Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 20 : Amicitia Aeternam

– Amici- quoi ?

La voix éberluée de son père transperça l'obscurité drapée autour d'Albus. Plus le noir sur l'écran de ses paupières refluait, et plus il avait mal. Il essaya de lever une main pour cacher ses yeux, mais son corps engourdi refusait de lui obéir. Il cessa ses efforts en entendant le timbre grave de Mr Malefoy, l'excitation et l'épuisement clairement audibles dans sa réponse.

– Amicitia Aeternam, littéralement 'Amitié Eternelle'.

– C'est quoi ?

– Un pur miracle, si vous voulez mon avis.

D'après l'odeur de potions médicinales qui flottait autour de lui, Albus supposa qu'il se trouvait à l'infirmerie. Ce qui signifiait que la trop compatissante Guérisseuse, Poppy Pomfresh, ne devait pas être loin. Elle avait la détestable habitude de materner ses patients, quelquefois (le plus souvent, en fait) contre leur gré. Quand elle ne ressemblait pas à une dragonne défendant ses petits lorsque les patients en question refusaient de coopérer et d'avaler sans rechigner leurs potions, bien sûr.

Il prit soudain conscience d'une main jouant avec ses cheveux. Probablement sa mère. Elle faisait tout le temps cela quand il était malade et qu'il devait garder le lit. Se relaxant sous la légère caresse, il entreprit d'essayer de faire marcher ses cordes vocales tout en tentant de décoller ses paupières.

– Est-ce que tu pourrais nous donner une explication plus précise ? claqua sèchement la voix de l'oncle Ron.

Ronald.

Il n'avait jamais compris comment Tante Hermione parvenait à faire passer autant de menace dans un simple prénom. Une diversion, vite, avant que son oncle n'ait à subir les redoutables foudres de son épouse.

– Mrff, fit entendre Albus en réussissant miraculeusement à ouvrir un œil.

Tous les adultes sursautèrent et se tournèrent vers lui, mais avant que l'un d'entre eux pût bouger un orteil, Madame Pomfresh avait surgi de son bureau, la baguette brandie, un air menaçant sur le visage.

– Le premier qui lui parle avant que je l'aie examiné aura affaire à moi !

Les six adultes (y compris les deux Aurors) battirent immédiatement en retraite.


Vingt minutes plus tard, après avoir été obligé d'avaler une demi-douzaine de potions au goût plus infect les unes que les autres, Albus se retrouvait adossé contre une pile d'oreillers, entouré par ses parents, ceux de son meilleur ami, son oncle et sa tante, une carafe d'eau à portée de main. De cette nouvelle position, il pouvait apercevoir les cheveux roux de Rose dépassant des couvertures blanches du lit en face de lui, et Scorpius étendu dans le lit situé à sa gauche. Sa cousine et son ami n'étaient pas encore réveillés, mais Abigail n'était nulle part en vue. Ils étaient les seuls patients de Madame Pomfresh. Albus décida que c'était une bonne nouvelle.

– Que s'est-il passé, finalement ? demanda-t-il en réussissant à échapper à la sollicitude de sa mère (« Tu veux un autre oreiller ? », « Tu n'as pas trop chaud ? », « Encore un verre d'eau ? »).

Son père et son oncle échangèrent un coup d'œil.

– Après que tu aies perdu conscience ? répondit finalement Harry. On vous a emmenés directement ici. Les autres élèves ont été rassemblés dans leurs salles communes dès que les Détraqueurs ont été repérés, alors il n'y a pas de blessés. Les sixième et septième année nous ont aidés à repousser les Détraqueurs et ont été postés aux fenêtres des salles communes au cas où d'autres viendraient. Quand les Détraqueurs ont été assez loin de Poudlard, les Aurors et les Langues-de-Plomb en ont tué les trois-quarts.

– Tué ? répéta Albus. Je ne savais pas que c'était possible.

Oncle Ron ricana.

– Nous non plus ! C'est Seamus qui a tout fait exploser, comme d'habitude.

– N'exagère pas, grinça Tante Hermione. Il n'a pas causé d'explosions depuis plusieurs années.

– En tout cas, reprit Harry, confringo est particulièrement efficace contre eux. Bombarda marche aussi, mais il faut plusieurs sortilèges lancés en même temps pour abattre un seul Détraqueur…

Hum, hum, fit mine de tousser Ginny.

Les cinq autres adultes la regardèrent avec des yeux écarquillés et une grimace. Elle fronça les sourcils en direction de son mari, et jeta un coup d'œil significatif à Albus.

– Peut-être que les détails sont un peu trop morbides…

Albus comprit parfaitement le sous-entendu. « Il est bien trop jeune pour savoir à quoi ressemblent les viscères éparpillées d'un Détraqueur, alors plus un mot sur ce sujet. » Ce que sa mère ne savait pas, c'était qu'à chaque fois qu'elle avait interrompu une passionnante discussion sur les effets secondaires d'une potion de Vieillissement ratée, Harry, James et lui s'étaient isolés dans le grenier pour finir l'histoire loin des oreilles désapprobatrices des femmes Potter. Il trouverait le moyen de rester seul avec son père pour avoir les détails.

Harry hocha légèrement la tête en réponse à sa femme et reprit :

– Les Détraqueurs ne sont plus un problème. Ceux qui restaient sont sous haute surveillance. Les Langues-de-Plomb les ont réclamés pour faire des expériences. L'école n'a plus rien à craindre, affirma-t-il avec satisfaction, un sourire carnassier se frayant un chemin sur son visage.

Albus soupira de soulagement avant de reporter son attention sur le lit d'en face.

– Comment va Rosie ? s'inquiéta-t-il.

– Bien, répondit aussitôt sa tante. Elle devrait se réveiller ce soir, d'après Madame Pomfresh. Elle a dû prendre double dose de potion de Sommeil. Le Détraqueur l'a beaucoup secouée, et elle n'arrivait pas à s'endormir en vous voyant dans le coma. Tu es resté inconscient plus de vingt-quatre heures, tu sais ?

Albus tourna la tête vers sa gauche.

– Et… ?

– Si tu es réveillé, il ne devrait pas tarder à rejoindre le monde des conscients, répondit Mr Malefoy avec douceur. Vous êtes liés, tous les deux.

Six têtes se tournèrent vers lui avec stupéfaction. La tante Hermione fut la première à parler.

– C'est ce dont tu parlais ? Amicitia Aeternam ?

Mr Malefoy hocha la tête avant de se retourner vers le lit de son fils.

– Il se réveille, annonça-t-il.

Albus se sentit désolé pour Scorpius quand Madame Pomfresh le força à boire les potions, mais toutes les personnes présentes savaient qu'il était inutile de tenter de négocier avec la Guérisseuse. Ce qui fit que, lorsqu'elle chassa les parents de l'infirmerie en décrétant que les pauvres petits avaient besoin de dormir, aucun ne songea à protester.

– On passe la nuit ici, de toutes façons, dit Harry en ébouriffant les cheveux de son fils. Les Finnigan ont agrandi leurs quartiers pour que tout le monde tienne dedans. Lily, James et Hugo ont passé la journée là-bas en attendant votre réveil. Ton amie Abigail aussi, d'ailleurs. Madame Pomfresh a guéri sa cheville foulée en moins de deux secondes.

Abigail allait bien. Albus en fut soulagé.

– Vous revenez demain ? demanda-t-il en suppliant son père des yeux.

Pas question de montrer à Scorpius qu'il voulait avoir ses parents avec lui.

– Oh, oui, on va revenir, répondit Mr Malefoy en se détournant de son propre fils. D'ailleurs, Potter, j'ai un service à te demander.

Harry leva les sourcils.

– Il y avait un livre dans la bibliothèque du Manoir Malefoy, que les Aurors ont confisqué lors de notre… départ, commença Mr Malefoy. Il s'appelle « Encyclopédie des Sortilèges Méconnus et Oubliés – un recueil des phénomènes magiques les plus rares », si mes souvenirs sont bons. Il faudrait le récupérer.

Harry pencha la tête en le regardant curieusement.

– Aminam… le truc dont tu nous as parlé ? questionna-t-il.

– Il me semble qu'il y a un chapitre sur ça, dedans…

Dehors. Tous les deux. Maintenant.

Madame Pomfresh n'aimait pas être désobéie. Albus avala sa potion de Sommeil et replongea dans les bras de Morphée, imité deux secondes plus tard par Scorpius.


Pouvant se traduire par « Amitié Eternelle », Amicitia Aeternam occupe une place à part des autres sortilèges présentés dans ce livre. En effet, elle ne résulte pas d'une incantation ou formule magique, mais est présente à l'état de latence au cœur même de chaque sorcier ou sorcière, et ce, dès la naissance.

Si tel est le cas, me direz-vous, pourquoi est-elle donc si rare ? Le dernier cas répertorié date du XVIIe siècle, mais si chaque sorcier est capable de la développer, pourquoi de nouveaux cas n'ont-ils pas vu le jour ?

Parce qu'Amicitia Aeternam est une magie particulièrement complexe, liée à la magie accidentelle exécutée vers l'âge de 7 ans, et qu'elle n'est pas à la portée de tout le monde. Enfouie parmi la réserve magique que tout enfant sorcier possède, c'est elle qui se déclenchera dans le cas, rarissime, où l'enfant rencontrera son jumeau de cœur.

Il est temps d'énumérer les conditions nécessaires au réveil d'Amicitia Aeternam.

Des études sur le cas de 1639 ont démontré que le sortilège (à défaut d'un meilleur mot) était constitué de la magie la plus primitive, celle d'où est issue la magie plus élaborée que nous connaissons aujourd'hui. Ce cœur de magie ancienne alimente le réseau de magie corporelle que nous utilisons pour lancer des sorts. Dans le cas d'Amicitia Aeternam, les cœurs de deux sorciers, ou sorcières, fusionnent pour ne former qu'une seule entité, produisant assez de réserve magique pour rivaliser avec celle d'une centaine de sorciers réunis. Et je parle de sorciers comme Merlin ; imaginez alors la puissance magique détenue par ces personnes.

Comme vous l'avez sûrement compris, deux sorciers (ou sorcières) sont nécessaires pour activer Amicitia Aeternam. Le déclenchement se produit généralement avant 13 ou 14 ans, avant que les enfants ne développent leur magie contrôlée au détriment de leur magie accidentelle, donc de leur cœur de magie originelle. Voilà pourquoi, même si vous rencontrez votre jumeau de cœur, toute activation sera impossible passé 15 ans.

Les deux enfants, qui sont obligatoirement de même sexe, ressentent immédiatement un profond bien-être lorsqu'ils se trouvent en compagnie de l'autre. Des tests ont prouvé qu'ils étaient capables de pratiquer une faible forme de Legilimancie sur l'esprit de l'autre ; ils peuvent par exemple ressentir les émotions et sentiments de leur double, voire deviner ses pensées. Il semblerait que ce soit dû à l'entremêlement des cœurs. Fait étonnant, tous les cas ont montré que les deux enfants étaient nés le même jour, d'où l'expression « jumeau de cœur ». Certains chercheurs ont tenté de prouver que les circonstances coïncidentes de leurs naissances étaient à l'origine de la reconnaissance mutuelle des cœurs magiques, sans succès. Acceptons donc ce détail comme une amusante bizarrerie de ce sortilège.

Une autre particularité d'Amicitia Aeternam est qu'elle fonctionne par contact. Les deux sorciers de l'étude de 1639 ont avoué ne pouvoir se servir de la fusion de leurs cœurs qu'à l'expresse condition de se toucher. Un simple contact entre les peaux nues de la paume de leurs mains suffisait à établir la connexion entre leurs cœurs de magie. D'où le second point important des conditions requises : l'un des sorciers (ou sorcières) doit être droitier, l'autre doit être gaucher. Ainsi, le contact est très facile à maintenir lorsque les deux sujets lancent un sort : la main habituelle utilise la baguette tandis que l'autre sert à garder le lien entre les deux cœurs. Des tentatives ont été faites avec de vrais jumeaux, qui étaient donc nés le même jour et de sexes identiques, afin de reproduire le sortilège, mais aucun essai ne réussit. Comme la seule différence résidait dans le fait que chacun des jumeaux utilisait la même main pour tenir sa baguette, les chercheurs conclurent que l'association droitier/gaucher était indispensable pour le bon fonctionnement d'Amicitia Aeternam. C'est également une des raisons de la rareté du sortilège : 10 pour cent de la population mondiale est gauchère, et la moitié est moldue.

Les trois paragraphes précédents évoquent les conditions indispensables à réunir pour déclencher le sortilège, celles qui ont été irréfutablement prouvées par les recherches du Département des Mystères sur le sujet. Les conditions suivantes sont encore classées dans l'ordre des hypothèses, et feront sans aucun doute l'objet des investigations des Langues-de-Plomb dès qu'un nouveau cas se révèlera.

Certains chercheurs ont soumis à réflexion le rôle de la lignée ancestrale des deux sorciers (ou sorcières) dans le déclenchement d'Amicitia Aeternam. Lors des derniers cas recensés, les deux personnes possédaient effectivement une lignée identique – sang-pur, sang-mêlé, né-Moldu. Ces chercheurs ont donc supposé que si les cœurs magiques se reconnaissaient, alors c'était aussi le cas pour le sang. Inutile de dire que cette suggestion a été accueillie par de véhémentes protestations au sein de la communauté scientifique – et certainement avec raison, car l'ascendance et le pouvoir magique n'ont vraiment rien en commun. L'hypothèse reste donc à démontrer.

Une proposition plus raisonnable naquit en 1856 : Amicitia Aeternam ne se déclencherait que si les deux sorciers (ou sorcières) possédaient une puissance magique d'égale ampleur. Cela éviterait un déséquilibre des magies lors de la fusion des cœurs. Cette hypothèse est parfaitement plausible, mais il faudrait inventer une machine ou un enchantement capable de calculer la puissance magique d'un sorcier. Comme ceci reste à faire, la théorie est en suspens parmi les scientifiques, mais demeure malgré tout populaire.

Un chercheur a soulevé la question de la géographie : les cas d'Amicitia Aeternam répertoriés ne concernaient que des sorciers (ou sorcières) de même nationalité. Est-ce une condition nécessaire au déclenchement du sortilège ou un simple hasard ? Dans le premier cas, cela permettrait de contourner la barrière de la langue, et d'obtenir une compréhension immédiate entre les deux personnes, favorisant le sentiment de complémentarité des deux individus. Dans le second cas, cela deviendrait une autre raison de sa rareté. Après tout, quelles sont les chances de rencontre entre un Togolais et son double Norvégien ? …Le sujet reste ouvert au débat.

Résumons ces conditions : deux individus magiques de même sexe, nés le même jour, âgés de 14 ans au maximum, l'un droitier, l'autre gaucher, probablement de puissance magique équivalente, peut-être d'ascendance identique, et jusqu'à présent, toujours de même nationalité. Sans doute d'autres facteurs entrent-ils en compte ; l'étude du sortilège est anarchique et ne peut être poursuivie, évidemment, qu'en présence de deux individus l'ayant déclenché. Les tests et interrogations reprendront certainement dès qu'un nouveau cas se fera connaître.

Passons aux effets du sortilège.

La fusion des cœurs de magie primitive, comme je l'ai noté précédemment, permet la constitution d'une réserve de magie équivalente à celle d'une centaine de sorciers de la carrure de Merlin. Autrement dit, la puissance magique du duo est centuplée.

La magie primitive, brute, originelle, forme la base de la magie plus policée qui nous accompagne tout au long de notre vie. Elle est la coupe toujours pleine dans laquelle notre magie puise lorsqu'elle a besoin de se ressourcer, après un sort trop complexe, par exemple. La magie primitive est une source inépuisable de pouvoir ; dès la naissance, elle se développe afin d'augmenter notre potentiel de magie contrôlée. Les manifestations de magie accidentelle sont occasionnées par une surexcitation du système magique, à un âge où le corps devient plus fort et où l'enfant ne maîtrise pas encore ses émotions. Puis, à l'adolescence, ce cœur de magie primitive régresse au fur et à mesure que le jeune sorcier ou la jeune sorcière apprend à maîtriser sa magie contrôlée (pour de plus amples renseignements sur le sujet, voir le remarquable ouvrage de Winifred Wandmol, « L'Origine De Toutes Les Magies », éditions Lune Bleue).

Cependant, dans le cas d'Amicitia Aeternam activée, cette magie primitive ne régresse pas. Les phénomènes de magie accidentelle persistent tout au long de la vie des deux personnes concernées, à l'occasion de situations générant des émotions suffisamment fortes. Si l'activité constante de ce cœur de magie primitive n'affecte en rien la magie contrôlée des deux individus lorsqu'ils sont isolés, la fusion provoquée par contact entre peaux permet la libération d'une grande quantité de magie primitive. L'utilisation de cette magie transforme le plus simple des sortilèges en arme mortelle. Il est probable que deux sorciers (ou sorcières) maîtrisant Amicitia Aeternam pourraient tenir tête à 500 autres sorciers. En même temps.

Il y eut un grand silence quand Mr Malefoy cessa de lire.

– Il y a des conseils pour apprendre à maîtriser le sortilège, ajouta-t-il quand il devint évident que personne ne parlerait. Je vous laisserai le livre.

L'infirmerie n'avait jamais été aussi calme. L'Auror Summers, qui avait apporté le livre et était resté dans un coin près de la porte pour écouter, regardait les deux garçons la bouche entrouverte, ses yeux passant rapidement de l'un à l'autre. Mme Malefoy avait saisi la main de son fils et la serrait convulsivement, le teint pâle, les lèvres tremblantes, les yeux brillants. Harry et Ginny, assis chacun de part et d'autre d'Albus, se regardaient sans parler. Oncle Ron, assis sur un fauteuil près du lit de Rose, et Tante Hermione, perchée sur ses genoux, paraissaient perdus dans leurs pensées. Rose, qui s'était réveillée quelques heures plus tôt, était en train de malmener ses cheveux avec son index, les sourcils froncés. Scorpius grimaçait en tentant d'arracher sa main martyrisée à l'emprise de sa mère. Quant à Albus, il se demandait, les yeux dans le vague, si James allait enfin arrêter de l'embêter à présent qu'il avait un avantage sur lui.

Tante Hermione ramena tout le monde à la réalité en soupirant.

– Faites confiance à un Potter pour sortir de l'ordinaire, marmonna-t-elle.

Harry redressa les épaules en la regardant avec indignation.

– On n'y peut rien si tout nous tombe dessus ! protesta-t-il à voix basse, ne souhaitant probablement pas attirer Madame Pomfresh hors de son antre – pardon, son bureau.

– Est-ce que quelqu'un pourrait me faire un résumé ? interrompit Scorpius en massant sa main endolorie. Je n'ai pas bien compris la fin, la magie primitive et tout ça…

– C'est très simple, répondit immédiatement Tante Hermione. Tel que tu es là, tu es un garçon parfaitement normal. Tiens la main d'Albus, et tu pourras lancer n'importe quel sort, même les plus compliqués, grâce à l'union de vos cœurs magiques. Le Patronus, par exemple.

– Cool, murmura Albus, un sourire rêveur étirant stupidement ses lèvres.

– Non, pas cool du tout ! grinça sa mère en se levant d'un bond. Je trouve que c'est très dangereux !

– Pourquoi ? s'étonna Rose en démêlant ses cheveux entortillés.

– Parce que… Parce que… ils vont croire qu'ils peuvent tout faire et ça va se retourner contre eux ! finit Ginny en pointant un index accusateur vers son fils.

Albus se redressa sur son lit, ses yeux verts brillant de reproches.

– On n'est pas stupides, Maman, protesta-t-il. On ne va pas faire n'importe quoi avec une forme de magie à moitié inconnue.

– Ginny, murmura Harry, fais-lui un peu confiance.

Albus tourna un regard reconnaissant vers son père. Dans le mouvement qu'il fit pour se retourner, ses yeux accrochèrent un portrait. Il se figea.

– Oui, Ginny, approuva Dumbledore en souriant malicieusement, ses yeux bleus pétillant de gaieté derrière ses lunettes en demi-lune. Faites confiance à ce garçon.

– Professeur ? balbutia Harry en se remettant le premier de la surprise occasionnée par l'intervention du vieil homme.

– Harry, salua aimablement le portrait. Ta dernière visite remonte à une éternité. Je crois bien que tu n'as pas encore eu l'occasion de saluer Severus, ajouta-t-il avec un sourire.

– Oh, euh… j'étais occupé, répondit Harry en luttant vaillamment pour reprendre contenance. Vous êtes là depuis longtemps ?

– J'ai pu constater le remarquable talent de lecteur de Drago, dit Dumbledore en inclinant la tête vers le grand homme blond qui paraissait singulièrement intéressé par ses pieds.

– Oh, répéta Harry. Et… vous savez quelque chose sur Amicitia Aeternam ?

Albus se renfrogna. Il avait espéré éviter de revenir sur le sujet. Il voulait rester seul avec Scorpius et Rose, et discuter de toute cette histoire. Ce n'était pas tous les jours qu'il pouvait imaginer être Superman ! L'homme invincible… grâce à un seul contact, tout est permis…

Une vague de contrariété imprégna brusquement son esprit. Détournant la tête, il croisa le regard gris de Scorpius. Son ami avait posé la main sur son bras et l'observait avec reproche, ayant une fois de plus deviné ses pensées. Ce qui n'était pas difficile au vu du sourire triomphant qu'Albus arborait à l'instant présent.

Les adultes se disputaient pour savoir si le Ministère devait être mis au courant ou pas. Parmi les partisans de cette idée, Tante Hermione et Mme Malefoy tentaient de convaincre leurs maris qu'étudier ce sortilège au Département des Mystères ne pouvait être que bénéfique pour la science magique. Harry parlait à voix basse avec l'Auror Summers et le professeur Dumbledore, et Ginny s'était effondrée dans un fauteuil, le visage enfoui entre ses mains. Elle paraissait exténuée. A l'insu de ses parents, Rose s'était glissée hors de son lit et était venue de pelotonner dans un fauteuil entre les lits de Scorpius et Albus. Deux secondes plus tard, elle dormait, ayant saisi la main de chacun de ses amis avant de s'envoler au pays des rêves.

La dispute ayant pris du volume, Madame Pomfresh bondit hors de son antre, son tablier blanc volant derrière elle tel un étendard, la baguette émettant des étincelles violettes. Les adultes et le portrait se firent proprement mettre dehors, non sans avoir promis de revenir le lendemain pour parler avec eux des dernières découvertes. La porte se referma sur eux, et l'infirmerie fut de nouveau silencieuse (les grommellements de Madame Pomfresh ne comptaient pas ; elle faisait cela tout le temps).

Albus échangea un regard avec Scorpius pendant que la Guérisseuse remettait Rose dans son lit.

– On en parle demain ? murmura-t-il avec lassitude, la fatigue s'abattant d'un coup sur ses paupières.

Scorpius hocha la tête en se renfonçant sous les couvertures.

– On est censés passer nos examens, demain, marmonna-t-il en fermant les yeux.

– Sco. Tais-toi. Dors.


Non, je ne vais pas transformer d'un coup Albus et Scorpius en sorciers surpuissants capables de pulvériser tous les Aurors et les Langues-de-Plomb réunis. Ils n'ont que 12 ans et devront se comporter en conséquence (c'est-à-dire, obéir à Papa-Maman et être de gentils petits agneaux bien sages, sinon, privés de Quidditch. Les connaissant, c'est pas gagné).

J'ai testé le chapitre sur ma soeur, et elle a dit que c'était compréhensible, l'explication du sortilège et tout ça, mais si vous avez des questions, n'hésitez pas... dans une review, par exemple... J'avoue que je l'ai écrit, il était, quoi, 1h, 1h30 du matin... Je ne pouvais pas dormir.

Je signale en passant qu'on approche de la fin de la première année. Encore 2 ou 3 chapitres et ce sera bouclé, je pense. Je ne sais pas quand je pourrai commencer la deuxième année. J'ai des plans, mais à part le début de la chanson du Choixpeau, rien n'est écrit.

Merci à miss-Potter-Weasley, Hermy, DR Ciboulette, Caella, Missdagane, Ron Ravenclaw, KiBss, Erylis, melooo, Cealys, lixouille et Philippe pour leurs reviews!