Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 22 : Seamus intervient

Albus, le menton appuyé sur sa main, griffonnait des arabesques sur son brouillon d'Astronomie. Il attendait que Scorpius finît de rédiger sa copie pour sortir de la classe. Rose et Abigail étaient déjà parties, aucune ne souhaitant s'attarder dans la salle exposée en plein soleil et à l'atmosphère étouffante. Il profitait aussi du calme pour réfléchir.

Maîtriser Amicitia Aeternam pouvait s'avérer très utile. Avoir le pouvoir de jeter n'importe quel sort sans avoir à apprendre les mouvements de baguette, voire les incantations une fois qu'ils seraient habitués, était un rêve pour n'importe quel sorcier. Albus serait prêt à vivre comme un Moldu plutôt que de laisser passer une telle chance. Il était partant pour passer ses week-ends au Ministère.

Petit problème, Scorpius était contre.

Ses yeux accusateurs se posèrent sur la nuque du garçon blond, qui se figea avant de tourner la tête vers lui, les sourcils levés en signe d'interrogation. Le professeur Sinistra s'éclaircit la gorge et Scorpius se retourna vivement. Albus cilla et reporta son attention sur son dessin, qui commençait à ressembler vaguement à Buck. Il comprenait peut-être les raisons de Scorpius, mais ce n'était pas pour ça qu'il était d'accord avec lui. Il ne pensait pas qu'il allait attraper la grosse tête, comme son ami avait argumenté ; de toutes façons, son père aurait vite fait de le remettre à sa place, lui qui, soi-disant, détestait sa célébrité.

Scorpius essayait de se cacher derrière une attitude raisonnable et un masque calme, mais Albus savait qu'il avait peur. Scorpius lui avait raconté un peu de sa petite enfance, ce dont il se rappelait. Certains Aurors, dans les dix ans suivant la fin de la guerre, avaient pris l'habitude de faire des visites surprises au domicile de Mr Malefoy, sous le prétexte de vérifier que ses vieux démons ne le rattrapaient pas. Les visites avaient cessé quand Scorpius avait cinq ans, mais à la façon dont le garçon blond avait frissonné lorsqu'il avait décrit les vieux Aurors en robes rouges et aux cicatrices effrayantes, Albus avait deviné que son ami avait été profondément perturbé par ces visites. Ce qui le consolait un peu, c'était de savoir, après un échange houleux de hiboux avec son père, que Harry n'avait pas été au courant de ces visites pratiquées par les plus anciens Aurors, et que c'était sur son ordre qu'ils avaient arrêté de harceler les Malefoy. Depuis 2012, la seule obligation de Mr Malefoy était de fournir au Ministère un relevé très précis des transactions d'or de son coffre de Gringotts, et d'ouvrir les portes de sa maison aux Aurors à une date choisie par eux, deux fois par an. N'empêche que ces imbéciles d'Aurors qui ne croyaient pas à la rédemption d'un Mangemort avaient traumatisé Scorpius, et que ce dernier refusait de poser le pied au Ministère. Albus espérait juste que le professeur McGonagall réussirait à trouver une salle dans l'école. Ce serait beaucoup plus pratique, et beaucoup plus rassurant pour Scorpius.

– On y va ?

Albus redressa vivement la tête et sourit à Scorpius. Son ami venait de rendre sa copie au professeur Sinistra et était debout devant lui, son sac sur l'épaule et la robe sur le bras. Après un dernier trait d'encre sur une aile de Buck, Albus rassembla ses affaires et s'échappa derrière Scorpius de la salle surchauffée, lançant un « Au revoir ! » tonitruant au professeur.

Tout en suivant Scorpius en direction de la Bibliothèque où ils étaient sûrs de retrouver Rose et Abigail, Albus, les yeux fixés sur le t-shirt vert pâle devant lui, se demandait comment convaincre son ami que le programme du Ministère ne pouvait lui être que bénéfique. Il savait que Scorpius était contre aller au Ministère, mais était-il aussi contre le programme ? Ils avaient beaucoup parlé, évidemment, et il avait l'impression que Scorpius n'aurait rien contre étudier de plus près le phénomène (c'était Scorpius ; dès qu'il y avait quelque chose à apprendre, il sautait dessus), mais le moyen de l'étudier lui faisait peur. Il préférait, et c'était compréhensible étant donné son histoire, rester à l'écart du Ministère ; plus les Langues-de-Plomb le presseraient d'accepter de venir, plus il se braquerait. Mais s'ils employaient la méthode douce, Scorpius n'aurait aucune raison de refuser. Et Albus serait là pour veiller sur lui.

– Al !

Sans s'en rendre compte, Albus avait ralenti, et Scorpius trépignait devant les portes de la Bibliothèque, un air impatient sur le visage. Albus se dépêcha de le rejoindre et ils entrèrent ensemble dans le domaine de Mme Pince, la vieille bibliothécaire dont le seul objectif était de ne pas prêter ses livres. Albus se força à lui sourire en passant devant son bureau, mais Scorpius se dirigeait déjà vers Rose et Abigail, son questionnaire à la main, prêt à comparer ses réponses avec les leurs. Mme Pince n'accorda pas un regard à Albus, ses petits yeux perçants suivant la progression de Scorpius à travers la salle, guettant la moindre accélération pouvant faire croire qu'il courait. Albus soupira et rejoignit ses trois amis, déjà plongés dans un débat concernant la question 3b de l'interrogation.

– Non, celle-là, c'est la Mer de la Tranquillité, affirma Rose alors qu'il se laissait tomber sur une chaise à côté d'eux. Attends, j'ai mes cours…

Albus grogna et enfouit son visage entre ses mains.

– Pitié, gémit-il. Arrêtez de faire ça, j'ai l'impression d'avoir tout raté !

Il sentit le regard compatissant d'Abigail sur sa nuque.

– On a fini avec les épreuves théoriques, le rassura-t-elle gentiment. La pratique devrait bien se passer, non ?

Albus hocha la tête, ses yeux émeraude s'assombrissant légèrement.

– Il était temps que Madame Pomfresh donne son feu vert, fit-il remarquer. J'ai cru qu'on allait devoir les passer au milieu du mois de juillet.

– Deux semaines de retard, maugréa Rose en feuilletant ses cours d'Astronomie à la recherche du schéma de la Lune. Et les autres qui sont tous dehors…

– Pas tous, objecta Scorpius avec un signe de tête en direction du fond de la Bibliothèque, son propre schéma étalé soigneusement devant lui. Il y en a qui sont mieux à l'intérieur, apparemment.

Intrigué par son ton amusé, Albus se retourna sur son siège. Installés à la table du fond, penchés l'un vers l'autre, James et Natalie Dubois avaient tout l'air de conspirateurs sur le point de faire un mauvais coup.

– Est-ce que ça veut dire que je n'ai plus de sujet de chantage ? demanda Albus, perplexe.

– Il semblerait, répondit Rose en lissant un parchemin à côté de celui de Scorpius. Tu vois que c'est la Mer de la Tranquillité…

– Un des Weasley a dû le surprendre et faire passer le mot, intervint Abigail en lorgnant elle aussi le couple. Moi, j'ai noté Mer des Nuages à cet endroit, c'est bizarre. Tu as quoi, Sco ?

– Tranquillité aussi, dit Scorpius en montrant son dessin. Je parie que c'est Steve qui leur est tombé dessus. On n'arrête pas de le croiser dans les couloirs, il met son nez partout. En revanche, j'ai Nuages à droite, et Rose l'a notée à gauche. Vous êtes sûrs qu'on a assisté aux mêmes cours ?

– Les dessins étaient tous pareils hier soir, affirma Albus. C'est dommage, j'aurais bien voulu garder le pouvoir un moment…

– Profiteur, lança Rose. Qui a modifié nos schémas ?

Un gloussement étouffé derrière une des étagères les plus proches donna un indice sur l'identité des farceuses.

– Sortez de là, les filles ! commanda Rose avec un soupir agacé.

Sunny, Venus et Stella tournèrent le coin de l'étagère, l'air innocent de leur visage contredit par le large sourire qu'elles arboraient.

– Bonjour ! saluèrent-elles à l'unisson.

Mme Pince leva la tête de son bureau, les sourcils froncés. Le quatuor de première année lui adressa des sourires polis, mais les triplées l'ignorèrent. Venus s'installa d'autorité sur la seule chaise libre entre les deux garçons, et ses sœurs s'accoudèrent à la table, de part et d'autre de Scorpius qui rougit jusqu'aux oreilles en fixant désespérément des yeux le schéma toujours étalé devant lui.

– Alors ? demanda Sunny. Comment se sont passés vos examens, aujourd'hui ?

– Pas trop mal, répondit Rose. Mis à part un petit désaccord sur les Mers de la Lune… D'ailleurs, qu'avez-vous fait à nos schémas ?

– Une simple potion de Confusion, révéla Venus avec un léger sourire. On voulait voir comment tu réagirais.

– Pourquoi suis-je toujours une de vos cibles ? interrogea Rose, exaspérée. Comment on fait pour vérifier nos réponses, maintenant ?

– Les papiers redeviendront normaux en fin de soirée, la rassura Stella.

– Qu'est-ce qu'ils ont, leurs papiers ?

Les triplées se redressèrent, un grand sourire étalé sur leurs visages identiques.

– Papa ! s'exclamèrent-elles.

Mme Pince se leva d'un bond et, avec une agilité surprenante pour une sorcière de cet âge, se précipita vers eux en sifflant des menaces entre ses dents. A la table du fond, Albus vit James et Natalie reculer prudemment leurs chaises, surveillant attentivement l'irascible bibliothécaire. Seamus fit volte-face et gratifia la vieille sorcière d'un sourire éblouissant, bien que visiblement forcé.

– Ma chère Madame Pince, dit-il avant même qu'elle pût prononcer une parole, savez-vous à quel point vous semblez radieuse, aujourd'hui ? L'été vous est sans aucun doute bénéfique.

– Du bruit dans ma bibliothèque ! rétorqua-t-elle en pointant d'un doigt maigre les triplées. Dehors, tout de suite !

– Vous avez entièrement raison, approuva Seamus en ayant l'air de souffrir des zygomatiques. Mes filles vous présentent leurs plus sincères excuses, et promettent de ne plus recommencer.

Une légère pression sur l'épaule de Sunny la fit immédiatement acquiescer aux paroles de son père, et ses sœurs s'empressèrent de suivre. Albus voyait Scorpius et Abigail regarder Seamus avec incrédulité, et il leur fit signe que tout était parfaitement normal. Pendant ce temps, Seamus bombardait la bibliothécaire de compliments, et finit par réussir à la renvoyer à son bureau, bien qu'elle traînât des pieds en lançant des regards assassins aux trois filles Finnigan tout le long du chemin.

– Et voilà le travail, chuchota Seamus en frottant sa joue. Ne refaites plus jamais ça, vous trois. Pince peut être une vraie harpie quand elle le veut.

– Oui, Papa, murmurèrent les triplées en baissant adorablement la tête.

Seamus leur sourit avant de se tourner vers les première année, faisant au passage un signe de la main à James et Natalie qui applaudissaient silencieusement vingt mètres plus loin.

– Il faut que je parle à Al et Scorpius seul à seuls, annonça-t-il.

Les deux garçons se regardèrent, interloqués, avant de hausser les épaules et de suivre Seamus hors de la Bibliothèque, les cinq filles les suivant de regards déçus, curieux ou résignés. Lorsque Albus regarda derrière lui, avant de fermer les lourdes portes de bois, elles étaient penchées vers le centre de la table et chuchotaient toutes en même temps. Il retint un sourire en rattrapant Seamus et Scorpius. Les filles…

Seamus les entraînait loin de la Bibliothèque. Jetant un coup d'œil autour de lui, Albus fronça les sourcils. Son oncle ne les emmenait même pas dans ses appartements. Au lieu de se diriger vers l'aile est, ils prenaient la direction du côté nord du château. Albus pressa le pas pour se mettre à la hauteur de son oncle.

– Où va-t-on ? demanda-t-il en trottinant pour réussir à garder le rythme.

Seamus s'en aperçut et ralentit, au grand soulagement des deux garçons.

– Dans une ancienne salle de classe. Elle n'est plus utilisée depuis quelques années, maintenant. Le professeur se plaignait de ses rhumatismes.

Albus comprenait pourquoi, quand il voyait l'escalier en colimaçon s'étirant à perte de vue devant lui. Seamus leur donna une petite poussée dans le dos.

– Allez, courage. Là-haut, on sera à l'abri des oreilles indiscrètes.

Albus commença à monter en traînant les pieds, la longue marche depuis la Bibliothèque l'ayant déjà privé d'une bonne partie de ses réserves d'énergie. A la moitié des marches, il maudissait silencieusement son oncle. Arrivé sur l'étroit palier en haut de l'escalier, il essayait de trouver assez de souffle pour pouvoir articuler le premier sort qui lui passerait par la tête dès qu'il aurait mis la main sur sa baguette. Que Seamus et sa paranoïa aillent au diable !

– Et… maintenant ? haleta Scorpius, plié en deux, les mains crispées sur son point de côté.

– Maintenant, répondit Seamus qui, au grand plaisir d'Albus, respirait rapidement, maintenant on monte.

– Encore ?! gémit Albus alors qu'une échelle descendait du plafond juste devant son nez.

– On est arrivés, promit Seamus en grimpant le premier les échelons.

Avec un dernier effort, Albus posa le pied dans l'ancienne salle de classe et éternua bruyamment. Une épaisse couche de poussière recouvrait les tables et les fauteuils, et une odeur de renfermé flottait dans l'air. Seamus eut l'air un peu contrit et agita sa baguette.

– Désolé, s'excusa-t-il tandis que la poussière disparaissait. Je pensais que même si personne ne venait ici, les elfes gardaient la pièce en état… Asseyez-vous.

Albus prit place sur un pouf, Scorpius s'asseyant près de lui sur un tabouret et Seamus réquisitionnant un grand fauteuil recouvert de velours. Il y eut un moment de silence gêné alors que Seamus cherchait visiblement ses mots.

– J'ai parlé à vos pères, commença-t-il enfin. Concernant les recherches.

Albus échangea un regard perplexe avec Scorpius. Depuis la visite des Langues-de-Plomb à l'infirmerie, la semaine précédente, leurs pères ne portaient pas les chercheurs du Département des Mystères dans leurs cœurs. Et même si Seamus était un ami d'école, Harry et Drago avaient certainement eu des réticences à discuter de leurs fils avec un représentant de l'ennemi.

– J'ai une proposition à vous faire, continua Seamus en se penchant légèrement vers eux. Vous savez que je suis un Langue-de-Plomb. Sans entrer dans les détails, je vous dirai que mon travail ne porte pas tellement sur les enchantements.

Les deux garçons étaient toute ouïe. Ce n'était pas souvent qu'un Langue-de-Plomb abordait le sujet de ses recherches, encore moins volontairement.

– Ce que je vous propose, dit lentement Seamus, c'est qu'au lieu de vous rendre au Ministère tous les week-ends pour subir des tests pendant plusieurs heures, vous pourriez rester ici et faire des expériences sous ma direction, une heure tous les soirs.

Albus se redressa. Une heure tous les soirs avec Oncle Seamus ? Scorpius éviterait le Ministère ? Ils n'auraient pas à faire d'incessants allers-retours entre l'école et le Département des Mystères ? Personnellement, il n'avait rien contre. Et Scorpius non plus, à en juger par sa tête, même s'il devait principalement penser au temps gagné pour faire ses devoirs. Il y avait juste un léger souci, que Scorpius exprima.

– Est-ce que le professeur McGonagall a trouvé une salle ?

– En fait… grimaça Seamus, elle cherche encore. Mais ne vous inquiétez pas, ajouta-t-il en voyant leurs mines défaites, nous n'utilisons pas vraiment notre salon… Et Harry a dit qu'au cas où, la Chambre serait disponible… avec un peu de nettoyage…

Albus haussa les sourcils tandis que Scorpius fronçait les siens. La chambre ? Quelle chambre ? Au moment où il ouvrait la bouche pour poser la question, Seamus le prit de vitesse.

– On peut aussi venir ici…

La réaction fut immédiate.

– Hors de question ! tranchèrent les garçons d'une même voix.

Ils n'allaient certainement pas monter les escaliers infernaux tous les soirs. Même pour quelque chose d'aussi important, ils n'iraient pas aussi loin de leur salle commune une demi-heure avant le couvre-feu. Ils étaient encore sains d'esprit, merci beaucoup.

Seamus, paraissant peu surpris par la rebuffade, frappa dans ses mains et se leva.

– Bien ! s'exclama-t-il avec un grand sourire, les fossettes se creusant sur ses joues. Donc vous acceptez de venir vous entraîner avec moi le soir ? Harry et Malefoy me doivent deux Gallions !

Passant outre le fait que son propre père avait fait un pari sur sa tête, Albus interrompit son oncle :

– Et ton travail ? Tu ne seras pas gêné ?

Seamus parut surpris.

– Non… Je travaillerai sur mes recherches dans la journée, et je m'occuperai de vous le soir. Il n'y aura pas de problème avec ça.

– Tu es sûr ? insista Albus, sentant sur sa joue le regard étonné de Scorpius. Parce que tu vas certainement jongler entre deux choses importantes…

Seamus l'observa un moment, un sourcil levé.

– Si c'est une tentative pour me faire parler de mon travail, elle est lamentable, Al, répondit-il enfin. Même Hagrid peut faire mieux.

Albus se renfonça sur son pouf avec un grognement. Si Scorpius devait améliorer sa timidité, lui devait travailler sa subtilité. Pas très Serpentard, tout ça.

– Et tu devais vraiment nous faire monter tous ces escaliers juste pour nous dire ça ? ronchonna-t-il.

– Non, pas vraiment, admit Seamus. Mais j'ai l'habitude de garder mon travail secret, et étant donné que les tests seront effectués par le Département des Mystères, j'ai estimé qu'il valait mieux éviter d'être entendus. Je ne peux pas vous forcer à ne rien dire, continua-t-il en les enveloppant d'un regard sévère, mais j'aimerais que le moins d'élèves possible sache ce que nous faisons le soir. Question de sécurité, vous comprenez. On ne sait jamais de quoi les curieux peuvent être capables. Même si tout le monde sait ce que vous vivez, ils ne sont pas obligés d'être au courant des tests, d'autant que certains d'entre eux peuvent être dangereux. Pas pour vous, ajouta-t-il hâtivement, mais pour les spectateurs. Alors évitez de faire passer le mot, d'accord ?

Albus et Scorpius hochèrent la tête avec solennité. Tous deux comprenaient l'importance de garder les secrets de cette envergure ; Albus, surtout, parce que son propre père était un Auror et se trouvait souvent dans cette situation. Scorpius, de toutes façons, avait très peu de contacts en-dehors de ses amis et n'avait donc personne à qui parler de ses expériences. Même si c'était triste, le fait était là.

– On devrait redescendre, dit Seamus en jetant un coup d'œil à sa montre. C'est bientôt l'heure du dîner. On arrivera juste à temps.

– Qu'est-ce que tu en penses ? chuchota Scorpius alors qu'ils essayaient de ne pas perdre Seamus de vue dans l'escalier en colimaçon. On peut lui faire confiance ? Je n'ai pas vraiment apprécié ceux qui sont venus nous voir à l'infirmerie l'autre jour… Et lui, au moins, mon père le connaît un peu, puisqu'ils étaient à l'école ensemble. C'est un bon point pour lui…

– Je pense que c'est une bonne idée, répondit Albus en manquant glisser sur une marche un peu trop lisse. C'est vrai qu'on connaît bien Seamus – ou plutôt, moi, je le connais bien – et ça t'évitera d'aller au Ministère… Rien que pour ça, ton père doit être d'accord…

– C'est vrai que ça m'arrange, reconnut Scorpius. Surtout si un de nos parents doit être présent à chaque fois. Je n'aurais pas aimé être obligé de faire venir mon père au Ministère… Toi, ça va, ton père y travaille.

– Ce n'est pas pour ça que j'aime y aller, protesta Albus. Certains Aurors sont…

Il s'interrompit brusquement avant de rappeler de mauvais souvenirs à Scorpius. Changeant immédiatement de sujet, il continua :

– Mais j'aurais quand même bien aimé voir le Département des Mystères. Tu imagines ce qu'on aurait pu découvrir ?

Les yeux de Scorpius se mirent à briller, mais avant qu'il pût répondre, la voix de Seamus résonna dans l'escalier :

– Dépêchez-vous, tous les deux ! Vous tenez tant que ça à rater le dîner ?

Avec un hochement de tête signifiant « on continuera plus tard », les deux garçons se précipitèrent à la suite de l'homme blond, leurs estomacs accaparant momentanément leurs pensées.


Mmm. J'ai quand même l'impression d'avoir bâclé la fin. J'espère qu'on ressent la profonde réticence qu'ils ont à aller au Ministère.

Prochain chapitre : fin des exams, banquet de fin d'année, et peut-être retour à la maison. Je verrai ce que mes doigts feront (c'est inquiétant, des doigts avec une volonté propre, vous ne vous rendez pas compte!).

Merci à Julie Winchester (l'explication viendra bientôt), Caella, KiBss, melooo, Hermy (voilà la réponse!), Erylis, lixouille, Missdagane (merci!), Ron Ravenclaw (2x), Kris MADness, DR Ciboulette (2x), miss-Potter-Weasley (merci), Gwendolyn Jedusor Black, yuchi (merci beaucoup!) et xFaust! 15 reviews pour un chapitre... vous avez explosé le record! XD

Pour finir, quelques questions : est-ce que vous pensez qu'Abigail n'a pas assez d'importance ? Devra-t-elle apparaître plus souvent dans la deuxième année ? Quels personnages voudriez-vous voir développés ? (Non, je ne demande pas tout ça pour avoir plus de reviews... quelle idée!...)