A la demande générale hum.. Plutot a celle de mon adorable Myym seule lectrice suffisament courageuse pour s'aventurer dans chacun de mes ecrits je poste encore une seri de trois petits drabbles.
Bonne lecture
Studieusement
« Assieds-toi Sirius nous n'avons pas terminé. »
Mon ton est calme mais résolu, je dois être un peu masochiste pour m'être dévoué et t'accompagner dans tes révisons quand comme un jeune chien fou, tu n'aspires qu'a t'amuser dans le soleil tout neuf de ce début d'été.
« Mais Rem' il fait bien trop beau pour se concentrer sur ces fichus parchemins, et puis ça sent le moisi ici ! »
Je ris doucement parce que tu as l'air d'un enfant boudeur mais mon corps félon me rappelle bien trop souvent à mon goût que tu deviens un homme. Tu te penches vers moi avec un sourire malin auquel je sais résister et tu plantes tes yeux d'un bleu sombre dans les miens.
« S'il te plaît, viens t'amuser avec moi, nous avons tout le temps pour le reste. »
Tu me souris de ce sourire en coin que j'aime tant et la certitude soudaine m'envahit que tu sais ce que je ressens pour toi, tu sais quels sentiments ombrageux parfois honteux m'animent à ton égard et tu en uses pour obtenir ce que tu veux sans jamais me donner ce que moi je désire.
Ces moments me font juste espérer l'inavouable, qu'un jour tu te penches vers moi et que tes lèvres si pleines se posent sur les miennes et les réchauffent de leur froideur habituelle. Je soupire, un soupir empli de frustration larvée.
« Bien, je pense que nous pouvons faire une petite pause. »
Sans attendre tu bondis et te précipites vers la sortie, tu savais déjà que je te dirais oui puisque je ne sais jamais rien te refuser.
« Le dernier arrivé au lac est une bouse de dragon Lunard ! »
Je te regarde disparaître dans le couloir, non ce n'est pas aujourd'hui que je te rendrais studieux, ce n'est pas aujourd'hui non plus que mon cœur se calmera en ta présence.
0o0o0o0o0o0o0o
Incompréhension
Une pelleté de terre de plus et j'entends tes sanglots étouffés, je me tourne vers toi et contemple ton visage ravagé par les larmes et, comme toujours depuis mes onze ans, ton chagrin me brise le cœur.
La terre est dure et caillouteuse, chaque coup de pelle me demande un effort qui me brûle les reins alors qu'un vent froid et humide balaie mes membres à peine recouvert d'un pyjama trop fin.
Mon trou enfin creusé, je saisis délicatement le petit corps recouvert d'un drap afin que tu n'aies pas à contempler sa dépouille. Je le dépose lentement dans ce qui sera sa dernière demeure et, à nouveau, plonge ma pelle dans la terre pour le recouvrir.
Ma tâche est achevée maintenant. Tu t'avances doucement, si belle dans ta chemise de nuit d'un blanc pur presque virginal, et dépose doucement une tulipe d'un jaune profond sur la tombe de celui qui fût pendant si longtemps à tes côtés.
J'enserre doucement tes épaules alors que, la tête enfouie dans mon cou, tu te laisses à nouveau submerger par les larmes et le chagrin. Mes pensées dérivent et je m'interroge, oui, je me demande comment toi tu as réussi l'exploit de faire de moi ton esclave. Depuis tant d'années déjà, je vis à travers toi, mes joies, mes peines sont les tiennes, c'est quelque chose que je ne m'explique pas.
L'amour nous fait faire des choses incroyables, soulève les cœurs, nous rend tour à tour fort et courageux, mais parfois aussi nous rend incroyablement stupide. Par moment la raison me revient et je m'interroge sur ce pouvoir incroyable que tu possèdes sur moi, sans jamais vraiment l'avoir cherché.
Oui moi, Ronald Weasley, alors que je tiens mon épouse contre mon cœur, je ne peux m'empêcher de me demander ce que je fais planté au beau milieu de mon jardin, à trois heures du matin, devant la tombe d'un foutu chat obèse.
0o0o0o0o0o0o0o
Esclavage
Je me tiens droit et raide, une expression de fierté feinte peinte sur mon visage, et je te regarde toi, mon Maître, marqué mon fils comme ton esclave. Ses mèches blondes savamment peigné, son arrogance dans chacun de ses gestes, et surtout son orgueil si palpable me rappelle celui que j'étais à son age.
Ma femme me regarde, et malgré son maintien aristocratique je lis dans ces yeux la supplique muette qu'elle m'envoie. Elle ne veut pas faire de notre fils ton serviteur, elle ne veut pas qu'il vive dans la peur de ton appel. Mais comment pourrais-je m'y opposer quand depuis toujours je ne suis que ton pantin.
J'ai peur de toi autant que je t'admire, j'œuvre pour toi en public, salissant parfois mon image, je te sacrifie ma famille dans l'espoir d'un seul de tes regards. Ta puissance me fascine, je suis aliéné par ton charisme qui me transforme trop souvent en fossoyeur.
Parfois, la nuit, je rêve que je m'échappe, loin de toi et de ta folie, commençant une vie nouvelle avec ma famille dans un ailleurs que je ne connais mais que j'imagine avec ferveur, puis la marque me brûle. C'est comme si tu le sentais. Tu sais qu'à cet instant je rêve de te quitter, et tu te rappelle à moi pour mieux m'emprisonner.
Alors j'accours, je te rejoins, et tu me parles de ta voix irréelle. Ta silhouette reptilienne tourne autour de moi, les effleurements de l'étoffe qui te recouvre provoque en moi des frissons presque orgasmique parce qu'à ton contact je touche du doigt le pouvoir.
Alors je laisse mon fils ce soir devenir ton esclave. Je te laisse tourner autour, l'ensorcelant de ta présence, et je vois sur son visage se dessiner les prémices de l'extase purement mentale que procure ton toucher alors qu'en moi se réveille l'horrible démon puant de la jalousie.
0o0o0o0o0o0o0o
