Martin descendit les escaliers en s'accrochant à la rambarde. Quand ses jambes cessèrent de trembler, il prit le chemin du séjour où l'interrogatoire se terminait.
Jack : M. Mayer, nous allons
devoir vous emmener aux bureaux du FBI afin de poursuivre
l'interrogatoire. Si vous désirez prendre un avocat, vous aurez la
possibilité d'en appeler un à votre arrivée, sinon nous vous en
commettrons un d'office par la suite, si nécessaire évidemment.
R
Mayer : Je vous assure que je ne comprends rien.
Sam : Jack ! Je
n'ai rien trouvé.
Martin : Moi non plus. Rien de spécial.
Danny : J'ai fait venir les gars de l'équipe technique. Ils ont
embarqué l'ordinateur. Ils nous diront ce qu'ils ont trouvé dans
quelques heures, ils viennent de partir.
Jack : Parfait. On
remballe et on rentre.
Les agents arrivèrent une heure plus tard au bureau du FBI. René Mayer fut tout de suite conduit dans la salle d'interrogatoire par Danny, puis il attendit, nerveux.
Jack
: Vivian, dis-moi que tu as quelque chose !
Vivian : Désolée
Jack, mais je n'ai rien de terrible pour vous. J'ai simplement pensé
qu'on pourrait interroger les amis de Julie Hearn qui l'ont vue en
dernier... J'ai leurs noms et coordonnées.
Jack : Excellente
idée. Martin, Danny, je vous laisse interroger notre suspect. Sam,
Vivian, on s'occupe des jeunes. Appelez leurs parents et
demandez-leur de les amener le plus vite possible. Allez, au travail.
Danny : Tu l'interroges et je reste derrière la vitre
d'accord ? Je jouerai le flic gentil si nécessaire, mais pour
l'instant je crois qu'il a besoin d'être secoué un bon coup.
Martin : Ca marche.
Le jeune agent entra dans la salle rectangulaire. Il prit une chaise et s'assit dessus à l'envers, face au dossier et au suspect. Celui-ci était de plus en plus nerveux.
Martin : Tout à l'heure j'ai fouillé votre chambre. J'ai
trouvé cette photo où vous êtes accompagné de tous vos élèves.
Quand je dis tous, ça veut dire qu'il y avait Julie Hearn bien sûr.
Ca ne vous rend pas malade de voir son visage tous les jours après
ce que vous lui avez fait ?
R Mayer : J'ai été reconnu innocent
!
Martin : Je vous en prie, on sait tous les deux que vous étiez
coupable ! En tout cas, depuis le début de l'enquête, j'ai pu la
voir un certain nombre de fois en photo et... Vous l'avez bien
choisie... Jeune, sexy, bien formée, sans défenses... Ca devait
être facile d'abuser d'elle pendant les cours de piano.
L'homme tourna la tête, comme s'il refusait d'entendre ce que lui disait l'agent, qui ne cessait de le fixer. Martin ouvrit alors un dossier qu'il avait devant lui.
Martin : J'ai là la déposition
qu'elle a faite quand elle a porté plainte contre vous. Vous aviez
vraiment l'air de vous éclater avec elle. Je suis d'ailleurs surpris
que vous n'ayez jamais eu envie d'aller plus loin...
R Mayer :
Taisez-vous.
Martin : C'est peut-être pour ça que vous l'avez
enlevée ! Pour en faire encore plus avec elle ! Pour lui faire des
choses qu'on n'a pas le temps de faire en une heure de cours !
R
Mayer : Taisez-vous !
Martin : Ou alors c'est peut-être par
vengeance ? Vous lui en vouliez d'avoir porté plainte contre vous.
Vous étiez en colèreaprès avoir passé deux jours en garde à vue,
après le procès... Vous la teniez pour responsable de la fermeture
de vos écoles de musique, de votre réputation de pédophile dans
New-York... Alors vous l'avez enlevée ! Vous avez enlevé Julie
Hearn par vengeance !
R Mayer : TAISEZ-VOUS !
En disant cela, René Mayer s'était levé et avait propulsé sa chaise contre le mur. Martin se leva à son tour.
Martin : Où est Julie M.
Mayer ? Qu'est-ce que vous avez fait d'elle ? Vous l'avez tuée ? Ou
bien vous la gardez enfermée pour pouvoir la violer à volonté ? Ou
peut-être que vous l'avez abandonnée quelque part pour qu'elle
meure lentement et douloureusement ?
R Mayer : Arrêtez !
Martin
: Dites-moi ! Dites-moi où est Julie !
René Mayer s'était remis assis, les pieds sur le rebord de sa chaise, les bras autour des genoux. Il sanglotait comme un enfant, poussé à bout par un interrogatoire bouleversant.
R Mayer : Je sais pas ! Je sais
pas où elle est ! La dernière fois que je l'ai vue, c'était au
procès ! Oui, c'est vrai, j'ai abusé d'elle, et des autres aussi !
Elles ont toutes dit la vérité, j'avoue ! Mais je n'ai rien fait à
Julie !
Martin : Rien ?!? Abuser d'elle pendant des mois, des
mois de silence, vous appelez ça rien ? Vous ne vous êtes jamais
demandé combien elle pouvait souffrir de vos actes monstrueux ? Vous
pleurez, mais c'est vous le responsable de cette horreur ! C'est vous
le pervers qui avez profité de la pureté de vos élèves ! Et le
pire, c'est que avez été jusqu'à démentir leurs accusations tout
en ayant juré de dire la vérité face au juge ! Où s'arrête votre
perversité M. Mayer ? Où sont donc les limites de votre conscience
? Après avoir fait subir toutes ces horreurs à de pauvres
innocentes, qu'est-ce qui me dit que vous n'avez pas été plus loin
? Qu'est-ce qui me dit que vous n'avez pas enlevé Julie Hearn ?
René Mayer pleurait toujours face à une vérité criée, hurlée
même par le jeune agent.
Martin : Je vous laisse avec votre
conscience. Vous avez 30 minutes pour réfléchir et nous révéler
où vous détenez Julie Hearn.
R Mayer : Je suis innocent.
Martin : Tout dépend de la notion d'innocence...
