Chapitre 30 : Discussions au manoir

Il fallut encore près de deux semaines d'échanges par hibou pour qu'Harry se décide à m'envoyer un bref message m'indiquant qu'il souhaitait avoir une discussion avec moi. Après avoir demandé l'autorisation à notre Directrice de m'absenter de Poudlard pour l'après-midi du samedi, je l'invitai donc à me rejoindre au Manoir des Prince. McGonagall me donna son aval avec empressement, aussi peu soucieuse que moi de prendre le risque qu'Harry ne vienne faire un nouveau scandale dans son bureau.

Juste après la troisième retenue d'Albus, à l'occasion de laquelle je lui avais demandé de recopier une dizaine de recettes de potion parmi les plus complexes, je passais donc par la cheminée de mon bureau pour me rendre au manoir. Harry arriva quelques instants après moi. Je l'entrainais dans le salon sans tarder. Je le laissai s'installer attendant de savoir ce qu'il avait à me dire, puisque c'est lui qui avait pris l'initiative de cette rencontre.

Mais à peine étions-nous assis tous les deux que la voix de mon grand-père s'éleva de son portrait :

« Je viens vous parler au nom de tous les portraits qui habitent le manoir. Nous avons une revendication ! »

Bien qu'il n'ait jamais reculé devant rien pour me pourrir la vie, c'était la première fois qu'il prétendait prendre la tête d'une révolte.

« Mais qu'est-ce qui vous arrive encore ? » lui demandai-je d'un ton las

« Voilà, nous voulons pouvoir nous adresser librement au jeune Albus quand il vient. » répondit le portrait d'un ton belliqueux

« Et en vertu de quoi, je vous prie ? Sûrement pas de l'intérêt de votre conversation ! » le rembarrai-je

« Ce n'est pas à vous d'en juger. » se renfrogna-t-il « C'est notre droit de lui parler, puisqu'il est notre héritier ! »

Ferrucius Prince ou l'art de mettre les pieds dans le plat au moment le plus inopportun.

« Vous voyez bien que je ne suis pas seul. » lui répondis-je en désignant Harry « Peut-être pourrions-nous reporter à plus tard cette discussion qui n'a rien d'urgent. »

« Je ne me souviens pas que vous ayez fait les présentations. » s'offusqua le portrait en observant Harry du coin de l'œil.

Comme quoi Harry était passé trop brièvement l'autre fois, pour qu'une mon grand-père ait eu le temps de comprendre qui il était. Pour une fois quelque chose avait donc échappé à cette effrayante commère. C'était plus improbable qu'une victoire de Poufsouffle à la coupe des Quatre Maisons !

« Sans doute parce que je ne les ai effectivement pas faites. » ironisai-je

« Mais j'ai quand même bien le droit de savoir qui est invité chez moi. » s'énerva-t-il immédiatement

« Pas chez vous. Chez moi. » relevai-je

« Et depuis quand, je vous prie, est-ce ici chez vous plutôt que chez moi ? » demanda-t-il sur un ton offusqué

« Eh bien, je dirais : depuis que vous êtes mort. » répondis-je d'un ton acerbe

« Bon, peut-être. » admit-il de mauvaise grâce « Ça ne vous empêche pas de me dire qui est là. »

« Si vous insistez. » soupirai-je « Je vous présente Harry Potter qui est accessoirement le père d'Albus et mon fils. Harry, ce portrait assommant représente, je le crains, votre arrière-grand-père. »

« Votre fils ? Mais pourquoi porte-t-il le nom et la tête d'un Potter ? » se désola bêtement le portrait

« Rien qui vous regarde. » tranchai-je « Mais vous devriez attendre un peu avant de vous le mettre à dos, car il a beaucoup plus que moi pour vous plaire : c'est un Fourchelang et il a épousé une sang-pur ! »

« A tout de même ! » se réjouit cet imbécile qui avait pris mes propos au premier degré « En parlant de ça, il serait peut-être temps de commencer à réfléchir à une alliance pour Albus. Il est bien dommage que le jeune Monsieur Malefoy qui est venu lui rendre visite pendant les vacances, n'ait pas de sœur. Une cousine peut-être ? »

Cette fois-ci, j'étais à bout de patience.

« Taisez-vous, vieux débris, avant que je vous pulvérise une bonne fois pour toutes ! » beuglai-je en brandissant ma baguette, mais avec des réflexes affutés par mes multiples énervements, il avait déjà quitté son cadre quand mon sort l'atteignit.

« Bon, où en étions-nous ? » demandai-je en me retournant vers Harry qui avait suivi l'échange avec un certain effarement

Quand il finit par rassembler ses idées, ce fut pour me demander :

« Mais pourquoi lui avoir dit que je suis un Fourchelang ? »

« Parce que vous ne l'êtes pas peut-être ? » m'étonnai-je

« Je l'étais seulement parce qu'une partie de l'âme de Voldemort s'abritait en moi. » répondit-il d'un ton mal assuré

« Ah, parce que vous ne comprenez plus les serpents maintenant qu'il a totalement disparu ? » m'amusai-je

« Des serpents, je n'en croise pas souvent. » temporisa-t-il

« Et lorsque cela arrive ? » insistai-je

« Eh bien, je les comprends encore, mais je ne sais pas pourquoi. » finit-il par admettre

« Tout simplement, parce que votre capacité à parler le Fourchelang n'a jamais rien eu à voir avec votre lien avec Voldemort. » affirmai-je « Tout comme Albus, vous êtes un Fourchelang, parce que vous descendez de la Maison des Prince qui en a régulièrement compté quelques-uns parmi les siens. Le reste n'est qu'une fable inventée par Dumbeldore pour que cette capacité ne vous associe pas directement aux Prince et donc à moi, en dépit de tous les efforts que j'avais fait pour que personne ne fasse ce lien. »

« Je comprends mieux la tête que vous avez faite, le jour où j'ai révélé malgré moi cette capacité ! » remarqua Harry sur un ton sarcastique « Mais je vous garantis que votre tâche pour me renier a failli être beaucoup plus compliquée encore : au début le Choixpeau magique voulait me répartir à Serpentard, c'est moi qui l'ai supplié de me mettre ailleurs. »

J'avais tiqué au terme de « renier », mais j'oubliai de le relever en entendant la fin de la phrase.

« Vous à Serpentard ? Ça aurait sans doute flatté mon ego, mais ça aurait été une vraie catastrophe. » admis-je avant d'expliquer « La probabilité qu'un enfant qu'aurait eu de James Potter et Lily Evans aboutisse chez les serpentards aurait été tellement infime que le secret de votre naissance n'aurait pas tenu longtemps, quelle que soit votre apparence et quel que soit mon comportement vis-à-vis de vous. »

Harry s'était levé pour se poster devant la fenêtre du salon, les yeux fixés en direction de la mer qui se dessinait au loin.

« Pour ma part, je regrette pour la première fois de ma vie de ne pas être allé chez les serpentards. » finit-il par lâcher d'un ton amer sans se retourner « Si le secret avait été éventé, ça vous aurait peut-être obligé à vous souvenir que je suis votre fils et à vous occuper de moi. »

« Jamais je n'ai oublié que vous êtes mon fils ! » me défendis-je « Mais si le secret avait été éventé, ça aurait surtout signé notre arrêt de mort à tous les deux. »

« Et partir avec moi ? Tout quitter pour pouvoir m'élever, vous n'y avait jamais pensé ? » reprit-il sur le même ton « Ou alors, c'est parce que je ressemble à James Potter et que vous le détestiez, que vous ne vouliez plus de moi ? »

« Bien sûr que non. D'ailleurs, je ne détestais plus James Potter. De quoi lui en aurais-je voulu ? C'est moi que Lily aimait, c'est moi qu'elle a épousé et pas lui. Quant à nos accrochages d'adolescent, il aurait malvenu de ma part de continuer à les lui reprocher après qu'il soit mort en essayant de vous protéger votre mère et vous. » expliquai-je avant de poursuivre « Pour répondre à votre question : oui, j'ai souvent songé à partir avec vous. J'ai même élaboré une multitude de scénarios. Mais dans aucun d'entre eux, nous ne survivions plus de deux mois. Beaucoup moins après le retour de Voldemort. En fait et même si ça me fait mal de devoir l'admettre, sans le système de protection mis en place par Dumbeldore, je ne pouvais pas assurer durablement votre sécurité. »

« Et Dumbeldore nous l'aurait retiré, si vous aviez refusé de continuer à jouer son jeu ? » demanda Harry

« Assurément. » affirmai-je

« Comment a-t-il pu se permettre d'agir ainsi ? » s'indigna-t-il « Comment a-t-il pu m'imposer d'avoir l'enfance que j'ai eu alors que j'avais un père ? »

« Parce qu'il était persuadé avoir besoin de nous, chacun dans notre rôle, pour gagner sa guerre. » expliquai-je

« On dirait que vous considérez son comportement comme parfaitement justifié ! » s'écria-t-il d'un ton offensé en commençant à marcher dans la pièce

« Ce n'est pas si simple que ça. Pendant longtemps, je l'ai véritablement haï pour ça. » racontai-je « Tellement haï que si Voldemort vous avait tué en même temps que votre mère, j'aurais commencé par le tuer lui, Dumbeldore. Après seulement, je serais allé m'en prendre à Voldemort. »

« Ça vous laissait peu de chance d'arriver jusqu'à Voldemort. » remarqua Harry

« Oui et non, n'oubliez pas que je suis un grand Maître des Potions. J'aurais empoisonné Dumbeldore avant d'aller affronter Voldemort. Et contre Voldemort, l'effet de surprise me laissait une petite chance. Un plan qui aurait conduit, j'en conviens, à une véritable catastrophe, car Voldemort avait créé des horcruxes, ce que j'ignorais, mais qui vous dit combien j'ai pu détester ce vieux fou à une certaine époque. » racontai-je

Harry leva les yeux au ciel avant de demander :

« Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis à propos de Dumbeldore ? »

« Le temps passant, je me suis demandé, ce que j'aurais été capable de faire comme sacrifices et d'imposer comme sacrifices aux autres, si j'avais pensé que l'issue de la guerre était de ma seule responsabilité. Presque malgré moi, j'ai fini par le comprendre. » expliquai-je

Le comprendre d'autant mieux que Dumbeldore avait mené cette guerre avec les armes et la détermination d'un véritable serpentard selon la définition d'Albus, puisqu'il avait laissé ses objectifs prendre le pas sur toute forme de principe.

« Si je vous suis bien, vous n'avez plus aucun regret à propos de ce qu'a été notre vie ? » reprit Harry sur un ton teinté de reproche

« Bien sûr que si j'ai des regrets. D'immenses regrets même, je vous assure. » répliquai-je avant poursuivre face à son regard interrogatif « Je regrette infiniment que nous ayons raté votre mère et moi la seule véritable occasion que nous avons eu de nous enfuir, d'échapper à toute cette horreur, d'avoir une vie normale avec vous … »

« De quelle occasion parlez-vous ? » demanda Harry

« Quand nous avons su que votre mère était enceinte, au lieu d'avertir qui que ce soit, nous aurions dû organiser immédiatement notre fuite à l'étranger vers une destination très lointaine comme l'Australie en utilisant des moyens de transport moldus. Auparavant, il nous aurait fallu oublietter vos grands-parents, les parents de Lily, et mon grand-père qui étaient au courant pour notre mariage. Sur place, nous aurions dû nous fondre par précaution dans la société moldue, ce qui nous aurait été plus facile qu'à la plupart des sorciers, puisque votre mère était une née-moldue et que j'avais été moi-même élevé dans un environnement moldu. A ce moment-là, cela aurait certainement suffi à assurer notre sécurité, car aucun de nous ne représentait un enjeu suffisant pour que nous soyons recherchés et encore moins traqués par qui que ce soit. Je n'avais pas encore pris la Marque pour espionner Voldemort, même si Dumbeldore m'en avait déjà fait la demande. Aucune fichue prophétie ne pesait encore sur votre tête. Nous aurions pu juste disparaître et avoir une vie de famille normale … Alors oui, quand je pense à ça, j'ai beaucoup de regrets. »

Harry me considéra un moment avant de dire :

« Peut-être que si vous aviez fait ce choix-là ma mère et vous, Voldemort aurait gagné. »

« Oui peut-être, mais si c'était à refaire, je prendrais quand même le risque. » assurai-je

Nous restâmes un long moment silencieux, chacun dans nos pensées. Le plus paradoxal, c'est qu'au moment où je racontais à mon fils ce scénario que j'avais passé ma vie à élaborer et à raffiner inutilement, puisqu'il était déjà trop tard pour l'appliquer, le regret de ne pas avoir ainsi fui commençait à s'estomper chez moi. Non pas à cause de la possibilité d'une victoire de Voldemort, mais parce que, dans ce cas, Albus ne serait jamais né et que je n'arrivais plus à souhaiter de situations qui auraient abouti à ça.

Quand la voix d'Harry interrompit mes réflexions se fut pour me demander :

« A quel moment avez-vous pris la Marque des Ténèbres exactement ? »

« Quand nous avons su que Lily était enceinte, nous sommes allés demander à Dumbeldore une solution pour assurer votre sécurité à tous les deux. Une solution de protection qui n'a pas parfaitement fonctionnée comme vous le savez. Quoi qu'il en soit, Dumbeldore a organisé pour Lily ce mariage factice avec James et moi j'ai pris la Marque pour devenir un espion. » dis-je simplement

« Pourquoi ne pas m'avoir directement présenté les choses comme ça ? Pourquoi ne pas m'avoir dit que vous n'aviez pris la Marque qu'à la demande de Dumbeldore pour devenir un espion ? » demanda-t-il

« Parce qu'en le disant comme ça, j'ai l'impression d'essayer de me dédouaner, alors que quelles qu'en soient les raisons, il y a des choses terribles dans mon passé. Des choses qui ne peuvent pas être effacées. » m'obligeai-je à clarifier

« Mais peut-être que moi, j'aurais besoin de savoir ce qui justifie ce que vous avez fait dans le passé. » répliqua-t-il d'un ton incisif

« Harry, je suis sensible à votre volonté de voir dans votre père un mec bien, mais ce n'est pas tout à fait la vérité, ni forcément souhaitable de le prétendre. » expliquai-je avant de poursuivre devant son air déconcerté « Je ne veux pas alléger mes responsabilités aux yeux d'Albus qui a déjà tendance à me prêter beaucoup trop de qualités. »

« Mais quel est le rapport avec Albus ? » s'étonna Harry

Plutôt que de lui expliquer ce que j'avais en tête, je jugeai qu'il était temps qu'il trouve lui-même la réponse à sa propre question.

« Harry, certains sorciers, parce qu'ils sont plus puissants que les autres, n'ont de limites à leur magie que celles qu'ils s'imposent, ou pas, eux-mêmes. Vous-même en avez connu … » commençai-je

« Vous voulez parler de Voldemort ? » m'interrompit-il

« Ou de Dumbeldore. » complétai-je

Je lui laissai quelques instants pour réfléchir, pour comprendre enfin ce que j'essayais de lui dire.

« Vous voulez dire … Vous pensez … qu'Albus pourrait être … ? » bafouilla-t-il finalement

« Il est encore un peu jeune pour avoir une certitude, mais vu les aptitudes qu'il montre à son âge, ça me semble possible voire probable. » opinai-je

Je vis l'affolement passer dans son regard.

« Mais qu'est-ce qu'il faut faire? » s'inquiéta-t-il

« Lui faire comprendre qu'il ne peut pas se permettre d'utiliser tous les moyens qui sont les siens pour atteindre n'importe quel objectif, et c'est la raison pour laquelle je ne veux pas lui laisser penser que tous les actes que j'ai commis, peuvent être justifiés. En dehors de ça, je n'en sais rien, il faudra improviser. » avançai-je

Harry secouait la tête sans rien dire. Finalement, il se retourna vers moi pour dire :

« Si vous avez raison, je crains que nous ayons involontairement fait pas mal d'erreurs Ginny et moi dans la façon dont nous avons élevés nos fils. Nous les avons perpétuellement comparés l'un à l'autre comme le faisait la mère de Ginny avec tous ses garçons. C'est sans doute pour ça que James a réagi si violemment à la remarque de Flitwick l'autre jour. Si Albus a les capacités magiques que vous lui prêtez, alors ce sera perpétuellement pour James une source de frustration. Quant à Albus, j'ai essayé pour le rapprocher de son frère et de moi de l'obliger à s'intéresser aux balais et au quidditch, bien que tout enfant il n'ait jamais montré aucun intérêt pour l'un ou l'autre. J'ai juste réussi à ce qu'il me cache qu'il volait sans balai. J'ai échangé pas mal de hiboux avec lui ces derniers jours et j'ai compris qu'il a commencé à l'expérimenter il y a plusieurs années. Mais pourquoi un gamin de huit ou neuf ans cache-t-il à ses parents qu'il sait voler sans balai ? »

« C'est un occlumens naturel, ce qui s'accompagne généralement d'un goût assez inné pour le secret. A ce niveau-là, je peux en juger par moi-même, car je l'étais aussi. » révélai-je

Harry encaissa.

« Comme quoi, il vous ressemble plus à vous qu'à moi. D'ailleurs, le test de lignage était clair à cet égard. » conclut-il avec une franche amertume.

« En aucun cas ! » protestai-je « Albus est un Fourchelang comme vous, une aptitude bien plus rare. »

Harry afficha une moue dubitative, mais comme sa capacité à fermer son esprit restait fort incomplète en dépit des années, je perçus son soulagement. Pour la première fois de sa vie sans doute, il était satisfait d'être un Fourchelang. C'est donc avec plus de calme qu'il reprit :

« En parlant de test de lignage, vous m'avez fait part dans nos échanges par hibou de votre souhait de reconnaître officiellement Albus comme l'héritier de la Maison des Prince. Et d'après ce que je viens d'entendre de la part de votre grand-père, il est clair toute votre Maison le considère déjà comme tel ! »

« Sans doute parce qu'à peine avait-il mis un pied hors de la cheminée que Tinny le désignait déjà le « Jeune Maître ». » répondis-je d'un ton détaché peu soucieux d'en faire un point de conflit avec Harry.

« Je me suis renseigné sur cette procédure de reconnaissance dont je ne connaissais pas les détails. » continua-t-il « Il vous suffit d'indiquer votre volonté de faire d'Albus l'héritier de votre Maison, puis d'aller avec lui dans le service adéquat du Ministère pour y réaliser un test de lignage. Un test qui sera validé sans problème étant donné le résultat que nous avons observé ensemble pour ce qui vous concerne tous les deux. En toute rigueur, vous n'avez même pas besoin de mon autorisation. »

« Je souhaiterais néanmoins l'avoir. » indiquai-je sur un ton conciliant avant de rediriger la conversation sur un sujet moins sensible que celui du test « Comme vous le savez, ça ne prend rien à vos autres enfants, c'est même le contraire, puisqu'Albus renoncera de fait à l'héritage des Potter en devenant l'héritier de la Maison des Prince. »

« Je le sais, comme je sais que ça lui permettra de changer de nom quand il le voudra. Mais cet aspect des choses est totalement inenvisageable actuellement et le restera longtemps, pour préserver le secret particulièrement vis-à-vis de James et de Lily. Je compte sur vous pour le lui rappeler ! » observa-t-il

Un autre point sensible clairement. Je m'abstins donc de tout commentaire laissant Harry poursuivre :

« Quoi qu'il en soit, je ne vais pas m'opposer à ce que vous reconnaissiez Albus comme héritier de votre Maison. Lui-même le souhaite. Je le trouve très apaisé par cette perspective et je dois dire que nos rapports en sont grandement facilités. C'est un peu comme s'il avait enfin trouvé sa place. Ensuite, il faut que je continue à rassurer James sur le fait que quoi qu'il est fait, il n'a pas perdu la sienne, car il se sent très malheureux et insécurisé après les problèmes qu'il a eu avec son frère. »

« Effectivement, le plus important est que chacun trouve une place qui lui convienne. » approuvai-je accommodant comme jamais, tant je me sentais heureux de voir Harry donner aussi facilement son aval aux projets que j'avais avec Albus.

Mais sa réaction amère me montra que tout le monde ne vivait pas les choses aussi bien :

« D'ailleurs, quand tout ça sera fait, je pourrais peut-être trouver le temps m'interroger pour savoir où est la mienne de place ! »

Une fois de plus, c'est lui qui était percuté de plein fouet par une histoire familiale tourmentée. Et je n'avais pas su comment le préserver, une fois de plus.