Plus les jours passaient, plus Tony se rendait compte qu'il ne pouvait plus se passer de la présence de Kate, si bien qu'il avait décidé d'avancer son retour au NCIS d'une semaine. Il aurait mieux fait de se casser une jambe tiens ! A peine arrivé et déjà en danger de mort, il aurait pu y rester avec cet enfoiré qui avait posé une bombe sur la voiture. D'un autre côté, s'il n'avait pas été là, Kate et McGee ne seraient probablement plus de ce monde à l'heure qu'il est. Alors il se disait que c'était une chance qu'il ait été là, parce que désormais, il ne pouvait plus imaginer sa vie sans elle.

Gibbs, qui était remonté avec lui de la salle d'autopsie après que Duky l'ait examiné, l'avait obligé à aller s'allonger de peur qu'il ne tombe dans les pommes. Mais un DiNozzo ne tombe jamais dans les pommes. Il obéit pourtant à son patron, peut désireux de recevoir une tape sur la tête en plus de la migraine qu'il avait déjà. Il s'employa donc à essayer de dormir, jusqu'à ce que McGee vienne l'importer.

- Ça va aller Tony ?

- Oui…

- T'as une petite mine.

- Toi au moins tu me trouve déjà mieux.

- Mieux que quoi ?

- Si j'en crois Gibbs, je suis à l'article de la mort.

- Tu sais, Kate s'est beaucoup inquiétée pour toi.

- Kate s'inquiète pour tout.

- Non, elle s'est vraiment beaucoup inquiétée.

- Où tu veux en venir le bleu ?

- Ben… Peut-être que… Pourquoi pas… On sait jamais hein.

- Moi et Kate, fis-je ne riant. Ça n'arrivera jamais.

- Pourquoi ?

- Elle est trop futée pour ça.

- Tu me crois pas. Attends un peu. Elle arrive. Chut.

Ce que Tony fit, voulant savoir ce que Kate allait bien pouvoir lui dire.

- Gibbs veut savoir qui a prévenu la police au sujet des marins ce matin, fit-elle.

- D'accord.

- Où est DiNozzo ?

- Heu, il doit être allongé quelque part.

- Bien, il en a besoin.

- Tu l'aimes beaucoup n'est-ce pas Kate.

Tony vit alors McGee faire un signe dans sa direction pour signaler sa présence à Kate. Le pauvre, maintenant tout ce qu'elle pouvait dire aller être un mensonge.

- Oui, se rattrapa-t-elle alors qu'elle avait hésité à répondre. Oui c'est mon coéquipier. Pourquoi ?

- Je sais pas. Je… me demande parfois s'il n'y a pas plus que ça.

Elle se mit à rire.

- Tony ? Tu plaisantes ?

- Ne me dit pas que t'y a jamais pensé.

- Wah, et bien, je reconnais qu'il y a des moments où Tony peut être charmant, chaleureux, pas complètement goujat.

- Dis-moi, et si c'était pas ton coéquipier ?

- Ah, ça c'est plus difficile. Bien à son actif, c'est un garçon plutôt intelligent, courageux et relativement séduisant. Peut-être que dans une autre vie je pourrais imaginer épouser un type comme lui.

Et Kate lui versa le contenu de la bouteille d'eau sur la tête. Tony se releva aussitôt et toisa ses deux collègues avant de déclarer sur un ton menaçant :

- Ça vous amuse ?

- Ouais, répondirent-ils en cœur, mais McGee ne vit pas le clin d'œil que Kate lança à Tony.

- DiNozzo, j't'avais dit de t'allonger, lança Gibbs en arrivant avec son traditionnel café.

- J'étais allongé.

Gibbs dévisagea Tony.

- Heu… Je l'suis.

- Pas ici !

Tony se leva et se résolut à aller chercher un autre endroit où il pourrait exécuter les ordres de Gibbs et ne vit que le labo d'Abby. Alors qu'il se dirigeait vers l'ascenseur, Kate le rattrapa et s'engouffra dans la cage avant que les portes ne se referment.

- Très belle prestation, applaudit Tony.

- Merci…

- Où vas-tu ?

- Chez Duky.

- Hum, répondit-il en coupant l'alimentation de l'ascenseur.

Il se rapprocha d'elle et l'embrassa mais elle le repoussa.

- Oh Kate voyons on peut bien prendre quelques minutes pour nous non ?

- Duky est un prétexte pour Gibbs et McGee. Tony, j'ai besoin de te parler.

Il s'écarta d'elle et reprit un air sérieux. Elle fuyait son regard.

- Qu'y a-t-il ?

- J'ai pris cette satanée pilule comme tu me l'avais dit, 75% de taux d'efficacité. Le problème, c'est que je fais partie des 25% d'autres.

- Attends, je comprends rien à ce que tu me racontes là !

- J'ai fait un test de grossesse pour être sûr de l'efficacité de la pilule, le problème, c'est qu'il est revenu positif.

- Kate ça se peux pas ! On a prit toute nos précautions depuis cette fameuse nuit.

- Oui, mais on dirait que ça a suffit, en plus, j'ai 5 jours de retards. Je suis enceinte Tony, et je suis sûre et certaine que c'est toi le père puisque je n'avais pas couché avec Steve depuis un mois, conclut-elle.

La nouvelle l'avait tellement secoué qu'il se retrouvait figé incapable de dire ou faire quoi que ce soit.

- Écoute, reprit-elle, vient chez moi ce soir on en reparlera et on décidera quoi faire.


Beaucoup d'évènements avaient suivit cette déclaration, ils avaient apprit qu'Ari Assouari était de retour aux États-Unis, qu'il avait volé un avion sans pilote de la marine et qu'il projetait de le transformer en missile. Sans oublier le fait qu'il essayait en plus de tuer Gibbs.

Toutes les pièces du puzzle c'étaient misent en place, il ne restait plus qu'à trouver où se cachait l'agent du Mossad (qui n'en n'est pas vraiment un) et de l'empêcher de tuer. Kate et Tony se trouvaient au MTAC, en compagnie de Gibbs, qui venait de faire la démonstration à Tobias Fornell que le FBI avait encore une fois manqué le détail crucial qui faisait tout coller. Gibbs avait également tout prévu pour localiser Ari et venait de la faire. Il sortit de la salle en compagnie de son équipe afin de se rendre à Norfolk pour empêcher les dessins du terroriste. Pour Tony, qui n'avait pas totalement récupérer de la peste, les moments qui suivirent se déroulèrent à une telle rapidité qu'il ne sut pas trop comment ils en étaient arrivés là.

Arrivés sur place, Gibbs avait tiré dans un lampadaire pour repérer les terroristes sur le toit qui montaient la garde. McGee avait en charge de prendre le contrôle de l'avion afin d'empêcher que celui-ci ne s'écrase sur le port où les navires de guerre rentraient. Kate et Gibbs entrèrent dans le bâtiment afin de se débarrasser de ceux qui montaient la garde et également pour trouver Ari. Quant à Tony, il grimpa sur le toit à l'aide de l'échelle de secours. Par la suite, il y eut beaucoup de coups de feu, mais finalement, Gibbs, Tony et Kate se retrouvèrent seuls sur le toit. McGee les prévient que son transmetteur avait été détruit et qu'il ne contrôlait plus le missile. Gibbs détruit alors l'autre transmetteur et le missile s'abima. Tony commença alors à se détendre, c'était terminé. Mais soudain, Kate hurla "Tireur" et se précipita devant Gibbs interceptant la balle. Tony et ce dernier réagirent au car de tour, ils abattirent le tireur et allèrent porter secours à leur collègue. D'un seul mouvement, Tony ouvrit la veste de Kate et le soulagement se fit lorsqu'ils virent le projectile logé dans le gilet pare-balle. Tony venait d'avoir la peur de sa vie et c'est avec un soupir de soulagement qu'il demanda :

- Pas trop sonnée ?

- Je viens de prendre une balle dans la poitrine DiNozzo… A ton avis je suis sonnée ?

- Tu iras peut-être pas au yoga demain.

Kate continuait à gémir du fait que la balle lui avait coupé le souffle et Gibbs l'aida à se relever.

- On peut lever le dispositif de protection Kate, repris l'agent spécial.

- T'as fait du bon boulot, renchérit Tony, plus que soulagé qu'elle n'ait rien de grave.

Pendant une fraction de seconde, il croyait l'avoir perdue et cette idée même si elle était restée peu de temps dans ça tête avait été insupportable.

- Pour une fois, DiNozzo a raison.

- Wah, j'ai cru que j'allais mourir avant d'avoir…

Une détonation et Kate s'écroula, une balle dans la tête. Gibbs sortit son arme et essaya de visualiser le tireur. Tony se pétrifia, le visage couvert de sang, il ne pouvait détourner son regard du corps qui gisait à ses pieds avec déjà une marre de sang autour de la tête de Kate. Puis ce fut le trou noir.


De retour au NCIS, il ne savait plus comment il y était retourné, Tony avait l'impression que le monde autour de lui n'existait plus. Ce n'est que quand Gibbs le prit par l'épaule qu'il sortit de sa léthargie.

Descends aux douches Tony, va retirer tout le sang que tu as sur toi.

Sans un mot, ni même une approbation, exactement comme un automate, Tony prit l'ascenseur. Quant à Gibbs, il descendit immédiatement en salle d'autopsie, là où ils avaient emmené le corps de Kate. Il trouva Abby, devant la porte de la salle, n'osant pas entrer et secouée de sanglots. Elle se tourna vers lui lorsqu'il fut à ses côtés.

- C'est pas possible… Dis-moi… Dis-moi que ce n'est pas vrai…

Pour toute réponse, il la prit dans ses bras puis il reprit l'ascenseur avec elle. Après tout, même s'il n'arrivait pas à y croire lui-même, Kate se trouvait bien allongée sur la table face à Duky.

Près d'une heure plus tard, alors qu'Abby pleurait en silence assise au bureau de Tony et que McGee, assis à son propre bureau fixait intensément celui de Kate, Gibbs se rendit compte que Tony n'était toujours pas remonté des douches.

- McGee, lança-t-il.

Aucune réponse.

- McGee !

- Heu… Oui patron.

- Tony n'est pas encore remonté. Va voir ce qu'il fait.

- Bien patron.

McGee se dirigea vers l'ascenseur avec une impression de marcher au ralentit et même la descente lui parut interminable. Arrivé aux vestiaires, il appela Tony plusieurs fois mais n'eut aucune réponse. Il le chercha, dans les allées où s'alignaient les casiers des agents du NCIS, il trouva même celui de Tony ouvert, ces vêtements posés devant sur un banc. Il devait encore être sous la douche.

- Tony ? appela-t-il une dernière fois avant de découvrir son collègue sous un puissant jet d'eau tellement chaud qu'il y avait de la vapeur dans toute la pièce. Tu n'as toujours pas fini ?

- J'arrive pas à retirer tout le… tout le…

N'arrivant pas à dire le mot sang puisque ça lui faisait venir automatiquement la vision d'horreur de Kate étendue sur le toit avec un trou dans la tête, Tony montra la flaque rouge à ses pieds et continua de se frotter avec son gant.

McGee s'étonna qu'il y en ait autant et surtout qu'il y en avait encore. Il se rapprocha de son collègue et l'examina de plus près avant de saisir son bras pour arrêter sa frénésie.

- Lâche-moi le bleu.

- Tony… Ce n'est pas le sang de Kate à tes pieds, c'est le tien.

Le brun le dévisagea, ne comprenant pas les paroles qu'avait prononcées McGee.

- C'est un gant abrasif que tu tiens, tu t'es tellement frotté que tu saignes. Aller, sort de là je vais te soigner, fit Tim en tirant Tony hors de la douche.


Gibbs n'avait pas put fermer l'œil de la nuit, ne concoctant que des vengeances pour faire payer Ari. Malheureusement, il ne pourrait pas les mettre à exécution. C'est avec déjà quatre cafés dans le sang et à une heure bien plus matinale que d'habitude qu'il entra dans la salle d'autopsie pour y trouver Duky, assit à son bureau, une bouteille de whisky devant lui, un verre vide à la main et le regard perdu dans le vide. Gibbs tendit le café qu'il avait à la main à son ami, voyant bien qu'il en avait plus besoin que lui.

- Ho, non merci Jethro, je sais que tu adores ce café, mais tu es bien le seul.

Gibbs ne répondit rien et attendit que le Dr. Mallard face le premier pas.

- J'ai fini l'autopsie de… Kate, eut-il du mal à dire. Cette balle à traverser son cerveau de part en part, entrant par le lobe frontal et ressortant par le lobe occipital en emportant une petite partie de l'arrière du crâne au passage. La mort a été instantanée. Mais ça tu le sais déjà.

L'agent spécial approuva, réprimant une envie de vomir au souvenir de sa camarade abattue de sang froid.

- C'est une véritable tragédie, commenta pour lui-même Duky. D'autant plus qu'il y a eu double meurtre.

- Double meurtre ? reprit Gibbs surprit.

- Et oui Jethro, notre chère et regrettée amie l'agent Todd…

- Etait enceinte, conclut DiNozzo qui était entré dans la pièce sans qu'aucun des deux autres membres du NCIS ne l'entende.

- Tu nous expliques Tony ? fit Gibbs.

- Avant cela, je voudrais savoir quel âge avait l'embryon ?

- Environ deux semaines.

- Deux semaines hein ? Deux semaines ! répéta Tony en commençant à perdre le contrôle de ses nerfs. Deux semaines…

Puis il sortit de la salle et s'engouffra dans la cage d'escalier plutôt que de prendre l'ascenseur. Gibbs le suivit et le rattrapa bien vite. Il le prit par le col et le plaqua contre le mur. Tony riait toujours de ce rire hystérique.

- Tu vas me dire ce qui se passe et tout de suite DiNozzo ! s'emporta l'agent spécial.

C'est alors qu'il remarqua que bien que son subordonné riait, il pleurait également. Gibbs desserra son étreinte, mais ne le relâcha pas pour autant.

- Voyons Gibbs ! Tu es le plus grand enquêteur des Etats-Unis ! Tu as toutes les pièces du puzzle et tu n'as pas encore trouvé la conclusion, elle est pourtant évidente non ?

- C'était toi le père n'est-ce pas ?

Pour le coup, Tony ne riait plus, l'hystérie passée, il baissa la tête et les larmes coulaient de ses yeux s'intensifièrent.

- Le fait que j'ai eu la peste et que nous ayons été isolés tous les deux nous à rapprocher. Une semaine après, je l'ai rencontrée dans un bar, elle venait de larguer son copain. De fil en aiguille et avec beaucoup d'alcool on a fini par coucher ensemble. Et ça s'est reproduit. Mais maintenant c'est fini…

Gibbs relâcha DiNozzo qui s'effondra sur le sol car ses jambes ne le portaient plus. Il enfouit sa tête dans ses genoux et pleura encore et encore, Gibbs, ne sachant plus comment réagir, se contenta de rester là où il était.


Une fraction de seconde avait suffit à changer sa vie. Bien qu'Anthony DiNozzo avait renoncé au bonheur de la vie comme chaque personne sur cette terre essaye de trouver, voilà que l'ironie du sort l'avait fait aimer une femme extraordinaire avec qui il voulait passer le reste de sa vie. Il aimait une femme qui attendait son enfant. Mais la mort avait frappée, sournoise et injuste, afin de lui rappelé cette promesse faite à lui-même. Tony aimait Kate, et il regrettait de ne pas lui avoir dit maintenant qu'il l'a perdu. Maintenant qu'il avait perdu tout ce qui comptait à ses yeux. En une fraction de seconde.


Fin