Jack
: Comment ça ? Qu'est-ce qu'elle a fait ?
Sam : D'après ce que
mon contact m'a envoyé, elle aurait été témoin dans un procès
pour pédophilie.
Danny : Contre son père ?!
Sam : Non,
c'était l'année dernière, contre... René Mayer, son professeur de
piano.
Danny : On ne peut pas dire qu'elle ait eu beaucoup de
chance !
Jack : Le procès était important ?
Sam : Non...
Elles étaient trois à porter plainte contre lui, mais il n'a pas
été condamné.
Danny : C'est pas vrai ! Comment on peut laisser
un malade pareil en liberté !
Sam : Il a quand même été puni,
indirectement on va dire...
Vivian : La presse !
Sam : Oui !
Pendant et après le procès, ils n'ont pas arrêté d'en parler. Il
avait ouvert cinq écoles de musique dans la région. Il a dû en
fermer quatre. Il ne vit plus que de celle qui se trouve au centre de
New-York. Depuis les journalistes le laissent tranquille, mais il
doit avoir sa réputation dans les quartiers où il enseignait.
Vivian : Je crois qu'on va aller lui dire un mot !
Jack : Pas
tout de suite. Danny et Martin, vous me le retrouvez et vous vous
débrouillez pour qu'on l'ait toujours sous la main. Sam, continue à
fouiller sur le passé de Julie. Peut-être qu'on trouvera autre
chose d'intéressant. Vivian, on va aller voir ce que peut nous dire
le policier qui était responsable de l'affaire René Mayer.
Danny
et Martin n'avaient eu aucun mal à retrouver René Mayer. Ils le
pistaient depuis le bureau, comme le leur avait demandé Jack.
Soudain, Martin se leva et dit à son collègue :
Martin : Je
reviens, je vais visiter les toilettes.
Absorbé par son travail,
Danny ne se méfia pas. Il marmonna un "mouais", les yeux
collés à son écran d'ordinateur.
Martin se leva donc, et tenta
de calmer son pas pour arriver jusqu'au cabinet de toilettes. Un
homme en sortait. Il le salua d'un signe de tête, et entra en
fermant la porte.
Son reflet dans le grand miroir au-dessus du
lavabo l'effraya. Il sortit l'un des tubes cylindriques de sa poche
de veste. Pourquoi encore une adolescente ? Pourquoi encore une
injustice ? Pourquoi encore un malade qui faisait du mal à une
innocente ?
Il ouvrit la boîte. Martin savait pertinemment
qu'une seule de ces pilules le ferait replonger dans l'enfer de la
dépendance. Mais pour lui, c'était la dépendance ou la fenêtre.
Ignorant l'étiquette qui indiquait clairement Pas
plus de 10 par jour, 2 à la fois,
il en avala cinq d'un coup. Sa main tremblait, son estomac ne criait
plus famine, après avoir passé plus de trois jours sans nourriture
ou presque. Mais Martin se dit qu'il allait bien. Après avoir jeté
un dernier coup d'oeil à son reflet pâle et malade, il sortit des
toilettes.
Danny
regarda Martin tandis qu'il revenait des toilettes. Il observa sa
démarche pressée, son visage tendu, ses yeux cernés et injectés
de sang, son corps amaigrit.
Danny : Ca va Martin ?
Martin :
Sans problème, j'avais... juste besoin d'une pause.
Danny : Tu
as pourtant l'air...
L'agent n'eut pas le temps de finir sa
phrase. Son téléphone sonna. Tandis qu'il décrochait, il se dit
qu'il en reparlerait à son ami plus tard. Mais il était loin de
s'imaginer que ce serait bien plus tard... Peut-être un peu trop.
Peut-être.
Martin en profita pour s'éclipser et se remettre au
travail. En apparence tout du moins. Car en réalité, le jeune agent
commençait à sentir en lui l'effet des analgésiques. Il avait
l'impression de se déconnecter progressivement de la réalité,
emporté par les pilules. Et déjà, il ressentait le besoin de vider
la boîte, de prendre plus de pilules, encore plus, pour assouvir
cette envie grandissante que lui criait son corps tout entier.
Jack
: Inspecteur Travis ?
I. Travis : Que puis-je pour vous ?
Jack
: Agents Jack Malone et Vivian Johnson, FBI. Nous aurions quelques
questions à vous poser au sujet d'une de vos anciennes affaires.
I.
Travis : Laquelle ?
Vivian : René Mayer.
I. Travis : Oh...
Triste affaire n'est-ce pas ?
Jack : A vous de nous le dire.
I.
Travis : Suivez-moi ; on sera mieux dans mon bureau.
Les deux
agents suivirent donc le policier dans de nombreux couloirs, avant
d'arriver enfin à un petit bureau assez confortable, où ils
s'installèrent.
Jack : Alors, que pouvez-vous nous dire sur
l'affaire René Mayer ?
I. Travis : René Mayer enseigne la
musique dans la région de New-York depuis 25 ans. Il n'avait jamais
eu de problèmes jusqu'à l'année dernière. Mais un jour, une jeune
fille est venue nous voir pour porter plainte contre lui. Pour
attouchements sexuels.
Vivian : Julie Hearn...
I. Travis :
Exactement. Deux autres adolescentes l'ont suivie. Mais face à un
adulte respecté, la parole de trois adolescentes ne vaut tout
simplement rien. Tout le monde les croyait, un interrogatoire nous
avait suffit pour nosu rendre compte de la culpabilité de Mayer...
Mais légalement, il nous manquait le principal ; il nous manquait
les preuves.
Jack : Donc il s'en est tiré...
I. Travis :
Croyez-moi, j'aurais préféré le coffrer et l'envoyer à l'ombre
quelques années.
Jack : Je n'en doute pas.
I. Travis : Je
peux vous demander pourquoi vous vouliez des détails sur l'affaire
Mayer ?
Vivian : Julie Hearn a disparu. René Mayer est le
principal suspect.
