Merci pour vos commentaires qui me font toujours sourire et plaisir.
Alors il va encore y avoir un sacré bout de chemin à faire avant que tout s'arrange, enfin si ça s'arrange hein lol.
Bonne lecture.
Oliver
Dans moins de trois semaines nous célébrerons Noël, c'est une période de l'année que j'appréciais énormément il y a encore quelques temps, mais depuis trois mois ce n'est plus le cas parce que cette fête représente avant tout un moment de partage avec les êtres qui nous sont chers et cette année je ne vais pas supporter de célébrer Noël tout en sachant que j'ai un fils que je ne pourrai même pas voir, ni toucher tout ça par ma faute. Je sors le téléphone de ma poche et fais défiler à l'écran les photos de Jamie. J'en ai un peu plus maintenant et ça, grâce à John.
Il m'a enfin pardonné dieu merci, je ne pensais pas qu'il le ferait surtout qu'il est resté près de deux mois sans me donner de nouvelle et j'ai respecté son choix. Je pensais l'avoir perdu pour de bon mais il m'a contacté par message me disant qu'il voulait me voir. Nous nous sommes alors retrouvés dans notre salle de sport, celle où je donne des cours de self défense en tout genre aux jeunes du quartier et nous avons longuement discuté. Il m'a dit que c'était plus où moins une requête de sa sœur, qu'elle ne voulait pas nous voir fâché, que c'était hors de question qu'il laisse cette situation en suspend et il l'a écouté. Je dois dire que John ferait n'importe quoi pour sa sœur. Nous avons discuté de tout et de rien, de ce que j'avais fait ces derniers mois mais je n'ai pas pu rester longtemps sur ce sujet, j'avais besoin d'avoir des nouvelles de mon fils, il le fallait. J'ai alors posé tout un tas de question à Dig à propos de Jamie, ce qu'il aimait, comment était sa chambre, si il faisait du sport ce qui l'intéressé le plus dans la vie. Bref toutes ces choses que les parents sont censés connaître de leur enfant. John m'en a un peu dit mais pas trop parce qu'il avait fait une promesse à sa sœur et qu'il tenait à la respecter.
Il y a trois semaines, lorsqu'il est rentré de central City il est venu à la maison et m'a déposé un cadre avec une superbe photo de lui et Jamie, j'ai eu les larmes aux yeux en la voyant, d'une parce que j'étais heureux d'avoir une autre photo de mon fils, avec les autres que j'avais prise au parc ça m'en faisait trois. Trois malheureuses photos de lui. J'ai remercié John je ne sais combien de fois mais il m'a dit qu'il n'y était pour rien que c'était Felicity qui lui avait demandé de me le laisser. Il a ensuite sortit son téléphone de sa poche me l'a tendu et m'a dit de prendre celles que je voulais. Je les ai toutes prises, même celles avec Felicity et depuis que je les ai, je ne cesse de les regarder. Je connais chaque détails, chaque mimique de Jamie et surtout je peux voir l'amour que porte Felicity à notre fils et je me dis qu'un jour j'aimerai moi aussi pouvoir montrer que je l'aime de cette façon.
Je suis tellement perdu dans la contemplation des photos que je fais un bond de dix mètres lorsque la sonnette vient perturber le silence de mon appartement. Je me lève en traînant les pieds, je ne veux absolument pas sortir, mais ma petite sœur a insisté pour que nous achetions les cadeaux de noël.
- Super tu es prêt.
Nous avons fait je ne sais combien de magasin pour trouver un présent à chaque personne de notre famille et bon dieu ce n'était pas simple mais nous y sommes parvenus.
- C'est bon, tu as tout ce qu'il te faut ?
- Moi oui mais toi non !
Je fronce les sourcils, comptant les cadeaux que j'ai acheté, non, j'ai tout.
- Comment ça moi non ? J'ai un truc pour toi, papa, maman, Roy et John je ne vois pas ce qu'il me manque.
- Un cadeau pour ton fils.
Je ferme les yeux en secouant la tête, c'est au dessus de mes forces.
- Non Théa, ne me fait pas ça... S'il te plaît... Tu sais très bien que je ne peux pas l'approcher, que Felicity refuse que je le vois...
- Je le sais Ollie et crois-moi j'en suis la première à en être désolée... Mais tu devrais lui prendre un cadeau... Tu le donnes à John qui se chargera de lui offrir.
- A quoi bon, il ne saura même pas que ça vient de moi.
- Lui non mais nous oui... Et si un jour tu as le bonheur de le connaître tu pourras lui dire ce que tu lui as offert à ce fameux premier noël...
- Tu as sans doute raison...
Nous passons un temps fou dans le plus grand magasin de jouet de la ville et j'avoue ne pas savoir quoi choisir, John m'a dit que le petit faisait du soccer et qu'il aimait beaucoup l'équipe des red-bulls. Du coup, plutôt que de lui prendre un jouet dont il n'aura peut être aucune utilité je choisi de passer dans un magasin d'équipement de sport et lui prends l'ensemble short, tee-shirt chaussette ainsi que le survêtement de son équipe favorite.
- C'est génial Ollie, le petit va être aux anges. J'ai hâte de le voir le porter.
Je secoue la tête, ma sœur ne se rend pas compte que jamais nous ne verrons le petit, qu'il ne fera jamais partie de notre famille. Je n'arrive pas à être aussi optimiste qu'elle surtout que ça fait déjà trois mois et que je ne l'ai toujours pas vu. J'avais envisagé de prendre un avocat pour avoir un droit de visite mais je me suis rétracté me disant que je devais lui laisser plus de temps et aussi que je n'avais aucun droit sur Jamie surtout après avoir abandonné Felicity, mais aussi parce que je pense que John ne me le pardonnerai jamais.
Depuis trois mois j'attends que quelque chose se passe et il y a eu des petites choses, comme le cadre photo, les photos que Felicity à bien voulu que John me partage, et dernièrement j'ai eu un message de Felicity avec comme pièce jointe une photo de mon fils. Ce n'est vraiment pas grand chose mais je prends tout ce qu'elle veut bien me donner en priant pour qu'un jour elle me pardonne et accepte que je puisse le voir ne serait ce qu'une fois de temps en temps.
Felicity
Moins de trois semaines, c'est le temps qu'il me reste pour trouver un cadeau à mon fils. Il m'a bien donné sa liste mais je n'ai pas encore eu le temps de la consulter, je suis débordée au travail, je n'arrête pas de faire des heures supplémentaires et je suis également partie plus de dix jours pour un séminaire. Heureusement j'ai pu compter sur Barry et Caitlin pour me garder Jamie comme toujours, je ne sais pas ce que je ferai sans eux. Bien que John m'aie proposé de le garder, je n'ai pas voulu le déranger et puis Jamie aime passer du temps chez sa marraine, il adore jouer avec leur chien.
- Maman, tu vas travailler tard aujourd'hui ?
- Non, je ne pense pas mon cœur. Je devrais être présente à la sortie de l'école, mais si je ne suis pas la ce sera comme les autres soirs.
- Marraine ?
- Oui, marraine. Je sais que ce n'est pas rigolo pour toi, mais je n'ai pas le choix, je dois vraiment finir mon travail avant les vacances de Noël.
- Je sais maman, je suis content d'aller chez oncle John. On va s'amuser.
Je souris, lui va sans doute s'amuser moi un peu moins, enfin il va surtout falloir que j'évite la famille Queen et ça, ça risque d'être difficile.
Je dépose Jamie à l'école, l'embrasse une dernière fois avant de monter dans ma voiture pour rejoindre l'entreprise. J'ai encore un tas de documents en attente sur mon bureau, je les consulte rapidement et me dis que ça ne devrait pas me prendre plus que la matinée. Je me mets au travail rapidement et vers onze heures je viens à bout du dernier document, je descends au département confection et leur tends la clé USB contenant les précieux renseignements pour la réalisation du futur projet de l'entreprise. J'attends vingt minutes avant qu'un ingénieur me dise que j'ai fais du bon travail puis quitte l'entreprise avant que quiconque ne m'interpelle pour un projet où autre. Une fois à l'abri dans ma voiture, je soupire de soulagement.
J'ai enfin réussi à me libérer un après-midi. Je sors l'enveloppe de ma boite à gant et l'ouvre rapidement. Je suis très surprise lorsque je déplie la feuille blanche que Jamie m'a laissé. Il n'y a pas de liste de noël, juste une phrase écrite habilement pour un enfant de quatre ans.
« Père Noël, je veux mon papa... S'il te plaît. »
Les larmes me montent aux yeux et coulent le long de mes joues, nous n'avons jamais parlé de son papa, jamais. Jamie ne m'a posé aucune question sur lui et je ne savais pas qu'avoir un papa lui manquait à ce point. Je referme la lettre puis la replace dans l'enveloppe et range le tout dans la boite à gant avant de prendre le chemin de la maison.
Assise dans le salon un latte à la main, je ne cesse de penser à la lettre de mon fils et me dis qu'il va falloir que je réalise son souhait, que je n'ai pas le choix, que si je ne le fais pas, Jamie ne croira plus au Père Noël et ça, je ne peux pas le permettre, ce serait cruel. La sonnette retentit dans la maison, je me lève pour aller ouvrir tout en me demandant qui cela pourrait être, je n'attends personne surtout qu'à cette heure ci généralement je suis au bureau. J'ouvre la porte et reste bouche bée devant la personne qui se tient sur le perron.
- Bonjour Felicity.
- Moira !
Passée la surprise je m'efface et lui fait signe d'entrer, elle passe devant moi un sourire bienveillant sur le visage, j'ai toujours apprécié Moira, nous nous entendions très bien toutes les deux, de même qu'avec Robert son époux, quand John ne pouvait pas s'occuper de moi c'est chez eux qu'il me déposait, c'étaient les personnes en qui il avait le plus confiance et il avait raison de la leur donner, parce qu'ils sont super gentils et aimants.
- C'est très joli chez toi Felicity.
- Merci, ce n'est pas très grand mais pour deux personnes c'est suffisant. Assoyez-vous Moira. Est-ce que je peux vous offrir quelque chose à boire ?
- Un café si tu as. Et Felicity s'il te plaît, tutoie-moi.
Je me dépêche de lui faire un expresso mais mains tremblent et mon cœur bat comme un diable voulant sortir de sa boite, mais j'essaie tant bien que mal d'être rapide. Je la rejoins au salon, la tasse en main, elle tient un cadre photo dans les mains, c'est une photo de Jamie entouré d'écureuils, il est heureux dessus, son regard en dit long sur le moment qu'il passe.
- Il a l'air très épanoui.
- Il l'est...
Elle repose le cadre, mon cœur bat toujours aussi vite, je me demande ce qui va se passer.
- J'en doute pas. Ça se voit sur chaque photo que j'ai pu voir en traversant le couloir de ta maison et celles qui sont posées ici et là dans ton salon, je me suis permise de les regarder le temps que tu me préparais le café. Merci pour la tasse.
Je saisi mon latte et m'installe sur mon fauteuil club face à elle. Je ne sais pas pourquoi elle est ici, et ça me rend nerveuse.
- Tu dois te demander ce que je fais ici... Et je comprends. Je ne suis pas venue pour te faire du mal mais pour te parler Felicity.
Elle avale une gorgée de café avant de planter son regard dans le mien.
- Il va mal tu sais... Je sais que ce qu'il a fait est impardonnable, te laisser de cette façon. Mon dieu je me suis fâchée plus d'une fois avec lui depuis qu'il nous a raconté. Ce n'est pas de cette façon que je l'ai élevé et je suis désolée que ça se soit passé ainsi. Je ne suis pas venue m'excuser pour lui parce qu'il me semble qu'il a déjà essayé de le faire et que tu refuses ses excuses. Je ne t'en blâme pas mais ça fait cinq ans Felicity et je connais mon fils bien mieux qu'il ne le pense.
Elle avale une autre gorgée, mon cœur est serrée en sachant qu'il va mal mais je ne veux pas qu'elle s'en rende compte. Elle sourit et me regarde de nouveau.
- Ça fait dix minutes que je suis assise ici et je pense que tu n'a pas changé toi non plus. Tu l'aimais à l'époque et sans que tu me dises quoi que ce soit je suis certaine que tu l'aimes encore.
Mon corps se fige, elle a deviné ? Non, ce n'est pas possible, elle doit me tester !
-Et comment peux tu en être aussi sur Moira ?
-Parce que lorsque je t'ai dit qu'il allait mal, j'ai vu ton regard se voiler. Ton corps à tressailli, tu ne supportes pas de le savoir ainsi et je sais que c'est pareil pour lui. Felicity je ne te demande pas de l'accueillir à bras ouvert, ni même que vous vous avouez votre amour... Je te demande juste de le laisser voir le petit. Je sais que je te demande beaucoup mais depuis qu'il sait pour Jamie il n'est plus que l'ombre de lui même, il ne fait que travailler de six heures le matin jusque très tard le soir, il n'a jamais autant travaillé pour notre entreprise que ces trois derniers mois, et ses week-end il les passe au gymnase à taper sur tout ce qu'il peut. Il a réussi à envoyer deux de ses meilleurs combattants à l'hôpital et j'ai de plus en plus peur pour lui Felicity. J'ai peur qu'il ne fasse une bêtise.
Je me masse les tempes, relève la tête et fait face au regard implorant de Moira, elle est inquiète pour son fils et je sais ce que c'est qu'être une maman qui a peur pour son enfant parce que lorsque Oliver à su pour Jamie j'ai cru que je le perdrais, Oliver et sa famille ont de l'argent et je me voyais déjà perdre la garde de Jamie devant un tribunal. Mais savoir qu'il va mal... Me blesse plus que je ne le pensais.
- Je ne sais pas quoi te dire Moira, simplement que je vais y réfléchir.
Je raccompagne Moira à la porte, elle me jette un dernier regard avant de monter à l'arrière de sa voiture, je referme la porte et me rue sur mon téléphone pour appeler mon frère, j'ai besoin qu'il me confirme les dires de Moira, parce que John ne m'a jamais parlé de la sorte d'Oliver. Non en fait il ne m'en parle que très rarement. Il m'a seulement demandé une fois si il pouvait de temps en temps donner des photos de Jamie à Oliver et je lui ai dit qu'il pouvait. J'ai même offert un cadre de lui et Jamie pour qu'il le lui donne mais c'est le seul échange que nous ayons eu à son propos.
Après avoir passé vingt minutes au téléphone avec mon frère, je fonds en larme, tout ce que Moira m'a relaté est vrai, Oliver ne va pas bien du tout, et tout ça, est ma faute ! Quel genre de personne je suis pour ne pas pouvoir pardonner une chose qui s'est passé il y a une éternité ? Je suis une sorte de monstre voilà c'est dit. Si les rôles avaient été inversé je suis sûre qu'Oliver m'aurait écouté et pardonné, j'en suis persuadée.
Le soir après avoir couché, Jamie, je fais quelque chose que je m'étais jurée de ne jamais faire, mais il le faut pour mon fils et aussi pour Oliver, je prends mon portable et compose son numéro.
