Oliver

La secrétaire n'a voulu me donner aucun renseignement prétextant que je ne faisais pas partie de la famille. Je suis littéralement fou de rage. Je quitte l'accueil après avoir envoyé un message à Maddy, une maman d'un jeune que j'entraîne qui travaille dans cet hôpital en tant qu'infirmière, je la rejoins comme convenu à la cafétéria où elle prend sa pause avant de retourner auprès de ses patients.

Il y a un tas de blouses blanches à l'intérieur mais je ne mets pas longtemps à repérer Maddy il faut dire que c'est la seule femme de couleur parmi toutes les personnes présentes. Elle relève la tête lorsqu'elle sent ma présence puis me sourit sincèrement avant de se lever.

- Viens, je vais t'emmener à sa chambre. Mais si on te demande comment tu es arrivé ici, ne cite pas mon prénom.

- Merci Maddy.

Nous déambulons dans les couloirs durant de longues minutes avant qu'elle ne s'arrête devant la chambre où se trouve Felicity.

- Voilà. Ce n'est pas mon service Oliver. Je ne peux pas te dire ce qu'elle a... Je vais tenter de me renseigner... Mais je ne te promets rien.

Je la remercie puis pousse doucement la porte, la chambre est dans la semi pénombre, Felicity est reliée à tout un tas de machines et semble endormie. Je reste quelques secondes sans faire le moindre geste, pétrifié. Je pousse doucement le siège près du lit puis m'installe tout en prenant sa main dans la mienne. Je ne sais combien de temps je reste ainsi avec pour seule compagnie le bruit des battements de son cœur.

La porte s'ouvre derrière moi, je me retourne sans lâcher sa main. Ce n'est que Maddy qui me fait signe de l'accompagner dans le couloir. Je pose un baiser sur le front de Felicity avant de sortir.

- J'ai réussi a obtenir des renseignements... Je suis désolée Oliver de devoir t'apprendre ça mais cette jeune femme a reçu un choc à la colonne vertébrale et ne pourra s'en doute plus remarcher...

Je me prends la tête dans les mains, choqué par cette nouvelle. C'est impossible.. Je jette un dernier regard à la femme étendue sur le lit puis quitte l'hôpital en rage n'ayant qu'une envie, tuer ce maudit chauffard. Je me rends illico à la salle d'entraînement, j'ai besoin d'évacuer ma haine avant de la revoir...

Il me faut deux heures avant que celle-ci ne quitte mon corps, enfin non ne s'endorme à cause de la fatigue provoquée par l'entraînement. Je passe à la douche puis enfile ma tenue de secours, il est maintenant près de minuit, je sors mon téléphone et je fais ce que j'aurai dû faire depuis le début, annoncer la terrible nouvelle à John.

Nous passons vingt minutes au téléphone afin de régler les derniers détails de son retour. D'ici trois heures, il devrait être présent. Je pense que Felicity aura besoin de soutien à son réveil et son frère est celui dont elle aura besoin.

Je regagne sa chambre d'hôpital, il y règne la même atmosphère que tout à l'heure excepté qu'il fait plus sombre, je m'installe de la même façon prenant sa main dans la mienne et du pouce je la caresse doucement.

Felicity ouvre doucement les yeux, puis tourne doucement la tête vers moi. Elle ne dit rien, mais je peux voir la peur dans son regard puis des larmes perler aux coins de ses yeux. Je me redresse, prends son visage dans mes mains et essuie délicatement ses larmes, son regard est plongé dans le mien.

- Oliver, je ne sens plus mes jambes...

Bon sang, il faut que je sois fort mais c'est difficile.

- Tu as eu un accident... Tu te souviens de quelque chose ?

- Non... Oliver s'il te plaît dis-moi ce qu'il se passe...

Merde pourquoi il n'y a pas un médecin qui serait à même de lui expliquer ? Moi j'en suis incapable, comment est-ce que je peux être le mec qui va lui annoncer la pire nouvelle de sa vie ?. C'est impossible.

La porte s'ouvre me sauvant de cette vérité que je ne devrai pas révéler. Je pousse un soupir de soulagement, laissant ce fardeau au docteur qui vient d'entrer dans la chambre.

- Monsieur ? Je peux savoir qui vous êtes et ce que vous faites ici ?

- Je suis le père Jamie... Notre fils...

Je pense que la réponse lui convient parce qu'il s'approche de nous.

- Mademoiselle Smoak, je vois que vous êtes réveillée. Comment vous sentez-vous ?

Je me retourne vers Felicity et l'encourage du regard.

Felicity

J'attrape la main d'Oliver, aussi impensable que cela puisse paraître je suis heureuse qu'il soit là, j'ai besoin de lui, de son soutien. Des larmes que je n'arrive plus a refouler affluent, des larmes de désespoir parce que je sais au plus profond de moi qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, depuis que j'ai ouvert les yeux je le sens. J'ai essayé à plusieurs reprise de bouger les jambes mais rien n'y fait et chaque fois que je tente une douleur aiguë me vrille le dos.

- J'ai l'impression qu'un camion m'est passé sur le corps...

Je retarde le moment, je ne veux pas l'entendre me dire que je ne marcherai plus, j'en suis incapable.

- Vous avez eu un sacré accident mademoiselle. Un chauffard vous a renversé. Lorsque vous êtes arrivée ici, vous aviez plusieurs plaies, mais ce qui nous a de suite inquiété c'est le rapport des secouristes.

Il s'approche de moi et fait doucement descendre la couverture le long de mon corps.

- Vous avez plusieurs côte de cassées, nous avons mis un puissant analgésique dans votre perfusion pour éviter que vous ne souffriez de trop mais ce qui m'inquiète le plus c'est la blessure à votre colonne vertébrale. Sentez-vous lorsque je vous touche de cette façon.

Il me touche les jambes, puis sort un espèce de petit marteau et tapote avec celui-ci en partant de la cuisse pour descendre vers la cheville. Durant tout le processus j'ai gardé les yeux sur ma main tenant celle d'Oliver. N'osant croiser ni le regard du médecin, ni celui d'Oliver.

- Vous n'avez rien senti n'est-ce pas ?

Je tourne la tête de droite à gauche ne pouvant répondre.

- Bien, alors je vais être franc avec vous. Pour le moment nous ne savons pas si vous allez pouvoir marcher à nouveau. Nous allons suivre l'évolution de la blessure. Je vais vous programmer un nouvel IRM pour la fin de semaine afin de voir si il y a de l'amélioration.

Il a à peine franchit le seuil de la porte que j'éclate en sanglot, Oliver s'assoit sur le bord du lit et me serre contre lui. Il me console jusqu'à ce que les sanglots cessent. Il se redresse doucement.

- Je suis désolé Felicity... Pour tout...

Je ne réponds rien, de toute façon il n'y a rien à dire et surtout pourquoi il est désolé ? Ce n'est pas sa faute. Je ferme les yeux et détourne la tête tout en relâchant la main d'Oliver.

- Je veux être seule... S'il te plaît... Laisse-moi...

J'ouvre les yeux une fois que je suis certaine qu'il a quitté la chambre. Je sais que je n'aurai pas dû, pas après qu'il ait été présent mais je ne veux pas qu'il me voit dans cet état. Ce n'est pas moi ça, cette fille qui pleure de cette façon. J'ai toujours été forte, même dans les situations les plus délicates je n'ai jamais craqué. J'ai dû m'endormir car lorsque j'ouvre les yeux je ne suis plus seule, mon frère est présent assis sur le siège où était Oliver avant lui.

- Salut toi.

Il relève la tête, nos regards se croisent et je peux lire toute la peine qu'il éprouve.

- Felicity... Comment tu te sens ?

Je hausse les épaules ne sachant quoi dire. Je me sens triste en colère, j'ai la rage mais je suis clouée dans ce lit et je ne peux plus bouger alors je ne sais pas vraiment comment je me sens au final. J'aimerai me lever et tout exploser mais c'est impossible.

- On va trouver une solution d'accord ?

Je lui jette un regard noir, non mais qu'est-ce qu'il s'imagine ? Qu'il va claquer des doigts et que je vais marcher ? Qu'il va implorer l'aide d'une sorcière et qu'elle va m'aider ? C'est n'importe quoi... Il n'y a pas de solution... La seule chose qui est possible c'est de vivre clouée dans un fauteuil. Je ne pourrai plus me rendre au travail. Je vais finir à la rue et Oliver aura ce qu'il voulait, la garde de Jamie, et moi je n'aurai plus que mes yeux pour pleurer. Je ferme les yeux à nouveau priant pour que John s'éloigne mais il ne fait rien, il reste assis à me regarder ne sachant quoi dire d'autre.