Hello à tous ! Et me voici de retour avec l'avant dernier chapitre. Effectivement, il y aura encore un dernier chapitre mercredi puis un épilogue samedi prochain et ce sera terminé pour cette partie. C'est donc officiel, même si je le rappellerai dans les prochaines publication : je vous donne rendez-vous le samedi 29 Juillet pour la publication du prologue de la partie 3. Il y aura une publication de chaque chapitre, le mercredi et samedi. J'espère que ça vous fait plaisir de passer l'été à me lire ?
Pour ce chapitre, sachez, qu'il contient un Lemon. Il est séparé par des traits.
Réponses aux reviews :
Une lectrice (guest) : Merci pour ta review qui m'a fait très plaisir. J'espère que la suite te plaira autant !
Bonne lecture à tous !
Dorea, assise sur le sol des toilettes du sixième étage, but une nouvelle gorgée de Whisky Pur-Feu. La bouteille, qui n'avait pas été ouverte, était dorénavant à demi pleine. La jeune femme se sentait légèrement nauséeuse, et ce, depuis un bon moment. Mais elle n'avait cure… Ça comblait au moins l'un des objectifs visés : oublier.
Quand elle reposa la bouteille sur le carrelage, elle perçut la porte des toilettes s'ouvrir précautionneusement et son frère apparaître devant elle.
Le brun l'examina d'abord avant de poser ses yeux sur la bouteille d'alcool placée aux côtés de la rousse.
- J'ai ouï dire que les serpentards donnaient une fête à l'occasion du dix-septième anniversaire de Malefoy ?
- Ton ouïe est parfaitement bonne Potter, soupira Dorea en soutenant sa tête contre le mur derrière elle et obstruant ses prunelles avec dépit.
- Tu veux en parler ? demanda Harry en prenant place tout juste à côté.
- J'en ai déjà fait un exposé détaillé à cette bouteille. D'ailleurs – elle se redressa, rouvrant ses yeux pour flanquer son regard sur le rouge et or – qu'est-ce que tu fais ici ?
Il sortit la carte du maraudeur de la poche de son sweat et Dorea sourit. Un sourire que lui rendit le jeune Potter.
La jeune femme se saisit de nouveau de la bouteille, qu'elle but au goulot, puis la tendit à son frère. Ce dernier, hésita un instant, puis haussa les épaules et l'attrapa à son tour, imitant la rousse.
Soudainement, il eut une quinte de toux et Dorea eut un ricanement discret.
- Mais c'est quoi cet alcool ?! protesta-t-il
- Whisky Pur-Feu, quatre-vingts ans d'âge.
- Et tu bois ça comme du petit-lait ?!
- On est un serpentard ou on ne l'est pas Potter, dit Dorea en reprenant la bouteille des mains de son frère.
- Vous avez droit à ce genre de soirée ?
- Rogue est peut-être indulgent avec nous, mais il n'est pas fou, non plus !
- Et vous ne vous faites jamais prendre ?
- Tout réside dans la discrétion et dans la subtilité. Chose qu'un Gryffondor ne connaît pas.
Harry rigola à son tour puis lampa de nouveau une gorgée que lui tendit la rousse. Néanmoins, tous deux plongés dans leur pensée, ils reprirent très vite leur sérieux, rattrapé par la réalité.
- Je pense souvent à ce que diraient papa et maman, de tout ceci, déclara Harry, les yeux plongés dans le vague.
- Ils ne seraient certainement pas ravis de savoir que leurs progénitures boivent de l'alcool en cachette dans les toilettes.
- Non… je veux dire… enfin, tu sais… je veux parler de la guerre et de… nous.
- S'ils étaient toujours en vie, il n'y aurait pas de guerre. Ou bien elle serait terminée depuis longtemps.
- Ça aurait été radicalement différent, c'est sûr.
Dorea approuva d'un signe de tête puis le silence revint entre les deux jeunes gens. Plusieurs minutes défilèrent alors que successivement, ils s'enivraient. Puis soudainement, Harry, toujours noyé dans ses réflexions, éclata de rire.
- Qu'est-ce qu'il te fait rire ?
- J'imagine la tête de papa, si tu lui avais présenté Malefoy comme petit ami.
Dorea sourit d'abord, puis se mit à rire doucement, imaginant à son tour la scène qui aurait été certainement loquace, vu la personnalité du blond. Cette remarque la ramena alors quelques heures auparavant. Et Dorea passa brusquement du rire aux larmes.
- J'ai dit quelque chose de mal ? souffla Harry en constatant la tristesse apparente de sa sœur.
- C'est juste que… j'aurais aimé que ça se passe aussi simplement. Même si papa l'avait détesté, je suis certaine que les choses auraient été plus simples.
Harry l'entoura de son bras et Dorea, se blottissant contre lui, se laissa aller à son chagrin.
- Tu devrais prendre tes distances, Dott'. Peut-être que retourner en France te ferais du bien…
- Daphné m'a déjà parlé Harry, interrompit Dorea plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Ce n'est pas concevable, et tu le sais.
- Tu n'es pas seulement là pour m'aider dans cette guerre Dorea. Tu es ma sœur, et je t'aime. Sauf que chaque jour qui passe, je te vois souffrir à cause de ce con. Tu dois l'oublier et on est convaincu, qu'effectuer ta dernière année à Beaubâtons serait une bonne idée. Je suis certain que Dumbledore serait d'accord. Et tu pourras nous être utile, même à distance ! fit-il avec un ton insistant.
La serpentard se redressa légèrement, fronçant les sourcils.
- Vous voulez vous débarrasser de moi, c'est ça ! fit-elle sur la défensive
- Pas du tout, mais simplement, on veut que tu ailles mieux. Réfléchis-y !
Dorea jaugea son frère puis expira sa lassitude. Il ne comprenait pas. C'était inenvisageable. Elle avait fait une promesse.
- Je vais retourner dans mon dortoir, dit Dorea en saisissant la bouteille d'alcool à présent quasi-vide.
- D'accord, sois prudente sur le chemin de retour.
- Je le serais, assura-t-elle en épongeant ses yeux d'un revers de manche.
Tous deux se séparèrent devant les escaliers de marbre, l'un montant, l'autre descendant. Dorea, et heureusement pour elle, ne rencontra pas âme qui vive durant le trajet de retour, et malgré sa vision trouble et sa démarche fagote, elle réussit à atteindre la salle commune sans encombre.
Mais lorsque le mur se referma net, elle pila net sur place en distinguant ses amis installés au centre de la pièce, l'expression contrite.
- Bah vous en faites une tête, dit-elle d'une voix pataude en les rejoignant.
Tous se retournèrent, l'observant avec surprise.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne dors pas ? fit Daphné étonnée.
- J'avais besoin d'un peu de soutien psychologique, déclara Dorea en exhibant la bouteille dans ses mains.
Blaise haussa un sourcil dubitatif, tandis que Théo ouvrit la bouche de stupéfaction.
- Tu as bu ça toute seule ?! s'exclama la jeune Greengrass outrée.
- Mon frère m'y a un peu aidée. Bon alors, la fête est finie ? enchaîna la rousse en constatant l'état de la salle commune.
- Depuis un bon moment, si tu veux mon avis, fit Blaise.
Dorea, reprenant quelque peu ses esprits, grigna le front.
- Mais quand je suis partie, ça avait l'air de rouler.
- Tu es partie vers quelle heure ? demanda Théo avec intérêt.
- Je ne sais pas, moi… vers vingt-trois heures. J'ai entendu un « surprise » général, donc je suppose que Drago venait d'arriver. Ensuite, je suis descendu pour voir comment c'était, j'ai vu Astoria et l'autre s'embrasser, j'ai saisi une bouteille et je suis partie.
La jeune femme avait déblatéré tout cela avec une certaine vitesse. Ses amis la fixèrent décontenancés par cette attitude qu'il ne lui connaissait pas.
- Tu devrais ralentir sur l'alcool Dott', ça te rend un peu… nerveuse, sourit sinistrement Blaise.
- Et ça s'est terminé à quelle heure cette petite sauterie ? questionna la jeune femme en éludant la remarque de son ami.
- Juste après ton départ, dit pensivement Daphné.
- Je ne comprends pas…
- Tu ne comprends pas, mais crois-moi, tu demeurais le principal sujet de la dispute, ricana Blaise.
- Quoi ?
- Astoria a trouvé une photo de Drago et toi dans la poche intérieure de sa veste, expliqua platement Théo.
- Une photo de… Attendez, je ne saisis pas…
- Bah, c'est simple, ils dansaient, et je ne sais pas quel moyen, Astoria s'est retrouvé avec la veste de Drago sur les épaules. Elle a trouvé une photo qui vous représentez tous les deux et là ça a dégénéré.
- Il a… il possédait une photo de nous deux dans la poche intérieure de sa veste, murmura la jeune Artwood interdite.
Daphné opina du chef, lui adressant un mi-sourire tendre.
- Et qu'est-ce qu'il s'est passé par la suite ?
Dorea vit échanger un regard dépité et elle se prépara au pire.
- Astoria s'est mise à hurler toutes sortes d'insultes à ton encontre et finalement elle lui a demandé si Drago était ou non épris de toi.
- Et…
Dorea, dont la bouche s'était brusquement asséchée, tenta d'avaler sa salive, mais avec une certaine difficulté. Le cœur battant, elle demanda alors :
- Et je suppose qu'il a répondu n…
- Il a répondu oui, Dott', annonça Daphné de but en blanc.
La rousse sentit sa tête lui tourner, ou bien était-ce la salle commune qui tanguait ?
- Il a dit qu'il était profondément amoureux de toi, et qu'il n'y avait et n'aurait personne d'autres que toi, ajouta Théo.
La serpentard avait brusquement chaud.
- Et c'est tout ?
- Bah, je crois que c'est déjà pas mal, non ? s'esclaffa Blaise.
- Non, je veux dire… Il s'est passé quoi ensuite ?
- Astoria l'a giflé, puis elle s'est enfermée dans le dortoir, expliqua Théo. Et Drago est sorti de la salle commune et depuis… Il n'est pas revenu. C'est pour ça que l'on est resté ici. On voulait lui parler. Bref, l'ambiance n'étant plus au beau fixe, nos chers petits camarades sont retournés dans leur dortoir, en commentant ce qu'il venait de se passer. Eh, mais Dorea, tu vas où comme ça ?
La jeune femme ne répondit pas, alors qu'elle courait déjà vers la sortie de la salle commune et s'engouffra dans le corridor sombre.
Sans reprendre son souffle, la jeune Artwood gravit les sept étages aussi rapidement qu'elle le put et tourna sur sa droite pour déboucher sur le couloir du septième étage, la tapisserie de Barnabas le Follé illuminée par un rayon de lune tout au bout.
Elle dégagea la tenture et frappa sur le mur à grand coup.
- Drago ! C'est moi ! Ouvre.
Mais personne ne répondit. Elle réitéra son geste, certaine qu'il était à l'intérieur.
- S'il te plaît Drago, j'ai besoin de te parler ! Arrête de te cacher dedans. Je sais tout, fit-elle essoufflée.
À cet instant, une porte se dessina sur le mur. Dorea se recula légèrement, la laissant apparaître, puis entra dans la pièce.
Elle vit aussitôt le jeune homme se planter devant elle. Elle n'eut pas le temps d'examiner les lieux qui avaient l'air d'une cathédrale, de par l'étrange bazar qui y régnait, dont des colonnes entières de livre et grimoires. Tout ce qu'elle voyait, c'était le jeune homme qui lui faisait front. Elle s'avança alors à grande enjambée vers lui et plaqua ses lèvres sur les siennes, amorçant un baiser lascif et plein de fougue à la fois.
Drago y répondit avec la ferveur, jusqu'à même la repousser contre le mur derrière elle.
- Demain matin, j'envoie une lettre à ma mère. C'est décidé, je romps mes fiançailles, lui chuchota-t-il alors qu'il s'était collé à elle.
Pour toute réponse, elle l'embrassa, mordillant sa lèvre inférieure au passage.
- Tu… Tu es sûr ? souffla Dorea. La fortune de tes parents…
- Je me fiche complètement de la fortune de mes parents. C'est terminé. Je veux uniquement t'avoir pour moi, pour le temps qu'il me reste à vivre. Plus de complications.
- Ne dis pas ça, tu vivras, répondit Dorea.
Drago la fit taire d'un autre baiser et lorsqu'il se recula de nouveau, un sourire charmeur fendit son visage.
- Arrêtons de parler de ça. Je veux te faire l'amour toute la nuit Dorea Artwood. Tendrement – il l'embrassa sur la joue – passionnément – il fixa ses lèvres sur sa bouche – sauvagement, termina-t-il dans un souffle.
Il mordilla alors la peau de son cou et Dorea ferma les yeux, gémissant fortement, ce qui excita un peu plus le jeune homme qui s'agenouilla devant elle, déboutonnant son jean pour le baisser.
Dorea, d'un geste prompt à la limite de l'agitation, se débarrassa de ses baskets, ainsi que de son jean et de sa culotte, qu'elle jeta au loin.
Drago, toujours à genou devant elle, haussa son regard dilaté vers elle, à présent à bout de souffle.
- Retourne-toi, ordonna-t-il d'une voix rauque.
Sans la moindre hésitation, se laissant porter par le moment, Dorea s'exécuta, se plaçant face au mur, ses deux mains contre. Dirigée par les mains de Malefoy, elle antéversa son bassin et entrouvrit les jambes.
C'est ainsi, qu'elle sentit soudainement la langue de jeune homme glissé le long de sa fente. Elle rejeta la tête en arrière et émettant un cri de plaisir. Le blond continua alors sa torture, goûtant sa cyprine avec exaltation.
La jeune femme commença à remuer le bassin et ce fut le signal pour Drago. Il se releva, déboucla sa ceinture et abaissa son pantalon et son boxer à mi-cuisse. Il saisit alors ses hanches puis la pénétra d'un seul coup presque brutal.
- Oh Merlin ! se récria Dorea
Drago crispa les dents, tâchant de ne pas jouir sur l'instant, puis il ressortit de son antre et de la même fougue, il entra de nouveau. Il se répéta ainsi plusieurs fois jusqu'à maintenir un rythme effréné de va et viens.
La vue de sa cambrure et de ses fesses allait et venir sur son chibre, il pressentit qu'il ne tiendrait pas longtemps. Le jeune homme décida alors d'accélérer les choses du côté de la rousse, dont les gémissements de plaisir résonnaient à ses oreilles telle une douce plainte pleine de promesse pour la nuit à venir.
Il glissa une de ses mains vers l'avant, puis vers son bas-ventre et se mit à caresser son clitoris. L'effet fut immédiat. Elle se contracta autour de lui et il vint aussitôt après, jouissant tous deux avec une extase qu'ils connurent pour la première fois de leur vie.
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Dorea était allongée sur un matelas qu'ils avaient métamorphosé plus tôt dans la nuit et observait la plafond archées au-dessus de leur tête. Drago dormait paisiblement à ses côtés, son souffle régulier la berçant au fur et mesure que les minutes passaient.
Après avoir fait l'amour contre le mur, ils avaient enchaînés sur le sol, puis contre l'armoire à disparaître qui était tout juste derrière eux. Elle se mit à sourire bêtement comme elle le faisait depuis maintenant plusieurs heures.
Elle consulta une énième fois sa montre, et vit qu'il était près de sept heures du matin.
Elle se tourna alors et machinalement, le bras du jeune homme vint l'entourer possessivement autour de sa taille. Se calant sur sa respiration, elle s'endormit finalement.
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- Le déjeuner tardif de mademoiselle est servi, fit Drago en pénétrant la salle-sur-demande, d'une voix claironnante.
Dorea, qui était allongée sur le ventre sur le matelas de fortune, se redressa, alors qu'apparaissait Drago. Ce dernier s'arrêta, laissant couler un regard brûlant sur le corps nu de la jeune femme.
- Tu as réussi à te faufiler jusqu'aux cuisines sans que l'on ne t'aperçoive ? sourit malicieusement Dorea alors que le serpentard déposait le plateau plein de mets fumant devant elle sur le sol.
- J'ai même pu faire un crochet à la volière. Ils sont tous dans le parc à profiter du soleil.
- Tu l'as vraiment fait ? demanda Dorea en le regardant bouche bée.
Drago prit place à ses côtés, caressant de sa main les rondeurs de la jeune femme.
- J'étais extrêmement sérieux quand je te l'ai dit cette nuit. Je ne veux plus de complications.
- Des complications, on va en avoir, tu sais ? remarqua Dorea en piochant une frite dans le bol devant elle.
Elle croqua dedans d'un geste si sensuel que ça excita instantanément le jeune homme.
- Tu es au courant qu'il va bien falloir sortir de cette salle-sur-demande, un jour ou l'autre.
- Oui, mais en attendant – Drago commença à se déshabiller – je compte bien profiter de ce corps qui est enfin à moi. Sans restriction aucune.
Il attrapa les jambes de la jeune fille pour la retourner et se positionner au-dessus. Cette dernière éclata de rire, vivant pour la première fois depuis des mois, un bonheur éveillé.
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Dorea était allongée cette fois-ci sur le corps de son amant, observant fixement l'armoire à disparaître au-dessus d'eux. Le plateau posé à côté d'eux était à présent vide, et ce, depuis plusieurs heures.
- Ainsi, tu passes réellement toutes tes journées dans cette salle ? demanda la rousse d'un ton badin.
- Oui.
- Et tu y fais quoi ? questionna-t-elle en reportant son attention sur Drago qui l'enlaça un peu plus fortement.
- Je me caresse en pensant à une rousse et à ce que j'aimerais lui faire, répondit le blond avec un certain sérieux.
Dorea éclata de rire suivi de près par Drago.
- Et tu penses à quoi pendant que tu te caresses ? dit alors Dorea en rentrant dans le jeu du blond.
Elle engagea une main le long du torse du jeune homme puis saisit sa verge avec une certaine fermeté.
- Des choses que j'aimerais précisément tester, lui chuchota Drago.
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Dorea revêtait son jean, après s'être habillé de son t-shirt, puis s'accroupit pour lacer ses baskets.
- Bon, tu t'occupes de ton frère et je m'occupe des trois autres, résuma Drago d'un ton nerveux.
Il répétait ceci depuis qu'ils avaient décidé qu'il était temps d'affronter la réalité. Cette salle-sur-demande avait été une parenthèse durant les deux derniers jours et c'était avec déception qu'ils étaient contraints de la quitter. Néanmoins, Dorea ressentait une légèreté à laquelle il lui était pénible de s'habituer depuis qu'elle était entrée dans cette salle. Drago et elle avaient décidé d'officialiser leur relation – du moins auprès de leurs amis et de son frère – et bien que tous ses problèmes ne soient pas réglés, avoir Drago à ses côtés pour affronter la suite lui redonnait la force de croire à nouveau en eux.
- Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer, rassura Dorea. L'école entière n'est pas obligée de savoir quoi que ce soit à propos de nous. Notre entourage suffira amplement.
Elle se redressa, pendant que Drago finissait de boutonner sa chemise.
- La dispute entre Astoria et moi a déjà certainement dû faire le tour, dit Drago avec dépit.
- Laisse-les parler, ils sont stupides ! rétorqua la rousse en fixant l'armoire.
- Tu as raison, souffla le blond.
- Exactement, j'ai toujours raison, dit la jeune Artwood en s'avançant vers l'armoire avec détermination.
Elle saisit alors la poignée et la sortit d'un coup sec.
- Qu'est-ce que tu fais ?! s'exclama Drago scandalisé.
- Je remets la poignée, dit Dorea avec une simplicité qui décontenança le blond. Je viens de comprendre que cette armoire a été montée à l'envers, dont les poignées. Je n'arrivais même pas à les tourner l'année dernière avec mes pouvoirs quand j'ai voulu – elle suspendit la poignée dans l'autre sens dans l'encoche – sortir Henry de là-dedans.
Dorea ne remarqua pas l'état de choc de Drago alors qu'elle ouvrait une seconde fois la porte.
- Voilà, là, ça marche, fit-elle en effectuant une démonstration. Whouuuhouuu ! cria-t-elle soudainement en élevant les bras au-dessus de sa tête.
- Il y a quelqu'un ? demanda une voix feutrée à l'entrée de la salle.
Les deux serpentards s'immobilisèrent subitement, cessant même de respirer. Des pas résonnèrent alors, et ce, dans leur direction. Un ombre grandit et Drago sortit sa baguette pour la pointer vers l'ombre, prêt à agir. Mais ce fut Dorea qui balança sa main devant elle et la femme qui apparaissait à peine fut éjectée brusquement hors de la salle.
- Putain, c'était le professeur Trelawney, jura Drago dans un souffle court.
- Il faut sortir de cette salle avant qu'on ne nous découvre tous les deux ensembles, dit Dorea en s'avançant vers la sortie.
Dorea saisit la main du jeune homme au passage et lorsqu'elle fut près de la porte, elle l'entrouvrit délicatement pour jeter un œil dans les environs.
- Les couloirs sont vides, on peut y aller, chuchota la rousse.
- Attends, dit Drago en la retenant par la main, j'ai oublié un truc près de l'armoire. Je te rejoins de suite. Tu peux t'avancer ?
- On se retrouve dans la Grande-Salle, lui sourit Dorea en sortant de la salle-sur-demande.
Drago referma alors la porte sur la jeune femme et ferma les yeux de dépit. Puis il se tourna lentement vers l'endroit où se trouvait l'armoire à disparaître, les mains enfoncées dans les poches. C'est là qu'il sortit un gallion d'or qu'il retourna pensivement dans sa main.
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Quand Dorea atteignit le hall d'entrée, elle sauta allègrement la dernière marche. Elle chemina vers les doubles portes de la Grande-Salle, inspirant et expirant, se répétant le discours qu'elle avait préparé pour son frère. Elle savait que la pilule serait difficile à avaler, surtout avec les soupçons qu'il avait sur Drago. Soupçons, malheureusement, parfaitement fondés. Néanmoins, elle espérait que ça ne se déroulerait pas si mal que cela. Elle ne supporterait pas de perdre la confiance et le soutient de son frère pour ses choix amoureux. Et puis, elle comptait sur Ginny pour résonner le brun. Elle savait que la cadette Weasley serait de son côté.
C'est avec un infime courage qu'elle atteignit presque la Grande-Salle quand elle fut happée sur le côté par une main qui empoigna son bras avec force.
- Harry ?! s'exclama-t-elle avec surprise alors qu'elle faisait face au brun.
Il avait l'air agité, presque… En colère. Ça commençait bien…
- Mais enfin, tu étais où ? se récria-t-il. Ça fait deux jours que je te cherche, fit-il légèrement essoufflé.
- Je…
- Ce n'est pas grave, fit-il en balayant l'air de sa main. On s'expliquera plus tard. En attendant, il faut que tu ailles te changer, ou du moins enfiler un blouson, en constatant la tenue qu'elle portait. Ce n'est pas le même t-shirt que tu portais vendredi ?
- Euh, je…
- Dumbledore nous emmène avec lui ce soir, interrompit-il, lancé dans son élan. Il est sur la piste d'un nouvel horcruxe. Nous devons le retrouver ici dans cinq minutes. Tu en es ?
- Bien évidemment que j'en suis ! répondit Dorea sans une once d'hésitation.
- Entendu, alors fait vite !
Il courut vers les escaliers de marbre, pour remonter dans le dortoir et Dorea l'imita, reléguant au second plan dans son esprit, l'annonce de sa relation avec Drago à son frère et ses amis.
Lorsqu'elle déboucha de nouveau sur le hall d'entrée, cinq minutes plus tard, et constatant que Dumbledore n'était toujours pas là, elle jeta un œil dans la Grande Salle, s'approchant des doubles portes majestueuses. Elle vit alors Harry, à la table des gryffondors, parler tout bas à Ron et Hermione, ou plutôt confier des instructions, alors qu'il tendait une fiole d'un liquide mordorée qu'elle reconnut comme le Felix Felicis. Hermione l'attrapa et le dissimula rapidement sous sa cape tandis que Ron observait autour de lui l'air sur la défensive.
Dorea, fronçant les sourcils, n'eut le temps de se demander ce que son frère pouvait bien trafiquer avec le Felix Felicis, qu'elle fut attrapée par une main qui empoigna la sienne. Elle se retourna et fit face à Drago, le visage austère.
- Drago, mais…
- Je veux que tu m'écoutes attentivement Dott', lui murmura-t-il assez bas pour qu'elle seule puisse entendre. Je veux que tu ailles te cacher dans le dortoir, ajouta-t-il d'un ton mesuré. Lance-toi un sortilège de désillusion s'il le faut. Et restes y jusqu'à ce que tout soit finit.
- Jusqu'à ce que tout soit finit ? fit Dorea interloquée. Mais Drago…
- Écoute-moi, je t'en prie ! siffla-t-il rageur entre ses dents, en serrant plus fortement sa prise. Tu vas de suite aller dans le dortoir et te cacher avec Théo, Daph' et Blaise.
Dorea ouvrit la bouche puis la referma. Pour la première fois de sa vie, elle vit Drago sur le point de fondre en larmes, ses yeux embués démontrant la détresse dans laquelle il se trouvait.
Elle cessa de respirer brusquement, réalisant que c'était le moment. C'était le moment qu'elle redoutait tant depuis des mois.
Drago agirait ce soir et mettrait à exécution son plan pour achever sa mission.
- Tu n'y arriveras pas, Drago. Il ne sera pas là. C'est trop tard, chuchota-t-elle.
Le jeune homme la jaugea durant un instant ayant l'air de chercher la véracité de ses propos dans ses yeux. Ou bien était-ce autre chose ?
Il attrapa alors son visage, encrant son regard dans le sien. Il plaqua ses lèvres sur les siennes engageant un baiser enflammé, voluptueux, sa langue cajolant la sienne avec tendresse mais également une certaine bestialité témoignée par le mordillement de ses dents sur sa lèvre inférieure. Dorea éprouva tout le désir qu'il ressentait pour elle en cet instant et ce fut donc pantelante qu'elle se retrouva lorsqu'il se détacha d'elle pour reprendre son visage en coupe.
- Je t'aime Dorea. Ne l'oublie jamais. Quoi qu'il arrive ce soir.
Puis il la lâcha et il fit volte-face pour s'empresser de se diriger vers les étages supérieurs.
Dorea se tourna alors vers la Grande Salle qui était à présent silencieuse, tous la regardant fixement et avec ébahissement.
Ça mérite une petite review, non ?
