Chapitre 12

J'étais bénie par les anges, la soirée de Jessica tombait le jeudi pendant la semaine de repos de Charlie, ça voulait dire que je pouvais y aller sans que Carlisle soit au courant. Je culpabilisai par rapport à Edward mais c'était la première fois que je pouvais avoir des amis comme une personne qui ne serait pas amie avec Edward. Je voulais... j'avais besoin de ça, juste un peu. Juste les deux ans où Edward, Bella et moi serions séparés, ensuite, ce sera fini, il n'y aura plus qu'Edward et Bella.

« Ne rentre pas trop tard, il y a tout de même cours, demain, me prévint Charlie.

« Je quitte la soirée à minuit, d'accord ?

« D'accord, amuse-toi bien.

Le manoir des Cullen étant reculé, si je longeai ma maison en allant vers la gauche, Carlisle ne pourrait jamais me voir sortir et je pourrais rejoindre l'arrêt de bus sans problème. Durant tout le trajet, j'étais à la fois excitée de braver l'interdit et effrayée que Carlisle soit de sortie et m'aperçoive en passant. C'était un cocktail d'émotions assez intense. J'arrivai chez Jess qui m'accueillit avec entrain, la plupart de ses invités étaient déjà arrivés. Je retirai ma veste et la rangeai dans une chambre avec les autres affaires puis Jessica me traîna jusque la cuisine où elle me servit un verre.

« Tiens, mange en même temps et bois doucement, si tu n'as pas l'habitude.

Ce qu'elle dit n'avait pas de sens pour moi jusqu'à ce que je prenne une gorgée. L'amertume de l'alcool me fit grimacer. C'était la première fois que j'en goûtais et je me demandais si j'allais réussir à terminer mon verre. On rejoignit un petit groupe de filles et nous décidâmes de nous écarter de ceux qui dansaient en rythme avec la musique un peu trop forte. Le canapé étant réquisitionné par un couple à deux doigts de s'avaler l'un l'autre par la bouche, nous nous assîmes en cercle dans un coin du salon. La discussion commença et je ne m'étais pas préparée à ce qu'on parle de garçons et de trucs que les filles faisaient avec eux.

« Et toi, Jamie ? S'enquit Olivia. Tu as déjà fait des trucs ? Avec Edward peut-être ?

« Non, jamais.

« Jamais ? S'étonna-t-elle.

« Jamais, répétai-je. Et Edward est le petit-ami de ma sœur, pas le mien.

« Et avec un autre ?

« Non plus.

« Il faut remédier à ça, tu verras comme c'est génial. Qui t'intéresse, alors ? On peut te brancher.

Très mauvaise idée.

« Mh, personne.

Tous les regards furent sur moi comme si j'avais dit une énormité.

« Pour l'instant, ajoutai-je.

« Si tu préfères les filles, c'est ok, hein. Je connais quelques filles.

« Non, non, je ne préfère pas les filles c'est juste que c'est pas quelque-chose qui me traverse l'esprit, en ce moment.

« Tu as au moins... déjà été embrassée ? Sur la bouche, je veux dire.

« Non.

Cette conversation me mettait mal à l'aise, j'espérai qu'on allait vite changer de sujet.

« Tu devrais te faire embrasser, ce soir, déclara Jessica. On ne peut pas te laisser sortir d'ici complètement ignorante.

« Hm, non merci, ça va.

« Mais si, allez.

« Non.

« Arrête d'insister, Jess, intervint Emily. On a assez de mecs qui ne savent pas ce que "non" veut dire pour que les filles s'y mettent aussi. Si Rosalie t'entendait, crois-moi qu'elle te ferait une sacré scène.

« Rosalie ? C'est une hystérique, un peu.

« Tu parles de ma cousine, là. Elle n'est pas hystérique, elle a du caractère et elle a des raisons d'en avoir.

« Rosalie et toi, êtes cousines ? Vous êtes tout l'opposé, physiquement.

« Nos mères sont sœurs et mon père est d'origine amérindienne alors forcément...

« Elle fait quoi maintenant, elle travaille ?

« Elle est en deuxième année de psycho, à Ellensburg.

La conversation continua de glisser vers les études et la vie professionnelle, ce qui était une conversation plus facile même si je n'avais toujours aucune idée de ce que je voudrais faire plus tard. À minuit, je quittai la fête pour rentrer à la maison. Charlie était déjà au lit, aussi me dirigeai-je en silence dans ma chambre. Je me mis en pyjama en me demandant si les soirées valaient vraiment le coup de risquer une punition.


Comme Charlie était en congé, Bella était directement rentrée à la maison en revenant d'Ellensburg pour dîner avec nous et passer la soirée en famille. Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous allâmes chez les Cullen pour trouver Edward. Mon sourire se fana en le voyant acculé à la table, deux chaises avaient été placées contre le mur et je me rappelai de la dernière fois qu'il avait placé ces chaises ainsi.

Il releva le visage de son portable et le glissa dans sa poche. Son visage était fermé et je craignis le pire.

« Salut chérie, bébé, nous salua-t-il.

Son visage froid se tourna vers moi.

« Ça a été, ta semaine, dis-moi ?

« Oui.

Mon regard dévia sur les chaises avant de se remettre sur lui.

« Tu n'as rien à me dire ?

Il pencha la tête.

« Rien de particulier ? S'enquit-il.

Je me crispai, restant silencieuse. Il ne pouvait pas le savoir. Comment aurait-il pu ?

« Un événement inhabituel dans ta semaine ? Par exemple, jeudi soir ?

Je fuis son regard glacial, grimaçant parce que j'étais dans la merde.

« Carlisle a été bien avisé de vous rendre une petite visite surprise, ce soir-là. Il craignait que cette soirée dont tu lui as parlé se déroule justement ce jour-ci où tu aurais pu te sentir libre de me désobéir. Il m'a tout dit, hier.

« Edward, prononçai-je la voix rendue aiguë par la peur. Pardon, je le referais plus.

« Si, tu le referas, si je ne te punis pas. Tu seras juste plus prudente. N'ai-je pas raison ?

« Non, me crispai-je, les larmes aux bords des yeux.

« Edward, c'est ma faute, intervint Bella. Je l'ai encouragée à se faire des amis pour ne pas qu'elle se sente seule, la semaine.

Edward regarda Bella avec autant de froideur dans le regard. Il se décolla de la table pour l'enserrer par la gorge et il rapprocha leurs visages l'un de l'autre. Il était vraiment effrayant quand il était comme ça.

« Tu l'as encouragée ?

« Oui.

« Qu'est-ce que tu pensais faire exactement ? Tu savais que ça se terminerait mal pour elle, d'une façon ou d'une autre et pourtant, tu l'envoies quand même se casser la gueule. Personne ici n'a besoin de quelqu'un d'autre que nous, ni toi ni elle. C'est compris ?

Bella suffoquait, ses deux mains entouraient le bras d'Edward sans vraiment chercher à s'en défaire, elle savait que ça ne ferait que prolonger la punition.

« Tu as compris ? Demanda-t-il avec dureté.

« Oui.

Edward la relâcha, elle se frictionna la gorge pour retirer les traces de sa main. Il voulut la prendre dans ses bras mais elle recula, le foudroyant du regard. Il se passa un instant comme si le temps s'était arrêté. Je me demandais comment Edward allait réagir face à ce rejet mais Bella s'effondra sur lui et il la prit dans ses bras, lui murmurant que tout allait bien, qu'elle avait été courageuse. Elle finit par se calmer puis il alla en haut avec elle. Je restai bête sur place, me demandant si je venais d'échapper à ma punition grâce à Bella. Après quelques minutes, en voyant qu'il ne redescendait pas, j'allais m'asseoir sur le canapé, ne voulant pas me rappeler à sa mémoire tout de suite.

Une quinzaine de minutes plus tard, Edward revint seul, je me levai avant qu'il n'arrive à ma hauteur, voulus reculer mais me ravisai. Il m'agrippa par la nuque et m'amena ainsi à la table. Il tordit mon bras davantage que la dernière fois et ça n'en faisait que plus mal. J'avais l'impression qu'il allait me l'arracher.

« Tu m'as désobéi, tu as menti à Carlisle, tu as continué de me désobéir et tu as essayé de tout me cacher. Ça fait beaucoup, tu ne crois pas ? Me gronda-t-il en serrant mon poignet plus fort.

« Pardon, hoquetai-je.

« Tu n'as pas besoin des autres, il me semble que ce n'est pas la première fois que je te le dis.

« Pardon.

« Tu as compris ou je vais devoir te punir à nouveau dans trois semaines parce que tu auras parlé à quelqu'un, encore une fois ?

« Non, j'le ferai plus.

« Bien, souffla-t-il.

Il me relâcha doucement et je restai immobile un instant.

« Redresse-toi, bébé, murmura-t-il en m'aidant par le côté de l'épaule.

Il me fit tourner et je me laissai tomber contre son épaule en pleurant.

« Chhht, chhht, c'est fini, bébé, ma petite hirondelle. C'est fini, tu as été courageuse. Tout va bien, maintenant que tu as compris. Tout va bien, chhht.

Quand mes pleurs s'assagirent, il me décala.

« Viens par là, me dit-il.

Il me prit la main et m'entraîna vers le canapé, il s'assit et je m'installai à ses côtés, il serra ma main dans la sienne.

« Ce n'était qu'une petite incartade, n'est-ce pas ? Me demanda-t-il. Les choses sont rentrées dans l'ordre maintenant ?

Je hochai la tête.

« C'est bien, bébé. Je sais que tu ne me décevras plus, maintenant.

Je secouai la tête. Quand il estima que j'étais suffisamment calmée, nous nous levâmes et nous rejoignîmes Bella dans leur chambre, elle était allongée sur le côté, je m'allongeai près d'elle. Edward s'assit à nos pieds, adossé au mur et commença à masser les pieds de Bella. Après ça, tout était redevenu normal entre nous. Carlisle ne me fit aucun commentaire au déjeuner mais il m'avait envoyé un regard entendu lorsqu'il m'avait vu me masser l'épaule.


J'avais repris mes habitudes solitaires après ce week-end là, les filles et Mike ne comprenaient pas pourquoi je les ignorai de nouveau d'un seul coup mais je ne m'autorisai même pas à leur donner une explication tellement j'avais peur de revivre à nouveau cette punition.

Je repris mon statut de solitaire jusqu'à ce que les profs décident de nous faire travailler en groupe sur certains devoirs. Je profitai timidement de ces moments pour discuter avec mes camarades de groupe, appréciant ces moments d'échange dont le thème de discussion déviait souvent de nos travaux. Nous étions début mai et j'avais hâte des vacances mais je devais attendre deux mois, encore.

« Jamie ? M'interpella l'entraîneur de foot alors que je revenais du déjeuner.

« Oui ?

« Je peux te parler, un instant ?

Je hochai la tête et le suivis dans les couloirs, il m'entraîna dans une salle inoccupée dans laquelle il me laissa entrer en première et ferma la porte derrière nous puis il se tourna vers moi. Il s'approcha tranquillement, un léger sourire sur les lèvres.

« J'ai remarqué quelque-chose, l'an dernier, commença-t-il.

Il me fixait d'un regard qui me mit mal à l'aise, sans vraiment savoir pourquoi.

« Edward... il n'apprécie pas beaucoup que tu fréquentes d'autres élèves.

Je n'étais pas sûre de savoir ce qu'il fallait répondre. Oui ? Non ? Edward allait-il avoir des problèmes ?

« Y a-t-il un problème avec ça ?

Son regard me fit penser à celui d'un félin... en chasse. Le sourire en coin qu'il m'envoya me semblait mauvais.

« Et bien, non mais j'ai effectivement un problème.

Je me tins sur mes gardes parce que quelque-chose n'allait pas ici.

« Je suis un homme, vois-tu et tu es... une très jolie jeune fille. Une petite gazelle sans défense... exactement le genre qu'il me faut.

Je reculai, complètement effrayée maintenant.

« Et pour te motiver un peu, sache que je garde contact avec tous mes joueurs après leur départ alors je n'hésiterai pas à lui parler du nombre considérable de mecs qui sont passés entre tes jambes depuis qu'il a le dos tourné... si tu ne te laisses pas faire.

« Mais c'est faux.

« Et tu penses qu'il te croira ? Évidemment que tu nierais une telle vérité.

Au fur et à mesure que je reculais, il avançait. Il avait l'air d'être déjà vainqueur, son visage montrait qu'il me tenait, que je ne pourrais pas lui échapper.

« Je suis certain qu'il n'appréciera pas et qu'il saura te le faire savoir. Je connais les mecs comme lui. Et si tu parles de notre petit secret, je m'assurerai que tout le monde sache quelle petite traînée tu as été en me suppliant de te baiser.

J'essayai de me rappeler les techniques de défense qu'Edward m'avait apprises. Viser ce qui est le plus sensible, le nez, la pomme d'Adam, le poing serré sans coincer le pouce sous les doigts ou un bon coup de genou dans les parties intimes, assez dévastateur. Et en dernier recours, s'il n'y a vraiment aucune échappatoire, faire semblant d'accepter son sort, attirer l'attention du type sur sa bouche... et mordre de toutes ses forces.

Il était hors de question d'en arriver au dernier recours.

« Je vois que tu es raisonnable, bichette.

Il leva la main pour caresser mon visage et je lui envoyai mon poing en priant pour atteindre son nez. Je l'aurais fait s'il n'avait pas eu le réflexe de tourner la tête.

« Putain, grogna-t-il quand mon poing s'abattit sur sa pommette.

Je le contournai pour sortir mais il m'agrippa et colla mon dos contre le tableau, la barre où était posée les craies me rentra dans la colonne vertébrale et me fit mal. Sa main me maintenait les cheveux, les tirant pour me maintenir en place.

« Je voulais y aller doucement mais puisque tu n'es finalement pas raisonnable.

Son haleine empestait le tabac froid et m'agressa les narines alors que la main qui ne me tenait pas essayait de défaire le bouton de mon jean. Je me sentais incapable de bouger, j'étais comme paralysée et pourtant, je voulais faire quelque-chose, n'importe quoi, je voulais m'en sortir.

« Tu mérites une bonne punition.

Ces mots me sortirent de ma stupeur. Ces mots que je détestais me sauvaient probablement la vie. J'envoyai mon genou dans ses parties, il hurla et recula d'un pas, me lâchant les cheveux pour se tenir l'endroit douloureux.

« Y a qu'Edward qu'a le droit de me punir, hurlai-je en le poussant aussi fort que je pouvais.

Je courus au dehors de la classe puis dans les couloirs. J'attrapai quelques regards curieux mais je n'en avais rien à foutre, je sortis du lycée puis me cachai entre deux voitures, m'asseyant au sol, adossée contre le muret qui entourait le parking. Ce ne fut qu'alors que je remarquai que je tremblais. J'agrippai mes genoux et attendis que mes émotions se calment. La frayeur passée, ne restait plus que la colère. Une colère froide et sombre. Je sortis mon portable de ma sacoche à bandoulière et appelai.

« Hey bébé, j'allai en cours...

« Edward ? Le coupai-je.

« Oui ?

« Tu peux venir au lycée ?

Trois secondes passèrent avant qu'il ne réponde :

« Laisse-moi le temps de récupérer mes affaires, de faire le trajet et j'arrive.

« Ok, soufflai-je.

« J'arrive.

Il raccrocha. Je pensais qu'il allait vouloir une explication mais il n'avait même pas posé de question. Il y avait presque 3h de route entre Ellensburg et Seattle, si tu roulais tranquillement, ça promettait une longue attente mais elle me permettra sûrement de calmer ma colère.

Chaque fois qu'un mec passait, je le regardais furieusement pour lui faire perdre toute envie de vouloir quelque-chose qu'il n'avait pas le droit de vouloir. La plupart n'avait même pas conscience que j'étais là. Après une heure, je me raisonnai en admettant que tous les mecs n'étaient pas des agresseurs. Après deux heures, j'étais fière de moi de m'être échappée sans aucun dommage, en étant seulement un peu bousculée émotionnellement. Tout aurait pu être tellement pire.

Mais ça ne l'avait pas été.

Je vis la Volvo d'Edward passée devant moi, dans l'écart des deux voitures qui me cachaient. Il était là. Tout ira bien, maintenant. Je pris une bonne inspiration que je soufflai doucement et me relevai. Edward s'était arrêté devant les portes du bâtiment principal, il avait mis les warning et il se dirigeait à l'entrée, pensant sûrement que j'étais à l'intérieur. Les bruits de mes pas attirèrent son attention et alors qu'il me vit, je courus pour qu'il me tienne dans ses bras. Mon visage était caché dans son cou et je le serrai aussi fort que je pouvais le faire. Il me serra davantage en réponse.

« Merci, soufflai-je. Merci d'être venu, tu n'as même pas demandé pourquoi.

« Hey, bébé, murmura-t-il. J'ai dit que je ne te laisserai jamais tomber. Tu as besoin de moi alors je suis venu. Qu'est-ce qui s'passe ?

« C'est ton ancien entraîneur.

« James ?

« Il... il a dit qu'il te dirait que j'ai couché avec plein de mecs depuis ton départ et que si je parlais, il dirait que j'étais une traînée et que je l'avais supplié. Il a...

« Il t'a fait du mal ? Il t'a touchée ?

« Non, je l'ai frappé au visage, il m'a rattrapée mais j'ai réussi à lui donner un coup dans les... parties, avec mon genou. Je me suis enfuie, je me suis cachée et je t'ai appelé.

Il me serra puis il me recula pour encadrer mon visage de ses mains.

« Il t'a frappée ?

« Il m'a tiré par les cheveux pour me tenir tranquille avant que je lui frappe les parties.

« Comment tu te sens ?

« Il m'a fait peur mais là, je suis surtout furieuse parce qu'il voulait... parce qu'il a dit ces trucs et il a voulu toucher mon visage, il a essayé de déboutonner mon jean pendant qu'il me tirait les cheveux. Je ne peux pas... je peux rien faire, moi.

Edward était tellement furieux, je savais qu'il allait le faire payer, qu'il allait me protéger, il était là, je ne risquai plus rien. Edward déposa un baiser sur mon front puis me prit la main et m'emmena avec lui, faisant le tour du bâtiment.

« Je vais retirer toute envie à ce bâtard de poser la main sur toi. Il va avoir ce qu'il mérite pour ce qu'il t'a fait et ce qu'il a essayé de te faire.

Edward nous dirigea vers le terrain, nous entrâmes dans les vestiaires où l'entraîneur, James, était en train de sortir un filet avec des plots à l'intérieur, pour l'échauffement des joueurs puisque la fin des cours était imminente. Il ne s'attendait pas à voir Edward débarquer et la surprise passée, il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Edward s'était jeté sur lui et le rouait de coups de poing. Son nez saigna très vite, Edward frappait, le visage, le ventre, le visage à nouveau. James avait tenté de se défendre au départ mais Edward était tellement enragé que James avait fini par utiliser ses bras comme barrière pour se protéger. Quand il tomba à terre, ça n'arrêta pas Edward qui lui donnait des coups de pieds.

Je ne pensais pas qu'une telle vision de violence me procurerait de la satisfaction. Ce type avait tenter de me violer, je voulais qu'il se sente démuni et qu'il souffre – surtout qu'il souffre – suffisamment pour qu'il ne tente jamais une seconde fois avec quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui n'aurait pas un faucon pour le protéger.

Des gars entrèrent et après un temps de réalisation, ils se précipitèrent sur Edward pour le maintenir hors de portée de James... qui ne bougeait plus. J'espérai secrètement qu'il soit mort même si ça faisait de moi une mauvaise personne. Au moins, nous serions sûrs qu'il n'agressera jamais personne d'autre.

« Putain, t'es malade, calme-toi.

Un autre appelait la police. Edward avait le regard fou diriger sur James. Je ne savais pas quoi faire, il essayait de se débarrasser des types pour se déchaîner à nouveau sur le corps inerte de l'entraîneur. Je fis la seule chose qui pour moi, l'empêcherait de s'acharner à nouveau. Je me blottis contre lui même s'il ne pouvait pas me serrer en retour, ses bras étant immobilisés par les gars.

« Merde, Edward, souffla un mec. Tu l'as presque tué.

Les gars finirent par le lâcher en voyant qu'il ne cherchait plus à se défaire de leur prise. Il me prit dans ses bras.

« Il méritait chaque coup, ce bâtard, cracha-t-il.

« Putain de merde, entendis-je.

« Viens, bébé, souffla Edward.

« J'ai appelé la police.

« Et bien, ils sauront où me trouver, j'imagine.

Edward me guida à l'extérieur des vestiaires, laissant son bras dans mon dos. Nous refîmes le tour du bâtiment, en silence mais d'un pas moins pressé, comme s'il n'avait pas peur de se faire arrêter.

« T'iras en prison à cause de ça ? M'inquiétai-je quand nous fûmes dans sa voiture.

Il démarra.

« C'est probable.

Il me prit la main et la serra, conduisant de l'autre.

« Mon père a de bons avocats, je ne prendrais sûrement pas longtemps.

« Je veux pas, couinai-je.

Il leva ma main et y déposa un baiser avant de la remettre à sa place. Il la relâcha pour rétrograder et la repris durant le feu rouge. Il contempla nos mains jointes un moment.

« Regarde, bébé, murmura-t-il.

Il détacha sa main et la tourna pour me montrer sa paume près de la mienne.

« La seule cicatrice que j'ai gardé du rituel, c'est la tienne. Tu as la même, juste là.

Il glissa son index le long de ma ligne.

« Si je dois aller en prison, tu n'auras qu'à regarder ta cicatrice et tu sauras que je reviendrai.