Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : K+

Personnages : Severus Snape, Albus Dumbledore, Minerva McGonagall, OC.

Correctrice : Fantomette34.


Les cousins Chassebois arrivent chez nos héros, et Flûtiau et Massacre se font remarquer.

Bonne lecture !


Un Enquêteur à quatre pattes - Cartes sur tables

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Roger Chassebois devait avoir un chronomètre dans la tête, car exactement dix minutes plus tard une portière claqua dans la rue et des pas se dirigèrent vers le Bar des Louchébems. Ils allaient enfin rencontrer l'ex des Services Secrets.

"Euh... grand-père, demanda Lydie en regardant par la fenêtre, est-ce que ton ami et son cousin connaissent tes activités ?

- Roger sait que je dirige une équipe d'Enquêteurs, mais c'est tout ; pareil pour Ambroise.

- Ils sont là.

- Ils sont venus ensemble ?

- Oui. Et s'ils ne sont pas au courant, tu vas avoir du mal à leur expliquer pourquoi il y a dans ton Bar un Chien des Enfers et un Féli-Dragon."

Oh misère !

Ils étaient tellement habitués aux reptations de Flûtiau parmi les tables qu'ils en avaient oublié sa présence, de même que celle de Massacre.

"Zut, fit Nemo depuis le comptoir en voyant s'abaisser la poignée de la porte, pas le temps de les cacher dans l'arrière-salle. Planquez-vous, les petiots !"

Les deux Créatures obtempérèrent. Flûtiau se glissa avec difficulté dans un bas de buffet rempli de vaisselle qui souffrit beaucoup du choc. Massacre... sa ressemblance avec un chien-loup ne suffisait pas à le faire passer pour un toutou à sa mémère. Il vint derrière le comptoir, sur les pieds du vieil homme.

Juste à temps. La porte avait fini de s'ouvrir.

L'homme qui entra en premier possédait une autorité naturelle qui le désignait comme étant l'ancien gradé des Services de Renseignements. L'autre, dont les yeux furetaient partout resta un instant sur le pas de la porte, méfiant, et finit par entrer. Les deux hommes pouvaient différer de comportement, ils n'en étaient pas moins de la même famille. Leurs traits parlaient pour eux : même silhouette mince, même forme de visage, même couleur verte des yeux sous des sourcils de neige. Ils devaient avoir une soixantaine d'années.

"Bonsoir, Antoine, fit Roger, l'aîné des cousins, en ôtant son manteau, heureux de te revoir.

- Moi aussi. Bien que j'aurais aimé que ce fût en de meilleures circonstances.

- Hmm, il semblerait qu'il n'y ait que le drame qui fasse que nos chemins se croisent, ces temps-ci."

Nemo acquiesça sans un mot. Le souvenir du jour où il avait dû annoncer la mort de son fils à l'ancien espion tournait toujours dans sa tête. C'était la première fois qu'il voyait son mentor pleurer. Il ignorait si Ambroise était au courant de ce deuil. Oui, sans doute. Les cousins avaient dû se retrouver pour l'enterrement. Fichue histoire ! *

"Ça va ? demandait Roger, la mine inquiète.

- Oui bien sûr ! Pourquoi ça n'irait pas ?

- Je ne sais pas. Tu as l'air d'avoir mal."

L'ancien espion avait tapé dans le mille sans le savoir. Nemo avait mal.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Massacre, sous le comptoir, avait commencé à lui baver sur les pieds. Car le Chien des Enfers, peu renommé pour sa patience, avait vite regardé autour de lui s'il n'y avait pas quelque chose d'intéressant à voir... ou à manger.

Et il y avait une casserole de Sauce Bolognaise juste sous son nez.

Alors la Créature avait commencé à laisser tomber des gouttes de salive corrosive sur les chaussures du vieil homme, l'acide avait entamé le cuir et commençait à attaquer les chaussettes.

"Voyons, Antoine, je vois bien que ça ne va pas. Que t'arrive-t-il ?

- Rien rien, ce sont mes cors au pied qui me tracassent.

- Cela ne serait pas plutôt l'espèce d'animal dont j'ai vu la forme disparaître derrière le zinc qui vous... tracasse ?"

Ambroise, le cadet, avait parlé pour la première fois.

Observateur, le cousin. Il a dû voir le Chien à travers la vitre.

Intrigué, Roger avança jusqu'au comptoir, le contourna.

"Bonjour, fit-il à Massacre, c'est toi qui fais des misères à mon ami ?"

Indignée, la Créature se redressa et sortit de sa cachette, épargnant par là-même les orteils maltraités.

"Je n'ai jamais vu une toison si moutonneuse sur un chien, s'étonna Ambroise, c'est quoi comme race ?

- Un Lambswool de Nouvelle-Zélande.

- Ah bon ? Et ces yeux vert glauque, c'est normal ?

- J'ai pris l'option phares fluos..."

Nemo ne put ajouter un mot, car un bruit de catastrophe vint du buffet bas où Flûtiau s'était réfugié.

"Que... qu'est-ce que tu as là-dedans ?! sursauta Roger.

- C'est le chat.

- Un chat ?!"

Incrédule, le cadet des cousin Chassebois fonça vers le buffet secoué de toute part, sous l'œil des Sorciers réfugiés au fond de la Salle.

Merlin, pensait Dumbledore, nous allons droit à la catastrophe ! Ces Moldus vont tout découvrir, renoncer à nous aider et peut-être même nous dénoncer à... à je ne sais qui. Et nous ne pouvons pas les Oublietter, puisque nous n'avons plus de Magie !

Durant la réflexion d'Albus, Ambroise avait ouvert en grand les vantaux de bois et dévoilé l'occupant du buffet, un Flûtiau parsemé de morceaux d'assiettes, de fourchettes plantées dans ses poils soyeux comme autant de peignes et éternuant sous l'action d'une poivrière dansant sur son museau.

"Antoine, tu vas devoir nous expliquer tout cela." grinça l'ancien espion, aussi estomaqué que son cousin.

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Il fallut en passer par là. Nemo raconta tout : comment avait été créée son équipe d'Enquêteurs et pourquoi, la nature des Sorciers, la Magie, l'Héritage des Dieux qu'ils avaient tous à différents degrés. Bizarrement, ce dernier point sembla calmer les Moldus. Nemo se demandait pourquoi, avant de se souvenir qu'ils partageaient un amour commun pour l'histoire, l'archéologie et la Mythologie. La perspective de côtoyer des descendants des Dieux ne les effrayaient pas, ils avaient l'impression, par personne interposée, d'entrer à nouveau dans ce monde qui les passionnait tant.

"Donc, si j'ai bien compris, dit l'aîné à Severus, vous avez deux sources de Pouvoirs, et on vous a coupés de la première.

- La Magie, oui. Seule nous reste celle de nos ancêtres.

- Vous pouvez nous faire une démonstration ?" demanda Ambroise.

Severus acquiesça.

"D'Asclépios, Dieu de la Guérison, j'ai le Pouvoir de discerner ce qui est caché à l'intérieur du corps...

- Vous agissez comme des rayons "X" ?

- C'est un peu cela. Ainsi je peux voir que votre cousin a eu une fracture du bras gauche qui remonte à des dizaines d'années.

- Exact ! Il était tombé dans l'escalier de la maison familiale,

... et avec moi, vous trouvez quelque chose ?"

Le Potionniste resta muet un instant. Il n'y avait rien de spécial dans la chair d'Ambroise Chassebois, l'homme le titillait, tout simplement.

Attends un peu.

"Vous avez été et vous êtes dans une forme excellente. La seule chose distinctive que je vois, c'est un tatouage à la surface de votre peau qui date de votre adolescence.

- Tiens tiens, railla Roger, un tatouage. Je ne l'ai jamais vu. Que représente-t-il ?

- Euh, ce n'est pas nécessaire de le dire.

- Mais si, mon vieux ! Alors ?

- Un cœur avec écrit dedans : "A Hélène pour la vie !"

- C'était la Professeure de français du Lycée," fit Ambroise d'une voix mourante.

Même cinquante ans après, il s'empourprait.

"Il n'y a pas de quoi en rougir, cousin." sourit Roger.

Severus était d'accord. Ce tatouage portait encore en lui affection et tendresse, il le sentait.

Tout le contraire de ce que Voldemort lui avait imposé avec sa Marque.

Il préféra ne plus y penser.

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Après cela les cousins avaient accepté de les aider pour cette histoire d'enlèvement et minuit les trouva tous, Sorciers, Moldus et Créatures autour d'un en-cas, pour les humains, et d'une marmite de Sauce Bolognaise pour Flûtiau et Massacre. Le repas expédié, Ambroise déplia sur la table le plan de l'immeuble dont il était propriétaire, et qui serait bientôt le théâtre des opérations.

"Voici l'appartement du dernier étage, dit-il, l'escalier pour y parvenir est étroit et grince au moindre pas. Et le temps de monter... ça annule l'effet de surprise et ne laisse aucune chance à un commando, même aguerri.

- Bon. Peut-être faudra-t-il envisager un assaut par les toits.

- On y pensera plus tard, Nemo, soupira Roger, quand ceux d'Interpol seront là. En attendant,

Ambroise, dis-nous tout ce que tu sais sur tes locataires."

Le vieil homme aux yeux verts se rembrunit.

"Ils ont signé le bail il y a une semaine, ils ont payé en espèces...

- Et tu ne t'es pas méfié ?

- Pas vraiment.

Je les ai quand même observés. Ils prétendaient être des bûcherons entre deux contrats ; quand ils ont emménagés, il y a deux jours, ils ont transporté une caisse qu'ils ont fait chuter et elle s'est ouverte.

- Et...

- ... il en est tombé un casque de protection et une tronçonneuse, mais rien d'autre. Oh bon sang ! fit-il en pâlissant.

- Quoi ?!

- La caisse était bien trop grande pour ces deux objets, il devait y avoir un double fond, et la petite était à l'intérieur.

- Et c'est sans doute à ce moment-là que le bouton est tombé dans le parking," conclut Lydie.

Tout collait.

"Bien, dit Severus, nous avons éclairci le passé, du moins une partie.

A nous d'écrire l'avenir."

...


* Nemo y fait allusion dans le Dix-Neuvième Parallèle.