Vivian observait Martin depuis un moment. Elle avait parfaitement remarqué que quelque chose n'allait pas.
Il termina de taper son rapport, et se leva pour partir juste au moment où Jack revint, accompagné de Danny.
Sam : Jack ! Comment ça s'est passé ?
Jack : Beaucoup de pleurs, beaucoup de tristesse, parfois de colère, une incompréhension rageuse... Ce que je vais dire est horrible, mais je ne m'attendais pas à une meilleure réaction.
Vivian : Le moins qu'on puisse dire, c'est que Julie avait une famille qui l'aimait de tout son coeur...
Jack : Oui, même à distance. Ils pensaient vivre un véritable cauchemar quand elle leur a été enlevée, mais je crois que maintenant...
Sam : Maintenant ils ne l'ont plus du tout.
Vivian : Il ne leur reste que des souvenirs...
Martin ne prenait pas part à la conversation avec les autres. Il fit un pas vers Jack et lui tendit son rapport.
Jack : Ca pouvait attendre Martin.
Martin : C'est mieux comme ça...
Jack : Je... Je t'ai pris un rendez-vous chez la psychologue.
Martin : Je n'y irai pas Jack.
Danny : Martin, tu sais que tu en as besoin !
Martin : Danny, on a déjà eu cette conversation, et tu sais très bien ce qu'il en est ressortit !
Danny : Quand on avait eu cette "conversation", tu n'avais pas encore découvert le corps de Julie baignant dans son sang !
Martin : Ca n'a plus d'importance...
Vivian : Martin, je pense honnêtement que tu devrais...
Martin : Vivian, s'il te plaît, ne te mêle pas de ça, d'accord ?
Le jeune agent partit, laissant ses collègues en plan au milieu des bureaux. En voyant les portes de l'ascenceur se refermer sur lui, Danny se décida enfin à réagir, et voulu se lancer à sa poursuite.
Mais arrivé au bout du couloir, il vit la soeur de Julie avancer lentement, serrée dans les bras de son mari. Soudain, son cri brisa le silence pesant qui régnait à l'étage. Elle avait les premières contractions, mais quelque chose n'était pas normal. La moquette du couloir se tachait peu à peu d'un liquide rouge, épais... Son sang.

Danny avait longtemps hésité entre la jeune femme ou son ami. Il était finalement resté avec Sophie Dudge jusqu'à l'arrivée des secours, et roulait à présent avec Jack en direction de l'appartement de Martin.

Les secouristes s'affairaient rapidement autour de la jeune femme enceinte dans l'ambulance. Son mari lui tenait la main tout en retenant ses larmes. Elle perdait beaucoup trop de sang. L'hôpital n'était plus qu'à quelques minutes...

Danny sortit sa clé, et les deux agents pénétrèrent dans l'immeuble de leur collègue. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'appartement de Martin, ils ne remarquèrent rien de spécial. Ils frappèrent à sa porte, sans réponse. Danny appuya alors légèrement sur la clanche ; la porte était fermée à clé. Une fois de plus il sortit son trousseau de clés, et ouvrit la grosse porte noire.

L'ambulance arriva enfin aux urgences. La jeune femme était inconsciente, et dans un état critique. Son mari l'accompagna jusqu'au service de chirurgie, mais dût s'arrêter au bloc opératoire. Il n'avait plus qu'à attendre...

La première observation de Jack fut que tout semblait normal dans l'appartement de Martin. Ils firent rapidement le tour des pièces, ne trouvant pas leur ami.
Jack : De toute évidence il n'est pas ici...
Danny : Jack ! Rejoins-moi dans la chambre !
L'agent s'exécuta. Danny lui montra du doigt les placards à moitié ouverts.
Jack : Quoi ? Il n'y a rien dans ces placards, ils sont presque vide.
Danny : Justement Jack... Il sont presque vides...

Patrick Dudge atttendait avec anxiété, arpentant les couloirs dans tous les sens, priant pour qu'il n'ait un second deuil à faire en cette funeste journée. Un médecin s'avança vers lui après presque deux heures.
Docteur : Patrick Dudge ?
P Dudge : Oui...

Jack : J'appelle Sam pour qu'elle trace le portable de Martin.
Danny : Jack...
Il venait d'ouvrir entièrement le placard. Il tenait dans sa main le téléphone de son ami.
Danny : Je ne crois pas que ce sera nécessaire...

Docteur : L'opération s'est bien déroulée. Toutes mes félicitations, vous êtes l'heureux papa d'une jolie petite fille.
P Dudge : Et Sophie ? Ma femme ?
Docteur : Elle va avoir besoin de beaucoup de temps pour récupérer, mais tout ira bien pour elle.
P Dudge : Je peux voir ma fille ?
Docteur : Evidemment... Il va falloir lui trouver un prénom...

Jack et Danny s'étaient écroulés sur le canapé de Martin. Ils se sentaient tous deux coupables. Danny avait tout raconté à son supérieur au sujet des analgésiques.
Danny : J'aurais du t'en parler plus tôt...
Jack : Oui, tu aurais du. Mais Martin est ton ami, et tu voulais lui éviter tout cet embarras... Et puis, cette enquête n'a pas été des plus faciles... Le contexte n'était pas idéal. Je ne t'en veux pas. Alors tu ne dois pas t'en vouloir non plus.

Patrick Dudge tenait sa fille dans ses bras. Son visage exprimait un curieux mélange de tristesse et de bonheur. Le médecin le regardait avec un sourire attendrit.
P Dudge : Julie Dudge.
Docteur : Pardon ?
P Dudge : Elle s'appellera Julie Dudge... Sa tante est morte aujourd'hui, mais ainsi elle portera une partie d'elle au plus profond d'elle-même... Et on retrouvera notre Julie, la petite dernière de la fratrie "Hearn", en notre fille, chaque jour, comme si elle n'était jamais partie...

Danny : Et maintenant Jack ?
Jack : Maintenant ? La vie reprend son cours Danny... Un disparu, des recherches, notre job...
Danny : Et qu'est-ce qu'on fait si le disparu est la personne qui compte le plus au monde pour nous ?
Jack : On espère...
Danny : C'est vraiment tout ce qui nous reste de Martin ? De l'espoir ?
Jack : ...