Bonjour à toutes, voici le chapitre que vous attendiez toutes.
Bonne lecture.
Chapitre 11 : Révéler
Mercredi 24 décembre
Edward avait repris sa garde lundi matin. Il dormait ici, la nuit mais jamais pour très longtemps. Il était désolé parce qu'à chaque fois, son téléphone me réveillait. Je lui avais assuré que ça ne me dérangeait pas. Lorsqu'il quittait pour une urgence, c'était Maria ou encore Jasper, qui lui aussi faisait des gardes, qui venait veiller sur moi. Jasper était heureux de pouvoir dormir un peu dans ma chambre, l'étage était bien plus silencieux que celui de sa salle de repos. Ça me mettait mal à l'aise, mais, je me sentais en sécurité. Je n'imagine pas ce que ça va être quand je vais retourner chez nous. J'avais peur de ne pas être capable de rester toute seule. Charles voulait que Maria vienne s'installer chez moi comme infirmière privée, mais c'était difficile pour elle d'organiser son horaire avec son mari et ses 2 enfants.
J'avais lu la presque totalité de tous les livres que Charles m'avaient apportés. Edward m'avait donc déniché un superbe livre sur la grossesse et l'allaitement sur le département concerné. Il m'avait également proposé de venir à la lecture du conte de noël pour les enfants.
Nous venions d'arriver à l'étage des enfants. Edward poussait mon fauteuil roulant vers la salle de jeux des enfants. Il y avait un grand sapin décoré avec des bricolages des enfants. Tous les enfants étaient installés pour écouter l'histoire. Je fis un bref tour d'horizon et remarquai que presque tous les médecins de garde étaient présents. Edward pris une chaise, s'installa près de moi et hésitant, il prit ma main dans la sienne. En levant les yeux vers lui, j'ai vu qu'il avait l'air vraiment soulagé que je ne le repousse pas.
Lorsque l'histoire fût terminée, nous retournâmes dans ma chambre. Quand la porte s'ouvrit, j'étais sous le choc. Le lit d'Edward avait été remplacé par une table ronde 2 places et une desserte remplie de pleins de bonnes choses à manger.
-Edward, qu'est-ce qui s'est passé ici ?
-Comme nous ne pouvions pas aller chez mes parents ce soir pour le réveillon, j'ai demandé à Alice et Jasper de bien vouloir organisé ta chambre. Ma mère s'est fait un plaisir de nous envoyer un peu de chacun des plats qu'elle a mis dans son buffet. La seule chose qu'on ne pourra pas faire, c'est prendre du vin, souria-t-il.
-Tu leurs as demandé de faire ça pour moi ??
-En fait pour nous, parce que je n'avais pas le temps de le faire moi-même pour toi. Alors ? tu as faim ?
-Quelle question, bien sur que j'ai faim.
-Je vais t'installer.
-Merci Edward, c'est vraiment très gentil. Tu en fais beaucoup pour moi et je l'apprécie.
-Bella ça me fait vraiment plaisir.
Nous nous étions un peu rapprochés parce qu'on était souvent ensemble, mais, les conversations étaient bien superficielles. Et je me doutais bien qu'Edward avait besoin de réponse à ses questions vu les regards qu'il me jetait depuis hier et encore plus durant le souper. Les plats de sa mère étaient vraiment excellents et nous eûmes tôt fait de tout manger. On était arrivé au dessert et je vis qu'Edward était dans un combat extrême avec ses pensées.
-Edward, tu veux me dire quelque chose. Tu n'arrêtes pas de te tortiller et ta bouche s'ouvre et se ferme continuellement.
-On a eu une discussion Charles et moi le matin de ton opération et… je...
-Charles! Tu as parlé de moi avec Charles!!
-Oui.
Je paniquais, qu'est-ce que Charles avait bien pu lui raconter. Il ne pouvait pas lui avoir parlé de TOUTE ma vie. C'était à moi de le faire.
-Et… il t'a dit quoi ? dis-je en fermant les yeux et en serrant les dents.
-Rien de compromettant, et que tu ne voudrais pas me dire toi-même. C'est un chic type. Il n'a eu que de bonnes paroles pour toi. Et m'a fait comprendre que si je ne pouvais pas agir en conséquence avec ce que je te dis, je ferais mieux de partir pour ne pas te blesser. Et je me demandais, Charles, il représente quoi dans ta vie ? il n'a pas voulu me le dire quand je lui ai demandé, prétextant que c'était à toi de me le dire. Mais, il a ajouté, qu'il avait une femme qu'il aime et 3 enfants. Je vais me taper une migraine à force de chercher.
Je n'avais pas le choix, il fallait qu'on ait cette discussion, elle devenait de plus en plus cruciale si je voulais envisager d'essayer de faire une plus grande place dans ma vie à Edward.
J'ouvris les yeux et soupirai longuement. Je rivai mes yeux dans les siens.
-Tu crois que tu es prêt à entendre des petits bouts de ma vie ?
-Tout ce qui est toi m'intéresse.
-Je t'avertis que ce que tu vas entendre risque de te donner envie de vomir. Je ne t'en voudrai pas si tu te sauves en courant après mon récit.
-Bella, j'ai vu beaucoup de chose en Afrique, je crois que ça va aller. J'ai besoin de connaître ton histoire, je veux que tu avances et que tu te libères de ce poids. Alors je t'en prie, ne me ménage pas et laisse parler ton cœur et tes émotions. Je te promets que je ne partirai pas.
-Très bien. Alors, j'ai connu Charles, il y a 3 ans. Il a été mon premier client.
Il m'écoutait attentivement.
-Il est devenu la personne la plus importante et la plus influente de ma vie… Il est le frère que je n'ai pas eu, le père que je n'ai pas connu, celui qui s'occupe de moi, qui prends soin de moi, qui m'a maintenu envie durant les 3 dernières années et…euh…
-S'il-te-plaît Bella continue.
-Il faut que tu comprennes que la vie d'une prostituée…
Il tressaillit.
-La prostituée que j'étais, était un robot dépourvu de sentiments et de sensations… tu te souviens dans la chambre d'hôtel ? Je t'ai demandé, juste les sensations, juste les caresses, justes les baisers ?
-Oui, comment est-ce que j'aurais pu oublier, dit-il. C'était plus une affirmation qu'une question.
-C'est Charles qui ma appris les sensations et les caresses. Il m'a donné mon premier orgasme à vie, et c'était à sa demande. Il disait qu'il voulait me reconnecter avec mon corps. Il voulait que je prenne du plaisir avec lui. Qu'un jour je sois capable d'avoir une relation amoureuse avec un homme et pouvoir accepter et ressentir les émotions qui s'y rattachent. Je n'ai jamais pris de plaisir avec un client sauf avec Charles…
-Et les baisers ?
-Attends Edward, laisse-moi finir, si je m'arrête, j'ai peur de ne plus pouvoir continuer. Parce que ce que tu vas entendre n'est pas très joyeux.
-Ok, excuse-moi. Je t'écoute.
-La semaine dernière, ce n'était pas la première fois que je me faisais violée.
Ses yeux se fermèrent, ses dents se serrèrent et ses poings agrippèrent les bras du fauteuil où il était toujours assit. J'attendis quelques secondes et levai ma main vers son visage pour le prendre en coupe. Il sursauta et ouvris les yeux à mon contact. J'attendis encore et il se radoucit.
-Il faut que tu écoutes attentivement Edward, c'est la seule fois que je te ferai le récit de ma vie et après ces secrets révélés, je ne veux plus jamais qu'on parle de mon passé.
Il hocha la tête signe qu'il avait compris. Il prit ma main dans la sienne et je continuai.
EDWARD Point de vue
Je lui pris la main et elle continua. Il fallait que je me concentre. Je ne voulais pas la décevoir, je lui avais dit que je l'écouterais.
-Quand j'avais 10 ans, ma mère s'est fait un nouveau chum, il m'a violée et a abusée de moi plusieurs fois par semaine. Ma mère travaillait le soir. Je n'ai pas connu mon père. Adolescente, je n'ai pas eu de petit copain, pas de promenade dans les parcs, n'y de baisers langoureux de débutantes. J'avais juste Phil qui me faisait subir son pénis dégoûtant. Je suis partie de chez moi à 16 ans, j'ai trainé avec des gangs de rue et des dealers de drogue. Je n'en prenais pas jusqu'au jour où j'ai rencontré Laurent.
Plus elle racontait, plus je serrais sa main. Pour elle ou pour moi, je ne le savais pas trop.
-Donc, il m'a encouragé à en prendre et je suis devenue accroc en quelques sortes. Je n'avais pas d'argent et Laurent m'a proposé du sexe en échange de la drogue. Je n'ai pas eu besoin de réfléchir longtemps. J'ai offert mon corps sans même y penser. Lui il disait que j'étais sa petite amie, mais moi je savais que je ne l'étais pas.
-Il m'a fait des choses insupportables. Il m'a fait subir du sexe n'importe où, n'importe comment et devant des gens et avec d'autres gens. J'avais 17 ans et j'étais sous l'effet de la drogue. C'est tout ce que je savais de la vie, c'est tout ce que j'étais capable de faire dans la vie. Donner mon corps à qui voulait bien l'utiliser.
Je me retenais pour ne pas éclater de rage. Comment un homme pouvais faire subir une série de choses aussi affreuses les une que les autres à une fille de 17 ans. Il fallait que j'écoute son histoire jusqu'au bout pour pouvoir agir avec elle comme il le fallait et comme elle le méritait. Comment pouvait-elle me raconter cette histoire sans aucune émotion, aucune larme, aucun tremblement, même son cœur ne s'était pas accéléré. Elle était forte, elle avait vécu tant de drame. J'étais tombé amoureux d'elle et j'avais ressenti le besoin de la protéger, mais là c'était devenu vital, primaire, je me devais de la protéger. Je l'aiderai pour qu'elle vivre heureuse et qu'elle mette une croix sur son passé.
-Un jour il m'a dit qu'il en avait assez de moi. Que je ne pouvais plus rien lui apporter, puisqu'il m'avait essayé de toutes les façons inimaginables et qu'il voulait une nouvelle fille à baiser. J'aurais dû m'en douter, il avait réduit ma consommation de drogue depuis quelques semaines. Alors, je suis partie.
-Je me suis retrouvée à dormir dans un parc et après 1 semaine, Rosalie m'a trouvée. J'étais complètement perdue, je venais d'avoir 19 ans et j'avais passé les 2 dernières années avec Laurent. J'étais seule, pas d'amis, pas d'argent et pas de drogue. Rosalie m'a emmenée avec elle au loft réservé aux filles de Victoria qui y allait lorsqu'elle avait leur règles. J'y suis restée seulement 2 jours et Victoria m'a offert de travaillé pour elle, Kate venait de partir 1 mois avant.
Elle avait arrêtée quelques instants. Elle fixait un point dans le vide. Je ne voulais pas la brusquer, mais je ne voulais pas qu'elle arrête. Même si ce que j'entendais me faisait souffrir, je me trouvais impuissant.
-Bella, ça va ? Tu veux t'arrêter ? Si c'est trop difficile tu peux...
-Non Edward, je dois continuer. D'accord ? Toi ça va ?
Elle s'inquiétait de savoir si moi j'allais bien. Pourquoi ? C'est elle qui avait vécu des horribles choses. Je ne comprenais pas pourquoi elle me demandait ça.
-Je t'assure Bella, c'est ok. Tu peux continuer.
-Bien… Je me suis donc retrouvée à faire des achats de lingerie avec Rosalie dans l'après-midi et j'avais Charles comme client dans la soirée. Rosalie disait qu'il était un gentleman et très gentil. Elle disait en fait qu'il était un client bonbon.
Elle rit.
-Il est entré dans ma chambre calme et sur de lui. Il a prit une douche et ensuite, nous avons discuté un peu. Il savait que j'étais nouvelle et il ne voulait pas me brusquer. Je le trouvais beau avec ses yeux bleus, ses cheveux mouillés qui lui retombaient un peu sur le visage et je me demandais qu'est-ce qu'un homme comme lui faisait dans un bordel. J'étais vraiment nerveuse et il l'a senti. Il m'a dit qu'il n'était pas un salaud venu jouer à des jeux que sa femme ne voulait pas jouer, qu'il avait seulement besoin de se relaxer. Il m'a guidé dans tous mes mouvements et j'ai fini par lui faire ce qu'il aimait.
Je ne savais pas quoi penser. Elle était là à me raconter sa vie de prostituée et ça me faisait un mal fou de savoir. Je me doutais qu'elle avait du sexe avec ses clients, mais là c'était comme si je le réalisais pour la première fois. Elle avait connu tellement de mec que je me sentais bien nul à côté. Je devais vraiment avoir l'air contrarié, parce qu'elle posa sa main sur mon visage.
-Edward ? Je suis désolée.
-Non, ne le soit pas.
-Je ne suis pas une fille comme les autres, ça fait longtemps que je ne rêve plus au prince charmant. J'ai tellement vécu en étant froide et distante. Je jouais toujours la comédie en faisant croire aux clients qu'il me faisait jouir et il repartait satisfait. C'était mon travail et je le faisais sans rechigner. C'était la seule chose que savais faire.
Bip bip bip
-Merde, excuse-moi Bella, je dois le prendre.
Je m'éloignai pour décrocher mon téléphone. Il y avait un cas aux urgences et je devais m'y rendre. Merde, pour une fois que je pouvais avoir Bella en pleine confidence, il fallait que je sois dérangé. J'avais peur qu'elle ne veuille plus me parler, qu'elle pense que je la laissais tomber. Je raccrochai et me dirigeai vers elle.
-Bella, je dois descendre aux urgences. Je suis sincèrement désolé.
-C'est pas grave Edward. Je vais m'installer pour la nuit, il se fait tard.
-Ouais, tu veux que je t'aide avant de descendre ?
-Non, je vais demander à l'infirmière. Euh… Edward ?
-Oui ?
-Tu vas revenir hein? Dit-elle en baissant les yeux.
-Oh Bella, bien sur que je vais revenir. Je ne me sauverai pas, je te le promets.
-Merci Edward.
Je déposai un baiser sur sa joue et dans ses cheveux, où je pris une très longue inspiration pour m'enivrer de son odeur jusqu'à mon retour et je quittai pour les urgences.
BELLA Point de vue
J'avais réussi à lui faire le récit d'une partie de ma vie. Wow, je n'en revenais pas. Il m'avait écouté sans rien dire au sujet de l'histoire. J'ai bien vu qu'il avait été troublé quelques fois, mais j'avais vu dans ses yeux qu'il était sincère quand il disait vouloir m'aider à tourner la page. J'avais eu envie qu'il me prenne dans ses bras, qu'il me serre contre lui. J'avais envie de caresses, d'amour et de tendresse. J'avais envie d'être importante pour quelqu'un et je voulais que ce quelqu'un ce soit lui. Le seul problème, était que je ne savais pas comment lui montrer et surtout, je ne savais pas si j'allais réussir à me laisser aller et vivre cet amour qui m'était offert.
Edward est parti aux urgences et l'infirmière vient de m'installer dans mon lit après m'avoir aidé pour mon bain et mon pyjama. J'étais couchée sur le dos depuis presque 30 minutes lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit doucement. Je relevai la tête.
-Edward, c'est toi ?
-Oui, c'est moi. Tu ne dors pas ?
-Non, euh… je t'attendais.
-Fallait pas, ça aurait pu être long, dit-il en s'approchant de mon lit.
Il se tenait debout devant moi et il me caressait les cheveux et mon visage. J'attrapai son poignet et le regardai dans les yeux. Malgré la faible lumière dans la chambre, je le distinguais assez bien.
-Edward, tu veux bien te coucher près de moi s'il-te-plaît ?
-Oui, je veux bien.
Il ouvrit les draps, me souleva doucement pour me déposer un peu plus loin, enleva ses chaussures et se glissa dans le petit lit. Après avoir vérifié si j'étais bien et si ma jambe était dans la bonne position, déformation professionnelle oblige, il s'installa sur son côté droit, il nicha son nez dans mes cheveux et posa une main autour de ma taille en se rapprochant de mon corps. Il hésita avant de demander.
-Est-ce que je peux te demander une faveur ?
-Euh… oui.
-Je peux mettre ma main sur ton ventre ?
-Euh… oui.
Il glissa sa main de ma hanche à mon ventre en faisant des petits mouvements circulaires avant de soulever mon chandail jusqu'à la base de mes seins et il posa toute sa main sur le tout petit arrondi de mon ventre. La sensation de sa main sur ma peau, me fit frissonner. Il retira sa main.
-Non, ne l'enlève pas, dis-je en prenant sa main pour la remettre au même endroit.
Il ne dit pas un mot. Il inspirait dans mes cheveux et me donnait des baisers sur ma tête, mon front, ma tempe. C'était doux et ça me faisait du bien. Je me sentais en sécurité.
-Edward…
-Hummm…
-Je me sens bien avec toi. Je… je me sens en… sécurité.
Il se souleva sur son coude droit et plongea son regard dans le mien quand je tournai la tête pour le regarder.
-Bella, je ne te ferai jamais de mal, dit-il en déposant un léger baiser sur mes lèvres, tel un effleurement, une fois, deux fois, trois fois. C'était tellement bon.
Il appuya son front contre le mien et nos nez se touchaient. Il ouvrit la bouche pour parler, mais je ne pu résister à plaquer ma bouche sur la sienne en accrochant mes bras autour de son cou, comme une noyée qui s'accroche à sa bouée, pour approfondir ce baiser. Il y répondit aussitôt en passant sa langue sur mes lèvres pour demander l'accès à ma bouche. Ce que je lui donnai sans même y penser. Sa langue vint danser avec la mienne passionnément. Je rompis le baiser en ouvrant la bouche pour prendre un peu d'air et un soupir d'aise m'échappa. Edward se recula un peu de mon visage.
-Bella, tu veux bien me raconter la suite ? Si tu es trop fatiguée, je comprendrai.
-Non ça va Edward, je t'ai dit que je te raconterais, dis-je en souriant. Installe-toi près de moi.
Il s'installa près de moi et remit sa main sur mon ventre. Il faisait des mouvements avec ses doigts, sa paume, ce n'était pas sensuel, juste réconfortant et rassurant.
EDWARD point de vue
J'étais allongé près d'elle, elle m'avait demandé de me coucher dans lit avec elle. Je lui avais demandé de me laisser caresser son petit ventre qui pointait et qui abritait notre bébé. Elle était bien et en sécurité avec moi. Je lui donnai de doux baisers très légers sur son visage, son front et ses cheveux. Lorsque je posai mon front sur le sien, nos nez se touchaient et elle se jeta sur ma bouche. J'étais surpris mais oh combien heureux que je répondis sans attendre pour approfondir cette délicieuse chose qu'elle m'offrait. Elle rompit notre baiser pour prendre son air et elle laissa échapper un soupir d'aise qui a bien faillit me rendre fou. Pour me changer les idées, je lui demandai de bien vouloir continuer son histoire.
-Bella, tu veux bien me raconter la suite ? Si tu es trop fatiguée, je comprendrai.
-Non ça va Edward, je t'ai dit que je te raconterais, dis-elle en souriant. Installe-toi près de moi.
Je me réinstallai donc dans ma position initiale, en n'oubliant pas de caresser son ventre toujours dénudé. Et encore une fois je pris une bouffée dans ses cheveux. Elle devait vraiment me prendre pour un dingue avec ses cheveux. Mais c'était plus fort que moi.
-Alors quand j'eu terminé avec Charles, il m'a pris dans ses bras tendrement et je me suis effondrée en larmes. Quand j'y repense, je crois qu'un autre client aurait fait une plainte parce que j'étais trop jeune et que je pleurnichais.
Je l'écoutais attentivement, elle récitait doucement sans se presser. Mais j'avais hâte que la torture finisse autant pour elle que pour moi. Il y avait deux choses restées sans réponses. Qui était Charles dans sa vie et les baisers. Elle m'a dit qu'il lui avait appris les sensations, les caresses et si j'ai bien compris il lui a fait vivre son premier orgasme. Pas que je sois jaloux puisque je lui en avais donnée 2, mais j'ai comme l'impression que Charles me dépassait et de beaucoup.
-Il m'a dit qu'il aimait bien quand la fille prenait du plaisir autant que lui et qu'une prochaine fois ce serait bien. Sauf que je ne voulais pas. Je ne voulais pas avoir du plaisir avec un client. C'était trop intime et trop personnel, je me serais senti malhonnête envers moi-même. L'utilisation du condom et du lubrifiant en tube réussissait à rendre les rapports sexuels moins inconfortables pour moi. J'étais comme une machine à sexe. Je faisais ce qu'on me demandait et récoltait ma paie à la fin de la semaine.
Une machine à sexe !!! Bizarre, quand avec Jasper on parlait de machine à sexe quand on parlait d'une fille c'était dans un tout autre contexte, je peux vous l'assurer.
-Il venait me voir à tous les 2e mardis de chaque mois. Je suivais des cours de cuisine, je faisais la cuisine pour toute la maison et je lui faisais des biscuits noix de macadam et chocolat blanc, il en raffole.
Elle sourit. Il doit être vraiment important, elle a beaucoup d'affection pour lui. Je garde espoir, je ne veux pas me faire d'idées préconçues.
-On avait commencé à diner dans ma chambre, je faisais un repas que Charles me suggérait. Je te fais grâce des détails de ses préférences sexuels, si tu veux bien.
-Ouais, je veux bien m'en passer, dis-je doucement.
-Ça faisait 1 an qu'il venait me voir à tous les mois et un soir, il m'a demandé une faveur. Je n'y croyais pas, il ne demandait jamais rien, ce n'est pas un pervers. Alors il m'a dit : Je me disais que tu pourrais jouir cette fois, que je pourrais t'aider à prendre autant de plaisir que moi et te faire du bien. J'aimerais vraiment glisser en toi sans mettre de lubrifiant parce que je voudrais glisser en toi à l'aide de ton lubrifiant naturel à toi, le résultat de l'excitation que j'aurai provoqué chez toi.
Ce type était décidé. Il avait été droit au but.
-Comme je ne voulais pas, il a ajouté d'autres arguments.
-Lesquels ? Excuse-moi Bella, je … Les mots étaient sortis de ma bouche sans que je n'ai pu rien faire.
-Non, c'est bon Edward. Si tu poses des questions et interagit sans m'arrêter ça va. C'est même correct, ça prouve que ça t'intéresse vraiment.
Je lui souris et elle continua.
-Il n'avait pas de réunion ce mois-là et il était venu juste pour moi. Victoria lui avait même permis de passer la nuit avec moi si je voulais. Il m'a dit qu'on inversait les rôles et que c'est moi qui recevais le plaisir ce soir-là. Je me suis mise en colère contre lui.
-Et après, je veux dire euh...
-J'y arrive Edward. Il a riposté en me disant : Je sais très bien pourquoi tu ne veux pas prendre de plaisir, mais je crois qu'il est temps pour toi de découvrir le plaisir de recevoir. Tes expériences sexuelles ont été effrayantes au début et depuis tu as des relations sexuelles en échange de quelque chose. Tu n'es pas une machine. Tu as des sentiments. Un jour tu seras amoureuse et tu voudras faire l'amour avec cette personne. Mais ton corps est coincé dans le celui d'une petite fille de 10 ans qui a peur de se faire chicaner si sa mère apprend que son beau-père la viole à chaque fois qu'il en a l'occasion. Tu n'es pas responsable de ce qu'il t'a fait. C'est lui le salaud pas toi.
Je me figeai. J'espérais que ça passe inaperçu, mais j'étais tellement collé contre elle que c'était inévitable qu'elle ne le sente pas. Je ne voulais en aucun cas qu'elle perçoive ce geste comme un recul ou un dégoût.
-Ça va Edward ?
-Oui, c'est juste que je ne m'attendais pas à ça. Je pensais que tu arriverais à un moment moins difficile. Excuse-moi. Je me demande comment tu fais pour avoir autant de courage pour raconter ton histoire sans te laisser emporter par tes émotions.
-C'est presque terminé. Tu crois que tu vas tenir le coup ? C'est important pour moi que tu écoutes jusqu'au bout.
Elle s'inquiétait si j'allais bien. Je la serrai encore plus dans mes bras et lui donnai un chaste baiser sur les lèvres.
-Je vais bien Bella, c'est pour toi que je m'inquiète d'être en train de me révéler toutes ces chose, je ne voudrais pas que tu sois toute retournée après coup.
-C'est ma vie Edward, je la connais par cœur, j'ai fini par l'accepter. J'irai très bien ne t'inquiète pas. Ce n'est pas ça qui me trouble.
Elle a 21 ans. Charles avait raison quand il disait qu'elle avait le vécu d'une femme de 40 ans. C'est vraiment une femme extraordinaire. Elle était une fille avec un passé lourd mais elle avait réussi à en sortir grandi au lieu de s'enfoncer. Plus son histoire avançait et plus je la trouvais merveilleuse. Elle a quelque chose qui la trouble ? Ça fait une question de plus.
-J'étais vraiment fâchée et je me suis mise à pleurer. J'avais peur. Je ne voulais pas ressentir de plaisir. Je ne savais pas qu'est-ce que c'était. Charles m'avait fait la promesse d'être doux avec moi et de ne jamais me brusquer. Il me l'a rappelé ce soir là et il m'a dit qu'elle était toujours valide. Il m'a demandé de fermer les yeux, de me concentrer sur le toucher, les sensations et il est parvenu à me faire jouir pour la première fois de ma vie. Je te passe les détails où si tu veux un résumé complet ?
-Non, je crois que ça va. Et je sais combien tu peux être plus que belle et sexy quand tu jouies, riais-je pour détendre l'atmosphère comme elle venait de le faire.
-Ouais… et depuis ce soir là, je m'étais autorisée à prendre du plaisir avec Charles et avec lui seulement. J'ai continué ma routine pendant 2 ans et tu as cogné à ma porte. Alors est-ce que tu saisies mieux la place que Charles occupe dans ma vie ?
-Merci Bella. Je suis vraiment touché que tu m'aies livré ton histoire. Je comprends mieux pourquoi Charles est important pour toi. Mais il me reste une question sans réponse.
-Ah oui ! Demande-moi alors.
-Euh … tu as parlé des sensations, des caresses, mais tu n'as rien dit sur les baisers.
-Oh… c'est que ce n'est pas Charles qui m'a offert mes premiers vrais baisers. Je n'embrassait pas mes clients sur la bouche, c'était interdit.
-Alors qui t'a fait découvrir les baisers ? Si je me rappelle bien la chambre d'hôtel, tu as dis : juste les caresses, juste les sensations, juste les baisers.
-C'est toi Edward.
Moi ??? C'est moi qui lui avais fait découvrir les baisers ??? Je me relevai et la regardai intensément. Mon cœur venait d'exploser. Je ne comprenais pas. Elle me regarda, mit sa main derrière ma nuque et m'attira à elle dans un baiser langoureux. Je répondis à son baiser instantanément. Ma main qui était restée sur son ventre s'aventura un peu plus haut pour prendre son sein gauche et le presser doucement contre ma main. Elle soupira contre ma bouche et augmentai ma caresse en faisant rouler son mamelon entre mon pouce et mon index. J'avais tellement envie d'elle, la serrer fort contre moi, de lui montrer que j'étais l'homme qui allait lui faire tourner la page et la rendre heureuse pour le reste de sa vie. Je m'emballais en descendant ma bouche dans son cou, sur la naissance de ses seins et…
-Edward…
Je relevai la tête et lâchai son sein comme si je m'étais brûlé lorsqu'elle avait dit mon nom. Elle m'avait sorti de ma transe.
-Oh Bella, excuse-moi, je suis désolé, je me suis laissé emporter, ta peau est tellement douce et tu sens tellement bon... Pardonne-moi, je ne voulais pas te brusquer. J'avais la gorge nouée, j'avais peur de sa réaction.
-Ça va Edward. Ce que je vais te dire, est difficile à dire pour moi parce que je ne l'ai jamais dit et… c'est juste que je n'ai pas envie de caresse trop intense, je voudrais juste… être serré contre toi et m'endormir, je suis vraiment fatiguée.
Ouf! J'ai eu vraiment peur de l'avoir brusquée.
-Aucun problème Bella. Je suis sincèrement content que tu me fasses l'honneur de te serrer dans mes bras et de dormir avec toi dans ton lit. Installons-nous confortablement et dormons en espérant que mon portable ne sonne pas.
J'embrassai sa bouche une dernière fois et nichai mon nez dans son cou. Je crois que nous nous sommes endormis dans la minute qui suivit.
Alors j'espère que vous avez aimé ??
Qu'est-ce que vous pensez de mettre les deux points de vue ???
J'espère que vous serez au rendez-vous pour les prochains chapitres.
A+
isasoleil
