revoir.

Albus échangea un regard avec Scorpius avant de saisir le bras de son père et de l'entraîner vers la Grande Salle sans dire un mot de plus. Harry se retourna vers Scorpius, qui venait de l'appeler en trottinant derrière eux.

– Merci pour le livre, Mr Potter, c'était exactement celui que je voulais. Mais vous n'étiez pas obligé, vous savez.

– Tu as aimé ? demanda Harry en lui souriant. Ginny pensait que l'histoire du Ministère ne t'intéresserait pas, mais j'avais été renseigné…

– C'est parfait, lui assura Scorpius en lui adressant un sourire rayonnant. J'enverrai un hibou à Mme Potter pour la remercier aussi.

Scorpius Malefoy, toujours un modèle de bonne éducation… Albus ricana intérieurement en poussant les portes de la Grande Salle.

Plus ils avançaient le long des tables, moins les élèves déjà présents bavardaient, et plus les têtes se tournaient vers eux – en réalité, plus les têtes se tournaient vers Harry. Albus leva les yeux vers son père, mais celui-ci fixait la table des professeurs, où la directrice McGonagall s'était levée pour l'accueillir, tandis que l'oncle Ron faisait des signes de la main en direction d'une chaise entre lui et le professeur Boot. Albus donna un coup de coude à son père.

– Je suppose, commença-t-il quand Harry eût baissé les yeux, que si je te pose la question habituelle, tu vas encore me répondre « quand tu seras plus grand » ?

Harry fronça le nez. Puis il soupira et passa la main dans les cheveux de son fils. Le fait qu'il ne cherchait pas à les rendre encore plus ébouriffés, mais plutôt à les lisser, convainquit Albus que son père était sérieux.

– Bientôt, Al, murmura Harry. Je te dirai tout bientôt.

– Promis ? poussa Albus, bien décidé à garder cet avantage.

– Promis.

De l'autre côté de Harry, Scorpius accrocha son regard en levant un sourcil, mais Albus secoua la tête. Il savait que Scorpius grillait lui aussi de savoir ce qu'il s'était réellement passé pendant la Guerre, mais il savait aussi que s'ils tentaient d'arracher de force quelques mots à Harry, ils risquaient de ne pas avoir de réponses du tout.

– Mr Potter, salua la directrice alors qu'ils arrivaient devant elle. Vous n'avez pas annoncé votre visite.

Albus entendit l'écho de ses mots se répercuter un bref instant sur les murs de la Grande Salle totalement silencieuse. Tous les élèves s'étaient tus et observaient l'échange entre la directrice de Poudlard et le Directeur du Bureau des Aurors. Il fronça les sourcils et tira sur la manche de Scorpius pour l'entraîner vers la table des Serdaigles, où Rose essayait de continuer sa conversation avec une Abigail Anderson absolument fascinée par le nouvel arrivant.

Au moment où ils commençaient à s'éloigner, une main se posa sur son épaule et son père chuchota à son oreille :

– C'est une des filles d'Olivier Dubois qui vient d'entrer avec James, n'est-ce pas ?

Albus vérifia près des portes. Son frère était en grande conversation avec une fille blonde dont la robe arborait l'écusson rouge et or de Gryffondor. Les deux troisième année n'avaient pas encore remarqué la présence de Harry, ni le silence inhabituel de la Grande Salle. Albus hocha la tête en direction de son père.

– Natalie Dubois, confirma-t-il. Elle est dans la même année que lui.

Et était aussi sa petite amie, ajouta-t-il dans sa tête. Mais il garderait cette information pour lui, pour le moment. James étant plus que réfractaire à l'annoncer à la tribu Weasley, la menace de divulguer la nouvelle pouvait être d'utilité pendant encore quelque temps. Il n'en revenait toujours pas d'avoir réussi à extorquer le nom de Natalie à son frère.

– Tu trouves aussi qu'elle ressemble à Katie ? demanda l'oncle Ron à Harry.

Harry hocha la tête en souriant, mais ses yeux restèrent graves. Il engagea la conversation avec la directrice sur les enfants des personnes qui étaient dans la même classe que lui, et Albus comprit cela comme le signal que Scorpius et lui devaient partir. Les adultes attendaient d'être seuls pour discuter de choses sérieuses – comme les Détraqueurs qui n'avaient toujours pas été arrêtés.

Albus grimaça en rejoignant Rose, Scorpius le regardant avec inquiétude. Les soi-disant grandes personnes pensaient que les élèves en-dessous de la sixième année étaient trop jeunes pour comprendre la gravité de la situation. C'était faux. Albus savait que si son père n'avait pas réussi à stopper les Détraqueurs depuis un mois et demi que l'alerte avait été donnée, alors ils avaient un gros problème. Parce que son père était un des meilleurs Aurors depuis une bonne cinquantaine d'années, d'après Kingsley.

Kingsley qui, en tant qu'ancien Auror, était profondément impliqué dans l'affaire. Il ne se passait pas un jour sans que le Chicaneur ne publiât une déclaration du Ministre de la Magie. Il s'agissait soit d'une information concernant l'évolution de la situation (le plus souvent, le dernier village où les Détraqueurs avaient été vus), soit d'un conseil concernant la protection des sorciers et des Moldus (« Apprenez et pratiquez le sortilège du Patronus ! Des cours sont donnés gratuitement au Ministère ! »), ou encore l'assurance que les Aurors et la plupart des Langues-de-Plomb faisaient de leur mieux pour capturer ces monstres. Kingsley avait lui-même participé à plusieurs investigations dans les villages attaqués, mais cela n'avait servi à rien. Les Détraqueurs apparaissaient du néant, attaquaient les habitants, et repartaient en quelques minutes sans laisser de traces.

Jusqu'ici, personne n'avait perdu son âme, mais les sorciers savaient que ce n'était qu'une question de temps. Pourquoi les Détraqueurs partaient-ils avant de finir en apothéose leur sinistre repas, mystère total. L'hypothèse la plus populaire était qu'absorber une âme était connu pour les déstabiliser pendant quelque temps, comme la digestion ralentissait les êtres vivants en provoquant assoupissements et léthargie. Sans doute les monstres voulaient-ils garder la tête claire afin d'arriver jusqu'à Poudlard où ils pourraient festoyer en toute liberté.

Albus frissonna en s'asseyant à côté de sa cousine. La simple idée d'avoir son âme séparée de son corps était inimaginable. Il plaignait de tout son cœur les habitants des villages attaqués. Il espérait que son père ne tarderait pas à attraper les créatures. Il n'avait aucune envie de se retrouver face à elles. Le peu qu'il en avait vu dans la Pensine de son père lui suffisait largement, merci bien.

Curieux, quand même, que les Aurors ne fussent pas capables ne serait-ce que d'apercevoir le bout de leurs capes, songea Albus en picorant ses œufs brouillés. D'accord, d'après les témoignages, les Détraqueurs étaient très peu, peut-être une petite cinquantaine au dernier « comptage » – ce qui suffisait pour semer la panique dans toute l'école ; un Détraqueur affectait facilement tous les élèves dans un rayon de cent mètres. Mais a priori, ils n'avaient pas le pouvoir de se rendre invisibles. Pas encore.

Pas de pensées négatives ! Harry allait les attraper, et tout rentrerait dans l'ordre !

Abigail l'arracha à ses réflexions en lui tapotant le bras, penchée en travers de la table. Elle avait toujours les yeux fixés sur Harry, qui était maintenant absorbé par une discussion plus que sérieuse avec Oncle Ron et la directrice, écouté attentivement par Luna, Zabini et Boot, qui se trouvaient le plus proche d'eux.

– Tu crois qu'il me signerait un autographe ? demanda Abigail d'une voix rêveuse.

Albus en avala ses œufs brouillés de travers.

– Mon père ne signe pas d'autographes, réussit-il à articuler quand sa toux se fût calmée.

Du moins, il pensait que son père ne signait pas d'autographes. Dans tous les cas, il ne l'avait jamais vu signer un parchemin, mis à part les factures que sa mère lui montrait après ses virées shopping avec Tante Luna (il insistait pour savoir où allait l'or de leur coffre de Gringotts, mais il était incapable de refuser quoi que ce fût à Ginny).

– Dommage, soupira Abigail en se redressant.

Albus fit glisser la bouchée d'œufs brouillés encore coincée dans son œsophage avec une gorgée de jus de citrouille, et s'autorisa un instant d'apitoiement sur lui-même, basé sur le thème « Mais pourquoi mon propre père n'a-t-il pas confiance en moi ? ». Il était en train de s'appesantir dans ses lamentations quand Rose lui tirailla la manche.

– Tu m'écoutes ?

– Non, avoua-t-il en relevant la tête.

– Je disais que j'avais croisé Hagrid dans le hall tout à l'heure et qu'il m'avait dit que Papa voulait que Buck autorise un Auror à faire des patrouilles sur son dos, répéta Rose. Il aimerait que les autres hippogriffes intègrent aussi les équipes de surveillance, mais ils sont moins bien dressés que Buck, alors on ne sait pas s'ils prendront aussi bien que lui le fait d'être utilisés comme monture. Hagrid m'a dit qu'il avait dû supplier Buck pour qu'il accepte de nous aider. Le pauvre ne doit pas apprécier de servir de vulgaire balai, surtout à son âge.

Non, connaissant Buck, l'hippogriffe devait être de mauvaise humeur à cette heure-ci. Albus haussa les épaules en repoussant son assiette. Il n'avait plus faim. Même s'il ne tenait pas compte de l'angoisse que lui inspirait l'approche des Détraqueurs, découvrir que son père n'était pas invincible lui avait totalement coupé l'appétit.

Il croisa le regard inquiet de Scorpius et lui adressa un sourire rassurant qui ne parut pas le convaincre. Son ami était passé en mode « empathie » et se demandait visiblement ce qui rendait Albus si agité.

Albus détourna les yeux en direction de la table des professeurs et soupira. Il ferait attention à ce qu'il dirait, dans les prochains jours. Sinon, Scorpius sentirait son inquiétude. Il était décidément beaucoup trop sensible.


(Pour ceux qui ont pris la peine de compter, oui, en effet, Albus, Scorpius, Theo, Octavius, Ned et Tom font six en tout, pas huit. Il y a deux autres Serpentards de première année.)

Alors, mon programme pour la première semaine de vacances : finir le chapitre 18, revoir le chapitre 19 (que j'ai fini avant le 18 - logique, je sais), écrire les chapitres 20 et 21, et essayer de terminer la chanson du Choixpeau de la deuxième année (je n'ai pas eu autant de problèmes avec celle de la première année...). Ah, et commencer à réviser pour les partiels qui arriveront à la vitesse du TGV dès que j'aurai repris la fac. Bêêêêrk.

Plus qu'une chose à dire... Les reviews me donnent de l'inspiration.

Kiss à Chocolatine, lily forever, pocabie, KiBss, DR Ciboulette, lixouille, Caleen et Alfgard (j'avais pourtant mis dans le résumé que ce n'était pas un slash!).