Chapitre 6 : Voisins sous couverture
Résumé : Jarod et Mlle Parker sont invités à dîner chez leurs nouveaux voisins. Toutefois, ils s'aperçoivent que ces derniers ne sont pas ce qu'ils prétendent être. Mais qui sont-ils ?
Appartement quartier résidentiel Paris, France
En fin d'après-midi, alors qu'ils s'apprêtaient à profiter d'un moment intime, tranquille et en amoureux, une enveloppe blanche de qualité supérieure avait été soigneusement glissée sous leur porte. Mlle Parker s'en saisit et, avec des gestes délicats, brisa le cachet de cire portant une marque légèrement discrète dévoilant ainsi son contenu. Une carte. Celle-ci était sophistiquée et sobre à la fois. Fabriquée à partir d'un carton épais et de couleur crème, elle était ornée d'un liseré de nuance ocre finement ciselé encadrant les bords. Le nom de Mr et Mrs Andersen était écrit en lettres dorées. Au centre, un texte imprimé avec soin sollicitait la présence de Mlle Parker et de Jarod à une soirée chez eux. Les informations essentielles étaient inscrites avec précision. Le tout était rédigé avec une typographie très distinguée, conférant un aspect formel à l'invitation. « Mon cœur, regarde ça, avait-elle dit à Jarod en lui montrant le précieux papier. Nous sommes invités chez nos nouveaux voisins. » Jarod s'approcha d'elle et examina chaque détail de la carte avec une grande perplexité, cherchant le moindre indice qui pourrait indiquer les véritables intentions des Andersen. Mais à première vue, tout semblait parfaitement innocent et d'une exquise politesse. Mlle Parker se réjouissait à l'avance de ce dîner, quant à Jarod, il préférait rester chez eux comme convenu et mettre en action ses projets qu'il avait en tête.
Un pressentiment persistait dans l'esprit du caméléon. Il y avait là, beaucoup plus que des mots édités sur ce bout de carton. Non seulement, c'était inattendu, mais aussi plus que douteux. Personne, jusqu'ici n'avait fait attention à eux. Cela représentait bien plus qu'une simple demande de voisinage. Pourtant, il était évident que les Andersen étaient des personnes de classe et de bon goût, du moins ce qui laissait transparaître. Et, malgré l'explicité de l'invitation et le désir de Mlle Parker à s'intégrer socialement, une suspicion accrue régnait tout autour d'eux. Ces gens-là paraissaient trop parfaits, trop aimables, trop polis pour être vrais. Leur allure sans faille, leur sourire toujours radieux et leur attitude courtoise soulevaient des interrogations. Étaient-ils simplement de charmants voisins ou cachaient-ils quelque chose d'épouvantable ? Alors qu'ils étaient sur le point d'accepter et de se lancer dans une nouvelle aventure, ils ignoraient que cela allait les mettre face à un danger bien connu, une menace bien réelle !
Appartement des Andersen, Paris, France
Le moment tant redouté arriva enfin. Les tourtereaux se préparèrent impeccablement, cherchant à paraître à la hauteur des standards d'élégance qu'incarnaient les Andersen.Vêtus de leurs plus beaux atours, ils se rendirent vers l'appartement d'à côté avec une légère appréhension. Jarod ne pouvait dissimuler à sa compagne ce flot de pensées qui le titillait. Il avait hâte d'être à la fin du repas.
« Comment tu me trouves, Jarod ? anxieuse, Mlle Parker lissa sa robe.
- Tu es magnifique comme toujours, avait-il répondu en la parcourant de la tête aux pieds.
- Mais encore ? Dis-moi, je veux savoir si tout est impeccable, un léger sourire étira les lèvres de Mlle Parker.
- Tu es éblouissante ce soir.
- Tu en es sûr ? Je vais changer de tenue.
- Non ! Non ! Non ! Regarde-moi. Ce qui te rend magnifique, Parker, c'est ta force intérieure, ta détermination, ton intelligence, ta passion et ta fougue. C'est cela qui te rend vraiment extraordinaire. La robe ne fait que t'enjoliver davantage, rien de plus.
- Oh, c'est la première fois que tu me dis ça.
- Et ce ne sera pas la dernière fois que tu l'entendras. Mon amour, je te connais mieux que quiconque. Je vois la véritable personne qui se cache derrière ce masque que tu portes. Tu es une femme fascinante, crois-moi.
- Merci Jarod. Tu es un amour. Depuis que l'on vit ici, on n'est pas souvent invité, en fait, on l'est jamais. On n'a pas d'amis. On est toujours seul. Je trouve ça triste.
- Je sais. Et je comprends ton envie de nouer une amitié avec eux, ils vont t'adorer, tout comme moi. Alors tâchons ce soir de faire bonne impression et de faire d'eux nos amis. Mais Parker, restons vigilants, d'accord ? Évitons de trop en dire sur nous et essayons de voir le bien-fondé de leur intérêt soudain pour nous. Je suis sûr qu'il cache quelque chose.
- Enfin Jarod, tu ne t'imagine tout de même pas que ce sont des nettoyeurs du Centre ? ria Mlle Parker, elle appuya sur la sonnette. Tu les as vues sérieusement ? Ils sont beaucoup trop bien habillés pour ça.
- Parker, ça ne t'a jamais empêché, toi, de me courir après pendant plus de cinq ans ! »
La porte s'ouvrit sur un sourire amical de Mrs. Andersen, une femme d'une beauté remarquable les accueillit avec des mots gentils, les invitant à entrer. L'intérieur de l'appartement était tout aussi sans défaut que ses propriétaires, avec une décoration stylée et raffinée. Sarah et Michael avaient préparé de délicieux mets pour leurs convives. Une table dressée avec goût était embellie de fleurs fraîches et de chandelles scintillantes, l'ambiance était chaleureuse et très conviviale. Ils s'installèrent et engagèrent une discussion civilisée avec leurs hôtes. Pendant le repas, les conversations allaient bon train. Sarah et Michael se montraient fort sympathiques, partageant des anecdotes de leurs voyages et de leurs expériences de vie. Le caméléon et la Miss, prudents mais curieux, posèrent des questions habilement choisies afin d'en apprendre encore plus sur leurs voisins sans éveiller le moindre soupçon.
« Comment vous êtes-vous retrouvés tous les deux à Paris ? demanda Mlle Parker.
- Nous avons toujours été attirés par le charme de cette ville. Nous avons donc décidé de faire une pause, de nous éloigner de notre vie précédente pour nous reconnecter avec l'essentiel. Paris paraissait être l'endroit idéal pour nous, avait dit Sarah.
- Puis-je vous demander ce que vous faisiez dans votre vie précédente ? s'informa Jarod, réfléchissant aux paroles de Sarah.
- Ma femme est une photographe hors paire et très talentueuse. Quant à moi, je suis avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme. » avait répondu Michael.
Mlle Parker lança un regard discret à son amant, sentant que quelque chose n'allait pas dans les propos du couple. Leurs explications semblaient être trop recherchées et leurs réponses étaient déjà toutes faites. Mais pour l'heure, ils devaient garder leur crainte pour eux-mêmes. Au fil de la soirée, les échanges se poursuivaient. Les Andersen s'avéraient être attentionnés et intéressés par la vie de la Miss et surtout par celle du jeune homme, essayant de récolter un maximum de renseignements sur leurs passés, leurs passions et leurs projets futurs. En surface, tout était normal, mais une tension subtile persistait dans l'air. Alors que la soirée touchait à sa fin, Jarod s'interrogea sur le fait d'aborder directement le sujet qui les préoccupait. Leur méfiance envers les Andersen ne s'était pas dissipée pour autant. Ils avaient besoin de connaître la vraie raison de ce dîner. Mlle Parker décida de rompre la glace. Elle prit une gorgée de son verre de vin, savourant le goût riche et fruité, puis ses yeux croisaient celui de Sarah. Alors qu'elle s'apprêtait à formuler une question qui lui brûlait les lèvres, Jarod lui coupa la parole avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit.
« Sarah, Michael, c'était une agréable soirée. Le repas était succulent. Malheureusement, il se fait très tard et demain nous travaillons.
- Oh, tu as raison, mon cœur. Nous devons y aller Merci, c'était… Très intéressant !
- Eh bien, ça l'était pour nous aussi ! N'est-ce pas Sarah ?
- Oui, nous avons également beaucoup apprécié et j'espère avoir l'occasion de vous revoir tous les deux, très bientôt, Sarah les raccompagna à la porte. Merci encore d'être venu. »
Appartement quartier résidentiel Paris, France
Assis dans le confort de leur salon, Mlle Parker et Jarod échangeaient des regards inquiets. Depuis qu'ils étaient rentrés tout tournait autour des voisins qui si bien assortis à l'image d'un couple idéal n'en avait que l'apparence. La Miss serra légèrement son verre de vin presque vide entre ses doigts, ses iris se perdirent dans les reflets tuilés du liquide alcoolisé.
« Tu veux que je te resserve un verre ?
- Jarod, si tu veux me faire l'amour, tu n'as pas besoin de me faire boire autant ! Je suis toute ouïe !
- Parker, il faut que je te dise, cette soirée m'a fait une très mauvaise impression.
- Tu n'es pas le seul à avoir cette impression, Jarod. Quelque chose ne tourne pas rond avec ces gens-là. Je veux dire, qui plaque tout du jour au lendemain pour se retrouver dans l'un des plus beaux quartiers de Paris ?
- N'est-ce pas ce que nous avons fait ? Tout plaquer pour venir ici ?
- Nous, c'était différent, Jarod, on avait plus rien qui nous retenait là-bas. Et on n'avait pas le choix si on voulait être ensemble.
- Ça n'a pas de sens. Ils doivent avoir une bonne raison pour venir s'installer ici.
- Et puis, tu n'as rien remarqué sur eux ? Ils n'agissaient pas comme un couple normal. Il n'y avait ni geste tendre ni mots doux entre eux. Pas le moindre sentiment amoureux. Ils nous ont joué la comédie !
- Oui, j'ai trouvé ça très bizarre. Je pensais qu'ils faisaient preuve de retenue devant nous.
- Comment s'appellent-ils déjà, ces nouveaux voisins ? Elle fronça les sourcils.
- Euh… Je crois que c'est... Sarah et Michael.
- Oui, c'est ça ! Sarah et Michael Andersen. Des prénoms américains plutôt communs. As-tu aperçu une quelconque photo dans leur appartement ? Non ! Ça, c'est étrange ! Ne pas posséder de photo quand on fait le métier de photographe, c'est suspect, tu ne trouves pas ? Et c'est quoi cette volonté de s'immiscer discrètement dans nos vies ? Ça ne peut pas être qu'une simple coïncidence. Je ne veux pas paraître paranoïaque, mais j'ai l'intuition qu'ils ne jouent pas franc-jeu avec nous.
- Non, tu n'es pas paranoïaque, Parker, au contraire. Nous ne pouvons pas nous contenter que de suppositions. Nous devons découvrir pourquoi ils s'intéressent tout à coup à nous.
- Voilà Jarod, ce que nous allons faire. Nous allons mener notre enquête. Partir à la pêche aux informations. Nous ne pouvons pas rester dans l'ignorance. Il est temps de lever le voile sur leurs mensonges ! »
Jarod attrapa l'ordinateur portable qui trônait sur la petite table prêt à être utilisé, accédant ainsi à quelques éléments disponibles publiquement en ligne. Ils consultaient les réseaux sociaux, les sites web professionnels ou encore les bases de données accessibles. Ils étaient à la recherche de tout indice pouvant révéler l'identité de Sarah et Michael Andersen. À supposer que ce soit leur véritable nom !
Appartement des Andersen, Paris, France
Le lendemain, les investigations reprenaient, ils décidèrent de rentrer par effraction chez leur voisin à un moment propice, en l'absence de ces derniers. La jeune femme avait les jambes qui flageolets, elle retenait son souffle, paniquant rien qu'à l'idée de se faire surprendre. Après avoir repéré, analysé et contourner les systèmes de sécurité, ils entrèrent à l'intérieur en utilisant des outils spécialisés pour ouvrir en catimini la porte, et ce, sans laisser de traces évidentes. « Bon, dépêchons nous, Jarod. Je ne voudrais pas être là quand ils franchiront le seuil de la porte. » Mlle Parker et Jarod se lancèrent dans une enquête plus que minutieuse, fouillant les moindres recoins de l'appartement. Dans le bureau, une Mlle Parker méthodique trouva une pile de dossiers scrupuleusement bien organisés. Elle les parcourut avec attention, découvrant des rapports détaillés sur Jarod et elle-même. Les dossiers mentionnaient des événements spécifiques de leur nouvelle vie à Paris, des précisions sur leurs activités, sur les gens qu'ils côtoyaient, et même des photographies prises chez eux, à leur travail, à l'extérieur, et ce, à leur insu. Pendant ce temps, Jarod explorait méticuleusement la chambre du couple à la recherche d'indices. Il ouvrit un tiroir et y trouva des passeports falsifiés, ainsi qu'une série de lettres codées. Intrigué, il prit des notes rapides, déterminé à résoudre l'énigme. Le temps s'écoula et les Andersen n'allaient pas tarder à débarquer d'un instant à l'autre. Jarod et Mlle Parker veillèrent à ne rien laisser de leur présence effaçant toute trace de leur intrusion en rétablissant les dispositifs de sécurité, en replaçant les objets déplacés et en nettoyant les surfaces qu'ils avaient touchées.
Appartement quartier résidentiel Paris, France
De retour chez eux, Mlle Parker et Jarod assemblaient les pièces du puzzle, ils réalisèrent avec effroi la nouvelle : ces intrus étaient en réalité des agents du Centre. Toutes les preuves pointaient vers cette conclusion, et cette révélation les laissa sans voix. Deux imposteurs, voilà ce qu'ils étaient et leurs ennemis les plus proches. Cela était difficile à accepter. Le regard froid, l'air sévère la jeune femme devenue rouge de rage était sur le point d'exploser, serrant les poings, elle laissa échapper un soupir de frustration. Elle qui avait passé les derniers mois de sa vie à fuir les agents du Centre, les voilà qu'ils s'étaient infiltrés jusque dans leur foyer. La fureur brûlait dans ses yeux tandis qu'elle se promettait de faire payer ceux qui les avaient abusés. Jarod, habitué à soupçonner tous ceux qui croisaient son chemin, était terriblement blessé dans son estime. Lui qui avait espéré pouvoir trouver une réelle connexion humaine avec les Andersen, il s'était trompé ! Tous les deux se sentaient trahis dans leur intimité, manipulés par ces faux voisins bienveillants. « On est condamnés à vivre une existence de fugitif, constamment pourchassés par ceux qui veulent nous ramener au Centre. » se lamenta Mlle Parker. Ils prirent la décision de défendre leur liberté afin de préserver au mieux leur bonheur.
Le lendemain matin, après avoir passé la nuit à réfléchir longuement à la situation, Mlle Parker et Jarod étaient déterminés à confronter les Andersen. Assis autour de la table de la cuisine, ils préparaient leur stratégie. La jeune femme observait les documents éparpillés devant elle. Des photographies, des dossiers confidentiels et des rapports de surveillance illustrant leur propre vie. Elle releva les yeux et fixa le caméléon, d'une lueur qu'il n'avait aperçu que très rarement.
« Je suis désolé, mon amour. Je sais que tu es déçue. Toi qui voulais avoir des amis. Ce ne sera pas eux.
- Oh, ça n'a aucune importance, on n'a pas besoin d'amis ! Une moue boudeuse se dessinait sur son visage.
- Eh bien voilà. Tout est clair !
- Mais quelle est leur intention réelle, Jarod ? Que nous veulent-ils ?
- Nous ramener au Centre, je suppose.
- Il est temps de voir ce qu'il en est.
- Parker, je sais que l'on avait fini par se plaire ici, mais on va devoir s'en aller et le plus tôt possible, en laissant tout derrière nous. Tout recommencer. Il est hors de question que nous replongions dans cet enfer.
- Je sais Jarod. Allons-y ! Allons les voir ! »
Appartement des Andersen, Paris, France
Ils se dirigèrent vers l'appartement de leurs voisins. Ils sonnèrent puis attendirent pendant que leur cœur faisait des bonds. Tout à coup, la porte s'ouvrit, Michael, une bière à la main, était sur le seuil. « Bonjour, Chers amis ! » Mlle Parker et Jarod échangèrent un regard furtif, sachant que derrière cette façade cordiale se cachaient des êtres malveillants. Une fois à l'intérieur, tous s'installèrent dans le salon face les uns aux autres. Tout n'était que l'illusion de la perfection ! La réalité était tout autre. Jarod étala les documents sur la table tandis que Mlle Parker, les bras croisés fulminait.
« On va arrêter la comédie. On a découvert le pot au rose. Nous savons qui vous êtes ! lança la Miss d'un ton sec.
- Bien. C'est ce que nous voulions, déclara Sarah.
- Vous en avez mis du temps. Je vais aller droit au but. Nous avons besoin de votre aide ou plutôt, c'est vous qui avez besoin de la nôtre ! ajouta Michael.
- Quoi ?
- Attends Parker, laisse-les parler. Je sens qu'ils ont des choses à nous dire !
- Moi aussi, j'ai des choses à leur dire. Vous n'êtes que des idiots si vous pensez une seule seconde que nous allons vous aider !
- On va commencer par le début. Comment saviez-vous que nous étions à Paris ? Est-ce que le Centre est au courant ?
- Ne vous inquiétez pas Jarod, le Centre n'est au courant de rien, on s'est assuré de prendre un maximum de précautions avant de venir ici, rassura Sarah. Pour l'instant, vous êtes toujours en sécurité.
- Comment savions-nous que vous étiez à Paris ? C'est très simple. Nous avons nos propres sources, nos propres moyens d'obtenir des informations confidentielles. Disons pour faire court que nous avons un réseau bien plus étendu que celui du Centre, ce qui nous a permis de découvrir votre présence ici. Sachez que nous n'avons pas de mauvaises intentions envers vous. Nous ne sommes pas qui vous croyez. Et nous ne pouvons vous en dire davantage. Il va falloir que vous nous fassiez confiance.
- Comment pouvons-nous être sûrs que vous ne nous manipulez pas ? Comment pouvons-nous vous faire confiance ? Jarod arqua un sourcil.
- Si vous ne le faites pas, vous risquez de perdre tous les deux, tout ce que vous avez réussi à construire jusqu'ici. Nous n'avons plus le temps. De nombreuses vie sont en jeu.
- Nous comprenons vos craintes, mais vous devez savoir que nous partageons un ennemi commun, le Centre. Toutes les informations que nous avons recueillies jusque-là sont là-dessus. C'est un condensé de preuves, de dossiers confidentiels et de projets en cours. Prenez-en connaissance, analysez-les. Cela vous montrera l'étendue de la menace à laquelle nous sommes tous confrontés, Michael sortit une clé USB de sa poche. Il la déposa sur la table.
- Très bien. Nous allons y jeter un œil dès que possible. Mais vous, sachez que si nous détectons le moindre piège ou la moindre manipulation de votre part, vous n'échapperez pas à notre justice, avait prévenu Mlle Parker.
- Elle a raison. Si nous découvrons que vous nous avez menti, il n'y aura plus de seconde chance.
- Parfois, il est bon de faire des concessions, et de faire ce qui est juste. Nous avons rempli notre mission. Maintenant, tout dépend de vous !
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Désormais, il est temps pour vous de rentrer chez vous ! »
Appartement quartier résidentiel Paris, France
Avec précaution, Mlle Parker inséra la clé USB dans le port de son ordinateur, sentant une légère tension monter en elle. Pendant ce temps, Jarod se préparait mentalement à se jeter dans un océan tumultueux de secrets et de conspirations. Les répertoires apparurent à l'écran, attestant de la véracité des propos de Michael. C'était une réalité bien plus obscure que tout ce qu'ils avaient pu concevoir. Parmi ces fichiers, se trouvaient des noms familiers, des projets en cours et des opérations clandestines, tous étroitement liés au Centre. Avec une attention toute particulière, ils se lancèrent dans l'analyse des données. À mesure que chaque nouvelle révélation surgissait, leur résolution à se libérer définitivement de l'emprise étouffante du Centre se renforçait. Après des heures intenses baignées dans les méandres des dossiers, Mlle Parker leva finalement les yeux de l'écran. « Regarde, Jarod ! C'est encore bien plus grave que ce que nous avions pu imaginer. Le Centre étend ses activités dans d'autres domaines. Il est temps de mettre un terme définitif à leurs agissements une fois pour toutes ! »
Les jours s'écoulèrent dans un silence énigmatique, sans la moindre nouvelle des Andersen. Mlle Parker et Jarod se trouvaient face à un dilemme : devaient-ils agir immédiatement ou bien attendre d'en savoir un peu plus sur les manigances absurdes du Centre ? L'incertitude planait telle une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils se sentaient comme des pions sur un échiquier, pris dans une partie où les enjeux étaient bien plus élevés que ce qu'ils avaient anticipé. Ils savaient que chaque décision qu'ils prendraient à partir de ce moment-là serait cruciale pour leur avenir. « Les prochains jours vont être décisifs, Parker, on va devoir redoubler de vigilance. » La jeune femme prit la clé USB et la rangea dans un tiroir. « Attendons de voir ce qu'il se passe et ensuite, nous agirons en conséquence. » Alors qu'ils étaient absorbés par leurs propres réflexions, ils ne remarquèrent pas l'homme qui les fixait attentivement depuis l'extérieur. Face à leur fenêtre, ce dernier, habillé d'un costume sombre, des jumelles à la main, gardait un visage impassible. Il observait chaque geste, chaque expression étudiant chaque comportement des deux amants comme s'il cherchait à percer leurs pensées les plus intimes, leurs secrets les plus profonds. Pendant un instant, il hésita sur ses prochaines actions. Puis, avec un petit sourire en coin, il fit un pas en arrière, sortant son téléphone portable de la poche intérieure de sa veste. « Je les ai retrouvés. » Son but demeurait flou. Quel rôle jouerait-il dans la vie de Jarod et Mlle Parker ? Était-il un ennemi ou un allié ? Le mystérieux étranger, silencieux, se retourna. Son ombre disparaissait dans l'obscurité de la nuit, prêt à dévoiler ses intentions au moment le plus opportun…
