Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.
Chapitre 23 : Derniers détails
Essuyant furtivement une goutte de sueur au coin de sa paupière, Albus jeta par en-dessous un coup d'œil à la table de Rose. Oui, elle avait réussi à faire faire des claquettes à ses marionnettes, elle. Lui n'arrivait plus à se rappeler de la formule. Et les quatre coins de la salle étaient soumis à un sortilège d'isolement, pour qu'ils ne puissent pas entendre ce qui se disait du côté des trois autres.
Levant, ou plutôt baissant un regard navré vers le professeur Flitwick, Albus décida d'admettre sa défaite.
– Je suis désolé, professeur, je ne me souviens plus comment faire.
Le vieux professeur de Sortilèges lui sourit gentiment avant de reprendre les marionnettes et de poser une plume sur la table.
– Peut-être pourrez-vous faire voler cette plume ? suggéra-t-il de sa petite voix flûtée.
Ah, ça, il savait faire. Tourner et abaisser.
– Wingardium Leviosa ! s'exclama Albus, baguette pointée sur la plume qui se mit aussitôt à flotter.
– Bien, bien ! couina le minuscule professeur. Nous avons fini, Mr Potter. Vous pouvez ranger votre baguette.
Soulagé que sa dernière épreuve se fût relativement bien passée, Albus saisit son sac et le hissa sur son épaule. Le professeur Flitwick se pencha par-dessus la table et lui fit signe de s'approcher.
– Dites-moi, murmura-t-il à un Albus intrigué, savez-vous quand auront lieu les premiers tests ?
Albus le regarda avec stupeur. Aucun professeur n'avait encore fait allusion à la présence inhabituelle des Langues-de-Plomb dans le château, deux fois en un peu plus d'une semaine. Il avait naturellement supposé que les chercheurs préféraient garder le secret sur leurs essais, et n'avait pas pensé que les enseignants pouvaient être au courant des projets que les sorciers en robes vertes avaient pour les deux garçons, ce qui était stupide de sa part. La directrice avait certainement parlé des arrangements aux professeurs, et Flitwick, enthousiaste comme il savait si bien l'être, voulait simplement en savoir plus sur un sortilège encore mal connu.
– Non, répondit-il enfin au vieux professeur qui bondissait d'excitation sur sa chaise surélevée. Les Langues-de-Plomb ont besoin de temps pour établir un programme, et nous n'avons toujours pas de salle assez bien protégée. De toutes façons, Seamus a laissé entendre qu'on aurait les vacances pour nous reposer avant d'attaquer les essais.
Le professeur Flitwick se redressa avec un soupir déçu, les coins de sa bouche s'affaissant légèrement. Ses oreilles aussi, d'ailleurs. C'était vraiment bizarre à voir.
– Dommage. Faites-moi signe quand vous aurez commencé, voulez-vous ? J'aimerais beaucoup suivre de près vos progrès.
Albus hocha la tête d'un air peu compromettant avant de se retourner vers la sortie, notant au passage qu'Abigail rangeait sa baguette. Il sortit de la salle avec un sentiment de liberté juché quelque part entre son dos et ses épaules, son amie sur ses talons. La porte à peine refermée, elle lui agrippa le bras.
– Alors ? interrogea-t-elle, l'anxiété pointant derrière l'intérêt.
– A ou E, je pense, répondit Albus en haussant l'épaule qui ne portait pas son sac. Et toi ? O+ ?
– J'ai tout mélangé ! se lamenta-t-elle en tirant à deux mains sur sa manche. Je suis sûre que je vais avoir un T !
– Mais oui, bien sûr, se moqua gentiment Albus en extirpant sa manche de la poigne de la jeune fille. Et quand tu compareras ce que tu as fait avec Rosie, tu verras que tu n'as rien mélangé du tout et que tu es candidate au O. Tu nous as fait le coup à chaque examen pratique qu'on a passé cette semaine.
Abigail se mordilla la lèvre, visiblement angoissée. Avant qu'elle ne pût répondre, cependant, la porte de la salle de classe s'ouvrit de nouveau et Rose et Scorpius en sortirent, l'air aussi satisfait l'un que l'autre.
– Je suis sûre que j'ai un O, lança Rose avec modestie dès qu'elle les aperçut. McGonagall m'a souri.
Albus laissa sa cousine expliquer en détail à Abigail tout ce qu'elle avait fait et leva un sourcil interrogateur en direction de Scorpius, qui lui fit un léger sourire.
– E au minimum, murmura-t-il. Le professeur Vector avait l'air plutôt contente. Et je ne me suis trompé qu'une fois.
Tous deux se retournèrent quand Rose les appela.
– Le dîner est dans trois heures, annonça-t-elle. Qu'est-ce qu'on fait ? On va à la Bibliothèque pour commencer nos devoirs de vacances ? Je plaisante, ajouta-t-elle rapidement en voyant le regard meurtrier des garçons. Je plaisante.
– Et si on allait voir Hagrid ? proposa Scorpius. On ne l'a pas vu depuis que Cacahouète a été envoyée… là où il l'a envoyée. Je parie qu'il doit être malheureux.
– C'est vrai, le pauvre… approuva Abigail, toujours la plus compatissante. Je voudrais juste déposer mon sac à mon dortoir, d'abord.
Après avoir convenu de se retrouver dans le hall d'entrée, les deux filles prirent la direction de la tour de Serdaigle tandis que les garçons empruntaient le chemin des cachots de Serpentard.
– Pourquoi Hagrid a-t-il dû se séparer de Cacahouète ? demanda Scorpius en refermant l'entrée de la salle commune derrière lui. D'accord, les chiens à trois têtes sont interdits, mais depuis le temps qu'il l'avait, on aurait pu penser que les autorités allaient le laisser tranquille, non ? continua-t-il dans l'escalier menant au dortoir.
– Les autorités ne laissent jamais Hagrid tranquille, rétorqua Albus en jetant son sac sur son lit et répondant à un salut de Derek Williams. Je suis sûr que c'est parce qu'il est à moitié géant, même s'ils le nient… Kingsley n'est pas tout-puissant…
– Hmm.
Albus sortit à reculons du dortoir pour ne pas perdre Scorpius de vue.
– Quoi, 'Hmm' ?
– A partir du moment où tu es un cas à part, le gouvernement te surveille, marmonna Scorpius. Le fait qu'il soit demi-géant n'entre pas en compte dans l'équation, si tu veux mon avis. C'est plutôt le fait qu'il aime les animaux dangereux qui rend prudent le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. C'est pour ça que ça m'étonne que Cacahouète ait dû partir maintenant. Je te parie tout ce que tu veux qu'ils étaient au courant de son existence dès que Hagrid a posé les yeux sur elle.
– Arrête de réfléchir, veux-tu ? soupira Albus avec fatigue en montant les marches menant au hall d'entrée. Surtout pendant les vacances. Cacahouète est partie, on est tristes, mais ça ne la fera pas revenir. Tout ce qu'on peut faire, c'est essayer de remonter le moral de Hagrid pendant qu'on est encore ici. On part après-demain.
– Ne me le rappelle pas, je n'ai pas fini ma valise…
– Eh bien, bravo ! s'exclama Rose avec désapprobation dans leur dos, les faisant sursauter. Tu sais bien que les valises doivent être prêtes au moins trois jours avant le départ, pour que les affaires perdues puissent être retrouvées !
– Rose, ne commence pas…
– Tais-toi, Al. Scorpius, tu as intérêt à finir ta valise ce soir.
– Sinon quoi ? rétorqua Scorpius à la surprise générale. Tu vas me tirer les oreilles ? Me jeter un sort ? M'enfermer dans les cachots ? Oh, mais attends, reprit-il en souriant largement, la salle commune est déjà dans les cachots…
– Sco, tu es malade ? s'inquiéta Albus en tentant de poser la main sur le front de son ami.
Rose et Abigail étaient bouche bée.
– Quoi ? dit Scorpius, sur la défensive, échappant à la main d'Albus. J'en ai assez qu'elle se prenne pour notre mère, c'est tout. Elle est toujours à essayer de nous diriger !
– Oui, mais tu n'avais pas à être aussi méchant ! intervint Abigail, sa voix d'ordinaire calme claquant comme un fouet. Pourquoi tu ne lui as pas juste dit d'arrêter de vous donner des ordres ? Tu lui as fait de la peine !
Jetant toujours des regards furieux à Scorpius, elle entoura de ses bras les épaules de Rose, qui paraissait au bord des larmes. Scorpius s'en aperçut et baissa aussitôt les yeux.
– Excuse-moi, Rose, murmura-t-il. Est-ce que tu veux bien, s'il te plaît, ne plus essayer de tout contrôler ?
Rose hocha la tête d'un air hésitant. Le regard émeraude d'Albus passait de l'un à l'autre. Il était encore sous le choc de la première vraie dispute entre les membres du quatuor, et restait les bras ballants, ne sachant pas quoi faire. Ce fut finalement Abigail qui rompit le silence.
– On va chez Hagrid, ou pas ?
Albus sortit de sa transe et acquiesça immédiatement, tirant Rose par le bras et poussant Scorpius devant lui.
– Si on se dépêche, dit-il d'un ton faussement joyeux, on peut encore arriver à temps pour le thé et les fameux gâteaux immangeables !
Quand il fut sûr que sa cousine et son ami n'allaient pas s'enfuir en courant pour s'éloigner l'un de l'autre, il ralentit le pas et s'adressa à Abigail à voix basse, surveillant les deux autres d'un œil incrédule.
– Que vient-il de se passer, au juste ?
– Aucune idée, répondit Abigail en étudiant attentivement elle aussi leurs amis. Est-ce que Sco a envie de rentrer chez lui ?
Albus la dévisagea, stupéfait.
– Bien sûr ! Pourquoi ?
– Oh… chuchota-t-elle, je me disais que s'il n'avait pas envie de rentrer, il pouvait devenir coléreux… mais si ce n'est pas ça…
– Il n'est pas inquiet pour ses résultats, non plus, murmura Albus en retour. Il va avoir les meilleures notes partout, de toutes façons…
– Alors, c'est Rose, conclut Abigail. Et comme il a dit, il ne supporte plus son autoritarisme. Mais c'est idiot de craquer maintenant, juste avant qu'on se sépare pour les vacances.
– En tout cas, ça a l'air d'être réglé, fit remarquer Albus en désignant le couple qui marchait devant eux.
Rose avait saisi la main de Scorpius et l'avait pressée avant de la relâcher, un sourire sur le visage. Abigail soupira de soulagement.
– Tant mieux, marmonna-t-elle alors que la cabane de Hagrid apparaissait derrière le tournant du chemin. Je ne crois pas que j'aurais pu supporter une Rose malheureuse.
Albus étouffa un rire.
– Elle n'est pas si terrible…
– Tu dis ça, mais c'est parce que tu as grandi avec elle… Pour nous, filles de Serdaigle qui passons nos soirées avec elle, son humeur maussade est insupportable quand on se retrouve enfermées dans le dortoir…
– Pauvre Abigail, soupira Albus en secouant la tête d'un air dramatique.
Hagrid ouvrit la porte au moment où Abigail tentait d'étrangler Albus avec un de ses rubans à cheveux.
– Jeune fille, commença-t-il d'un ton faussement sévère, je te rappelle que le père d'Albus est le Directeur du Bureau des Aurors. Il ne sera pas content d'apprendre que son fils a été assassiné par une de ses camarades de classe.
– Et j'aimerais éviter de découvrir quel en est l'effet sur le sortilège, ajouta Scorpius. Imagine que je meure aussi ?
– Je ne serrais même pas, protesta Abigail en entrant dans la cabane à la suite de Rose.
– Si, gémit Albus d'une voix plaintive en se massant le cou. Je commençais même à voir des petites lumières bleues !
Quatre paires d'yeux sceptiques le fixèrent.
– …Bien sûr, dit finalement Scorpius en tapotant son épaule avec commisération.
Albus s'assit à la table avec un air de dignité écorchée sur le visage, et tout le monde éclata de rire. Il dut lutter pour garder une expression offensée. Sa comédie avait au moins eu le mérite de détendre l'atmosphère ; Scorpius et Rose s'étaient même installés côte à côte. Abigail lui fit un clin d'œil complice tandis que Hagrid s'affairait à préparer le thé, bavardant gaiement sur un de ses sujets favoris, l'hippogriffe Buck.
– …parce qu'il se fait vieux, mais avec un bon traitement, il n'y paraîtra plus. Le problème, c'est qu'à force de se gratter, il arrache ses plumes, déjà qu'elles tombent naturellement… Et le pauvre petit a les sabots abîmés, aussi, il faudrait que je l'emmène voir un Guérisseur spécialisé, Madame Pomfresh ne fait pas les animaux…
Hagrid leva un regard embué vers le fond du jardin, qu'on pouvait apercevoir par la fenêtre. Les seuls signes qui montraient que Buck, allongé au soleil, était toujours en vie était le mouvement de sa queue de cheval et le claquement de son bec, pour peu qu'un oiseau passât trop près de lui. Hagrid soupira en posant devant les enfants des tasses à thé aussi grandes qu'un chapeau melon, ses célèbres sablés au ciment déjà étalés sur une assiette.
– Il n'en a sans doute plus pour très longtemps, murmura-t-il d'une voix rauque.
Les quatre première année se regardèrent, inquiets. Hagrid venait de se séparer de Cacahouète, il n'allait pas en plus perdre Buck ?!
– Hagrid, commença doucement Rose en ayant l'air de ne pas savoir ce qu'elle allait dire, vous savez que vous pouvez venir à la maison quand vous voulez… pour parler…
Hagrid renifla sans répondre. Il se retourna pour prendre la bouilloire qui sifflait, mais Albus avait eu le temps de voir briller ses yeux. Il échangea un regard avec Scorpius. Son ami mordillait sa lèvre inférieure, comme toujours lorsqu'il était indécis. Albus décida qu'il était temps de changer de sujet.
– Hagrid, demanda-t-il en levant sa tasse quand son vieil ami approcha la bouilloire, est-ce que vous venez pour l'anniversaire de Papa, cette année ? Maman fait une fête surprise, comme d'habitude.
– Oui, bien sûr, répondit Hagrid d'une voix enrouée. Tu sais que je ne manquerais ça pour rien au monde. Tu crois que je pourrais amener Buck ? s'inquiéta-t-il aussitôt.
– Je suppose qu'il n'y aura pas de problème s'il reste dans le jardin, dit lentement Albus. Je demanderai à Maman.
Hagrid hocha la tête et finit de servir le thé.
– Alors, reprit-il presque normalement, vous avez enfin terminé vos examens ? Comment ça s'est passé ?
– Bien, répondit aussitôt Rose.
– Ce n'était pas si difficile, interrompit Scorpius, mais j'aurais pu me passer des regards de Flitwick. Il avait l'air prêt à me sauter dessus quand il m'a fait passer la Métamorphose.
– Il m'a demandé quand auraient lieu les tests, approuva Albus. J'ai l'impression qu'on va lui parler beaucoup plus souvent, maintenant.
Scorpius grimaça son assentiment. Lui qui ne souhaitait pas attirer l'attention allait être joyeux, dans les prochains mois. Les Langues-de-Plomb étaient plus enthousiastes que jamais, d'après Seamus, et tout le Département des Mystères bouillonnait de curiosité à leur égard. Youpi.
Le reste de la visite fut consacré à essayer de remonter le moral de Hagrid. Ils réussirent à le faire rire deux ou trois fois, et ce fut avec un sentiment de devoir à moitié achevé qu'ils grimpèrent la pente menant au château après avoir pris congé de Hagrid, accompagnés par une bande de chauves-souris qui paraissaient les avoir pris en affection. Le soir approchait, et les rayons orangés du soleil déclinant se réfléchissaient sur le lac, baignant la façade sud du château d'une lumière chaude.
Le quatuor remontait lentement vers les grandes portes, bavardant de tout et de rien. Albus et Abigail entretenaient principalement la conversation, car Scorpius et Rose s'étaient placés à l'écart l'un de l'autre et arboraient une attitude embarrassée. Même s'ils avaient fait la paix, ils n'étaient apparemment pas prêts à passer totalement l'éponge. Tout en expliquant à Abigail qu'effectivement, son père donnait cette année une grande fête pour son anniversaire où tous leurs amis étaient invités, Albus se creusait la tête pour essayer de les faire parler. Le raclement de gorge dans leur dos interrompit ses réflexions et les fit sursauter. Rose se prit le pied dans une racine en se retournant, et manqua s'étaler de tout son long devant le professeur Zabini. Heureusement qu'Abigail avait de bons réflexes.
– Suivez-moi, dit sèchement Zabini.
Ils échangèrent un regard surpris avant d'emboîter le pas au professeur, accélérant pour rester au même rythme que lui. Ils atteignirent le château en un temps record, mais Zabini ne fit pas mine de ralentir en leur signifiant d'un geste de la main de continuer avec lui. Albus regarda d'un œil malheureux les portes de la Grande Salle en passant devant, mais Scorpius tira sur son bras et il dut suivre.
Ce fut arrivé dans un couloir particulier qu'il sut où Zabini les conduisait. La gargouille était toujours aussi laide, l'escalier toujours aussi tournant, et la porte en bois du bureau directorial toujours aussi épaisse. Le professeur McGonagall vint elle-même leur ouvrir la porte, et son expression pensive ne présageait rien de bon.
– Les voilà, annonça succinctement et inutilement le professeur Zabini en les désignant du pouce par-dessus son épaule.
La directrice étudia un instant leurs visages inquiets avant de se tourner vers le professeur de Potions, désapprobatrice.
– Vous ne leur avez pas dit pourquoi ils sont là, n'est-ce pas ? demanda-t-elle, les lèvres pincées.
Zabini leva un sourcil en s'adossant nonchalamment au mur à côté de la fenêtre.
– J'aurais dû ?
La directrice soupira et se rassit à son bureau en secouant la tête.
– Asseyez-vous, lança-t-elle au quatuor. Nous attendons juste… Nous sommes au complet, se reprit-elle quand des coups furent frappés à la porte et que Seamus entra.
Albus fit un discret signe de la main aux deux portraits derrière McGonagall, qui lui rendirent le salut en inclinant la tête. Seamus et Zabini échangeaient des insultes d'une voix légère dans son dos. McGonagall pinçait tellement les lèvres que sa bouche paraissait n'être qu'une fine ligne.
– Arrêtez, vous deux, dit-elle de sa voix la plus sévère. Finnigan, les parents ont-ils soulevé des problèmes ?
– Non, répondit Seamus en tirant des parchemins de sa poche. Ils ont tout approuvé.
– Magnifique, soupira McGonagall. Mr Potter, Mr Malefoy, nous avons le programme définitif pour l'année prochaine, si vous voulez regarder…
Albus saisit les parchemins que Seamus lui tendait et se pencha dessus avec Scorpius. A côté de lui, il sentait Rose échanger des regards surpris avec Abigail, se demandant sans aucun doute pourquoi elles étaient ici avec eux. Lui avait la réponse sur le parchemin.
Seraient présents lors des tests Seamus, trois autres Langues-de-Plomb, au moins un de leurs parents, deux ou trois Guérisseurs y compris Madame Pomfresh, la directrice, deux professeurs n'ayant pas obligation de patrouiller dans les couloirs, et de temps en temps le Ministre de la Magie par requête spéciale de ce dernier. Les tests auraient lieu le mardi et le vendredi soir et dureraient entre une heure et demie et deux heures. Les emplois du temps avaient été arrangés de telle façon que les Serdaigles et les Serpentards de deuxième année avaient tous leurs cours en commun. Rose et Abigail étaient donc chargées de garder leur niveau scolaire à une moyenne acceptable, car il était plus que probable que les deux garçons seraient épuisés les lendemains des essais. Une simple retenue ayant déjà pour effet une baisse notoire de concentration, la directrice avait exigé une aide scolaire pour Albus et Scorpius ; soumis à deux heures de tests intensifs, ils seraient forcément sujets à des siestes intempestives en plein cours le lendemain. De l'aide pour ses devoirs n'était pas pour déplaire à Albus.
– Finalement, tu sais ce qu'on fera comme tests ? demanda-t-il à Seamus.
– Le Département est en train de les mettre au point, répondit son oncle. On commencera doucement, de toutes façons.
– Il n'y a rien de marqué à propos de la salle…
La voix de Scorpius s'éteignit comme Rose lui arrachait le parchemin des mains et le parcourait des yeux, sourcils froncés. Albus aurait pu commenter l'action si la lueur qui s'était allumée dans les prunelles caramel d'Abigail ne l'en avait dissuadé. Elle commençait à bien le connaître. Il lui adressa une grimace, ignorant le rire étouffé qui résonna aussitôt au-dessus de lui. Le portrait de Dumbledore trouvait apparemment la situation très amusante. Tant mieux pour lui.
– Pour être honnête, nous cherchons toujours, reprit la directrice en réponse à Scorpius. Nous avons déjà une liste de salles inutilisées, et le professeur Flitwick essaie de faire tenir tous les sortilèges de protection autour des périmètres. Trois des salles ont déjà été abandonnées, elles ne pouvaient pas contenir tous les sortilèges.
Albus fronça les sourcils. Il ne voulait pas être obligé d'aller au Ministère pour les tests. Scorpius ne le supporterait pas. Son ami venait d'ailleurs de pâlir, ses pensées suivant le même chemin que les siennes.
– Madame la directrice, intervint Zabini en tapotant sa montre, le festin de fin d'année…
– Très juste, coupa McGonagall en se levant. Finnigan, pouvez-vous leur laisser le parchemin ? Oui ? Parfait. Potter, Malefoy, prenez-le et étudiez ça en détail, ne le perdez surtout pas. Si vous avez des questions, posez-les à Finnigan, vos parents, ou moi-même, et nous y répondrons du mieux que nous pourrons. A présent, si vous avez faim, je vous conseille vivement de descendre dans la Grande Salle, le festin va bientôt débuter.
Elle poussa tout le monde devant elle pour vider son bureau, et Albus eut à peine le temps de saluer ses deux portraits préférés avant que la porte se refermât. La directrice prit aussitôt le chemin de la Grande Salle, entraînant les deux adultes au pas de course, et les enfants suivirent en silence, économisant leur souffle pour éviter les points de côté. Un bref coup d'œil aux sabliers géants lorsqu'ils passèrent devant leur apprit que Poufsouffle et Gryffondor se disputaient le titre de vainqueur de la Coupe des Quatre Maisons.
– Dépêchez-vous ! lança Zabini.
– Toujours aussi aimable, grogna Seamus dans sa direction.
Il poussa les lourdes portes en fusillant Zabini du regard. Les enfants marquèrent un temps d'arrêt sur le seuil, admirant pour la première fois les décorations aux couleurs de la Maison gagnante. Même si le jaune et noir ne donnait pas la même impression de splendeur que le rouge et or, les Poufsouffles compensaient largement par leur exubérance, ce soir-là.
– Serdaigle ou Serpentard ? demanda Abigail.
– Serdaigle, lui répondit Albus en se dirigeant vers la longue table. Les seules places libres qui restent de notre côté sont trop près de Nott à mon goût.
Ils s'assirent au bout de la table, les yeux attirés par la table des professeurs où la directrice commençait son discours de fin d'année. Derrière elle, Seamus et Zabini continuaient de se lancer des regards assassins. Albus se tourna vers Scorpius.
– Tu viendras à l'anniversaire de mon père, avec tes parents, cet été ?
Scorpius haussa un sourcil, surpris. Devant eux, la table de Poufsouffle explosa en cris et applaudissements.
– Pourquoi ?
– Si on arrive à coincer nos pères ensemble, on pourra les interroger sur Moira Mandeni, expliqua Albus en baissant la voix. Je veux savoir le fin mot de l'histoire.
– Chut ! fit Abigail.
Albus reporta son attention sur la directrice. Visiblement émue, elle attendait le silence.
– Enfin, reprit-elle quand tous les regards eurent convergé dans sa direction, je suis désolée de vous apprendre le départ de Madame Bibine. Nous aurons un nouveau professeur de vol et de Quidditch à la rentrée. Madame Bibine, merci de votre dévouement envers cette école. Je pense ne pas me tromper en affirmant que tous ici, nous vous regretterons.
Madame Bibine se leva de la table des professeurs, et tous les élèves suivirent le mouvement pour applaudir le professeur de vol. La majorité d'entre eux appréciait beaucoup la vieille sorcière, surtout parce qu'elle avait toujours su arbitrer impartialement les matches de Quidditch sans favoriser aucune Maison, et le Quidditch était sacré pour les adolescents. Voir un match sans Madame Bibine serait comme voir la directrice avec les cheveux relâchés. Incongru.
Albus attaqua sa tourte au poulet, perdu dans ses pensées. Décidément, cette deuxième année s'annonçait riche en nouveautés.
Je ne suis pas totalement sûre que le professeur Vector soit une femme, mais bon...
Merci à Caella, KiBss, Kalicia, lixouille, DR Ciboulette, Tigrou19, Gwendolyn Jedusor Black et BoudahMIM. pour leurs adorables reviews!
Normalement, le prochain chapitre est le dernier...
