Chapitre 2 : Ira Stellae

Le lendemain matin, alors que la plupart des élèves était dans la Grande Salle à prendre leur petit déjeuner, des centaines de chouettes entrèrent par les fenêtres dans un brouhaha de cris et de plumes assourdissant. Parmi ces oiseaux, un faucon cendré se détacha du lot pour se poser devant Calypso. Cette dernière grommela contre l'ignorance de la définition du mot discrétion de certains en sentant les regards des curieux peser sur elle. C'est sous l'éternel regard moqueur d'Antharès qu'elle récupéra la lettre sur la patte du rapace et la décacheta.

Ma chère Calypso,

Ton Oncle et moi avons eu vent de ta répartition dans la noble maison de Salazard Serpentard. Bien que nous n'en doutions pas un seul instant, nous t'en félicitons.n nous avons également appris que ton fiancé avait rejoint cette prestigieuse maison. Nous te prions de lui faire part de nos plus sincères félicitations.

Cette occasion te permettra de mieux le connaître et de vous rapprocher. Ainsi, peut être comprendras-tu mieux à quel point il est important que tu prennes ta place à ses côtés.

De plus, ton futur beau-père nous a fait savoir qu'il a été déçu de ne recevoir aucune nouvelle. Il aurait trouvé agréable de savoir si ton intégration dans ce nouveau milieu était satisfaisante.

Tu trouveras d'ailleurs attaché à la patte de Nebbia, un colis destiné à Lord Gaunt de la part de son père. Nous te prions de le lui remettre dans les plus brefs délais.

Nous espérons recevoir une réponse positive très bientôt. En espérant que tu te décideras enfin à remplir le devoir qui est le tien,

Avec nos salutations les plus distinguées

Lord et Lady Zabini

Les yeux de Calypso s'étaient assombris dangereusement au fur et à mesure qu'ils parcouraient la lettre. Sa main crispée froissait le papier. Dans un geste de colère, elle la tendit à Antharès en déclarant d'une voix sombre

- Ma Tante te félicite, le reste te concerne, renvoie Nebbia après s'il-te-plaît.

Puis elle se leva dignement malgré ses traits déformés par l'intense rage qui l'habitait. Les quelques élèves qui se trouvaient sur son passage s'écartèrent précipitamment par crainte , la laissant quitter la Grande Salle.

Voyant qu'Antharès lisait à son tour la lettre et ne faisait aucun signe pour suivre son amie, Bellatrix décida d'aller vérifier son état. Histoire que le château soit encore debout demain...

Antharès, quand à lui, défroissa la lettre du mieux qu'il put pour pouvoir la lire à son tour. Lorsqu'il en eut pris connaissance, un petit rire lui échappa et il se tourna vers une brune à la peau matte et aux yeux violets.

- Séléna, je crois que tes parents n'ont toujours pas compris comment parler à Calypso pour se faire obéir. Ricana-t-il.

- Je ne vois pas trop comment ils pourraient faire pour se faire obéir par Calypso. Rétorqua l'italienne en haussant un sourcil.

- Il suffit de trouver la bonne méthode et de savoir quand et comment l'utiliser. Expliqua le brun comme si c'était une évidence.

- Je ne crois pas qu'une telle méthode existe. Elle ignora le hoquet que stimula le brun qui était indigné que sa parole soit mise en doute. Et si elle existait, ça ne marcherait que avec toi.

- Et pourquoi je te pris ?

- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi Gaunt. Le mit en garde Séléna avec amusement. Tu sais parfaitement de quoi je parle.

Un éclat de rire échappa au jeune homme et résonna dans la Grande Salle. Il décocha un sourire charmeur à l'héritière Zabini qui fit ne fit que lever les yeux au ciel en entendant les petits cris et les soupirs de plusieurs filles dans la pièce.

- En effet. Confirma Antharès. Il est d'ailleurs temps.

Sans plus un mot, il pris une assiette remplis de tapisseries et se leva pour sortir de la salle de sa démarche nonchalante. Il s'amusa des nombreux regards bouillants qui le suivirent dans son avancée et s'amusa à lancer un clin d'œil par-ci, par-là, histoire de faire bonne impression.

À la table des Serpentards, le silence était d'or. Et beaucoup était de plus en plus perdu par rapport aux deux nouveaux, ils n'arrivaient pas à les cerner. Entre hier soir et ce matin, ils avaient presque l'impression d'avoir rencontré des personnes différentes. Mais ils se rassurèrent en se disant que cela ne faisait même pas deux jours. Ils auront toute l'année pour les observer. Mais ils ne savaient pas encore vraiment quoi penser de ses deux là. Rodolphus et Rabastan Lestrange les trouvaient amusant, Nott les trouvait intéressants, Adrian Pucey et Yaxley les trouvaient un petit peu effrayants.

- C'est l'effet Antharès. Fit Regulus, s'attirant les regards de presque toute la tablée. Sous leurs yeux interrogateurs, il s'expliqua. Antharès provoque trois types de réactions chez les gens. Soit ça, il montra les filles soupirantes aux regards énamourés d'un mouvement du menton, soit de l'agacement, soit de la peur. Je pense que vous pouvez facilement comprendre pourquoi.

Tous hochèrent simplement la tête, plongés dans leurs pensées. Yaxley se tourna alors vers Séléna Zabini pour lui demander très sérieusement.

- Comment ta cousine arrive à supporter cet individu ?

À une autre table, dans la même salle et au même instant. Un groupe bien connu n'avait pas rater une miette de toute la scène avec intérêt.

- Qu'en pensez-vous mes chers amis ?

- Je pense qu'il va falloir souhaiter une bonne rentrée à ses petits serpents mon cher Cornedrue.

- Exactement mon cher Patmol.

- Vous ne voulez pas attendre un peu avant de faire des bêtises ?

- Voyons mon cher Lunard, ce ne sont en rien des bêtises !

- Ce sont des marques d'affections que nous donnons par gentillesse aux Serpentards !

- Parfaitement mon cher Queudvert !

- Et vous savez ce que cela veut dire ?

- Que les Maraudeurs vont reprendre du service !

James et Sirius eurent un rire machiavélique sous le regard exaspéré mais amusé de Remus. Peter gloussa doucement, ses joues prenant une petite teinte rouge. Leurs camarades de Gryffondor qui étaient assis près d'eux hésitèrent entre sourire ou se décaler, se demandant si rester à côté de ses quatre-là n'était pas un peu dangereux pour leur santé mentale.

- Vous ne prévoyez pas déjà de faire l'une de vos plaisanteries stupides j'espère ? Intervint alors une voix forte.

Les quatre garçons sursautèrent et se tournèrent en direction de la voix pour tomber sur leur préfète préférée.

- Lili jolie ! S'écria joyeusement James avec un grand sourire charmeur. Sors avec moi !

- Dans tes rêves Potter. Répondit la rousse d'une voix lasse et habituée. Remus, tu ne les laisses pas faire de bêtises j'espère.

- Hey ! S'indigna Sirius.Ce ne sont pas des bêtises Lili !

Cette dernière ouvrit la bouche pour répondre sèchement au Black quand une voix douce la coupa dans son élan.

- Je ne pense pas que t'énerver contre eux alors même qu'ils n'ont encore rien fait ne serve à grand chose Lil's. Fit une jeune fille très mignonne, de petite taille, aux cheveux châtains et aux yeux très bleus.

- Aelys a raison ma belle, rajouta la brune aux yeux noisettes qui l'accompagnait, les materner n'y changera rien.

- Je ne les materne pas ! S'empourpra Lili en fusillant son amie du regard. Je...

- Mais oui, mais oui. La coupa Marianna, pas convaincue pour un sou.

- Allez les filles. Intervint Aelys avec un rire cristallin. Allons manger.

Les deux plus grandes obéirent docilement et prirent place sur les bancs de la table pour commencer à manger. Remus soupira de soulagement en pensant que la troisième mondiale avait sûrement été évité tandis que Peter fixait Aelys en rougissant.

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Calypso entra vivement dans une salle de classe vide et claqua la porte derrière elle. Elle inspira et expira longuement avant de se pincer l'arrête du nez et de relâcher sa magie. Celle-ci jaillit brusquement et explosa dans la salle, envoyant valser tous les meubles et faisant exploser les lustres et les fenêtres violemment. Après quelques minutes de cassage intensif, Calypso rappela sa magie à elle. Elle se calma et se rétracta petit à petit, laissant retomber les objets divers qui flottaient encore entre sol et plafond.

Ce fut à cet instant que Bellatrix entra dans la pièce. Elle siffla face au carnage et referma doucement la porte derrière elle avant de s'approcher de son amie.

- Et alors ? S'enquit-elle curieusement. Qu'est-ce qui t'arrive ma chérie ?

La blonde se concentra sur sa respiration encore quelques instants avant de se redresser et de plonger ses yeux dans ceux de celle qu'elle pouvait considérer comme sa meilleure amie.

- C'était une lettre de ma Tante. La Black grimaça, comprenant tout de suite mieux le problème. Et comme d'habitude c'était des reproches quand à mon rôle de fiancée. Ça me met hors de moi.

Calypso se perdit un moment dans ses pensées et Bellatrix la laissa et ne dit rien, sachant parfaitement qu'elle n'avait pas fini.

- Ça peut paraître niais mais j'aimerais profiter des dernières années qu'il me reste pour connaître l'amour avant de devoir devenir la parfaite épouse sang-pur. Soupira la Zabini.

- Effectivement c'est un peu niais... Se moqua gentiment la brune en prenant la main de son amie dans la sienne.

- Je suis niaise si je veux d'abord... Grommela Calypso en la fusillant du regard.

- ...mais c'est compréhensible. Poursuivit Bellatrix en ignorant les marmonnements de l'autre jeune fille. Qu'en pense Antharès ?

- Il accepte que nous ayons chacun des relations de notre côté jusqu'à la fin de notre scolarité. Répondit-t-elle en haussant les épaules.

- Et c'est tout l'effet que ça te fait de savoir que Antharès pourrait très bien se balader avec une fille à chaque bras et trois autres à ses pieds ?

- Je t'ai déjà dit que je ne l'aimais pas comme ça. Soupira Calypso.

- Pour l'instant

- Bella ! S'exclama Calypso agacée.

- D'accord j'arrête. Ricana Bellatrix tout de même très fière des rougeurs qui étaient apparues sur les joues de son amie. Mais pour en revenir au sujet de départ, si tu en as déjà parlé avec l'autre imbécile et que vous vous êtes mis d'accord, je ne vois pas où est le problème.

- Ma Tante ne veut pas me lâcher avec ça.

- Et depuis quand ta Tante a un quelconque ascendant sur toi ?

- Humpf. Fut tout ce que répondit la blonde en croisant les bras et en détournant le regard.

Le pire c'était que Bellatrix avait raison. En y réfléchissant, elle avait peut être un peu agit excessivement pour un simple bout de papier.

- Tu es trop mignonne ma chérie ! Se mit alors à gazouiller Bellatrix en lui tournant autour.

Agacée par son comportement, Calypso s'apprêtait à sortir une réplique cinglante lorsque la porte de la pièce s'ouvrit sur Antharès. Ce dernier entra avec son petit sourire narquois et l'éternelle lueur amusée dans son regard gris.

- Coucou mes jolies. Les salua-t-il avec un sourire enjôleur.

- Qu'est-ce que tu veux petit imbécile ? Tu ne vois pas que nous sommes occupées à discuter entre filles ?

- Qu'est-ce qu'on avait dit à propos des compliments Bella ?

- Tes compliments je vais te les...

- Oui, Antharès ? Se décida à intervenir Calypso pour stopper le début de la dispute.

Le brun se tourna alors vers elle et lui tendit gentiment l'assiette de pâtisseries qu'il avait dans les mains. Bellatrix et Antharès observèrent tous deux avec amusement les yeux de Calypso se mettre à briller de joie alors qu'elle se jetait, tout en élégance bien sûr, sur les gâteaux.

- Ton père est quand même gonflé de ne pas t'avoir écrit directement. Fit remarquer la blonde lorsque l'assiette fut vide. Antharès ne fit que hausser les épaules. Tu ne lui en veux même pas un petit peu ?

- Non. Calypso haussa un sourcil à cette réponse catégorique.

Son ami répondit alors à son interrogation silencieuse en brandissant le paquet de son père que Nebbia avait apporté avec un grand sourire. En voyant le contenu du colis, Calypso leva les yeux au ciel, désespérée, alors que Bellatrix éclatait de rire.

Antharès et ses sucettes à la cerise, c'était une véritable histoire d'amour.