ENFIN! Ma fiiiiiic *____* moi qui croyais ne jamais te revoir...ah, euh. Bonjour...héhé.
Après un, euh...deux? Enfin bref. Plusieurs mois d'absence, j'ai finalement récupéré internet (la seule question que je me pose c'est: pour combien de temps?)
Le moins que je puisse dire c'est que j'ai été agréablement surprise de remarquer qu'il y avait eu des reviews pendant mon absence...Merci...Cela me fait énormément plaisir, d'autant que je m'attendais à être un peu secouée dans tous les sens, avec des « Aaaah mais c'est quoaa ce truc looong? », et puis: « Et le seeeeks ?! ». Mais bon: pas de panique, je suis là. (tiens j'ai les chevilles qui gonflent, tout à coup...)
Et si c'est vraiment insupportable...eh bien...redirigez donc vos pulsions sexuelles sur moi (référence pourrie à un manga. Non, je sortirais pas. Et pis si je sors, y'aura pas de fic, alors...)
Inutile de dire que j'attends vos reviews, mais avec plus d'angoisse que d'impatience T__T (je vous aime) (ah tiens on peut pas barrer ce qu'on vient d'écrire?)
..
.
Le soleil se levait tout doucement, et promenait ses rayons ocre et orangés sur toute la façade de la demeure des Black.
Plus bas que les hautes fenêtres sur lesquelles se reflétaient des tons bleus, azurés, du temps radieux qui effaçait peu à peu la pluie, se déroulait une scène à laquelle le jeune Potter aurait préféré ne pas assister.
À vrai dire, il n'avait jamais vraiment aimé Bellatrix Black, et ce n'était pas la joie intense qui se lisait sur son visage, et cette beauté que cela lui conférait qui pouvait lui faire changer d'avis. Il ne savait pas bien pourquoi, mais il ressentait une certaine méfiance à son égard.... Et se trouver en sa présence, alors qu'il n'avait jamais su comment lui dissimuler ce sentiment, était quelque chose de très gênant. Enfin, James s'étira la nuque, gêné, et étendit les bras au-dessus de lui dans un craquement quasi sourd.
Les deux cousins s'écartèrent finalement l'un de l'autre, Sirius essoufflé sans raison admirant les traits épanouis de son amie, et elle, gênée, ne sachant que dire.
Elle finit toutefois par souffler, du bout des lèvres:
« Où étais-tu? »
Cela sonnait pratiquement comme un reproche. Sirius se figea lentement, interloqué. Bella avait déjà oublié.
« Ah oui...Comment...? Est-ce que tu vas bien? », reprit-elle brusquement, ouvrant de grands yeux ébahis, réellement surprise par quelque chose qui venait à peine de lui revenir en mémoire.
Ses yeux s'étaient transformés brièvement, et ensuite, on aurait dit qu'elle était revenue à elle. Sirius en eut la bouche sèche, comprenant que Bella luttait intérieurement de plus en plus difficilement.
« Je me sens...mieux. ».
Mais incroyablement perturbé par ce qu'il venait entr'apercevoir au milieu des traits délicats de sa cousine, il se tut rapidement, coupé en plein milieu de sa phrase.
Il n'était pas certain de sentir aussi bien qu'il le prétendait.
Soudain, Bella s'avança vers lui, se haussa un peu et déposa sur sa joue deux baisers, l'un à la suite de l'autre.
Rougissant, Sirius la contempla une fois de plus, et sourit. Tout en la poussant négligemment en direction de la porte, il lui demanda d'une voix intéressée si elle s'était entraînée à faire cela. James les suivit, inattentif. Lui qui essayait pourtant de fermer son esprit à l'atmosphère lugubre du Manoir, il sut que c'était peine perdue en suivant du regard Kreattur qui courait après un rat, l'air affamé.
..
« Il fallait que je te revoie. », avoua un peu plus tard Sirius à sa cousine.
Elle semblait encore plus jeune que lui, en dépit de ce semblant de maturité qui se baladait au fond de ses yeux clairs. Les mêmes que les siens! Ils n'étaient que deux dans cette famille à avoir des yeux de cette couleur. Le jeune homme s'aperçut très vite qu'elle s'entêtait toujours à s'habiller n'importe comment, en cherchant ses médicaments dans sa garde-robe. La Serpentarde se tenait juste derrière, l'air coupable, pendant que Sirius, inquiet, s'interrogeait sur le temps qu'il lui restait avant qu'elle ne perde conscience.
« Je ne veux pas que tu restes ici, Bella. », dit-il sans hésitation.
Il pivota, sentant qu'elle s'était rapprochée, et la regarda bien en face.
« Je suis sérieux, viens avec moi. S'ils en viennent à cacher tes médicaments...Tu...tu coures un danger. », ajouta-il, incertain.
La jeune femme le saisit doucement par le cou, enroulant ses bras autour, elle posa sa tête contre le torse de son cousin, et murmura:
« Mais il n'est pas très grand, ce danger, n'est-ce pas? Parce que, de toutes façons, je me suis laissée emporter trop loin par cette maladie...je finirais par faire comme si tes parents, ton frère, n'existaient pas...Et tout ira merveilleusement bien. »
Cela signifiait: « je ne viens pas avec toi. »
Sirius le savait, pour l'avoir déjà entendu. Bellatrix était fatiguée de toujours courir, et de vouloir continuer à courir, aussi. Tout ce quelle désirait, c'était s'arrêter pour respirer. Alors Sirius comprit que ce n'étaient pas sa mère qui avait caché les médicaments de Bella. Il parvint néanmoins à la persuader d'en prendre un, rien qu'un, afin d'éviter une crise au moins aujourd'hui.
A un certain moment, alors qu'elle préparait à manger, à lui et à James, elle cria, depuis la cuisine:
« Sirius? Tu sais, Severus est repassé par ici. »
« Lui! », s'écrièrent à l'unisson les deux garçons.
James était plus étonné qu'en colère, mais son meilleur ami, lui, ne pouvait contenir davantage sa rage devant pareille intrusion. La première était déjà de trop. Bien qu'il ne soit pas au courant, le fils des Potter nota le mot « repasser », mais n'en dit rien, tandis que Sirius s'estimait heureux qu'il ne soit pas au courant de la première fois.
« Il a été très gentil. », protesta Bella en revenant dans le salon avec un plateau sur lequel étaient posés deux sandwiches.
« Ce n'est pas important. Qu'a-t-il fait? », répliqua son cousin d'une voix ferme. Il ne pouvait supporter qu'un tel monstre abuse ainsi de la maladie de Bellatrix.
« Je viens de te le dire. », répondit cette dernière, impassible.
Qu'est-ce que...? Les deux jeunes hommes ne comprirent pas.
« Il désirait de mes nouvelles, c'est tout. », ajouta-t-elle en posant ses yeux sur la surface de la table, se tenant encore debout.
Sirius savait qu'elle mentait...par contre, il ne savait pas à quel point. Elle divaguait un peu, certes, mais uniquement parce que son médicament n'avait pas encore agit...et que...c'était son état « habituel ». Il ne pouvait dans ce cas soutirer davantage d'informations d'elle, ç'aurait été inutile et injuste. Tout ce que Sirius espérait...c'est qu'il ne lui avait été fait aucun mal.
Après le dîner sommaire que Bella agrémenta de nouvelles et autres, en particulier à propos de Quidditch qu'elle affectionnait particulièrement – elle était réellement différente -, l'aîné des Black prétexta souhaiter se changer. Tout cela pendant que James, la mine maussade, attendait en compagnie d'une Bellatrix pleine d'entrain et de bonne humeur nouvelle.
Le jeune homme arriva au pas de course devant sa chambre, dont la porte était restée légèrement entrouverte. Étrange...Il se souvenait l'avoir laissé exactement ainsi. Sa surprise fut plus grande lorsqu'il prit conscience que sa chambre entière était demeurée telle quelle que lors de son départ.
Sirius vit le lit, ses draps éternellement froissés, avec la couverture, un peu repliée sur elle-même. Il l'avait mise de cette façon ce matin-là, à son lever....Comment pouvait-il se le rappeler?
Machinalement, ses doigts vinrent toucher sa lèvre supérieure. L'effleurant d'un geste lent, le jeune homme fit doucement quelques pas vers son lit, et c'est là qu'une image lui revint en tête.
Il s'agissait de lui, allongé sur son lit, et tellement malade que...sa tête lui tourna un bref instant. Que s'était-il passé le jour de son départ pour Durmstrang? Avec des gestes d'une lenteur inconsidérée, le Gryffondor se posa sur la couverture rendue froide par un long moment d'absence, commençant à jouer avec une mèche de cheveux noir jais alors que des bruits de conversation lui parvenaient depuis l'autre pièce.
...
..
Il y a à peu près un an, en août, Sirius protestait silencieusement contre l'arrivée d'une de ses cousines.
Sirius inspira. Le 25...le 25 août. 1976.
Bellatrix Black. Ses parents comptaient la délaisser dans cette, je cite: « sinistre atmosphère qui, compte tenu de son affaiblissement 'moldu' ne pourra que lui faire du bien. »
En résumé, ces gens assimilaient la maladie de leur fille à une invention des moldus, mais malgré tout, elle représentait une parfaite inconnue aux yeux du jeune homme qui la regardait jouer distraitement avec la nourriture. Évidemment, vu ses derniers exploits et accessoirement son appartenance aux Gryffondors, Sirius n'était que très rarement avertit des décisions familiales le concernant un tout petit peu.
Non mais c'est vrai, il était le seul à se lever le matin de si bonne heure, le soleil ne s'étant pas encore levé, et à pouvoir se balader en caleçon dans tout le Manoir à son aise. Et Bellatrix n'était pas le genre de fille à pouvoir profiter de ce... spectacle. De toute façon, bien qu'il râlait, elle ne levait pas une seule fois les yeux dans sa direction, trop occupée à faire fondre méticuleusement du chocolat sur son toast à l'aide de sa baguette. Ainsi, le jeune homme l'observait s'adonner à son petit jeu, se demandant vaguement s'il fallait vraiment qu'il enfile une autre tenue. Il se fichait bien, à dire vrai, qu'elle le trouve indécent. On dort comme on veut, et à ce stade-là, elle avait encore...de la chance.
Sirius pivota, maugréant dans sa barbe. Devoir se plier à l'ordre établi dans la maison l'avait rendu presque insensible aux attaques de sa mère, et pourtant, il n'avait cessé de chercher un moyen de s'y soustraire. Se lever avant elle en était un.
Il baissa les yeux sur son café, pensif. Le bruit léger du couteau plongeant dans le pot de Nutella vint l'agacer encore un instant, puis après, ce fut comme si la jeune fille n'avait jamais commencé.
Comment s'appelait-elle, déjà? Ah, oui... Un bruit sourd le tira hors de ses rêveries. Était-ce Bellatrix? Non, elle le fixait avec de grands yeux ronds. Non! C'était lui...
Il avait lâché sa tasse, qui s'était brisée au fond de l'évier. Un liquide chaud ruisselait sur ses mains.
Ensuite vint un son différent, issu du cognement de ses jambes contre le bois.
Un long frisson lui parcourant l'échine, le jeune Black se laissa glisser le long du meuble, les yeux écarquillés. Il perdit conscience au moment où une voix s'approchait de son oreille.
« Eh! Sirius! Qu'est-ce que tu as? »
Je n'en sais rien.
Peu à peu, les rêves se succédèrent les uns aux autres. Dans l'un d'eux, il vit Bellatrix sourire pour la première fois. À un moment, trois autres personnes l'entourèrent, tout aussi souriants. James. Peter. Remus. Il y avait encore quelqu'un, tout au fond. Sirius tendit le bras, afin de l'attraper, avant de s'apercevoir que c'était impossible. Elle était trop loin.
..
.
«...De la fièvre. Il en a énormément, mais j'ai réussi à la faire baisser un petit peu. », disait une voix.
Avant même d'être réveillé, le Gryffondor fut choqué de constater qu'on l'avait déshabillé. Ah non, ça c'est moi, se dit-il en sentant le tissu de son dessous. Autant pour moi.
« Je me demande comment a-t-il bien pu attraper cet... »
Sirius, sans ouvrir les yeux, avait brusquement tendu le doigt en direction de Bellatrix. Coupé en plein milieu de sa phrase, le médicomage laissa échapper un profond soupir.
« Repliez ce bras et dites-moi où vous avez mal, Mr. Black. », le sermonna-t-il d'un air las.
« Partout à mon orgueil. »
Sirius réussit à entendre sa mère lever les yeux au ciel. Elle était toujours là, celle-là ? Vivante, je veux dire. À peine eut-il tourné la tête et entr'aperçu son visage qu'elle quittait la pièce, précédée de son père qui, lui, n'avait même pas attendu qu'il ouvre les yeux. Seuls demeuraient le docteur, Kreattur et Bellatrix. Kreattur prit bientôt congé, au grand soulagement du fils Black. Cependant, sa cousine allait-elle céder elle aussi au regard qu'il lui lançait ?
Bellatrix ne bougea pas d'un pouce. Aussi, Sirius ouvrit la bouche et fit :
« Dis moi...As-tu complètement violé mon intimité en assistant à l'auscultation ? »
La jeune fille hocha deux fois de la tête.
« Je vais la tuer. »
Sur quoi, le jeune homme amorça un mouvement pour se dépêtrer de ses couvertures, mais aussitôt fut-il assis sur le rebord du lit que la tête lui tourna.
Sirius s'écroula sans bruit en travers des couvertures.
Des gens durent s'approcher, car il sentit des mains le soulever, le redressant délicatement. Ensuite, les couvertures glissèrent contre ses jambes jusqu'à sa taille. Le Gryffon brun était de nouveau couché lorsqu'il ouvrit les yeux.
Peut-être n'était-il réellement pas au milieu de sa forme...
« Tu ne vas pas très bien. », avait soufflé Bellatrix, en s'asseyant à ses côtés.
..
La plupart du temps, Sirius gardait les yeux clos. Bien entendu, il entendait ce qu'on lui disait, mais il ne parvenait plus à parler. Ce n'est qu'au bout du troisième jour qu'il y eut du changement dans son état. Cela prit la forme d'un coup frappé à sa porte. L'instant d'après, son père dépassait le seuil, pénétrant dans sa chambre, un regard critique englobant l'ensemble comme un voile. Il entrouvrit les lèvres, s'apprêtant à parler et Sirius sut d'avance que ce serait bref et direct.
« Ta mère et moi avons appris ce que tu as fait à Severus Rogue. Dès que tu seras en état de marcher, un domestique t'emmènera à Durmstrang. »
Wouaw. Orion Black se trouvait actuellement à une seconde près du record du monde de la salive la plus rapidement avalée. Le type qui détient ce record a avalé sa langue en même temps et est mort sur le coup. Son fils aîné lança ses bras en l'air comme pour l'applaudir, mais presque immédiatement, ils retombèrent mollement sur le matelas.
Durmstrang... la seule chose à laquelle Sirius accordait en ce moment de l'importance était de savoir si son poumon droit avait effectivement cessé de fonctionner. Néanmoins, un événement changea la donne, la nuit venue. Elle s'était installée depuis bien longtemps lorsque, étreint par la chaleur de l'été, le jeune homme sentit ses yeux s'ouvrir malgré lui. Du bruit. Des sons lui parvenaient, de l'autre côté de la porte. Et c'est de cette façon que le Gryffondor recouvrit quelques unes de ses capacités.
« Il faut qu'il parte, Orion. Tout ce qu'il touche, il l'empoisonne. », disait la voix de sa mère.
Il y eut comme des pas précipités, ce devait être encore elle, venant d'allumer une bougie sans doute.
« D'abord, nous devons faire nos excuses à la famille Rogue. Je pense qu'envoyer Sirius chez leur fils lui ferait le plus grand bien. »
Les longs doigts graciles du garçon agrippèrent machinalement la couverture. Il ne s'en se rendait pas tout à fait compte, tous ses sens tendus, dirigés au-delà de la porte de sa chambre, dans le couloir.
« Comment ? », s'exclama Walburga Black, « ces... ces gens ? »
Le feu crépitait bruyamment et les branches s'y mirent aussi en griffant longuement sa fenêtre, dehors, pour couper aux oreilles de Sirius les derniers mots de sa mère. Il comprit cependant, à sa voix étranglée, qu'elle venait de se saisir la gorge entre les mains. Cela le fit sourire d'un air mesquin.
« Oui, sa mère ne fait pas partie des nôtres, elle n'est peut-être pas pure... », répéta Orion d'une voix songeuse.
« Mais... ? »
« Mais regarde-nous. », souffla-t-il, « crois-tu que nous sommes parfaits ? »
Un bruit de pas signifia que l'un d'eux s'était éloigné. À sa voix troublée, Sirius comprit de qui il s'agissait.
« Arrête. Arrête ça, tu entends ? Nous avons fini d'en discuter, à présent ! »
Le père de Sirius siffla de manière étrange.
« Très bien. Bonne nuit, dans ce cas. »
Sirius, qui s'était alors redressé, ne s'était jamais senti aussi vivant auparavant. Un secret tenu par ses propres parents était la dernière chose à laquelle il s'attendait de la part de personnes qui ne cachaient pas leur appartenance au monde des Ombres. À l'époque, c'était de cette façon qu'on nommait les futurs Mangemorts. Pourtant, la fièvre ne l'avait pas quitté un seul instant, tous ses membres tremblaient et la sueur perlait dans le bas de son dos. En se rendormant sur les derniers mots qu'il ressassait sans cesse, Sirius songea avec horreur que Bellatrix prévoyait d'essayer les sangsues le lendemain. Il rêva longtemps et durant tout ce temps, seulement quelques paroles revinrent le hanter.
..
« Il faudra qu'il parte. Tout ce qu'il touche, il l'empoisonne. »
Sirius se réveilla dès l'aube.
Il « faudra ? »
A bout de souffle, le Gryffondor se retrouva brusquement en position assise, les bras appuyés vers l'arrière, ses mains serrant fermement les draps et une sensation déplaisante montant jusqu'à ses joues. Une chaleur sourde.
Il s'était passé quelque chose pendant son sommeil.
Sirius agita ses mains devant ses yeux. Il pouvait de nouveau bouger, mais plus étrange encore, la sensation désagréable s'était transformée en quelque chose de très plaisant et s'étendait à ses lèvres, qu'il toucha d'un geste doux.
Il y avait... il y avait ce goût curieux.
Et Sirius l'avait laissé s'introduire dans sa bouche, comme lorsque l'on embrasse. S'était-il laissé embrasser ? Mais...c'était tellement différent. Allongé sur le dos, une texture infiniment douce s'était collée à ses lèvres, bientôt submergées par un liquide glacé. Finalement la chaleur revint, en forçant la barrière de ses lèvres, presque délicatement. C'était horrible et à la fois délicieux, car il y avait ce liquide trop froid et la tiédeur d'un contact étranger au fond de sa gorge, qu'il avala accidentellement.
Combien de temps cela allait-il durer ? Sirius se rappela avoir gémi et ensuite, le corps se retira de sa bouche en s'attardant sur ses lèvres, indifférent à tout le reste. On aurait dit qu'on avait bouté le feu à son âme et maintenant, il brûlait sans pouvoir s'interrompre. Il se recoucha après avoir ressassé ces derniers événements, s'étant rappelé la menace de son père.
Sirius était guéri, totalement et déjà la minute suivante, il aurait pu courir des heures entières.
..
.
Ainsi, Orion Black mit son projet à exécution dans la journée.
Il ne chercha nullement à le revoir, au cours de l'après-midi, alors que son fils s'exerçait au sein des couloirs sombres et sinueux qui parcouraient la maison. La seule personne restant à ses côtés tout le long fut Bellatrix. Et ce, quelles que soient les remarques gracieuses qu'il lui adressait.
« Tu comptes me suivre partout où je vais, 'fille indigne' ? », demanda distraitement Sirius au détour d'un corridor.
Il lui jeta un coup d'œil en coin : Bellatrix ne semblait pas avoir noté son petit sourire narquois et souriait dans le vide, les yeux fixés loin devant elle.
« Non. Jusque là-bas. »
Sur ces mots, elle leva le bras en direction de la cuisine, tout droit.
Brusquement, le garçon à sa droite éclata de rire, ce qui la fit stopper net. Ses longs cheveux noirs retombaient en boucles anglaises sur ses fines épaules. Son cousin la regarda un instant les relever en un chignon informe.
« C'est bizarre. », se dit-il tout haut tandis qu'ils reprenaient tous deux leur marche, Bellatrix avançant plus vite à mesure qu'ils se rapprochaient de la pièce convoitée.
« Quoi donc ? »
Sirius soupira.
« Tu touches à tout ce que je regarde... tes cheveux, là tout de suite, par exemple. Ou encore ce que je convoite. »
« C'est qu'on se ressemble un peu, SPTAFP. », en conclut très vite Bellatrix, tout en poussant de la hanche la lourde porte de la cuisine.
Elle toussota légèrement afin que le jeune homme s'écarte. Il se trouvait juste en face de l'armoire où elle casait son pot de Nutella.
« Euh...SP... ? », s'hasarda Sirius sans chercher à s'éloigner davantage d'elle. C'était bien la première fois que cela arrivait. Il lui avait fallu beaucoup plus de temps pour s'habituer à James. Et de courage.
La seconde d'après, Bellatrix affichait un large sourire triomphant, portant à bout de bras un pot de chocolat énorme.
« Oui. », fit-elle d'un air malin, « SPTAFP : Sang Pas Tout A Fait Pur. Merci... »
Sirius venait de l'aider à pousser son butin sur la table en chêne. Tout à coup, une évidence lui apparut.
« Bella... »
« Oui ? Attends ! Porte-moi. », s'exclama-t-elle, enthousiaste en tendant les bras vers le dessus de l'armoire à assiettes, le pain siégeant tout au-dessus. On aurait dit un bébé.
« Eh ! Bellatrix, t'es une sorcière, oui ou non ? De plus, on parlait ! »
« Quoi ? », s'exaspéra-t-elle gentiment, paraissant s'être rendu compte que sa baguette magique était assez utile, finalement.
« Est-ce que tu m'aurais excité de quelque manière ce soit, cette nuit ? », fit Sirius sans prendre la peine de mettre des gants.
La jeune femme haussa les sourcils.
« Et t'arrives à dire cela d'un ton aussi impassible ? », rétorqua-t-elle d'un rire qui pouvait se résumer à 'hin hin.'
« Écoute... », commença Sirius, mais il ne savait que dire.
Il ne pensait pas réellement qu'il aurait pu s'agir d'elle, à l'intérieur de sa chambre et...dans sa bouche. Cependant, ce surnom qu'elle avait employé... « Sang Pas Tout A fait Pur », encore plus plombant à écrire qu'à dire d'ailleurs...Non, ce ne pouvait être elle. Elle... elle...
« Tu m'en veux pour le surnom, n'est-ce pas ? Je ne fais que te rendre la pareille, mon vieux. Tu n'avais pas qu'à me traiter de 'fille indigne', et puis voilà. »
Sirius s'assit juste en face d'elle. Aucune espèce de soulagement ne l'avait alors traversé, car il sentait au fond de lui qu'elle n'y était pour rien dans cette histoire.
Un certain temps passa avant que Bellatrix ne rouvre la bouche, croisant les bras, elle tourna la tête vers lui et ramena une main dans ses longs cheveux qu'elle avait détachés.
« En réalité, je te nomme de cette façon parce que pour moi, un Black qui mange du Nutella ne peut pas être complètement pur. »
« Tss. Serpentarde. »
« Gryffondor. »
Le jeune homme pouvait tenir deux heures comme ça.
« Et on peut savoir comment tu as appris mon petit secret au sujet du chocolat? », l'interpella-t-il soudainement, étonné.
« Je m'en doutais déjà un peu après avoir remarqué la manière dont tu m'observais...Néanmoins... il m'a dit que tu mangeais certainement du Nutella. », admit-elle.
Sirius fut brutalement tiré hors de ses pensées, se redressant.
« ...Qui ça ? Qui a... »
Bellatrix fronça les sourcils et l'interrompit immédiatement, interloquée par la propre surprise de son cousin.
« Eh bien...Severus Rogue. »
..
.
