Cours particulier

- Tu es sérieux ? Demanda Lily dubitatif.

- Gajeel, c'est impossible que tu ne saches pas, dit Mira désolée.

Ils étaient à la guilde, Gajeel assis avec son partenaire et Elfman à une table, habillé d'un débardeur vert, d'un pantalon de toile couleur chanvre et un bandeau rouge à rayures, il allait manger les boulons que venait de lui apporter la belle Mirajane, quand il interrompit son entreprise pour poser une question. Depuis ce moment, les trois personnes près de lui écarquillèrent les yeux, totalement stupéfaits par ce qu'ils avaient d'entendu. Le dragon slayer d'acier les fixait comme s'ils étaient fous alliés. On lui reprochait en permanence d'être fermé, distant, qu'il ne s'intéressait à rien et pour une fois…Une fois, dans sa vie, il avait décidé de mettre sa fierté de côté et poser une question à ceux qui l'entouraient…Ceux qu'il pouvait appeler ses amis. Et là, ils le regardaient comme s'il était l'être de plus étrange d'Earthland.

- Un homme sait ce genre de chose, ajouta Elfman doucement.

- Ben moi, je sais pas et chui un homme, rétorqua le brun en haussant les épaules.

- Gajeel, c'est une de tes blagues pas drôle ? Dit Lily, plus pour se rassurer lui-même.

- Mais non ! S'énerva le dragon slayer. Vous pouvez pas m'expliquer…

- C'est que c'est compliquer, dit Mira.

- Vous voyez ! Dit le brun.

- Normalement un homme le ressent, ajouta Elfman.

Lily était consternée par la candeur de son maître tandis que les autres était ennuyés pour le jeune homme. Puis l'exceed reprit…

- Quand je pense à…

- Tu devrais demander à Lévy de te faire un cours dessus, interrompit Mirajane.

- Quoi !? S'exclamèrent les deux autres.

- Mi…Mira, tu es sûre que c'est une bonne idée, dit l'exceed noir. Tu sais que Lévy est…

- …très douée pour enseigner, finit la mage démone. Puis, vous êtes proche, vous pourrez en parler facilement.

- Ouais, j'retiens assez ce que me dit la crevette, confirma le dragon slayer.

- Tu vois…dit la blanche d'une voix douce et rassurante.

Une fois son repas terminée, le dragon slayer partit donc à la recherche de la mage des mots. Il n'eut pas de difficulté à la trouver puisque celle-ci était à la bibliothèque de la guilde. Vêtue d'une robe rouge décorée de dentelle blanche lui laissant les épaules nues, ainsi qu'un ruban aux cheveux de la même couleur, elle était assise à une table avec un ouvrage volumineux ouvert devant elle. Il s'était assis face à elle et lui avait posé sa question, lui demandant de l'aide ce qui provoqua une réaction inattendue de la part de la jeune femme. Elle se braqua, rougissant légèrement, le dragon slayer entendait le cœur de la bleutée tambouriner avec force dans sa cage thoracique. Elle le considéra un long moment les yeux écarquillés. Là, il se demandait vraiment ce qu'il avait pu dire de si choquant.

- Ho ! Crevette !? Dis quelque chose ! S'exclama-t'il dans une tentative d'obtenir une réponse de la graphologue.

La bleutée secoua la tête de droite à gauche, déglutit et commença à parler.

- Gajeel, si c'est une de tes blagues, ce n'est vraiment pas drôle, dit-elle avec sérieux.

- Putain, mais pourquoi vous dites tous ça !? S'emporta le jeune homme. Non, ce n'est pas une blague.

- Excuse-moi, mais avec toi on ne sait jamais ! Rétorqua-t'elle en haussant la voix. C'est un peu gros, là !

- Merde, je voulais juste comprendre, O.k. ! Aboya-t'il.

La mage des mots se calma un peu.

- Tu ne sais vraiment pas ? Demanda-t'elle avec une pointe de tristesse dans la voix.

- Non, soupira-t'il.

Elle ne put s'empêcher de lâcher un long soupire déchirant plein de désespoir et de peine. Le dragon slayer prenant en compte la réaction de la bleutée se leva et se dirigea vers la porte.

- Soit, je vais te donner un cours ! déclara-t'elle ce qui arrêta le ténébreux. Mais, pas tout de suite, je dois préparer avant, on se retrouve vers quatre heures au parc, d'accord ?

L'homme sourit, content que son amie décide de l'aider.

- Gihi, ok, à toute, dit-il en retournant au bar de la guilde.


La jeune fille aux cheveux azur se dirigeait vers le parc ses notes à la main. Elle avait réfléchi aux différentes manières d'aborder le sujet. Philosophiquement ? Bien trop compliqué et intangible. Psychologiquement ? Risque de parler de chose intime et connaissant Gajeel, il se braquerait. Biologiquement ? Complexe, ou trop…gênant elle rougit en y pensant. Au niveau magique ? Il prendrait cela comme une attaque contre laquelle il devra se défendre. Non, il faut quelque chose de simple, abordable…Au fond sa question n'est pas si idiote que cela, beaucoup de grands penseurs se sont penchés dessus…Dommage que lui ce soit par ignorance qu'il la pose… Elle avait été méthodique, préparant un cours en trois parties thématiques avec la théorie et des exemples pratiques. Elle appréhendait ce cours, jamais elle n'aurait imaginé enseigner là-dessus, surtout à lui… La troisième partie était celle qu'elle redoutait le plus. Elle arriva et vit Gajeel allongé sur l'herbe sous un arbre, les bras derrière la tête faisant une sieste. Qu'elle le trouvait beau ce crétin ! Pourquoi avait-il fallu que ce fut de lui dont elle était tombé amoureuse ? Tout était tellement compliqué avec lui… Elle que l'amour n'intéressait pas, pas de chance, il fallait qu'elle le fut et pas de la bonne personne à son grand regret. Son cœur battait très fort à cette vue, elle n'osait pas avancer de peur de briser ce spectacle. Il valait mieux le voir ainsi, paisible, qu'en pleine bagarre ou bien qu'il ouvrit la bouche pour lui dire une ânerie de plus sur sa taille, ou une ânerie tout court… Elle repensa à ce qu'il lui avait demandé…Il ne se rendait même pas compte à quel point cela pouvait être gênant pour elle. Elle soupira…ce qui eut pour effet de réveiller le dragon qui l'avait entendue avec son ouïe sur-développée. En réalité, il l'avait entendue depuis le moment où elle fut sortie de la guilde. Il se redressa afin de s'asseoir en tailleur, regardant Lévy. La bleutée s'avança et s'assit au sol face à lui. Elle posa ses notes devant elle. Sur la première page, on pouvait lire l'intitulé du cours :

Qu'est-ce que l'amour ?

Voyant le nombre de feuilles que la mage des mots avait noircies d'encre, le mage d'acier blêmit légèrement.

- T'as pas chômé crevette ! Dit-il. Je te demandais rien de très compliqué.

- Je sais, mais j'ai préféré partir du principe que tu n'y connaissais vraiment rien, précisa-t'elle.

Face au sérieux de la jeune femme, le brun préféra ne rien ajouter, il la laissa commencer ses explications.

- Bon, tout d'abord, tu dois savoir qu'il existe plusieurs types d'amour, nous allons travailler sur les trois principaux, ceux que les anciens appellent la philia, l'agapé et l'éros.

La bleutée rougit légèrement en mentionnant le dernier terme, mais elle continua son cours.

- Je pense que celui que tu connais le mieux c'est la philia. Il s'agit du sentiment que l'on ressent envers un ami en général, une forme de respect mutuel.

Le brun arqua les sourcils, puis après un temps de réflexion dit :

- Ouais comme moi et Lily.

- C'est ça ! acquiesça la jeune femme, c'est une forme d'amour amicale.

- Ok, ça, je comprends, confirma le dragon slayer de fer. Et les autres ?

- L'agapé est l'amour que l'on éprouve pour un proche sans rien attendre en retour. En général, on le ressent pour un membre de la famille, comme ce que tu ressentais pour ton père…S'hasarda à dire la bleutée.

- Y avait pas ce genre de sentiments entre Métallicana et moi, bougonna le jeune homme.

Allé ! Il commence, c'était trop beau. Lévy afficha une expression accusatrice.

- Gajeel, tu vas me dire que ton père ne t'a pas manqué ?! Que sa mort ne t'as rien fait ?! Dit-elle inquisitrice.

Le brun soupira et prit un air mal à l'aise en se frottant le crâne.

- Ouais, p'têt, concéda-t'il tout bas.

- Enfin le principe est d'aimer une personne sans rien attendre de cette personne.

- C'est un peu con, remarqua le dragon slayer.

- C'est comme ça, rétorqua la jeune femme. Bon, il est possible de ressentir les deux à la fois, respecter une personne et l'aimer sans rien attendre, mais avoir le droit tout de même au respect de cette personne, tu suis ?

- Ouais, j'crois, répondit le ténébreux.

- Bon, le dernier, Lévy déglutit en voyant ses notes, le sujet était quelque peu gênant à aborder…

- Y a un problème ? S'inquiéta légèrement le brun en voyant le rictus d'hésitation de la jeune femme.

- Non…non…dit-elle. L'éros est l'amour physique, le désir, dit-elle en fixant le mage d'acier pour voir s'il comprenait.

Celui-ci fit un regard l'incitant à développer.

- Il s'agit du désir sexuel Gajeel, une attirance envers une personne, une attirance pour son corps, on a envie de toucher cette personne, de la caresser, de…elle souffla avant de continuer, de prendre du plaisir avec son corps. Dit-elle rapidement non sans rougir deux fois plus.

Un silence se fit, une certaine gêne s'était installée entre eux. Cependant, la jeune fille semblait deux fois plus honteuse que le jeune homme.

- Oh ! Finit par dire le brun. Et quand on rêve qu'on couche avec quelqu'un ça compte ?

Qu'est-ce qu'il venait de lui demander ? Elle n'y croyait pas. En cet instant, elle voulait partir, lui envoyer un grand coup de sac dans la figure et partir pour le punir de son manque de délicatesse. Mais elle se retint, elle mit cela sur le compte de sa candeur en ce domaine.

- Oui… le fantasme est dans l'ordre du désir charnel. Cela t'arrive souvent de faire ce genre de rêve ? Idiote, se tança t'elle, à l'instant même où elle finit sa question.

- Ouais, répondit-il sans se démonter, c'est toujours avec la même nana.

Elle l'examina, il en parlait comme de sa dernière bagarre avec Natsu, Lévy croyait halluciner.

- Et c'est qu…En fait, non, je ne veux pas savoir, dit-elle en détournant les yeux. Bien…Bien sûr, il est possible de ressentir les trois ensembles, c'est en réalité ça l'amour dont tout le monde parle…

- C'est avec ça que Juvia nous emmerde avec son nudiste ? demanda le brun agacé en repensant au comportement de la mage de la pluie.

- Oui, dit-elle en évacuant un petit rire, mais Juvia le vit d'une manière extrême, chacun le vit à sa manière.

- Et toi, tu le vis comment ?

La jeune fille hoqueta à cette question, elle s'empourpra à nouveau.

- Je…Je…comment…Je…de quoi…De quoi tu parles ? bredouilla-t'elle.

- Ben, tu ressens toi cet amour là ? Dit-il simplement.

Pendant un instant la respiration de la belle s'arrêta, elle ne savait pas trop si elle devait répondre à cette question. Mais après tout, il lui avait parlé brièvement de ses fantasmes, elle pouvait bien dévoiler ce qu'elle éprouvait sans pour autant lui dire qui en était l'objet.

- Oui, je le ressens, mais je n'ai pas besoin de sauter sur cette personne ou bien de l'espionner. Savoir qu'il veut bien passer du temps avec moi, qu'il va bien surtout, qu'il est heureux me suffissent. Ses yeux brillaient d'une lueur presque magique alors qu'elle en parlait. Je suis près de lui et mon cœur bat fort, c'est comme si on s'était toujours connu, on se parle sans retenu. J'ai l'impression d'être une autre avec lui et cela me plait, je ferais tout pour le protéger.

Le dragon slayer la contemplait, parler d'amour, de son amour, rendait cette fille encore plus belle. Et cet amour, s'il se mesurait à la taille de la lueur qui était apparue dans ses grands yeux noisette, aucun autre sentiment au monde ne pouvait être plus grand. Il ne dit rien cependant, il se contenta d'écouter. La jeune femme reprit une attitude plus sérieuse, revenant à son rôle de pédagogue.

- Il n'y a pas forcément besoin de mot pour l'exprimer, mais des gestes suffisent à exprimer son amour pour une personne. Ajouta-t'elle.

- Par exemple ? S'enquit-il avec un léger sourire en coin.

- Eh bien, il y a des attentions comme des cadeaux, des caresses, se tenir la main, ou juste faire attention au bien-être de l'autre ou bien s'embrasser, dit-elle en rosissant.

- Se quoi ? S'étonna le brun.

Lévy le regarda les yeux écarquillés, cela ne pouvait être possible…

- S'embrasser ? Répéta-t'elle.

- C'est quoi cette connerie encore ? Dit-il méprisant.

- Ne me dis pas que tu ne sais pas, Arzack et Biska le font pourtant, dit-elle.

- J'm'occupe pas vraiment de ce que font les autres, rétorqua-t'il.

Elle refit son soupire déchirant, le regard dans le vide, décidément cela devait être un cauchemar. Elle en fut persuadée au moment où le dragon slayer recommença à parler.

- T'as qu'à me montrer la crevette, dit le mage de fer.

- Pardon ?! S'exclama la jeune femme abasourdie.

Il était hors de question qu'elle l'embrasse pour cette raison. Pas qu'elle ne voulait pas l'embrasser, elle le désirait ardemment, mais pas comme cela. Quel crétin ! Il avait vraiment la palme de l'indélicatesse !

- Non ! Hurla-t'elle.

Elle rangea ses affaires dans sa besace rouge, se leva, frotta sa robe pour enlever les saletés et commença à partir.

- Quoi la crevette, ça te fout la trouille ? Nargua-t'il.

Elle s'arrêta et le regarda en gonflant les joues.

- Je n'ai pas la trouille, c'est juste que ce n'est pas le genre de chose que l'on fait comme cela, rétorqua-t'elle.

- Toi non, chui sûr qu'une autre fille voudra bien me montrer, dit-il taquin.

Elle se crispa, l'idée qu'il fut embrassé par une autre femme l'énervait encore plus que sa proposition. Et cela lui faisait mal, comment pouvait-il dire ça comme ça ? Elle revint sur ses pas, décidée, il était toujours assis, elle arriva vers lui, ancra son regard noisette dans les yeux rubis du brun, se pencha légèrement et posa ses lèvres sur celles de l'homme. Celui-ci sourit, il ferma les yeux tandis qu'il fit entrer une langue mutine dans la bouche de la jeune femme. Celle-ci se baissa se retrouvant à califourchon sur le jeune homme, les yeux fermés et ses bras fins autour du cou musculeux du jeune homme. Il caressa la joue de la belle déplaçant sa main sur la nuque de la belle et avec un bras puissant autour de sa fine taille la rapprocha de lui approfondissant ainsi son baiser. Il frottait sa langue à celle de la mage des mots, elle réalisa que ce n'était pas le premier baiser du brun de toute évidence. Il était tendre, plein d'amour pour elle, elle répondit aux caresses, leurs langues dansèrent ensemble. Qu'elle trouvait cela délicieux ! Elle fit de léger gémissements. Il avait un goût de métal, de fer. Son coeur battait à en faire exploser sa poitrine. L'homme, quant à lui, se régalait du goût pêche de la jolie mage. À bout de souffle, ils se séparèrent et restèrent front contre front. La jeune fille caressa la joue du ténébreux puis lui mit un coup de poing sur le torse.

- Crétin ! Ragea-t'elle. Tu t'es fichu de moi depuis le début.

- Gihi, t'aurais dû voir la tête des autres, ricana-t'il sous le regard réprobateur de la mage des mots. Et c'est toi la nana de mes rêves, murmura-t'il avant de s'emparer à nouveau des lèvres de la belle.