Coucou tout le monde,

voici le chapitre 23 !

j'espère qu'il vous plaira, plus que deux chapitres avant la fin de cette histoire,

Je profite au passage pour lancer un petit message :

je recherche une seconde bêta/lectrice-correctrice pour soulager Isa.

En plus du fandom HP, je me lance aussi dans le fandom de KinnPorsche, une série Boylove thaïlandaise.

Du coup, si il y a un ou une volontaire pour m'aider à ne pas publier des textes avec des fautes dedans !

Des bisous

Tata !

Chapitre 23

Briseur de Malédictions

Harry observa Drago. Ils étaient rentrés de la Barrière sans que le blond ne lui explique clairement comment ils pouvaient rompre la malédiction jetée sur le clan de la Mangrove. Il lui avait juste dit que cela n'allait pas lui plaire. Bien sûr, l'ancien Gryffondor avait tenté de le faire parler mais le blond se contentait à chaque fois de lui sourire et de le rassurer en lui disant que deux divinités locales le soutenaient. Rien que d'y penser, Harry roula les yeux : était-ce vraiment rassurant que deux êtres légendaires soient de son côté ? Dans les films, cela ne présageait généralement rien de bon pour le héros, non ? Arrivés au village, Harry avait raccompagné Drago jusqu'à la clinique où Théodore et Charlie les accueillirent dans la salle de soin.

« Alors cette soirée en amoureux ? » demanda le rouquin, un large sourire aux lèvres.

« C'était magique ! » s'enthousiasma Drago. « Il faudra que tu y emmènes Théo, la barrière et les poissons...

- Eurk, pitié, je refuse de me faire baiser dans un lit où vous avez déjà copulé ! » maugréa Théodore. « C'est dégoûtant, rien que d'y penser...

- Je pensais plutôt l'emmener au Refuge.

- C'est où ? » demanda Drago avec curiosité.

« En plein cœur de la zone des Neiges Éternelles, » répondit Charlie. « Imagine un chalet en bois, à la décoration rustique, une peau d'ours posée sur le sol devant une grande cheminée en pierre.

- Arrête de trop lui en dire, il risque de demander à Potter de l'y emmener ! »

Les deux anciens Gryffondor rirent de la réplique de Théodore. Devant la complicité de plus en plus remarquable du couple médicomage/dragonnier, Harry oublia petit à petit les événements inquiétants de la veille au soir. Rapidement, la routine se réinstalla. Charlie et Harry repartirent auprès de leurs créatures fantastiques alors que Drago aidait Théo à la clinique. Le brun ne se doutait pas qu'une fois parti, le blond se tournerait vers son meilleur ami pour lui faire la confidence tant attendue. Drago annonça subitement à Théodore qu'il savait comment rompre la malédiction alors que celui-ci rangeait des fioles vides. Un flacon explosa sur le sol tandis que le médicomage se tourna vivement vers son ami.

« Pardon ? Qu'est-ce que tu racontes ? » demanda Théodore.

« Je sais comment rompre la malédiction. Le dieu de l'Océan me l'a montré.

- Ce dieu n'existe pas voyons...

- Tout comme les dragons n'existent pas pour les moldus ?

- Eh bien vas-y, explique-moi, » fit Théo en s'asseyant sur un tabouret.

« La grand-mère de Mahina se souvient de quelques bribes de la malédiction.

- Oui, et ?

- Justement, elle se souvient de ce qui est le plus important : un sang étranger, une pureté à partager, un renouveau de l'âme.

- Sauf que pour nous, tout ça c'est très vague...

- Un sang étranger : ça désigne quelqu'un qui n'est pas de l'île.

- Ça pourrait être n'importe quel soigneur ou dresseur, » supposa Théodore.

« Une pureté à partager, c'est un peu plus poétique... Qu'est-ce qui est pur et important pour les sorciers ? Et qu'on peut partager, pas dans le sens littéral ? » demanda Drago. Théodore plissa les yeux. Il n'aimait pas jouer aux devinettes... Mais après quelques instants, l'évidence lui sauta aux yeux.

« Le sang pur ! C'est un Sang-pur qui peut rompre la malédiction ? Ça fait au moins, toi, Charlie ou moi.

- Dans la vision que m'a donné Tangaroa, il n'y a que toi et moi pour le faire. « Le renouveau de l'âme », ça symbolise un recommencement, un nouveau départ... C'est ce qu'on a fait en venant ici, non ?

- Okay, okay... Donc on est, selon ton pote le dieu des poissons, les sauveurs de l'île. C'est bien beau mais comment on procède ?

- C'est cette partie-là qui ne va pas plaire à Harry, » murmura Drago. « Je ne suis pas sûr non plus que ça plaise à Charlie et que tu sois d'accord avec ça...

- Quoi ? Vas-y, dis-moi !

- Bah... Tu sais, la partie « pureté à partager » ...

- Accouche, Malefoy ! » s'impatienta Théo.

...

Théodore et Drago s'étaient glissés dans la bibliothèque de la clinique. Elle n'était pas aussi grande que celles du manoir Malefoy ou de la demeure des Nott mais toutes les générations de médicomages qui étaient passées par l'île l'avaient si bien fournie qu'ils trouvèrent rapidement plusieurs ouvrages traitant des malédictions. Théodore avait malheureusement pris le problème à l'envers. Les habitants de la Mangrove ne souffraient pas d'un maléfice ou d'un poison. La médicomagie basique et traditionnelle ne pouvait donc rien faire pour eux. Le nez plongé dans un vieux grimoire poussiéreux, le brun grogna en se rappelant que Charlie avait pour frère un Briseur de Sort. Ses talents et ses connaissances auraient pu les aider à appréhender au mieux tous les indices que Drago avait cumulés. Briser une malédiction de cette envergure n'était pas aisée, s'ils se trompaient cela pourrait avoir des conséquences dramatiques : au mieux, empirer la situation au pire, les tuer. Théodore soupira alors que Drago poussa soudain un petit cri de satisfaction.

« Là ! » fit-il en tendant son livre à Théodore, l'index posé sur une page.

Théodore prit le grimoire comme s'il s'agissait d'un objet des plus délicats. Son regard parcourut la feuille où étaient imprimés plusieurs runes et schémas. Les annotations de l'auteur expliquaient que les traits devaient être dessinés de manière nette et précise, avec une canine de dragon sur laquelle il fallait verser au préalable une larme de phénix et y enrouler un crin de licorne. La partie suivante qui confirmait la théorie de Drago en fit frissonner Théodore.

« Une canine de dragon, un crin de licorne et une larme de phénix… Rien que ça ?

- On a déjà le dragon et le phénix, » fit Drago.

« Parce que tu penses qu'Arrakis va se laisser arracher une dent ? Et Lono n'apparait pas sur commande. Je ne te parle même pas du crin de licorne… »

Drago se mordit la lèvre, la tâche allait être plus compliquée que ce qu'il avait pensé.

...

Harry aidait Charlie dans la zone montagneuse. Les dragonneaux avaient quasiment tous éclos, un long travail d'identification attendait les soigneurs et les dresseurs. Ils devaient éloigner les femelles de leurs nids, attraper les bébés un par un, les sexer et remplir des fiches d'identification. Une fois de retour au village, ils auraient ensuite à vérifier les besoins des autres réserves pour d'éventuels transferts afin de former de nouveaux couples. La présence de de Yang, le dragon de Charlie, aurait pu aider dans d'autres circonstances mais beaucoup trop imposant, Yang risquait par maladresse de blesser des petits ou de détruire des nids. C'est donc là qu'intervenaient Harry et Norberta. La dragonne était bien mieux accueillie par les autres femelles et sa corpulence, plus petite que celle de Yang, lui permettait de rester près des sorciers pour faire barrière de son corps.

Harry grimpa dans un nid, que Charlie qualifia d'assez vieux. En écoutant les soigneurs autour de lui, le brun apprit que les femelles de la Réserve pondaient dans les mêmes nids, d'année en année, les réparant et les agrandissant un peu plus à chaque fois. Harry trouvait ce nid énorme et il comprit rapidement pourquoi lorsqu'une ombre passa au-dessus d'eux : la silhouette d'une dragonne plus qu'imposante cachait presque le soleil. Il grimaça avant de baisser les yeux vers les trois dragonneaux à peine sortis de leur œuf. Ils n'étaient pas plus gros qu'un Beagle. Heureusement pour les soigneurs, les parois du nid étaient assez hautes pour que les petits, qui ne savaient pas encore voler, ne puissent s'échapper. Charlie et Harry se mirent à courir derrière un premier dragonneau. Plus expérimenté, le rouquin finit par lui sauter dessus et le plaquer brutalement au sol. Un troisième soigneur se précipita pour placer la tête du jeune dans un sac ensorcelé pour leur éviter des morsures ou des brûlures. Charlie souleva ensuite le dragonneau pour que Harry puisse observer le reste de son corps.

« Alors ? » demanda une soigneuse assise sur la paroi du nid, un cahier et une plume à la main.

« Aucune anomalie physique des pattes ni de la queue, » déclara Harry.

« Fille ou garçon ? » questionna Charlie.

Harry prit une grande inspiration et fit ce que Charlie lui avait montré une heure plus tôt et qu'il devait répéter à chaque capture de petit : il passa sa main sur le ventre du dragonneau puis appuya doucement à la base du cloaque. Charlie avait appelé ça l'éversion. Si quelque chose sortait et c'était un mâle. Si rien ne sortait du cloaque, il y avait des chances pour que ce soit une femelle. Un autre soigneur avait alors précisé à Harry que cette méthode fonctionnait également pour sexer les serpents et les lézards. Et bien évidemment, tous les soigneurs de la zone montagneuse avaient voté pour que Harry soit celui qui fasse cette vérification.

« Je suis maudit, » maugréa Harry alors que deux petites boules de muqueuses sortaient du cloaque. « Un petit gars ! »

Charlie acquiesça avant de reposer le dragonneau et de lui retirer d'un geste rapide le sac qu'il avait sur la tête. Puis il repartit à la course aux bébés dragons. Harry souffla alors que le troisième soigneur posait une main amicale sur son épaule. C'était Pete, un gars d'Australie. Harry volait quelques fois avec lui. Pete aurait pu avoir une brillante carrière dans le Quidditch s'il n'avait pas été victime d'un accident brutal qui avait rayé toutes ses chances en ligue professionnelle.

« Tu dis toujours que tu es maudit… Positive un peu !

- Techniquement je suis vraiment maudit.

- Ouais, il parait… Le Doc n'a pas été cool avec toi…

- Oh, j'accumule tu sais. Une prophétie quand j'étais bébé, un mage noir à vaincre et une malédiction… J'attends la prochaine merde qui va me tomber dessus.

- Au fait, tu sais de quoi le Doc t'a maudit ? » demanda Pete alors que Charlie attrapait un deuxième dragonneau.

« Je suis privé de bonheur, » répondit Harry tandis que Pete couvrait la tête du bébé.

L'ancien Gryffondor allait vérifier le sexe de celui-ci quand Pete se racla la gorge, comme embarrassé. Harry se tourna vers lui. Le soigneur se gratta la nuque avant de lui demander ce que Théodore avait dit, mot pour mot. Harry essaya de se remémorer ce que les jumeaux lui avaient répété.

« Théo a dit qu'il me maudissait et qu'il souhaitait que ma vie soit aussi douloureuse que celle de Drago à Azkaban, » fit Harry. « Je ne vois pas pourquoi ça t'intéresse…

- Je suis moitié aborigène par mon père, » fit Pete. « Ma famille paternelle disait toujours que le poids des mots, leurs valeurs étaient importantes pour la magie.

- Et alors ?

- Je ne suis pas totalement sûr que tu sois, encore, maudit. »

Les yeux de Harry s'agrandir alors que Charlie lâchait le dragonneau. Même la soigneuse au-dessus d'eux hoqueta de surprise. Pete passa une main nerveuse dans ses cheveux.

« Aussi douloureuse que celle de Drago à Azkaban », cita Pete. « Sauf que Drago n'y est plus et qu'il me semble tout à fait heureux, non ?

- Genre, une malédiction se briserait aussi facilement ? » questionna la soigneuse.

« Est-ce que tu as l'impression que ta vie est merdique depuis l'arrivée de Drago ? » demanda Charlie.

Harry ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Il fit quelques pas sur le côté et y réfléchit. Bien sûr que sa vie était devenue bien plus heureuse depuis qu'il avait retrouvé Drago et qu'ils s'étaient rapprochés. Il avait même l'impression de vivre un de ces vieux contes de fée un peu cliché. Finalement, cette malédiction était à prendre au mot, un peu plus simple que la prophétie que la professeure Trelawney avait prédit.

« Oh, par la barbe de Merlin, » souffla Harry en s'asseyant sur le fond du nid.

Un bébé vint vers lui et eut l'audace de grimper sur ses genoux. Le dragonneau l'observa de ses grands yeux de chats, frotta sa tête pleine de petits picots sur son bras puis se roula sur le dos. Harry passa une main sur le ventre de la créature, rien ne sortit du cloaque.

« C'est une fille, » dit machinalement le brun.

« Harry, tu n'es plus maudit ? » questionna Charlie, inquiet de la réaction de son ami.

« Je ne suis plus maudit… Enfin, je crois…

- Attends, Drago est heureux, non ? » demanda Pete.

« Ils sont allés à la Barrière pour la nuit, » affirma Charlie.

« Il est définitivement heureux, » confirma la soigneuse, en acquiesçant. « Maintenant, champion, va falloir réfléchir aux gens de la Mangrove, hein ! »

Harry se redressa soudain. Il jura en faisant face à Charlie.

« La malédiction de la Mangrove !

- Bah quoi, Théodore est sur le coup.

- Drago a dit qu'il savait comme la rompre !

- Et c'est bien, non ?

- Non ! » s'écria Harry. « Il a dit que ça n'allait pas me plaire !

« Et quoi d'autre ?

- Rien ! On a laissé Drago au village !

- Enfin, Harry. Il est avec Théodore.

- Ouais bah va laisser deux Serpentard ensemble, toi ! » fit Harry en grimpant la paroi du nid.

« Bah quoi ? » fit Pete à l'attention de Charlie.

« Laisse deux Gryffondor ensemble et ils feront des conneries à coup sûr mais deux Serpentards, ils sont trop ambitieux et trop rusés et trop… Oh, merde ! »

Charlie poussa Harry pour l'aider à sortir du nid puis grimpa à son tour.

...

Briser une malédiction aussi complexe que celle qui reposait sur la tribu de la Mangrove n'était pas une chose aisée. Il fallait parfois revenir sur le lieu même où les paroles maudites avaient été prononcées. Selon les souvenirs de la grand-mère de Mahina, c'était au centre du village de la Mangrove. Heureusement, Drago savait comment y aller. Mais il refusait la facilité de la deuxième tâche : récupérer une canine de dragon. Il ne pouvait pas se résoudre à en prélever une sur Arrakis. Ce fut Théodore qui trouva un début de solution : il devait bien y avoir quelque part un endroit où les squelettes des dragons défunts étaient « stockés ». Le blond décida d'aller voir directement le professeur Ren pour se renseigner à ce sujet tandis que Théodore allait dans la réserve de balais pour rejoindre la zone forestière où un troupeau de licornes avait élu domicile.

...

Le bureau du professeur Ren se trouvait à l'autre bout du village, à l'opposé de la clinique. C'était un petit bâtiment en bois, dans un style très balinais, sans porte. Drago se glissa à l'intérieur et salua poliment le directeur de la réserve, assis à son bureau.

« Drago ? Que puis-je faire pour toi ?

- J'aimerais savoir : est-ce que vous gardez pour étude les squelettes de dragon ?

- Non, » répondit le professeur Ren. « Nous évitons les tentations de contrebandes… Mais pourquoi aurais-tu besoin d'un squelette ?

- Une canine, plus précisément, » avoua Drago. « Théodore et moi pensons qu'une canine pourrait nous aider à soigner les membres du clan de la Mangrove.

- Alors je vous conseillerais d'aller au cimetière de dragons.

- Le cimetière de dragons ? » questionna Drago.

« Un endroit que peu d'entre nous ont pu observer, seuls les dragons savent où il se trouve précisément. Arrakis devrait pouvoir vous y emmener, il semblerait que cet endroit les attire.

- Merci, professeur. »

Le professeur Ren inclina la tête alors que Drago faisait demi-tour pour sortir du bureau. Le sorcier aux cheveux blonds ne fut pas surpris d'apercevoir l'ombre de son dragon glisser au-dessus du village. Drago se mit à courir pour le rejoindre et sauta sur son cou comme un cow-boy sur un mustang. Arrakis feula en reprenant de l'altitude. Drago était toujours impressionné par le lien qui l'unissait à l'Opaloeil. La créature semblait toujours savoir à quoi pensait son dragonnier et ce dont il avait besoin. Arrakis fila rapidement vers les montagnes et plus précisément vers celle qui semblait la plus haute et la plus difficile d'accès. Le dragon vola jusqu'à son sommet et Drago put découvrir alors qu'il s'agissait du cratère d'un ancien volcan. En perdant petit à petit de l'altitude, l'ancien Serpentard aperçut des squelettes presque intacts de dragons. Arrakis se posa sur un amas rocheux et laissa Drago glisser sur son épaule. Il observa la silhouette fine de son humain marcher avec prudence vers le crâne d'un dragon, mort assez jeune. Arrakis inspira longuement. L'endroit était hanté par les âmes défuntes de ses congénères. Il feula doucement pour leur rendre hommage alors que son petit sorcier revenait vers lui. Drago caressa la cuirasse épaisse d'Arrakis.

« Je ne sais pas comment on dit merci en dragon, » fit le blond en se hissant sur son dos.

Arrakis se redressa et cracha un puissant jet de flamme sur le sol carbonisé du cratère. C'était ainsi que son peuple laissait sa marque de passage.

...

Théodore se posa à la lisière de la forêt. La tâche serait ardue : comment trouver et approcher des créatures réputées pour préférer les jeunes filles aux hommes, apprécier les personnes au cœur pur et sans mauvaises intentions à ceux, comme lui, qui avaient été rongés par la colère et la haine ? Pourtant, il s'engouffra dans la forêt sans hésitation et marcha droit devant lui, pensant uniquement à ce crin blanc qui pouvait sauver une multitude de vies, ne faisant pas attention à la végétation qui lui griffait le pantalon et les bras, ignorant la boue sur ses chaussures. Théodore avança, encore et encore, sans avoir conscience du temps qui passait. Après un long moment, il arriva à l'orée d'une clairière. Il avait chaud et soif et s'arrêta un instant sur un tronc couché et recouvert de mousse. Est-ce que Drago avait réussi à trouver la canine de dragon ou était-il dans une impasse comme lui ? Théodore soupira, il ne voulait pas rentrer bredouille… Il entendit soudain les herbes et les branches bouger à la lisière de la clairière. Le médicomage se redressa et saisit sa baguette. Une ombre sortit du bois. Il retint sa respiration en reconnaissant l'étrange hybridation d'une licorne et d'un sombral. L'étalon le toisa un court instant avant de s'avancer vers lui. Lentement, Théodore tendit sa main pour la présenter à la créature. Celui-ci la renifla en s'arrêtant devant le sorcier.

« Salut toi, tu ne saurais pas où je peux trouver une jolie licorne ? » demanda Théodore, dans un murmure.

L'étalon hennit et aussitôt d'autres branchages bougèrent dans la forêt. Théo se figea en apercevant plusieurs équidés s'approcher à leur tour. Quatre licornes et leurs poulains, plus ou moins gris ou avec des ailes, s'avancèrent vers le centre de la clairière pour y brouter l'herbe fraîche. Théodore les observa avec fascination, elles étaient si belles. L'étalon s'écarta du jeune médicomage tandis qu'une jument, visiblement pleine, marchait vers eux. Elle s'arrêta à deux mètres de Théodore et brouta tranquillement. L'ancien Serpentard fit un pas vers elle. Elle redressa vivement la tête et l'observa. Il se figea.

« Je sais que je ne suis pas une petite fille adepte de rose et de paillettes, » chuchota-t-il en rangeant sa baguette. « Je sais que mon cœur n'a rien de pur : j'ai haï mon père, dénigré de nombreuses personnes, j'ai maudit Harry… » La licorne ne bougea pas, attentive. « Mais j'essaie de m'améliorer chaque jour, d'être meilleur. » Il fit un pas, la jument hennit doucement. « Avec mon ami Drago, nous essayons de sauver des innocents, j'ai juste besoin d'un seul de tes crins. » La licorne et lui échangèrent un regard. « S'il te plait, juste un seul crin… »

Théodore se baissa et mit un genou à terre. La jument baissa la tête puis lentement rompit la distance entre eux. Du bout du nez, elle toucha l'épaule du médicomage. Sa corne dorée était lisse et brillante. Avec douceur, Théodore osa caresser son chanfrein avant de se relever. Sa main glissa sur la joue de la licorne puis sur son encolure. Le plus délicatement possible, il attrapa un crin blanc épais et tira dessus. La jument ne fit que tressaillir légèrement mais il s'excusa avant de la remercier poliment pour son cadeau si précieux. Avec beaucoup de précaution, il rangea le crin dans la poche interne de sa blouse puis se tourna vers l'étalon.

« J'imagines que tu dois savoir comment aller au village de la Mangrove ? » demanda-t-il. L'étalon déploya ses longues ailes noires. « Okay, juste ne dis à personne que je te parle à haute voix, hein ? »

Mais avant de grimper sur la créature hybride, il hésita. Une idée venait de germer dans son esprit. Il sortit sa baguette et ferma les yeux en se concentrant. Les deux mots formulant le sortilège d'invocation d'un gardien spirituel sortirent de sa bouche comme un doux murmure. Aussitôt une vive lumière se projeta dans la clairière. Lorsqu'il ouvrit les yeux, Théodore faisait face à un Vert Galois fait d'une lumière pure et puissante, il sourit en repensant aux souvenirs heureux qu'il avait passé ici avec Charlie et Drago et qu'il s'était remémorés. Ce Patronus c'était eux, son frère de cœur et son âme sœur.

« Préviens Drago que je file directement au village. »

Le Patronus acquiesça puis s'envola. Théodore se hissa sur le dos de l'étalon mi-sombral mi-licorne. Il ne leur manquait plus qu'une larme de phénix avant de s'appliquer à la tâche la plus dangereuse pour lever la malédiction.

...

Drago avait été étonné de voir un patronus de forme dragonique venir vers lui, mais la voix de Théodore s'était élevée dans les airs et lui avait indiqué se rendre directement au village de la Mangrove. Arrakis avait alors pris la direction de la forêt de palétuviers. En chemin, ils avaient retrouvé Théodore hissé sur le dos d'un magnifique étalon ailé, au pelage aussi noir que la corne fixée sur son front. Lorsqu'ils atterrirent dans le centre du village, Lono était perché sur une flèche faîtière et les observait tranquillement. Les deux garçons se mirent rapidement au travail. Drago prit la canine de dragon et la tendit à Théodore pour qu'il y enroule le crin de licorne. Puis, le phénix bleu descendit de son perchoir pour se poser sur l'épaule de Drago. Il pencha la tête et une larme coula de ses yeux pour éclabousser la pointe de la canine. Drago se mit ensuite à dessiner les runes sur le sol alors que Théodore faisait brûler de la sauge, censée éloigner le mauvais œil. Une fois leur travail accompli, ils se retrouvèrent pour préparer la troisième tâche de leur rituel. Théo invoqua un couteau, Drago posa alors sa main sur le poignet de son ami.

« C'est à moi de le faire…

- On devrait le faire à deux.

- Sauf que si ça tourne mal, tu es le seul à connaître les sortilèges de soins.

- Peut-être qu'une seule goutte suffit ? » supposa Théodore avec espoir. Drago et lui se fixèrent droit dans les yeux.

« Si ça tourne mal, dis à Harry que je n'ai jamais été aussi heureux qu'à ses côtés.

- Dray…

- Et demande à Charlie de prendre soin d'Arrakis !

- Ne dis pas de telles bêtises… »

Les deux garçons échangèrent un regard intense alors que Théodore lâchait le couteau pour le laisser entre les mains de Drago. C'était à lui de briser cette fichue malédiction.