Bonjour,
Désolé pour le retard hier j'avais du monde chez moi donc je n'ai pas pu poster.
Merci pour vos encouragements et vos petits mots positif, c'est toujours un plaisir de lire vos impressions. J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture.
Oliver
Six mois viennent de s'écouler depuis Noël et j'avoue que les choses ne se sont pas vraiment passé comme je l'espérais mais vu la distance qui me sépare de mon fils cela ne m'a pas étonné. Dans un premier temps, je l'ai vu chez John à raison d'un week-end toutes les trois semaines. Nous passions beaucoup de temps tout les trois, bien sur j'ai eu des moments en solos avec Jamie et c'était intense. Nous avons appris à nous découvrir l'un l'autre puis il a découvert ma famille. Autant dire que tout le monde était aux anges la première fois que je l'ai emmené dans la maison familiale. Jamie était un peu intimidé mais ma mère a préparé ses fameux cookies et Jamie, comme n'importe quel enfant, n'a pas pu résister, il en a mangé bien plus qu'il ne le fallait et est même reparti de la maison avec la recette de ma mère un sourire ravi sur le visage.
Depuis chaque fois que je le vois, il me demande d'aller chez mes parents. Il s'entend à merveille avec ma mère et chaque fois qu'ils se voient ils font des cookies ensemble pendant que moi je reste sur le côté à immortaliser les scènes qui se déroulent sous mes yeux. Chaque fois c'est diffèrent, Jamie les mains pleines de chocolat, ou pleines de farine et qui n'hésite pas dans ces cas là à les plaquer sur les joues de ma mère qui fait semblant de se fâcher avant d'éclater de rire. Bref ces moments là, je les garderais encré dans ma tête toute ma vie parce que je ne pensais pas qu'un jour ils puissent exister.
Il y a quand même de l'ombre dans ce joli tableau, j'aurai espéré plus. Felicity et moi ce n'est pas encore ça, et ça me fait mal. J'aimerai qu'elle et moi soyons plus que les parents de Jamie je voudrais que nous soyons une famille mais je n'ose pas lui en parler pourtant je sais qu'elle m'aime, John a lâché l'info dernièrement mais il m'a fait promettre de ne rien lui dire sauf que maintenant j'en meurs d'envie.
Le mois dernier nous avons fêté les cinq ans du petit et contre toute attente Felicity a accepté que cela se passe chez mes parents. Nous étions tous réunis dans le jardin pour fêter son anniversaire et la fête a été plus que réussi, tout le monde s'est entendu à merveille et Felicity semblait sereine pour une fois. Lorsqu'il a fallu qu'ils repartent, je les ai raccompagné jusqu'au jet, j'ai embrassé mon petit bonhomme puis ils sont montés dans l'avion Felicity m'a juste lancé un merci et une bonne soirée comme chaque fois. Nous n'échangeons que des paroles de politesse elle et moi.
Je regarde une dernière fois l'heure et me réjouis, il ne me reste qu'une demi heure à patienter avant l'arrivée de Jamie. Je suis content cette semaine je l'aurai pour moi tout seul, pas de John dans les parages et surtout Jamie va enfin pouvoir dormir à la maison. Ce sera une première pour tout les deux et j'ai hâte. Je sais que Felicity n'est pas rassurée de devoir me le laisser mais elle n'a pas eu le choix, Barry et sa femme sont partis en voyage de noce et John et Lyla se sont également absentés durant quatre jours pour les préparatifs de leur mariage.
Je vérifie une dernière fois la chambre de Jamie avant de prendre une douche rapide. Je suis tout juste près lorsque la sonnette retentit, je m'empresse d'aller ouvrir.
- Papa !
« Papa » ce petit mot que j'adore entendre de sa bouche, il ne m'a pas appelé comme ça de suite, au début il ne faisait que me tutoyer et lorsqu'il avait besoin de m'appeler il me criait « tu viens s'il te plaît ». Puis un jour à la webcam lors d'un retour de match de foot où il a inscrit son premier but il m'a dit « tu aurais dû voir papa ». Et là j'ai été ému, des larmes incontrôlables ont maculé mes joues, le petit s'en est aperçu et m'a bien sûr demandé pourquoi je pleurais et je lui ai avoué que ça faisait du bien d'entendre ce petit mot qui faisait enfin de moi un père. Jamie a sourit puis m'a demandé d'approcher ma tête de la web cam où il a feint d'essuyer mes larmes avant de claquer un bisou sur l'écran.
Je me penche et le soulève dans mes bras, il tient ma tête avec ses deux petites mains et vient plaquer ses lèvres contre ma joue là où je n'ai pas de poils. Je le repose sur le sol puis m'efface pour laisser passer Felicity.
- Bonjour Oliver ! Tiens voici ses affaires. Je pense y avoir tout mis.
J'attrape le sac qu'elle me tend puis le pose sur le sofa.
- Est-ce que tu veux voir où il va passer la semaine ?
- Oui...
Je passe devant elle et l'invite à me suivre, Jamie qui connaît déjà l'endroit passe devant moi et grimpe l'étage rapidement. Nous arrivons devant sa chambre, je laisse passer Felicity et attends devant la porte.
- C'est une super chambre que papa t'a fait... Elle est très jolie.
- Oui, c'est moi qui ait choisi les couleurs. Et tu as vu maman il y a des étoiles comme dans ma chambre à moi.
Elle sourit puis se tourne vers moi.
- Merci. Tu as fait du bon travail. Il va être bien ici.
Elle se tourne rapidement mais pas assez vite. Je la tourne doucement vers moi et je peux voir les larmes au coin de ses yeux. Je lui relève le menton.
- Hey Felicity, regarde-moi... Ça va aller d'accord ?
- Je n'en doute pas Oliver, pour lui ça ira... C'est juste pour moi que c'est difficile. Je déteste le laisser... Et comprends-moi c'est la première fois que je te le confie...
- Tu n'as pas confiance ?
- Ce n'est pas une question de confiance Oliver... C'est juste que... Non oublie... Je vais partir, si je ne veux pas rater mon train il faut que j'y aille.
Felicity
J'embrasse Jamie après lui avoir fait promettre d'appeler tout les soirs comme à chaque fois qu'il est avec son père et John. La porte se referme derrière moi, j'empoigne ma petite valise puis entre dans l'ascenseur. Je me retrouve rapidement à l'extérieur, je consulte ma montre, j'ai le temps de parcourir le chemin à pied et ça m'arrange car le soleil brille et c'est très agréable de marcher dans ces conditions. Je me faufile dans la foule, et tente de marcher d'un pas rapide. Je suis perdue dans mes pensées, je ne me sens pas totalement à l'aise à l'idée de laisser Jamie avec son père, parce que depuis qu'il est entré dans sa vie j'ai une place moins importante dans celle de mon fils et ça me fait mal. Je sais qu'il est normal que Jamie soit heureux de passer du temps avec son père mais chaque fois que nous sommes tout les deux il ne fait que me parler de lui et à travers ses récits je m'aperçois que c'est un papa formidable à la hauteur de ce que je m'étais imaginée le soir lorsque j'étais seule dans mon lit. Il fait tout un tas de chose avec lui que moi je ne peux pas me permettre de faire par manque de temps et d'argent.
Je ne comprends pas ce sentiment, je ne suis pas du genre jalouse habituellement au contraire, je n'ai pas eu une vie facile mais jamais je n'ai été jalouse de qui que se soit sauf que là c'est ce que j'éprouve... Une sorte de jalousie envers le père de mon fils parce que celui-ci n'a d'yeux que pour son père alors que c'est moi qui l'est élevé durant cinq ans.
Le feu passe au vert, je m'engage sur le passage protégé, d'autres personnes suivent, je ne suis pas seule, je suis à mi parcours lorsqu'une voiture sortie de je ne sais où donne un gros coup de frein mais il est trop tard, le mal est fait. Elle me percute de plein fouet, je passe sur le capot et mon corps rebondit sur le toit avant que je ne m'écroule à l'arrière de la voiture. Je suis allongée sur le sol, du sang s'écoule de mon nez, je tente de bouger les membres mais je ne ressens que de la douleur. Des personnes hurlent, un homme qui a vu toute la scène s'approche de moi, il s'agenouille et me demande comment je me sens. Je tente de répondre mais aucun son ne sort, seules des larmes roulent sur mes joues et viennent pour la plupart s'écrouler sur le sol.
- Est-ce que vous pouvez me dire où vous avez mal ?
Je lui fais un petit signe négatif de la tête parce que à cet instant tout mon corps me fait mal. Au loin j'entends les sirènes des secours, il doit y avoir plusieurs véhicules parce que malheureusement je ne suis pas la seule victime de cet accident, je ne suis pas la seule à avoir été percuté par ce chauffard. L'homme reste avec moi me tenant doucement la main jusqu'à ce qu'un urgentiste vienne à mon chevet.
- Madame vous m'entendez ?
Un petit oui à peine audible franchit la barrière de mes lèvres.
- Où avez-vous mal ?
- Partout...
Il se lève avant de revenir avec tout un équipement, un autre urgentiste fait son apparition et tout deux s'occupent de moi. Ils me font une intraveineuse, puis installe une minerve. Ils me soulève tout deux avant de me mettre dans une coquille puis ensuite je suis installée sur un brancard. L'homme qui était auprès de moi s'avance doucement, il tend ma valise qui a survécu aux urgentistes et d'un sourire bienveillant me souhaite bon courage avant de disparaître.
Une fois à l'hôpital je suis directement prise en charge par un médecin, l'urgentiste et lui échange sur mon état assez loin de moi, il chuchote pour ne pas que j'entende mais à leur visage fermé je me doute que quelque chose se passe. Il me dépose doucement sur un brancard appartenant à l'hôpital.
Je passe je ne sais combien de couloir poussée par une personne que je ne vois pas, tout ce que j'entends c'est qu'il faut préparer le bloc opératoire le plus rapidement possible puis c'est le néant.
Oliver
Nous sommes sur la terrasse de mon appartement à échanger des ballons depuis une petite heure et je ne me lasse pas de ce moment je pourrais échanger des balles avec lui durant des heures mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je n'ai pas vu le temps passer depuis qu'il est arrivé, nous avons d'abord joué à des jeux de société puis prit le goûter tout en regardant des dessins animés, puis une fois la chaleur de la journée retombée nous sommes montés sur la terrasse.
- Il commence à être tard mon bonhomme. Nous allons passer à la douche puis dîner d'accord ?
Il ne rechigne pas, il attrape son ballon et va le ranger immédiatement dans la petite malle puis file dans la salle de bain. Il est vraiment adorable, Felicity l'a bien élevé, il n'y a pas à dire. Depuis que je le connais je ne l'ai pas vu une seule fois bouder ou remettre en question l'autorité des adultes.
J'entre dans la salle de bain et l'aide à prendre sa douche, c'est rapide. Il enfile son T-shirt et son short puis je l'invite à jouer tranquillement dans sa chambre pendant que je prépare le repas.
Une fois le repas terminé, Jamie s'installe devant la télé tandis que moi je m'installe au bureau qui se trouve à côté du salon. Je laisse la porte grande ouverte de façon à avoir un œil sur lui mais il est tellement absorbé par les dessins animés qu'il ne bouge pas d'un poil. Je consulte rapidement mes mails avant de regarder la chaîne d'actualité, j'aime beaucoup être au courant de ce qui se passe dans notre ville et il n'y a pas un soir où je ne consulte pas les informations.
Je lis rapidement jusqu'à tomber sur le sujet du jour, un homme en état d'ébriété a percuté des piétons à proximité de la gare faisant un mort et deux blessés très grave dont une jeune femme de 23 ans. Mon cœur bat la chamade lorsque je lis ces quelques lignes. Se pourrait-il que cette femme soit Felicity ? Non impossible, elle a dû prendre un taxi pour se rendre à la gare. Bordel je me maudis de ne pas lui avoir posé la question. Je regarde sur le net s'il y a d'autres informations concernant ce drame et je tombe sur une vidéo d'un passant. Je la lance et reste figé sur le siège lorsque je vois la jeune femme étendue sur le sol, la vidéo est prise de loin mais je fais arrêt sur image, puis je la retravaille. Bon dieu c'est bien elle. Je jette un œil à Jamie qui semble s'être endormi sur le canapé. Je me lève tout tremblant, je le soulève dans mes bras puis le monte à l'étage heureux qu'il dorme. Je le pose sur son lit, remonte les couvertures, puis file au rez de chaussé. Je me rue sur mon téléphone et demande à ma mère si elle peut venir garder le petit le temps que j'aille vérifier l'état de Felicity à l'hôpital.
