C'était l'effervescence à la sortie du lycée. Les jeunes sortaient de tous les coins par petits groupes, s'arrêtaient pour discuter en attendant leur bus, ou repartaient chez eux à pieds. Certains sortaient seuls, d'un pas pressé, pendant que d'autres riaient en bandes d'amis. Une jeune fille blonde passa la grille en parlant avec ses amis.

… : Je te jure, il n'arrête pas de me dire que je dois faire un bac S, que c'est du gâchis d'aller en L…
… : Et tu lui as répondu quoi ?
… : Que même si j'avais 17.5 de moyenne en physique-chimie, j'avais 18 en français !
… : Julie, toujours fidèle à elle-même !
Julie : Oui enfin, Simon, on ne peut pas dire que tu m'aies aidée à me défendre !
Simon : C'est ton orientation, pas la mienne ! Et puis si tu vas en L, je vais me retrouver tout seul dans ma classe de S !
Lucas : Sympa pour moi ! Je te rappelle que je vais en S aussi !
Julie : Bon, c'est pas que je veuille fuir ce débat… passionnant, mais Marion doit m'attendre. On se voit demain !
Lise : Ouais, à demain Julie !

La jeune fille s'éloigna du parking bondé, traversa la route, et tourna au coin d'une petite ruelle. Elle croisa quelqu'un et lui dit poliment bonjour. Elle sentit alors un mouchoir humide sur sa bouche. Peu à peu, son image s'effaça dans la ruelle. C'était un lundi. Il était 17h10.

Toute l'équipe de Jack Malone revint enfin au bureau. Personne n'était rentré chez lui depuis plus de 36 heures. L'intervention avait été particulièrement difficile, surtout pour Martin. L'agent s'assit à son bureau, et ferma les yeux un instant.

FLASH-BACK
Alice était là, juste au bout du couloir, à quelques mètres de Martin. En voyant son ventre déjà bien arrondit, l'agent pria le ciel pour que le bébé ait survécu à cette séquestration. Alors qu'il s'approchait lentement de la jeune femme, et qu'il s'apprêtait à avertir Jack qu'il l'avait retrouvée, un homme arriva derrière elle. Il pointait une arme sur sa pauvre victime sans défense, à la limite de l'inconscience. Suivant son instinct d'agent, Martin sortit à son tour son arme, et tira un seul coup. L'homme s'écroula, une balle logée au milieu de son front.

- Alice ! Tout va bien, ne vous inquiétez pas ! Mon nom est Martin Fitzgerald, je travaille au FBI.

- Martin…

La voix était faible et semblait être un avertissement. Martin se retourna ; l'homme avait un complice qui le regardait, l'œil sombre.
Le temps de se lever, l'agent reçut un violent coup de poing à l'arcade. C'est alors que le combat commença. Les deux hommes se battaient sans relâche, rendant coup pour coup. Ils reculaient cependant dangereusement vers la rambarde qui donnait sur le hangar en bas. Le ravisseur était en position défavorable.
Martin le poussa violemment, et il bascula par dessus la rampe. Dans un dernier mouvement il attrapa le bras de son adversaire, qui tomba alors avec lui. Mais soudain une main pris celle de Martin. Il leva les yeux, et vit Danny qui tentait de le retenir de toutes ses forces. D'un coup de pied il fit lâcher prise au ravisseur et parvint à prendre appui sur la rambarde. Il remonta, exténué et en sang, au moment où les autres arrivaient.
FIN FLASH-BACK

Jack : Martin, tu devrais rentrer chez toi. Tout le monde est déjà parti.
Le jeune agent ne répondit pas.
Jack : Tu aurais dû aller à l'hôpital.
Martin : Je vais bien.
Le ton qu'il avait employé sonnait faux. Il avait l'air absent, la voix comme lointaine.
Jack : Ecoute je… Je sais que c'est une période difficile pour toi… On enchaîne les enquêtes dures et tragiques, et je me rends bien compte que tu as souvent le mauvais rôle dans ces histoires… Alors sache que… Je suis là. Ne l'oublie pas surtout.
Jack observa un instant son agent. Son visage portait les marques du combat. Ses poings étaient ensanglantés. Ses vêtements avaient été déchirés à certains endroits par la rambarde sur laquelle il avait été projeté.
Jack : Tu devrais prendre quelques jours de congé Martin.
Martin : Je vais bien Jack.

Le lendemain matin, au bureau, tout le monde était de retour. Il ne manquait plus que Martin. Enfin, la porte de l'ascenseur s'ouvrit sur lui. Son teint était très pâle, comme s'il n'avait pas dormi, et il avait l'air absent d'une personne préoccupée, mal dans sa peau.

Martin : Désolé pour le retard Jack. J'avais quelque chose à faire.

FLASH-BACK
Martin sortit d'un magasin et monta dans sa voiture. Il extirpa plusieurs petites boîtes cylindriques d'un sachet, les observa un moment, puis les remit à leur place. En regardant l'heure, il vit qu'il était en retard. Il démarra alors, se dirigeant vers les locaux du FBI.
FIN FLASH-BACK

Jack : C'est rien.
Vivian : Qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ?
Jack : Julie Hearn, 15 ans. Elle a été vue pour la dernière fois hier soir, vers 17h00, à la sortie de son lycée. Elle a discuté un moment avec ses amis et puis elle est partie rejoindre la mère de sa famille d'accueil.
Danny : Elle est en famille d'accueil ?
Jack : Oui. Elle est orpheline. Son père s'est suicidé il y a cinq ans et sa mère est morte dans un accident de voiture il y a six mois. Tous ses frères et sœurs sont plus âgés et en situation stable, mais le juge a estimé que ce n'était pas une bonne chose pour Julie. Il leur a même interdit tout droit de visite.
Sam : Elle est dans quelle famille ?
Jack : Chez Marion et Daniel Jews.
Danny : Si sa famille n'a plus le droit de la voir, ça pourrait expliquer sa disparition, non ?
Vivian : Tu veux dire que ses frères et sa sœur l'auraient enlevée pour la voir ?
Danny : Pas nécessairement enlevée… A sa place, après six mois, tu n'aurais pas envie de tout faire pour revoir tes proches ?
Jack : Tu penses donc à une disparition organisée ? C'est une piste intéressante… Danny, Martin, vous vous en occupez d'accord ? Sam, vérifie ses relevés de téléphone portable, sa boîte mail et tout ce qu'elle a pu recevoir chez les Jews. Vivian, on va rendre une petite visite à sa famille d'accueil.