Oliver

Je suis assis à table enfin mon corps y est, mon esprit quand à lui s'est échappé. Je n'entends pas la discussion qui se joue entre ma sœur et ma mère, ni même mon père qui ne cesse de débattre sport avec Roy. Je suis assis ici mais je ne pense qu'à une chose qu'il soit vite minuit pour pouvoir m'éclipser afin de les rejoindre. Cette nuit est la bonne, celle qui changera enfin ma vie et je n'ai qu'une personne à remercier pour ce cadeau, c'est mon fils lui même qui a eut la brillante idée de demander son papa pour Noël.

Lorsqu'elle m'a contacté il y a trois semaines, d'abord je n'en ai pas cru mes yeux lorsque j'ai vu son nom affiché sur l'écran du téléphone, j'ai hésité à répondre sur le moment pensant qu'elle s'était probablement trompée, mais je m'y suis résolu car d'un autre côté je pensais qu'il était arrivé quelque chose à notre fils. Mais ce n'était ni l'un, ni l'autre. Felicity m'a contacté dans un premier temps pour prendre de mes nouvelles, j'avoue avoir été déstabilisé par cette conversation. Nous avons discuté durant quinze minutes de nos vies de maintenant sans jamais prononcer le prénom de notre fils. En quinze minutes je lui ai relaté la vie que je menais aujourd'hui c'est à dire passer la majeur partie de mon temps libre à entraîner des gamins pour qu'ils soient un jour aussi fort que moi je l'ai été, mais aussi m'investir dans l'entreprise familiale car comme me l'a si gentiment rappeler mon père il y a quelque années celle-ci nous revient à Thea et moi. Mais ma sœur n'en veut pas, elle, tout ce qui l'intéresse c'est sa boite de nuit.

Elle m'a posé une question à laquelle je ne voulais vraiment pas répondre mais je lui devais bien ça et même si ça m'a fait mal de lui avouer que oui j'avais eu plusieurs relation après elle, j'avoue me sentir soulager qu'elle soit au courant. Je lui ai quand même spécifié qu'aucune de ses relations n'a duré dans le temps et que surtout mon cœur n'appartenait qu'a une seule personne. Il y a eu un gros blanc, je me suis maudit mais il fallait qu'elle sache combien elle compte pour moi.

Elle m'a parlé également, m'a expliqué où elle travaillait et surtout ce qu'elle y faisait. Son travail n'est clairement pas adapté à ses facultés et si mon père savait ce qu'elle faisait dans cette entreprise je suis persuadé que ni une ni deux il la tirerait de là. Parce que passer ses journées a vérifier si il n'y a aucune erreur dans les dossiers concernant la mise en place d'un nouveau projet ce n'est clairement pas pour elle. Felicity est brillante et elle mérite tellement mieux, c'est elle qui devrait être à la création, qui devrait créer les programmes.

- Oliver, tu es avec nous ?

- Oui, je suis désolé maman tu disais ?

- Moi rien, mais ta sœur vient de nous dire qu'elle avait une annonce à nous faire.

Je relève la tête vers ma sœur qui semble subitement très nerveuse, Roy lui attrape doucement la main et la serre pour lui donner de la force.

- Roy et moi allons être parents.

Je me lève et cours la prendre dans mes bras tout en la félicitant, mes parents en font de même et durant l'heure qui suit le sujet ne tourne qu'autour du futur enfant à naître.

- C'est génial, Jamie ne sera pas seul lorsqu'il viendra à la maison...

Thea, ne t'emballe pas Felicity et moi n'avons pas encore parlé de tout ça.

- Je sais mais c'est déjà super génial que tu puisses le connaître et je suis certaine qu'après votre rencontre le reste suivra.

Je hoche la tête en signe d'acquiescement même si je ne suis pas aussi certain que Thea sur ce point. Lors de son second appel trois jours après le premier, Felicity m'a enfin parlé de Jamie.

Flash Back

Je sors de la douche après un entraînement intensif, depuis l'appel de Felicity je me suis un peu calmé et les gars n'ont pas manqué de me le faire remarquer, pourtant cet appelle était plus ou moins bref et surtout il ne répondait clairement pas à mes attentes, mais je me suis contenté de ce petit pas surtout qu'elle m'avait dit avant de raccroché qu'elle me recontacterai. Je suis resté comme un idiot le sourire aux lèvres devant la photo d'écran de mon téléphone, puis je me suis levé et j'ai poussé un grand oui avant de lever le poing vers le haut, satisfait qu'elle ait enfin eu l'envie de me parler.

Je m'habille rapidement, puis quitte la salle de sport après l'avoir fermé à clefs et enclenché l'alarme. Arrivé chez moi, je mange un truc rapide puis m'écroule sur le canapé, la journée a été longue, au bureau ça été l'effervescence, j'ai couru dans tout les sens pensant ne jamais arriver à valider à temps le projet pour les Glades mais j'y suis arrivé, j'ai quitté l'entreprise assez tard et me suis rendu directement à la salle de sport où mes élèves m'attendaient. Je me suis empressé de me mettre en tenue et j'ai donné trois cours d'affilés comme tout les lundis. Je n'ai pas vu la journée passer et je n'ai pas une seule fois entendu mon téléphone sonner. Merde, mon téléphone, c'est pas vrai... Je sors en trombe de l'immeuble, me rue sur ma moto et pars comme un fou vers l'entreprise persuadé d'y avoir laissé mon téléphone. Arrivé à mon bureau je vire toute la paperasse qui traîne sur celui-ci et découvre mon téléphone. Je le saisi, le déverrouille et m'aperçois que j'ai raté un appel, son appel. Et merde, je m'assois sur la chaise et lui envoie un message.

« Désolé, j'avais oublié mon téléphone au bureau, je sais qu'il est tard, mais est-ce que je peux te rappeler ? »

Mon téléphone se met à sonner immédiatement. Je réponds sans attendre, heureux de voir qu'elle n'est pas encore couchée. Nous parlons de notre journée durant cinq minutes avant que Felicity ne soupire un petit coup avant de se lancer.

- Oliver, que fais-tu à Noël ?

A Noël, elle est sérieuse ? Elle me demande vraiment ça ?

- Je serai dans ma famille comme tout les ans... Pourquoi ?

Mon cœur bat à un rythme effréné en attendant sa réponse.

- Parce que Jamie veut te rencontrer. Sur la lettre destinée au Père Noël, il y a écrit qu'il voulait juste son papa.

Je pousse un soupir, et me prend la tête dans les mains.

- Est-ce que tu es... D'accord ?

- Pas vraiment... Ça me fait peur Oliver, j'ai peur que tu me le prennes... Mais quel genre de maman je serai si je lui refuse ce seul cadeau ?

Alors c'est ça ? Elle a peur que je lui prenne notre fils ? Je dois mettre les choses à plat, tout de suite, je refuse qu'elle continue de penser ça !

- Felicity, je t'assure que je ne ferai jamais rien pour te blesser jamais !Tu l'as élevé seule durant ces cinq dernières années et tu t'en es très bien sortie. Quel genre d'homme je serai moi, si j'enlevai un enfant à sa maman ? Je t'aime trop pour te faire une chose pareille. Je t'ai manqué de respect autrefois, mais jamais Felicity je ne pourrai faire ce genre de chose. Aies confiance en moi.

Elle n'a rien rétorqué. Elle m'a juste souhaité une bonne nuit avant de raccrocher, puis quelque instant après j'ai reçu un message disant que je devais sonner chez John un peu après minuit le soir du réveillon.

Fin Flash Back

Felicity

Nous passons un super moment tout les quatre, Lyla est une fille géniale. Nous nous entendons à merveille toutes les deux pour le plus grand bonheur de John. Il avait vraiment peur qu'entre nous ça se passe mal, surtout qu'au début Lyla ne savait pas trop comment me parler, elle m'en voulait un peu d'avoir évincé John de ma vie mais avec des explications elle m'a comprise et s'est même permise de dire à John que les hommes avec les accords ne sont que des machos. J'ai bien rit lorsqu'elle lui a sorti cela.

Le repas est presque terminé et minuit va bientôt sonner. J'ai une énorme boule qui se forme dans le ventre, pas parce que j'ai peur qu'il ne vienne pas, non, je suis sûre qu'il viendra, John m'a assuré qu'il serait présent, qu'il décomptait les jours et qu'il ne tenait plus en place.

Je me doute qu'il doit heureux et j'espère qu'il remercie Jamie chaque jours pour son souhait car sans ça, je ne pense pas qu'il aurait vu son fils aussi rapidement. Il l'aurait rencontré mais à ma façon, avec mes conditions. Sauf que là, ce ne sont pas les miennes mais celle d'un enfant de presque cinq ans désirant à tout prie rencontrer son papa. Je tourne la tête vers John et Jamie qui s'amusent depuis toute à l'heure à la console de jeux, mon fils hurle de joie lorsqu'il passe la ligne d'arrivée après avoir tendu un petit piège à son oncle.

Ce petit moment de détente me permet de me relâcher, j'avance dans le salon et lance un petit clin d'œil à Jamie qui saute sur son oncle, Lyla et moi faisons de même. C'était notre rituel lorsque John et moi étions enfant nous sautions sur le perdant et il avait le droit à des chatouilles monumentales.

Nous passons les dix minutes suivantes à chatouiller John mais j'avoue que vu sa carrure ce n'est pas une tâche très facile. Notre moment de récréation terminé, nous nous installons dans le canapé et regardons un film sur Noël, Jamie est aux anges, il ne cesse de sourire des qu'il voit apparaître le Père Noël.

- Maman, c'est bientôt l'heure ?

- Dans cinq minutes mon cœur.

Je me perds durant ces cinq minutes dans mes pensées, et la boule de tout à l'heure revient immédiatement, je ne sais comment me comporter avec Oliver. John me serre doucement la main, il connaît mes craintes nous en avons discuté durant ces deux dernières semaines, il m'a rassuré du mieux qu'il le pouvait mais malgré ça, je suis toujours angoissée.

La sonnette retentit, John se lève pour aller ouvrir tout en appelant Jamie, mon fils court vers lui et c'est ensemble qu'ils ouvrent la porte, le Père Noël en personne se tient derrière celle-ci, il fait descendre la hotte de son dos et en sort six paquets qu'il tend à Jamie avant de repartir tout en lui souhaitant un joyeux Noël. John aide le petit à amener les cadeaux auprès du sapin et chacun de nous ouvre celui qui lui est destiné. Jamie ouvre le premier et un petit sourire naît sur son visage lorsqu'il découvre le présent, c'est un jeux pour sa console. Il ouvre le second qui est de moi, malgré qu'il n'y avait rien sur sa liste j'ai quand même souhaité lui faire un cadeau.

- Maman c'est super ça, c'est pour faire des objets. Sam a le même.

Il ouvre le troisième paquet qui est composé d'un ensemble de son équipe de soccer préféré, je jette un coup d'œil à John qui hausse les épaules.

- Waouh ça c'est un super cadeau. Le Père Noël m'a gâté mais...

- Mais quoi mon cœur ?

- Bah j'avais demander un cadeau et il me l'a pas amené.

La sonnette retentit à ce moment là, mais personne ne bouge. Je prends alors la main de Jamie et l'emmène à la porte.

- Je crois que c'est le cadeau que tu attendais...

Nous ouvrons la porte ensemble, sur le seuil se trouve effectivement le cadeau que Jamie attendait tant. Il ouvre de grand yeux ébahis face à Oliver et je vois qu'il ne sait absolument pas quoi dire. Je me baisse alors à son niveau, lui prends les mains et lui souris.

- Jamie je te présente ton papa.

Ses yeux s'illuminent de bonheur, il avance vers Oliver puis le tire dans l'appartement timidement. Oliver lui demande s'il peut le serrer dans ses bras et Jamie accepte aussitôt. J'avoue ne pas savoir où regarder, je fais un pas vers la baie vitrée et admire les lumières de Noël qui scintillent dans la ville. Deux bras puissants m'enserrent la taille, je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que c'est John. Il m'embrasse doucement sur la joue et me souffle un « tout va bien se passer ». je souris, bien sûr que tout va bien se passer pour Jamie mais pour moi c'est moins sûr. Je me demande comment je vais pouvoir lui laisser Jamie alors que lui et moi nous ne nous sommes jamais quittés.

Nous nous installons à table, Oliver se pose à mes côtés et Jamie lui grimpe sur les jambes, il lui montre les cadeaux qu'il a reçu et Oliver ne cesse de lui parler de sa passion, le soccer, mais aussi d'autre sujet.

- Maman, avant que j'aille au lit. On peut faire une photo tout les trois ? Je veux la mettre dans ma chambre.

- Oui, nous pouvons.

Je me mets à côté d'Oliver qui me sourit, il passe au bras autour de mes épaules et je me raidis d'un coup, Oliver doit le sentir car il enlève sa main aussitôt pour la laisser pendre sur le côté de son corps. Dig fait quelque photos de nous puis nous nous écartons tout les deux.

- Jamie, il est l'heure de te coucher.

Mon fils court embrasser John et Lyla, puis moi et il demande à Oliver si il peut le coucher. Je vois bien qu'il en a très envie mais avant de faire quoi que ce soit il me consulte du regard. Je l'encourage d'un signe de tête même si j'aimerai que ce soit moi qui le couche, je l'ai toujours fait et voir quelqu'un prendre ma place me fait mal.

J'attends une éternité, mais Oliver ne revient toujours pas, John et Lyla sont allés se coucher mais moi j'attends qu'Oliver s'en aille de la chambre pour pouvoir y aller à mon tour, je dors avec Jamie chaque fois que nous venons chez John. L'appartement n'est pourvu que de deux chambres. John et Lyla aimeraient un acheter un plus grand, mais ils pensent le faire après leur mariage. Je me décide tout de même à aller voir dans la chambre et mon cœur se serre lorsque je vois Jamie profondément endormi sur le torse d'Oliver qui lui s'est assoupi également. Je referme doucement la porte après avoir pris une couverture qui traînait au bout de lit. Je dépose celle-ci sur le canapé, puis je vais faire une toilette rapide avant de m'endormir sur le canapé.