Jack
avait enfilé des gants, et fouillait dans les affaires de Julie
Hearn. Le décor était classique, elle n'avait certainement pas
encore trop eu le temps de faire de la pièce sa
chambre. Il remarqua toutefois la présence de nombreux dessins en
noir et blanc. Ils semblaient avoir été faits par la jeune fille.
L'un d'eux choqua Jack plus que les autres. Il représentait un
homme qui tenait une fille dans ses bras alors qu'elle se débattait
et criait, sur un bâteau qui s'éloignait de la côte où un groupe
de personnes pleurait.
Sur le bureau, quelques photos montraient
l'adolescente avec sa famille et ses amis.
Soudain, un homme
entra dans la chambre.
... : Agent Malone je présume ?
Jack
: Lui-même. Et vous êtes ?
... : Christian Jews, le mari de
Marion. C'est elle et votre collègue qui m'ont dit où et qui vous
étiez.
Jack : Oh ! Enchanté !
Mr Jews : Avec tout le
respect que je vous dois, j'aurais préféré ne pas avoir à vous
connaître...
Jack : Moi aussi, croyez-moi. Ma collègue vous
a-t-elle déjà interrogé ?
Mr Jews : Oui. Vous avez trouvé
quelque chose qui puisse aider ?
Jack : Pas vraiment... A vrai
dire, j'ai été surpris par le peu de personnalisation de la chambre
de Julie.
Mr Jews : Je comprends oui. Mais vous savez, c'est dur
pour elle. Elle a du mal à comprendre pourquoi elle ne peut plus
voir sa famille. Et nous aussi d'ailleurs... Alors c'est comme si
elle ne voulait pas vraiment poser ses valises.
Jack : Mais, même
dans ses photos, elle n'en a presque pas.
Mr Jews : Ca, ce n'est
pas par sa volonté... Quand elle a été faire son sac, elle était
escortée par des policiers. Ils lui ont à peine laissé le temps de
prendre des affaires personnelles. Presque tout est resté dans sa
chambre, chez elle.
Jack : Vous pensez qu'elle aurait pu fuguer ?
Mr Jews : Non. Julie est passée par bien d'autres épreuves
avant. Elle n'aurait jamais fait ça.
Jack : Vous avez déjà vu
des membres de sa famille ?
Mr Jews : Non, on n'a pas le droit...
Mais Marion leur a déjà parlé cinq minutes. Elle m'a dit que
c'étaient des gens très bien. Ce qui leur arrive est terrible.
Martin et Danny sortirent de l'université. Tom Hearn ne leur
avait rien appris. Il était reparti choqué par la nouvelle, mais
n'avait rien pu leur dire.
Danny : Tu as appelé Sam pour qu'elle
fasse les recherches nécessaires ?
Martin : Oui, juste avant
qu'on n'arrive. D'ici à ce qu'on rentre au bureau, elle devrait
avoir trouvé ce qu'on lui a demandé.
Trente minutes plus
tard, Martin, Danny, Jack et Vivian arrivèrent au service. Sam les
attendait, jonglant entre plusieurs ordinateurs.
Danny : Sam ! Tu
as quelque chose à nous apprendre ?
Sam : Oui ! J'ai l'info que
vous m'aviez demandée !
Jack : Quelle info ?
Danny : On
était intrigué par ce refus de droit de visite. C'est plutôt
exceptionnel, et on voulait savoir à quoi c'était dû.
Sam : Et
vous avez eu raison de vous poser la question. J'ai contacté le
tribunal. Le juge n'a accordé aucun droit de visite parce qu'il
estime le milieu famillial de Julie trop instable pour qu'elle puisse
se construire sainement.
Danny : Ca ne nous explique pas son
choix...
Sam : Patience Danny, j'y viens ! Comme vous devez le
savoir, le père de Julie s'est suicidé il y a cinq ans. Mais ce que
vous devez ignorer, c'est que quand elle avait quatre ans, il est
devenu malade alcoolique. Et, désolée de te le dire Danny, mais sa
maladie l'a poussé à abuser sexuellement de Julie. Et puis après
quelques années, il a succombé à la dépression.
Jack : Ca
explique mieux les motifs du juge... Sinon Sam, tu as trouvé autre
chose ?
Sam : Rien d'autre pour le moment Jack.
Jack : Danny,
Martin, quelque chose à nous apprendre ?
Danny : Tout ce qu'on
peut dire, c'est que la famille de Julie n'a rien à voir avec sa
disparition. Si elle a fugué, elle n'a averti personne.
Vivian :
Je pense qu'on peut tout de suite écarter cette piste. Sa famille
d'accueil la décrit comme une adolescente très stable.
Sam :
Elle a pourtant de quoi ne pas l'être...
Danny : Et toi Jack ?
Du nouveau ?
Jack : Pas vraiment. J'ai fouillé sa chambre. Il y
a très peu de photos, Christian Jews m'a dit que c'était parce que
la police ne lui avait pas laissé le temps de prendre tout ce
qu'elle voulait dans ses affaires. J'ai quand même trouvé pas mal
de dessins qu'elle a fait. La plupart parlent de mort ou de la
séparation avec sa famille, mais d'autres plus joyeux montrent les
Jews et elle.
Vivian : En bref, rien qui ne fasse avancer
l'enquête...
Sam ne semblait plus écouter la conversation. Elle
était plongée dans l'écran de son ordinateur, et semblait
surprise.
Sam : Jack ! J'ai peut-être quelque chose
d'intéressant !
Jack : Quoi ?
Sam : Un de mes contacts chez
les flics vient de m'envoyer un mail. Julie est connue des services
de polices...
