Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers Harry Potter n'est pas à moi.


Chapitre 24 : La fin du début

Albus s'effondra sur la banquette du dernier compartiment du Poudlard Express avec un soupir de soulagement. Scorpius et lui-même avaient réussi à faire rentrer leurs affaires dans leurs malles, mais ce n'était pas le cas de sa cousine et d'Abigail. Les deux Serdaigles avaient enrôlé les garçons pour les aider à porter leurs nombreux bagages à l'intérieur du train. Hagrid, qui était venu leur dire au revoir, leur avait gentiment prêté main-forte. S'il avait pu être là quand les filles avaient chargé la diligence, ça aurait pu être parfait, mais bon…

Albus frissonna en pensant au vide présent à la place des chevaux. Même si son père lui avait dit de ne pas faire attention aux Sombrals, des images de chevaux carnivores lui envahissaient l'esprit à chaque fois qu'il repensait aux histoires de James et Oncle George. Surmontant son dégoût en revenant à la réalité, il ouvrit la fenêtre pour pouvoir saisir la main qu'un Hagrid rayonnant lui tendait. Il avait réussi à éviter le câlin que le demi-géant se sentait toujours obligé de distribuer lors des départs en prétextant que s'il ne montait pas tout de suite dans le train, ils n'auraient plus de places de libres. Le regard que Rose lui avait lancé lui avait presque fait regretter sa décision. Presque. Après tout, elle n'arrivait pas à la cheville de sa propre mère quand il s'agissait de regards foudroyants. Ginny Potter était effrayante quand elle le voulait. Et inutile de parler de Grand-Mère.

Bref, il s'était installé dans le compartiment en ayant réussi à conserver tous ses membres intacts, et avait même accompli l'exploit de faire rentrer toutes les valises dans les filets – avec l'aide du sortilège de Lévitation de Ian Saint qui passait par là. Il était en train de promettre d'écrire à Hagrid quand le sifflet retentit, et son vieil ami se dépêcha de faire grimper les trois autres membres du quatuor dans le train.

– A bientôt à l'anniversaire de Papa, Hagrid ! cria Albus par-dessus les grincements des roues, alors même que le train commençait à prendre de la vitesse.

Derrière lui, Rose, Scorpius et Abigail agitaient les bras en signe d'adieu. Quand Hagrid eût disparu dans le dernier virage et que la gare de Pré-au-lard se vît réduite à un fugace éclat de soleil sur les toits, Albus se retourna vers ses compagnons, retenant un sourire. Abigail et Scorpius avaient l'air tout chiffonné après leur passage entre les énormes bras du demi-géant, et les joues de Rose étaient à peu de chose près de la couleur de ses cheveux. Sa cousine lui jeta un regard noir en voyant son rictus.

– Enlève ça de ton visage, Al, lui lança-t-elle en s'asseyant en face de lui.

Albus sourit encore plus largement en se poussant pour faire de la place à Scorpius et ses livres sur la banquette à côté de lui. Le garçon blond plongea aussitôt le nez dans un volume qu'il avait reçu à son anniversaire et ne bougea plus. Abigail et Rose entamèrent une discussion absolument passionnante sur la dernière coiffure de Leanne Storm, chanteuse à la mode. Albus se résigna à jouer au Solitaire Explosif.

Ce fut après le passage de la sorcière au chariot que leur trio préféré fit son apparition. Laura, Tina et Xena passèrent la tête dans le compartiment, à la recherche du cousin de Xena, et en ressortirent deux minutes plus tard contraintes et forcées, les cheveux en pétard, tandis qu'Albus arborait un magnifique coquard, œuvre de Laura. Rose sortit un baume de son sac en lui faisant les gros yeux.

– Tu étais vraiment obligé de les provoquer ?

– Non, mais rien que voir leurs têtes m'agace, répondit Albus.

Rose, qui s'apprêtait à appliquer un peu de pommade sur son œil, retira sa main et rangea le pot sans un mot. Abigail le regardait avec incrédulité, et Scorpius n'avait toujours pas levé les yeux de son livre, ce qui commençait à devenir inquiétant.

Depuis leur dispute, Rose et Scorpius se parlaient à peine, trop fiers l'un et l'autre pour faire le premier pas et reprendre les anciennes chamailleries. La paix avait été faite, mais l'amitié n'était pas totalement restaurée. Quand ils se parlaient, c'était toujours avec une froide politesse et pour des choses anodines. Il fallait faire quelque chose.

Albus se leva d'un bond, s'attirant – enfin – le regard ahuri de Scorpius. Il tira Abigail par le bras, l'empêchant de sortir un magazine de son sac, et sans écouter ses protestations la poussa dans le couloir. Il s'arrêta un instant sur le seuil du compartiment, adressant un grand sourire à ses deux derniers occupants médusés.

– Vous avez besoin de parler. Abigail et moi allons embêter Victoire. A tout à l'heure.

Avec un dernier clin d'œil en direction de Scorpius, Albus fit glisser la porte derrière lui.

Collaporta !

– Tu sais que ça ne se fait pas de piéger ses amis comme ça ? demanda Abigail d'un ton léger alors qu'il collait son oreille contre la porte.

Albus posa son index contre ses lèvres en écoutant attentivement l'intérieur du compartiment. Il y eut d'abord un grand silence pendant lequel Rose et Scorpius se dévisageaient sûrement avec horreur, puis quelques murmures (probablement Rosie qui l'insultait entre ses dents) et finalement un « Il a raison, il faut qu'on parle » de la part de Scorpius. S'ensuivit une conversation inaudible qu'Albus, très satisfait de lui-même, renonça à suivre. D'autant plus que son frère venait d'ouvrir la porte du compartiment vis-à-vis et le regardait bizarrement. Albus se redressa et lui adressa un petit sourire, celui signifiant 'je-suis-le-meilleur-et-tu-ne-sais-même-pas-pourquoi' qu'il réservait exclusivement à James.

– Qu'est-ce que tu as fait ? demanda aussitôt son frère. Qu'est-ce qu'il a fait ? répéta-t-il à l'adresse d'Abigail qui leva les yeux au ciel.

– Il a enfermé Scorpius et Rose pour qu'ils se parlent, répondit-elle avec son meilleur soupir exaspéré.

James traversa le couloir pour coller sa propre oreille contre la porte.

– On n'entend rien, dit-il d'un ton boudeur.

– C'est une bonne chose, non ? répliqua Abigail. Ça veut dire qu'ils ne se disputent pas.

La tête de Natalie Dubois apparut dans l'embrasure de la porte. Elle sourit aux première année avant de faire signe à James.

– C'est ton tour de jouer.

– J'arrive.

– Et nous, on a une ex-Préfète-en-Chef à aller voir, annonça Albus en agrippant le poignet d'Abigail et en commençant à la tirer vers l'avant du train.

– Dis-lui bonjour de ma part, lança James en revenant dans son propre compartiment.

Albus fit un vague signe de la main par-dessus son épaule. Abigail émit un couinement de protestation quand son poignet se tordit méchamment alors qu'ils contournaient des cinquième année qui discutaient anxieusement de leurs BUSEs.

– Désolé.

Elle se frotta la peau en grimaçant.

– Ce n'était quand même pas très gentil de les laisser comme ça, reprocha-t-elle.

– Oh, arrête. Tu as vu comment ils étaient ? « S'il te plaît », « merci », « aurais-tu l'obligeance de », c'était écœurant ! Rosie l'appelait Scorpius !

Albus secoua la tête d'un air catastrophé.

– Ce n'était pas naturel du tout. Il fallait bien faire quelque chose. Tu imagines passer six ans comme ça ?

Abigail frissonna.

– Quelle horreur. N'empêche que c'était un peu drastique, comme solution.

– Oui, mais au moins, ils se parlent, rétorqua Albus en toquant à la porte du compartiment des Préfets-en-Chefs. Vicky ? Tu es là ?

La porte s'ouvrit d'elle-même et ils entrèrent dans le compartiment, accueillis par un petit sourire fatigué de la part de la nouvelle diplômée. Victoire était recroquevillée sur une banquette, un livre sur les contre-sorts ouvert sur les genoux, baguette à portée de main, teint pâle et traits tirés, son badge épinglé sur ses robes de ville.

– Ian est parti ? demanda Abigail d'un ton déçu en s'asseyant, regardant autour d'elle comme si elle s'attendait à ce que le beau Préfet-en-Chef jaillisse de sous un coussin.

– Pa-a-arti faire sa ronde, répondit Victoire à travers un bâillement. Désolée, je n'ai pas encore récupéré de mes examens…

– C'était au début du mois, pourtant, s'étonna Albus.

Victoire grommela quelque chose avant de regarder sa montre.

– Il n'est que cette heure-là ? gémit-elle. Quand est-ce qu'on arrive ?

Albus échangea un regard surpris avec Abigail. Il n'était pas dans les habitudes de Victoire d'être aussi geignarde. C'était une fille plutôt facile à vivre malgré son tempérament volcanique dès qu'on parlait de…

Ah.

Ils étaient venus pour l'embêter ou pas ?

– Je me demande pourquoi tu es si pressée d'arriver, dit lentement Albus. Aucun rapport avec un futur médicomage aux cheveux bleus, n'est-ce pas ?

– De qui tu parles ? demanda Abigail alors que Victoire crispait les poings et les paupières.

– Mon frère aîné, Teddy Lupin. En fait, corrigea-t-il, c'est le filleul de Papa, mais c'est comme s'il était mon frère. Et si tu regardes l'arbre généalogique, il est le cousin au second degré de Sco et sa mère était ma cousine au troisième degré en remontant du côté de mon père… je crois…

Il allait falloir vérifier sur la tapisserie en rentrant. Une chance qu'Oncle Bill eût réussi à la réensorceler pour montrer tous ceux qui avaient été déshérités ! Elle était beaucoup plus gaie comme ça, d'après Ginny. Surtout avec la tête aux cheveux multicolores de Teddy tout en bas, et les crinières rousses des Weasley… L'arbre était maintenant tellement chargé qu'il fallait savoir précisément où était la personne recherchée, sous peine de passer des heures devant le mur du salon, à essayer de déchiffrer les noms écrits tout petit… ce qui lui rappelait qu'il n'avait jamais essayé de trouver Scorpius. Encore une chose à faire pendant les vacances !

Le claquement sec du livre que Victoire venait de refermer le tira hors de ses pensées. Elle était visiblement contrariée et le fusillait du regard.

– Pourquoi devez-vous toujours revenir à ça ? lui demanda-t-elle, les doigts frémissant en direction de sa baguette. Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas me laisser tranquille au moins quelques heures ?

– Calme-toi, murmura Albus, déconcerté. Je te taquinais, c'est tout…

– Je ne veux pas être taquinée !

Hou la, c'était sérieux. Victoire paraissait au bord des larmes. Albus réclama d'un regard l'aide d'Abigail, et son amie, toujours aussi serviable, se glissa à côté de Victoire et lui prit la main.

– Tu veux parler ? demanda-t-elle doucement.

– Oui… non ! se reprit Victoire. Il n'y a rien à dire. Les études sont très importantes et devraient passer en priorité ! C'est ce que je vais faire !

Elle reprit son livre et plongea la tête à l'intérieur dans une sorte de tentative désespérée pour clore la conversation. Abigail se retourna et interrogea Albus d'un haussement de sourcils, mais il était trop stupéfait par le comportement irrationnel de sa cousine pour trouver sa voix.

Finalement, Abigail se leva et l'agrippa sans ménagement par l'épaule, le faisant se redresser.

– A tout à l'heure ? tenta-t-elle en direction du haut du crâne de Victoire, qui dépassait du livre qu'elle tenait en tremblant.

Un grognement mouillé lui répondit, et Abigail, secouant la tête d'un air navré, entraîna Albus dans le couloir. Le garçon trébucha en sortant du compartiment, et pendant le bref instant qu'il lui fallut pour reprendre son équilibre, il crut entendre Victoire renifler. Perturbé, il se tourna vers Abigail dès qu'ils furent hors de portée d'oreille de Victoire.

– Elle n'a pas… rompu avec Teddy, quand même ?

Abigail mordilla sa lèvre inférieure.

– Je crois que si.

Albus soupira. D'accord. Même si c'était dommage, il n'allait pas s'appesantir là-dessus. Il n'aurait qu'à envoyer Rose à Vicky pour qu'elles aient une « discussion de filles », ou Marie s'il la voyait avant, et…

Rose ! Il l'avait laissée enfermée avec Scorpius !

Jurant à voix basse et priant intérieurement pour que ses deux amis ne se soient pas entretués malgré le début de conversation prometteur, il remonta le train, Abigail sur ses talons protestant que deux minutes de plus ou de moins n'y changeraient rien. Il prit tout de même le temps de prévenir Dominique, qui sortait des toilettes, que Marie était réclamée dans le compartiment des Préfets-en-Chef, avant de défaire en urgence le sortilège qui maintenait la porte fermée et de se précipiter à l'intérieur.

– Ah, quand même ! lança Rose.

Ils étaient tranquillement en train de jouer à la Bataille Explosive avec les cartes qu'Albus avait laissé étalées sur la banquette. Abigail le poussa pour entrer et saisit son magazine en s'asseyant, le couvant d'un regard de reproche. Albus haussa les épaules. Au moins ils étaient réconciliés, et c'était l'essentiel.

La deuxième partie du voyage fut beaucoup plus agréable que la première, ponctuée de rires et de visites de la part des nombreux cousins d'Albus, y compris Victoire qui vint s'excuser de sa conduite. A l'approche de Londres, Albus fit signe à Scorpius de se tenir prêt à bondir hors du compartiment avant d'être réquisitionnés par les filles pour servir de porte-bagages.

– Ensuite, on trouve nos parents et on leur demande pour cet été.

Ils profitèrent de ce qu'elles avaient le dos tourné pour se glisser dans le couloir, croisèrent Louis à la sortie des toilettes (Albus eut une forte impression de déjà-vu) et lui signalèrent qu'en tant que préfet, il était de son devoir de vérifier que les élèves n'avaient aucun problème pour descendre du train. Ils l'envoyèrent donc s'assurer que Rose et Abigail n'avaient pas reçu une de leurs malles sur la tête en essayant de les extirper du filet à bagages, et Albus fit taire les remords de Scorpius en lui rappelant le chargement de la diligence. Les deux garçons étaient descendus du train avant même que les filles fussent sorties dans le couloir.

Albus repéra immédiatement le groupe des parents Weasley, et, remarquant Mr et Mme Malefoy parmi eux, entraîna Scorpius dans cette direction. Profitant des effusions suivant l'arrivée de Victoire, Marie et Molly, les deux garçons se plantèrent devant leurs pères respectifs, interrompant leur discussion sur la prochaine Coupe du monde, et attaquèrent d'emblée et de concert :

– Papa, est-ce que Sco et Abigail peuvent venir chez Al le 31 juillet pour l'anniversaire de Mr Potter, et rester pour les vacances mais juste pour le barbecue, et demander à Grand-mère de venir un peu plus tard, sauf si elle peut venir en avance, par exemple, la dernière semaine d'août si sa mère dit oui, s'il te plaît ?

Les deux pères restèrent silencieux avant de s'interroger mutuellement du regard et de répondre ce que répondent tous les pères quand ils ne veulent pas avouer qu'ils n'ont rien compris :

– Demande à ta mère !


Comme quoi, vous voyez que les miracles existent ! Je m'étais promis de le poster avant mon anniversaire, et j'ai presque un mois d'avance !

Ok, je sais que c'est un chapitre que vous avez dû attendre longtemps pour pas grand-chose. Pour être honnête, je n'en suis pas très satisfaite, mais je n'arrivais pas à trouver mieux. Mes muses ont passé les vacances du côté du Seigneur des Anneaux et de Dr House, et refusaient de reprendre du service chez Harry Potter. J'ai réussi à négocier la fin d'Amicitia Aeternam, mais elles sont vraiment dures en affaires... Résultat, on va encore passer un peu de temps sur le Seigneur des Anneaux avant d'attaquer la deuxième année... elles voulaient changer d'air.

Au fait, ce que les garçons ont dit en s'adressant à leurs pères :

Albus : « Papa, est-ce que Sco et Abigail peuvent venir à la maison pour ta fête d'anniversaire ? Et si oui, est-ce qu'ils peuvent rester après, mais juste pour le barbecue en ce qui concerne Abigail, sauf si elle peut venir en avance et passer la semaine d'avant à la maison si sa mère dit oui, s'il te plaît ? »

Scorpius : « Papa, est-ce que je peux aller chez Al le 31 juillet pour l'anniversaire de Mr Potter et rester pour les vacances, si tu peux annuler la location et demander à Grand-mère de venir un peu plus tard que d'habitude, je ne sais pas, par exemple, la dernière semaine d'août si elle peut reporter. S'il te plaît ? »

Mine de rien, ce n'est pas facile de mixer tout ça !

Il est bien évident (j'espère...) que Scorpius et Abigail vont avoir l'autorisation de séjourner chez les Potter...

Et puis merci à KiBss, Caella, Ethelred, Julie Winchester, BoudahMIM., Margaux.R., DR Ciboulette, Cybelle21, Missdagane, Gwendolyn Jedusor Black, BiiBii, Kyarah, Tenchi Manson et Mlle Potter pour leurs reviews !

Et merci aussi à toutes les personnes qui ont mis cette fic en favoris. Je suis touchée.

Bon, deuxième année : tests, Quidditch, animaux, maladies (ben oui !), et cours de Potions !!