Martin
sortit de la salle d'interrogatoire. Danny le fixa, l'air surpris,
choqué même. Il n'avait jamais vu son collègue dans cet état face
à un suspect. Martin commença à s'éloigner sans attendre son ami.
Danny dut alors courir pour le rattrapper.
Danny : Martin attends
! On peut savoir ce qui t'arrive ?!
Martin : Tu l'as dit
toi-même, il avait besoin d'être secoué un bon coup. C'est fait.
Danny : Par "secouer", je ne voulais pas spécialement
dire "détruire mentalement"...
Martin : En attendant
avec un peu de chances, d'ici 30 minutes, on aura la réponse à
notre enquête. C'est le principal non ?
Danny : Martin...
Le
jeune agent continuait sa course dans le long couloir. Danny lui
attrappa alors le bras pour le forcer à rester en face de lui.
Danny : Martin ! Qu'est-ce qui se passe ?!
Martin : Comment
ça ? Il ne se passe rien Danny ! Rien du tout. J'ai juste envie de
rentrer chez moi, comme tout le monde ici.
Danny : Je ne suis pas
aveugle Martin ! Depuis le début de cette enquête il y a quelque
chose qui ne va pas ! Tu sais que tu peux tout me dire, je suis là
pour t'écouter...
Martin : Non, tu es là pour faire ton boulot,
à savoir retrouver des disparus. Je n'ai pas disparu, tu ne peux
rien faire pour m'aider. C'est aussi simple que ça.
Danny : Tu
n'as jamais été aussi violent Martin, je me fais du soucis pour
toi. Je ne sais pas comment, mais je veux t'aider. Et j'y
parviendrai.
Martin : Ecoute-moi bien Danny ! Je vais bien, tout
le monde va bien, et on pourra bientôt tous rentrer chez nous !
Alors fous-moi la paix !
Le jeune homme dégagea immédiatement
son bras de l'emprise de Danny, et s'éloigna d'un pas pressé vers
l'autre bout du couloir. Danny, quant à lui, restait figé,
immobile, au milieu des salles d'interrogatoire.
Sam : Jack !
Les amis de Julie viennent d'arriver.
Jack : Ils sont combien ?
Sam : Cinq. On les a mis dans des salles séparées.
Jack :
Très bien. Je prends le premier.
Vivian : Anthony Benoît, 16
ans. C'est son ex petit-ami.
Jack : Jocker. Je prends le
deuxième.
Sam : Lise Becker, 16 ans. C'est sa meilleure amie.
Jack : Très bien. Je m'en charge. Vous vous occupez des autres ?
Vivian : Pas de soucis.
Jack jeta un coup d'oeil au
dossier qu'il tenait dans sa main, poussa un long soupir, et entra
dans la salle d'interrogatoire. Il posa un verre d'eau sur la table.
Jack : Bonjour Lise, c'est bien ça ?
Lise : Oui.
Jack :
Bien. Je suis l'agent Jack Malone.
La jeune fille n'osait pas le
regarder, elle semblait terrorisée.
Jack : Le verre d'eau est
pour toi, moi je marche au café.
Face au sourire de l'agent,
l'adolescente prit finalement le gobelet et en bu presque
l'intégralité.
Jack : On peut commencer ?
Lise : Oui.
Jack
: Parfait. Tu sais pourquoi tu es là Lise ?
Lise : Pas trop...
La police a dit à mes parents que le FBI devait m'interroger au
sujet de mon amie Julie mais c'est tout ce que je sais...
Jack :
Je suis désolé, mais si tu es là, c'est parce que Julie a disparu
hier soir, en sortant du lycée. Elle a probablement été enlevée.
Lise : Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
Jack : Tu connais
Julie depuis longtemps ?
Lise : On est dans la même classe
depuis la quatrième. On est tout de suite devenues très amies, et
depuis on ne se quitte plus...
Jack : Vous êtes très proches ?
Lise : Oui, on se dit tout. Quand l'une ne va pas bien, elle sait
qu'elle peut compter sur l'autre.
Jack sortit une photo du
dossier qu'il avait déposé sur la table.
Jack : Lise, je
voudrais que tu regardes très attentivement cette photo et que tu me
dises si ce visage te rappelle quelqu'un.
Lise : Non, désolée.
Ca ne me dit rien du tout.
Jack : Tu en es certaine ? Cet homme
s'appelle René Mayer. Julie prenait des cours de piano chez lui
l'année dernière.
Lise : Alors c'est lui qui lui a fait tant de
mal ?
Jack : Qu'est-ce que tu veux dire ?
Lise : Je ne l'ai
jamais vu mais Julie m'a beaucoup parlé de lui ! Elle m'a dit tout
ce qu'il lui faisait pendant ses cours ! Il...
Jack : Je sais...
Je sais... Mais tu ne l'as jamais vu ?
Lise : Non... Jamais.
Sam entra dans une salle. Un adolescent l'attendait
nerveusement.
Sam : Bonjour Anthony. Je suis l'agent Samantha
Spade. J'ai quelques questions à te poser au sujet de ton amie Julie
Hearn.
Anthony : Qu'est-ce que la police lui veut ?
Sam : La
police, rien du tout. Je travaille pour le FBI. Nous recherchons
Julie parce que personne ne l'a vue depuis hier soir, à la sortie
des cours. Toi et tes amis, vous êtes donc les dernières personnes
à l'avoir vue.
Anthony : Comment ça ? Elle a disparu ?
Sam
: Oui. Tu veux bien qu'on commence ?
Anthony : D'accord.
Sam
: Bien. Tu connais Julie depuis longtemps ?
Anthony : Non. Je ne
vis à New-York que depuis la rentrée. Avant on habitait à
Philadelphie.
Sam : Oh ! Mais pourtant tu as l'air très proche
d'elle !
Anthony : On vit dans le même quartier et on est dans
le même lycée. Enfin, on vivait dans le même quartier... Sa
famille d'accueil est un peu plus loin.
Sam : Et c'est quoi
exactement pour toi Julie ?
Anthony : C'était ma... ma petite
amie.
Sam : C'était ?
Anthony : Elle a rompu il y a trois
mois. Elle m'a dit qu'elle ne m'aimait pas vraiment et qu'elle ne
voulait pas me faire souffrir.
Sam : Désolée.
Il y eut un
petit silence.
Sam : Tu l'aimes toujours n'est-ce pas ?
Anthony
la regarda avec un petit sourire qui en disait bien plus que toutes
les paroles du monde.
Sam : Alors, pour qu'on la retrouve plus
vite, tu pourrais me dire si tu l 'as trouvée étrance hier soir ?
Comme s'il y avait quelque chose d'anormal ?
Anthony : Non, elle
avait l'air bien. Je n'ai rien vu de spécial...
Sam : D'accord.
C'est pas grave. Est-ce que tu reconnais l'homme sur cette photo ?
Anthony : Non, vraiment désolé...
Vivian : Bonjour
Simon. Je me présente, je suis l'agent Vivian Johnson. Je fais
partie de l'équipe qui est chargée de retrouver ton amie Julie, qui
a disapru depuis hier soir. C'est pour ça que j'ai besoin de te
poser quelques questions. Tu veux bien y répondre ?
Simon : Oui.
Vivian : Très bien. Je vais être brève. Tu as remarqué
quelque chose de spécial juste avant que Julie ne quitte le lycée ?
Simon : Non... On sortait de TP de chimie. On rigolait en parlant
de notre prof qui l'avait encore embêtée parce qu'elle veut faire
Littéraire alors qu'il voudrait qu'elle fasse scientifique... On est
arrivés sur le parking, on a discuté deux minutes et elle est
partie rejoindre Marion.
Vivian : Marion ?
Simon : C'est
l'assistante maternelle qui s'occupe d'elle, la mère de sa famille
d'accueil si vous préférez.
Vivian : D'accord. C'est presque
fini. Je voudrais juste savoir si tu reconnais l'homme sur cette
photo ?
Simon : Il s'appelle comment ?
Vivian : René Mayer.
Tu le reconnais ?
Simon : Oui, c'était le prof de piano qui
abusait de Julie.
Vivian : Et tu l'as déjà vu ?
Simon : Une
seule fois, il y a environ une semaine. On était sur le chemin entre
la cantine et le lycée. Il est passé de l'autre côté de la route.
Julie était assez secouée après ça...
Vivian : Très bien. Je
te remercie Simon. Tu viens de beaucoup nous aider.
Simon : Agent
Johnson ? Retrouvez Julie. S'il vous plaît.
Surprise, la jeune
femme jeta à l'adolescent bouleversé un regard compatissant et lui
murmura : "C'est promis."
Jack était à son bureau,
en train de poser des dossiers sur une pile déjà dangereusement
haute. Danny arriva vers lui.
Danny : Jack, je peux te parler ?
Jack : Bien sûr, je t'écoute.
Danny : Pas ici, trop de
monde peut nous entendre...
Les deux agents s'éloignèrent alors
vers la cage d'escaliers.
