SENTIMENTS OU PAS , JE NE PEUX VIVRE SANS TOI

DISCLAIMER: TOUS LES PERSONNAGES APPARTIENNENT OU SONT ISSUS DU FABULEUX UNIVERS DE JK ROWLING! REMERCIONS LA DE NOUS FAIRE TANT REVER….

RESUME: Lorelei Black a toujours considéré que la majorité ne pouvait avoir tort puisque la majorité définissait la normalité. De cette normalité émergeait la haute société, conservatrice de la morale et du bien-être du monde. Sa septième année risque fort d'ébranler toutes ses convictions… Epoque de Tom Jedusor.

Chapitre 9: La peur est insensée, elle craint même les choses dont elle attendait du secours.

Il est toujours surprenant l'engouement que les gens ont pour les hors-la-loi et les renégats. Rappelons-nous le Robin des Marais d'Angleterre, l'Arsène Lupin de France ou les Tony et Clay des Amériques … Lorelei Black apparait désormais comme une nouvelle figure de ces toquades.(…)

Le psychomage Lovecraft s'exprime sur ce sujet sociologique dans son essai l'Art de s'imposer aux Autres, l'Art de Survie des Parasites.aux éditons Buckley. Il y décrit comme évident que les personnes souffrantes de cette affliction envers les bandits transfèrent leur désir de transgression et de révolte sur ces personnages: elles idolâtrent et idéalisent ces individus qui dérangent, qui osent faire, qui expriment des pensées égoïstes avec un charme que l'on ne peut dénier! Ces citoyens auraient une lacune dans leur développement psychologique, une névrose issue de la petite enfance qui ne serait pas déclarée et résorbée à l'adolescence… (…)

Les réfractaires aux lois magiques devenant adulés tirent au maximum cet entrain pour leur personne,. Ce sont des égocentriques et des décalés, ayant une exacerbation du Moi et des terribles pulsions de mort entraînant violence et paranoïa de la persécution(…)

Azathoth Lovecraft récemment honoré de l'ordre de Morgane nous délivre suite à nos questions son avis dans les dires d'Albus Dumbledore :

-Qu'un grand sorcier comme Albus Dumbledore fréquente de tels individus comme Lorelei Black est extrêmement dangereux, il est censé être un exemple pour la communauté! Nous pouvons nous poser la question de sa santé mentale: il a beaucoup vécu et des choses difficiles aussi… Ne l'accablons pas… Black est très charismatique et sait très bien influencer ses interlocuteurs…Il a été un grand mage… La fatigue l'a surmené, son âge fait désormais défaut à son intellect et son récent renvoi du Magenmagot accrédite cette hypothèse. (…)

Extraits de l'article de la journaliste Kate Sertire avec la collaboration d'Azathoth Lovecraft, Psychomage, responsable du service de Psychomagie à Sainte-Mangouste depuis aout 1995, honoré de l'ordre de Morgane par le Premier Ministre Fudge.

La Gazette du Sorcier n°897656

Samedi 21 Novembre 1943,

Grande Bibliothèque, Poudlard.

Lorelei tentait de se concentrer sur son devoir de métamorphose. L'entretien avec Jedusor l'avait autant accablée que soulagée: Elle avait été piégée mais elle pouvait s'en sortir sans trop de dommages si elle se comportait de manière naturelle… Devait-elle continuer à côtoyer le félon?… Elle en était incapable, elle ne parvenait plus à contrôler la panique et le dégout qu'éprouvait son corps vis-à-vis du reptile… Elle frémit à nouveau et provoqua une énorme tâche d'encre sur le parchemin. Elle s'efforça d'éponger le liquide. Ca ne donna rien. Elle dut prendre un autre feuillet.

…Les gens allaient poser des questions… Elle rétorquerait que sa Famille n'admettait pas cette relation… Ca suffirait normalement…

…Comment se procurer le Unzeurlichechrift?… Il était à Gringotts… Expliquer à Mère… Impossible… Lorelei ne pouvait pas aller dans le coffre-fort familiale… Les hommes de la Famille Black pouvait y pénétrer dès leur majorité… Elle, Lorelei, devait attendre de se marier ou y aller avec Père… A moins que Père ne lui donnât l'autorisation écrite avec le sceau magique des Black… Jamais il ne le ferait… Essayer de duper le sang-de-Bourbe avec un faux?… Pas une mauvaise idée… Mais comment obtenir cette contrefaçon?… Le simili devrait posséder de la magie des gobelins… Elle n'avait aucun rapport avec ces créatures… Comment entrer en contact?…

Lorelei s'énerva, elle venait de se rendre compte qu'elle rédigeait son devoir de transfiguration sur une des feuilles qui lui avait servi pour son cours de botanique. Elle n'en pouvait plus! Elle n'arrivait pas à canaliser ses pensées! Pourquoi s'entêter? Elle était finie… Cependant, la fureur était à son paroxysme… C'était bien mieux que l'angoisse ou le désespoir… Lorelei songea qu'il fallait entretenir ce feu rageur… Elle n'était pas une victime… Elle l'avait cherché… Personne ne s'était joué d'elle… Elle maîtrisait la situation… Elle lui ferait payer sa vanité… comment, elle l'ignorait! … cependant, elle n'abandonnerait pas … Elle RESTAIT une BLACK!

… Voilà la solution! … Ne pas se marier…. Personne ne pourrait découvrir sa sombre imposture… Mauvaise idée… Jedusor la révèlerait… Elle devrait ensuite contredire cette rumeur en se soumettant au sortilège de la chasteté… Payer l'ensorceleur… Accepterait-il?… De plus, ses parents refuseraient cette décision… Surtout Mère… Au contraire, Père a toujours dit qu'elle était son plus grand trésor, qu'il ne pouvait se résoudre à se désunir de sa demoiselle Black, qu'elle devrait lui présenter un très bon gendre pour qu'il acceptât la séparation… Lorelei sentit la culpabilité et le désarroi rependre le dessus. … Elle avait trahi la confiance de Sir Black… Elle ne méritait pas la considération de son père… Quant à sa mère, cela faisait bien longtemps que la distance s'était installée… Sa maternelle avait des opinions indignes de la Famille dont elle faisait partie depuis ses noces… Le Jedusor est bien la preuve qu'on ne peut considérer les Sang-de-bourbe…

Voilà… la colère faisait à nouveau surface! … Faire fusionner son intellect avec l'émotion… Trouver une solution!…

De telles réflexions ne passèrent pas inaperçues dans la salle qui prescrivait le silence. La nervosité de l'héritière provoquait des mouvements brusques et des grommellements incompréhensibles. Les personnes installées à proximité fixaient par intermittence la responsable de l'animation, soit par curiosité, soit par agacement.

La noble jeune fille était agitée, ses yeux semblaient fiévreux, les notes qu'elle inscrivait s'envolaient à chaque soubresaut, son minois rougi laissait transparaître d'étranges émois. Était-elle exaspérée par la difficulté de sa dissertation? Ou d'autres, plus enclin aux potins apparus ce matin-là, suggéraient que l'alcool mal digéré était le déclencheur, le remord et l'irritation perceptibles en découlaient.

Le fringant professeur d'Arithmancie se bidonnait de voir une petite aristocrate, éduquée dans l'art délicat du paraître serein en toute circonstance, aussi pétulante et énervée. Malheureusement, il ne pourrait s'entretenir avec la menue demoiselle qu'après avoir accompli la mission de son compatriote Albus. Il devait prendre connaissance des ouvrages de la réserve qui avaient été étudiés. Apparemment, Madame Schriebunbuch avait dans le collimateur l'efflanqué directeur de Gryffondor, chose commune qu'aux gens fréquentant un peu trop le transfigurateur, assez porté sur le mystère et les secrets. Il devait y avoir anguille sous roche. Le jeune homme ignorait les raisons de cette quête. Il avait des théories, certes… Néanmoins il avait une dette envers le sorcier à la longue barbe, il la remplissait sans poser de questions. Albus avait l'art de se fourrer dans des aventures tordues et compliquées. S'il ne le tenait pas informé, c'était que le griffon gérait très bien la situation.

- Madame Schriebunbuch! Bien le Bonjour! Clama le jeune enseignant, suffisamment fort pour faire sursauter la cinquantenaire bibliothécaire, occupée à trier de la paperasse. Celle-ci leva les yeux, remit ses lunettes en place et annonça d'un ton rapide et draconien:

- Que puis-je faire pour vous, monsieur Tourdesac? Pourriez-vous parler moins fort, aussi?

- Vous êtes donc si ému de me voir que vous avez peur du qu'en-dira-t-on! Ne les écoutez pas, ce sont des jaloux! Répliqua le bavard, tâchant de réchauffer l'humeur de son interlocutrice.

- Monsieur Tourdesac! Je suis mariée, voyons! Que désirez-vous? S'écria la dame aux cheveux gris avec un sourire au coin des lèvres, gage qu'elle était prête à papoter plus que nécessaire, à se distraire de ses besognes administratives.

- Nous sommes si proches maintenant que vous pouvez m'appeler Thomas… Quant à votre mari, il a l'air de bien vous ennuyer… chuchota le baratineur sur un ton intime, la main cachant sa bouche et les prunelles teintées d'amusement. L'archiviste de l'école de Sorcellerie n'était pas dupe à ce numéro de charme bien que cela la ravissait. Ces petits marivaudages même factices n'étaient plus de son âge, malheureusement. Elle s'efforça de retrouver son autorité glaciale et rétorqua:

-ca suffit… A force de clamer de telles inepties, les gens vont finir par y croire… Ne deviez-vous pas être en bonne compagnie en ce moment? Une serveuse, je crois…

- Preuve que vous êtes intéressée… que de connaissances… argua le loquace arithmancien. Le regard fusillant de Schriebunbuch le poussa à arrêter le badinage dans la mesure du possible. Il répondit de la manière la plus honnête mais pas la plus sérieuse:

-Bon, j'arrête de vous taquiner… La jeune femme avait un impératif… Me voilà bien esseulé, n'est-ce pas triste? Je cherches à m'occuper, je me disais qu'une femme comme vous, à l'érudition impressionnante… pourrait trouver une solution!

-Une solution à quoi? Prenez un livre et lisez… Le rapport sur l'énigme algébrique enchantée de la sorcière Euripidia du docteur Tonizuka en Arithmancie est assez édifiant. Objecta la femme préposée à la surveillance des livres.

- Je l'ai déjà lu, cette semaine, pendant les interrogations. Non, je voudrais vérifier que mes étudiants accèdent bien au savoir que je leur conseille… continua l'expert en Arithmancies, l'air sérieux et tout à la fois mystérieux

- Comment ça? S'enquit la femme myope à force d'avoir trop lu après les couvre-feux durant sa jeunesse.

- J'offre à des élèves des autorisations pour s'informer auprès des lectures de la réserve… Seulement le professeur Dumbledore m'a appris qu'un seul d'entre eux n'était venu véritablement se renseigner… Comment a-t-il su ça, je l'ignore ,tout comme l'identité du collégien… Je suis dépité! Moi qui pensait avoir réussi à enthousiasmer mes protégés sur la noble science que j'enseigne! Déclara le professeur avec des intonations bien mélodramatiques, rendant ces propos ridicules et matière à plaisanter.

- A force de faire du charme, les adolescentes cherchent n'importe quel prétexte pour passer du temps avec vous… Haha… Vous n'avez que ce que vous méritez! Gaussa la bibliothécaire et d'un ton plus professionnel indiqua:

-Je vous ramène les renseignements que vous cherchez… Voila, c'est Miss Gwendoline Parker, quatrième année, Serdaigle, Recueil des Arcanes Mathématiques de Lawrence Darry, n'est-ce pas?

- Etrange, dans mon souvenir, ce n'est pas le manuel que j'ai recommandé. Réfuta Tourdesac la mine surprise et sincère.

-Pardon?! Serait-ce une imitation, une copie?… Je vais chercher les autorisation écrites que j'ai obtenues… Attendez…Dans quelle époque vivons-nous? … Vraiment! S'emporta la Schriebunbuch, l'air exaspéré. Sa passion des livres dépassait certainement celle de participer à l'éducation des apprentis sorciers. Elle revint au comptoir avec un épais classeur où étaient inscrits toutes les informations concernant la réserve.

Le sorcier, ami d'Albus Dumbledore, lança un discret sort qui retranscrivait toutes les paroles qu'il émettait et énuméra la liste qu'il avait sous les yeux:

- Gourdenieze, anthologie des plantes magiques carnivores,… Yaxley, Sortilèges oubliés et condamnés, …Jedusor, Potions et Elixirs des Balkans,…. Button, Vie et désirs des Kneazles, …Strygois Enchantements et Découvertes du Maghreb, …Jones, Transfigurations médicales, …Lanssien, Recueil des battues et chasses des Loup-garou,… Knell, Art et Histoire des Gobelins.

-Que d'élèves! Je suis impressionné… siffla-t-il puis mit fin au sortilège.

Un grand fracas interrompit la conversation des deux adultes. Ils tâchèrent d'en trouver l'origine. Lorelei Black se tenait debout à proximité d'eux, le teint blafard et les yeux débordant d'effroi. Sa bouche semblait bouger, cherchant à articuler quelque chose, des parchemins et manuels de cours étaient éparpillés autour d'elle, un encrier se vidait sur le sol…

- He bien, Mademoiselle Black vous vous sentez mal?… demanda le mage, heureux de détourner l'attention de l'archiviste de Poudlard.

La demoiselle parut rependre ses esprits, baissa les yeux et se pressa de réunir ses affaires. Lorsqu'elle se baissa, la pièce se mit à tourner. L'héritière Black ne s'était pas sustentée depuis la veille. Elle stoppa tout mouvement cherchant à obtenir à nouveau son équilibre et posa ses fines menottes à terre pour gagner un appui supplémentaire. Les forces lui manquaient, elle aurait voulu s'allonger, se laisser gagner par le tournis, s'enfuir de cette réalité…

Une main froide ramena son minois vers les hauteurs. Tourdesac examinait le visage de la frêle élève, les yeux inquisiteurs et médicales.

- Que se passe-t-il? Je vais vous conduire à l'infirmerie. affirma l'enseignant, privé de sa bonne humeur naturelle.

Elle ne pouvait pas y aller, son secret serait révélé, le risque était trop grand. Lorelei, énervée de sa propre faiblesse et son incapacité à l'endiguer, riposta au plus vite avec une intonation des plus hautaines:

-Je vais très bien, il serait de toute façon très mal-placé de m'amener à la nursery. Seul mon frère ou mes compagnes possèdent ce droit. Veuillez me laisser tranquille et allez donc vous distraire ailleurs!

Le mathématicien magique eut un mouvement de recul, ses yeux devinrent tranchant comme un couteau affuté. Ce changement de bonhommie angoissa la fragile serpentarde, elle n'aurait jamais cru que ce dandy pouvait être dangereux ou impressionnant dans la colère. Elle eut un spasme , elle sentit que des larmes mourraient dans sa gorge, ses yeux s'étant asséchés d'avoir trop pleuré. La grosse boule qui se formait dans sa trachée l'étouffait…

- Vous n'allez pas bien… Mademoiselle Knell, vous voilà!… Pouvez-vous accompagner votre camarade chez l'infirmière… Il semblerait que ses écarts d'hier soir soient bien terribles à digérer… Quant à vous, Black, retenue d'une semaine, on ne donne pas d'ordre à un professeur, surtout lorsque celui-ci vous a empêché de vous coucher dans l'encre que vous avez renversé! Arrêtez de boire, ça fait très mauvais genre et en plus, votre humeur tout comme votre apparence ne s'arrange pas ainsi! Proclama le professeur d'Arithmancie, le ton frigorifiant étalant d'affreux ragots, l'humiliant autant que l'altière élève l'avait abaissé à la simple condition d'énergumène.

La seule réponse qu'obtint suite à cette tirade l'expert en sciences magiques fut un regard méprisant et insolent, un sourire inflexible, un faciès impénétrable. La descendante Toujours Pur le fixait et donnait l'impression qu'une joute verbale dansait sur sa langue. On aurait dit un guerrier barbare qui réfléchissait au meilleur moyen de torturer ces suppliciés. Thomas Tourdesac appréhendait cette réaction. Ce n'était pas Black! Black était une gamine gâtée, condescendante certes, cependant elle ne provoquait pas, elle était conventionnelle, c'était une sage petite gourde. Or il semblait là qu'elle se positionnait à pourfendre l'injustice qu'elle percevait, qu'elle prenait rôle du chevalier errant et solitaire vengeant tout déshonneur. S'était-il trompé?

Lorelei se sentit prise dans un horrible traquenard. Elle n'avait aucune envie de fréquenter sa fourbe camarade. Elle réprimait l'idée d'aller se faire soigner.

Elle aurait voulu donner tort à cet idiot de perroquet du nom de Tourdesac. Elle brûlait de le soumettre à la cruelle transparence: Il était bête et inutile, capable seulement de croire en ce qu'il voyait, de définir vrai ce qui l'arrangeait le mieux, il était incroyable qu'aucun des gens autours ne puissent ressentir son désespoir. Elle refusait pourtant l'option de divulguer la vérité. Elle rejeta toute sa haine sur cet abruti de tuteur, trop vaniteux et égocentrique pour la laisser en paix, pour percevoir sa phobie et son mal-être, pour la protéger de la terreur fatale qui s'avançait vers elle. Elle se vengerait de cette méprise sur sa personne. Elle acculerait désormais quiconque la contrerait. Les autres ne servaient à rien, juste à vous faire plonger plus rapidement… Il ne fallait plus attendre quelque chose de qui que ce soit.

Si Dire le secret d'autrui était une trahison, dire le sien était une sottise... Alors... Elle serait Parjure, Elle serait Stratège!


Ca vous a plu? Prochain chapitre confrontation Knell/Black, ça risque de chauffer!