SENTIMENTS OU PAS , JE NE PEUX VIVRE SANS TOI
DISCLAIMER: TOUS LES PERSONNAGES APPARTIENNENT OU SONT ISSUS DU FABULEUX UNIVERS DE JK ROWLING! REMERCIONS LA DE NOUS FAIRE TANT REVER….
RESUME: Lorelei Black a toujours considéré que la majorité ne pouvait avoir tort puisque la majorité définissait la normalité. De cette normalité émergeait la haute société, conservatrice de la morale et du bien-être du monde. Sa septième année risque fort d'ébranler toutes ses convictions… Epoque de Tom Jedusor
ANNONCE: Un chapitre un peu court, mais je fais vraiment des efforts... Le prochain sera par contre archi long, ça va faire sacrément bancal mais bon!... Il sera dispo la semaine prochaine si ce n'est début aout car je pars en vacances!
EXPLICATION: Certains peuvent se demander comment Tom a pu faire ces promesses. Voilà plusieurs raisons ( certaines découlent d'opinions persos): tout d'abord, Lorelei a bu du Felix Felicis, ses chances ont donc franchement accru et lui ont donné une grande confiance en elle. Deuxio, Tom n'a que seize ans, il est vraiment calé sur certains domaines, sur d'autres, il est totalement cancre, ses connaissances se développeront plus tard et surtout auprès de Barjow&Beurk. Troisièmement, Tom n'aurait jamais fait un serment inviolable, il a trop peur de la Mort ( voilà un petit indice pour la suite!). Ses camarades ne lui ont jamais parlé des mœurs archaïques que prônent la Famille Black, une des très rare famille à être pur depuis le Moyen-âge. La majorité des serpentards se libèrent de l'éducation rigide qu'ils ont subi. De plus, ça sert à quoi d'expliquer tout ça à un sang-de-bourbe!
Chapitre 12: La suprême ironie de la vie, c'est que personne ne s'en sort vivant.
Principes de la Famille Black.
Les enfants doivent respect et obéissance aux adultes membres de la famille Black.
Les femmes doivent respect et obéissance aux hommes membres de la famille Black.
Les hommes sont responsables de toutes décisions concernant la famille Black; par deçà on ne peut désobéir et bafouer l'autorité des hommes de la famille Black.
Lors de tout litige entre les hommes de la famille Black, le droit d'ainesse fait autorité.
Lors de tout litige entre les femmes de la famille Black, le droit d'ainesse des hommes responsables fait autorité ou, à défaut le droit d'ainesse des femmes fait autorité.
La Famille Black doit se concerter lors de tout reniement d'un membre de la famille Black.
Tout homme peut se défendre devant la Famille Black pour rejeter les charges qui imposent son reniement.
Tout enfant ou Femme est défendu par l'homme qui est responsable devant la Famille Black pour rejeter les charges qui imposent leur reniement. A défaut d'homme responsable, le patriarche familiale devient le représentant des accusés.
Tout membre de la Famille Black doit faire Honneur à la famille, à la noblesse et au blason de la Famille Black.
Tout membre de la Famille Black doit respecter ses principes.
Extrait de Us et Coutumes des Grandes Familles Sorcières, Randolphus Pittiman.
Samedi 19 Décembre 1943,
Chambre de Lorelei, Appartement des Enfants, troisième étage, Sunlightsunk Castle, Domaine de la Famille Black, alentours de Pembroke, Pays de Galles.
Les vacances de l'équinoxe de l'hiver venaient tout juste de commencer. L'héritière Black avait été heureuse de retrouver la monotonie, la sécurité, la sérenité de sa demeure familiale. Dès la matiné, elle avait tenté de percer l'arcane du sort vertueux qui la sauverait mais elle avait été sans cesse dérangée... Finalement, elle avait choisi de profiter de cette première journée de véritable accalmie, sans peste, félon et vautour à proximité. Elle irait se reposer en bouquinant quelques revues interdites qu'affectionnait tant sa mère.
Lorelei lisait, en ce moment, un livre sur les romances d'une princesse moldue, ouvrage chipé dans le secrétaire privé de sa mère. Elle était choquée… Comment sa génitrice pouvait-elle apprécier de telles inepties! L'héroïne sombrait d'amour pour un indigent… Franchement!…
Elle était étendue sur son lit recouvert d'un épais dessus-de-lit en patchwork de soie, de coton sauvage et de cashmere, métissage étrange tout comme les couleurs qui l'ornaient. Un bleu Roy se mêlait parfois à un orange criard, des fils d'argent et de cuivre reliés les carrés de tissus pourvus d'autant tons infinis qu'un arc-en-ciel en disposait. La demoiselle adorait cette couverture, seule excentricité apparente de sa chambre, propre et rangée, aux tonalités vert-amande et argentées. Chaque meuble siégeait à une place bien précise, donnant l'impression aux invités de ne devoir rien déplacer ou toucher. Son unique lieu strictement personnel en imposait et la rendait fière. Les gens se tenaient correctement là, même son amie Aoede préférait être dans la seconde salle de jeux, celle où il ne comportait aucun livre ou matériel ludique et éducatif.
Depuis plus de deux semaines, la noble demoiselle respirait à nouveau, elle connaissait le nom du sort qui lui serait utile, elle possédait du polynectar si jamais elle ne trouvait d'information dans les six pièces réservées à la disposition d'étagères accueillant des grimoires et manuscrits du Manoir Black… Elle n'aimait pas le nom de Sunlightsunk, preuve que cette bâtisse avait appartenu à une vielle famille sans descendance mâle, gage que ce sublime château aux structures de diverses époques n'était pas l'œuvre de sa famille.
La véritable Maison de la Famille Black se situait à Londres, dans un ridicule Hôtel particulier du XVIIIème siècle, la citadelle originelle datant du moyen-âge s'étant effondrée après le passage d'une tribu de géants. Dans le domicile situé dans la capitale anglaise, les descendants de la branche directe du premier Black reconnu y habitaient, chaque fils ainé y vivait dès lors qu'il se mariait. Le prochain propriétaire serait donc Orion Black, un petit cousin éloigné de Lorelei.
Elle était heureuse que ses parents eussent décidé de ne pas la nommer selon le principe ridicule des astres. Une lointaine aïeule, arrière arrière..grande tante, dont l'époux était ainé et de filiation directe, s'était glorifiée de ses parents, astronome et divinatrice reconnus par tous, et avait considéré que tout rejeton devrait porter un nom de la voute céleste. Deçà, les appellations étaient très redondantes, combien de Vega, Arcturus, Sirius… existaient dans cette généalogie? Maints membres de la dynastie baptisaient désormais leurs enfants ainsi pour se rapprocher (et duper les ignorants) du lignage directe et des privilèges qui en dérivaient. L'altière jeune fille aimait la singularité de son prénom qui renvoyait aux origines de sa mère, de la grande Famille Von Kobold, grande Aristocratie de l'Europe centrale. De plus, personne ne pourrait se fourvoyer en ce qui la concernait sur l'arbre aux multiples rameaux de l'histoire familiale.
Sa famille proche, descendante directe du cadet de la Seconde génération, avait acquis cette forteresse au XIXème siècle. Elle était bien plus spacieuse et convenable que la demeure londonienne. Certains disaient qu'elle manquait de confort, le vent aimant se balader à travers les dédales de pierres rudes, sauvages et médiévales. Cependant, on ne pouvait déprécier la vue qu'offrait la haute tourelle centrale, vestige d'un donjon: La mer et la côte de Pembroke d'un côté, les bois et les prairies vallonnées de l'autre, un panorama hétéroclite qui pouvait satisfaire tous les goûts. Cet alcazar exhibait sept étages au maximum, deux ailes périphériques composée de deux niveaux, et un total de 98 pièces regroupées en salons, petits et grands, d'hiver et d'été, bibliothèques, privées et publiques, appartements personnels avec cabinets réservés, salles de réception ,pour comité restreint ou gala, fumoirs, vérandas… et bien sûr volière, écuries, garage magique à balai, salle de bal et ateliers sorciers.
Une porte s'ouvrit brusquement et laissa passer Lady Embla Black, l'air agacé et pincé. Lorelei rangea au plus vite l'objet maraudé sous son couvre-lit… Pourquoi sa mère ne signalait-elle jamais son intention de pénétrer la chambre?… Pourquoi sa maternelle ne faisait-elle pas appel aux elfes tout comme son père?…
- Jeune Fille, nous avons à parler! Déclara la dame avec un accent germanique assez appuyé, signe qu'elle perdait son sang-froid.
- Oui, Mère… débita l'enfant, la tête baissée et la voix basse.
- Qui est Tom Jedusor ? Questionna abruptement l'autrichienne, les yeux vitreux, les lèvres abimées d'avoir prononcé ce nom sans écorcher la sonorité anglaise.
La jeune fille, aussi brune que sa mère était blonde, eut un sursaut d'effroi, repéra un billet dans la main de sa génitrice, et ne sut que dire tellement l'angoisse la tétanisait… que s'était-il passé?… Elle maîtrisait la situation normalement… Qui avait parlé?… Les promesses la protégeaient du sang-de-bourbe mais pas des autres….
L'épouse de Sir Black remarqua le trouble de sa fille. La tendresse, la peur et la colère étreignirent le cœur de la Lady… Elle décida de se choir au côté du premier fruit de ses entrailles. Elle interpréta le silence de son ainée comme révélateur d'une affliction incomprise et expliqua d'une voix douce, chaleureuse et débordante d'amour maternel:
- Lorelei, je suis allée à la volière, j'attendais une réponse de Madame Knell… j'ai trouvé ceci adressé aussi bien à ton père et moi qu'à toi…. J'étais surprise… j'ai ouvert supposant que ton père ne me ferait préjudice de cet acte… Elle vient de Poudlard… de Tom Jedusor… Il dit qu'il veut t'épouser! Il demande ta main… Il est vraiment très poli… je suis étonnée… Lorelei, ne t'inquiète pas, ça va aller…
De longues larmes silencieuses glissaient sur les joues de l'adolescente. D'un coup, elle ramena ses jambes contre elle, enfouit son minois contre les genoux, cherchant à s'éloigner et se protéger de la cruelle vérité.
Embla Black était déconcertée… Jamais elle n'aurait cru que sa fille, portrait craché de son mari, eut la capacité intellectuelle et spirituelle de s'affranchir des dogmes des Black. Finalement, toutes ces discussions et histoires qu' elle avait confiées avaient réussi à influencer son premier enfant à l'esprit si obtus. Une partie d'elle éprouvait la plus grande fierté de cette libération, une autre s'angoissait des conséquences à venir… Il était évident qu'une jeune demoiselle ne puisse épouser un homme sans fortune, titre ou influence …. Qu'importait les capacités du prétendant! … Un fruit mûr, délicieux, raffinée ne pouvait chuter sur une terre aride et peu accueillante… Les résultats seraient médiocres, l'énergie employée à la croissance de la fleur devenue fruit aurait été gaspillée…. Jehan Hubert Black n'accepterait jamais… Que pouvait-être l'amour dans le désespoir, la pauvreté et la populace pour une femme habituée au luxe, à la délicatesse, à l'élégance que représentait le train de vie de l'aristocratie… C'était folie… Après ces réflexions beaucoup plus raisonnables, Lady Black reprit d'une voix plus fraiche et posée:
-Lorelei, tu ne peux l'épouser, tu comprends… Si encore il était riche ou influent… Je t'ai toujours dit que le sang n'avait pas autant de valeur que les gens le supposaient… Mais il n'a rien… Tu ne peux pas être heureuse et comblée auprès d'un homme comme lui!
Lorelei était stupéfaite du discours de sa mère. Elle était au bord du désespoir et de la honte. Mais la faiblesse de sa mère la dégouta, l'écœura, la révulsa. Sa génitrice avait toujours essayé d'induire que les né-moldu valaient autant que les autres… qu'il ne fallait pas les mépriser… qu'ils étaient capables de grandes choses… A partir du moment où cela débarquait dans son petit monde, elle retournait sa veste, changeait le mousquet d'épaule et dénigrait tous ces propos… Sa mère était bienfaisante d'hypocrisie, fourbe dans ses proclamations de foi, lamentable de petitesse… Très bien, tant que ça n'arrivait pas chez elle!…
Prise dans un accès de rage, Lorelei retira la couverture multicolore et dévoila son larcin. Lady Embla Black écarquilla ses yeux myopes, tacha de remettre ses lunettes en place pour voir ce que sa fille montrait. Elle devint blême… Sa progéniture ne devait avoir accès à de tels romans fantasques loin des réalités de la vie… Elle sentit la culpabilité monter en elle… Son enfant était innocente, inculte et ingénue… Seules les dames comprenaient que cet écrit n'était que songes et fantasmes d'une vie ennuyeuse et bien huilée… Elle prit la reliure, s'approcha du poêle en fonte, emprisonna l'ouvrage tout comme la lettre dans les flammes qui réchauffaient la pièce puis partit accomplir quelques affaires pour se libérer de cette conversation embarrassante et des yeux noirs emplis de violence que seul les Black arrivaient à présenter.
Lorsque la porte se referma, Lorelei hurla. Elle avait besoin d'évacuer sa frustration… Le cancre avait bien compris qu'avec ses promesses, jamais elle ne lui offrirait quoique ce soit. Elle devait obtenir l'approbation de son père pour toute transaction et donc, renier la dernière promesse. Jedusor avait du émettre la qualité et l'appellation du sort pour que ces prétendues promesses pussent être valables. Elle l'avait obligé à se dévoiler!… Mais c'était fini!… Jamais elle n'aurait imaginé qu'il irait jusqu'au mariage pour l'assiéger… Encore heureux que ce fut Mère qui découvrît l'épître… mais Jedusor ne pouvait plus rien faire, maintenant…. Lorelei poussa sa concentration au maximum… quels options restait-il au sang-de-bourbe?… Tout ce qu'il fallait pour sa survie était lancer le sortilège qui rendrait sa vertu… Elle avait perçu quelques allusions dans un vieux grimoire de la bibliothèque privée appelée jadis « antre du savoir ténébreux » par feu son grand-père paternel. Malheureusement, elle avait été délogée par les elfes du patriarche et n'avait pu emporté l'ouvrage. De nombreux enchantements protégeaient les écrits… Que pouvait faire prochainement le félon?… Son père devait ignorer son existence… Il pourrait douter ensuite de son innocence… Elle serait perdue… Après tout, pourquoi un moins-que-rien pensait-il pouvoir obtenir la main d'une aristocrate?… Mettre quelqu'un au courant serait dangereux et sot… Elle devait aller à la volière vérifier qu'il n'y ait point de doublons de la traitre missive.
Elle prit son manteau, son écharpe verte et son bonnet puis sortit rejoindre les volatiles. Effrayée à la perspective d'être doublée, l'altière jeune fille fit ce que ,depuis ses dix ans, lui avait été interdit: elle dévala les escaliers et sprinta vers la cour extérieur.
Essoufflée d'avoir tant couru pour atteindre l'abri des messagers sorciers, Lorelei aspirait de grandes bouffées d'air aux relents de fientes. Elle eut une moue dégoutée. Elle observa ensuite les oiseaux repérant ceux qui n'appartenaient pas à la famille. Il y en avait beaucoup; son père était en affaires avec de nombreux sorciers, sa mère organisait entrevues, réunions, club et soirées avec toutes les dames du Royaume-Uni. Elle vit enfin un gros hiboux fatigué qu'elle avait déjà utilisé à l'Ecole de Sorcellerie. A sa patte était accrochée une dépêche à l'écriture sèche et serrée. Son nom y était inscrit.
Elle prit la lettre fébrilement, la lut et pleura.
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Lorelei était bouleversée… Tous ses stratagèmes étaient réduits à néant… Elle ne voyait plus aucune issue… Elle avait du défaire les promesses… Comment l'énergumène avait-il pu être au courant de la réversibilité du sort?… Et les dernières informations l'obligeaient à honorer le marché…
La chétive brune marchait tête baissée, épaules voutées, vers son refuge privé.
Même si elle possédait le polynectar, elle devrait quand même fournir un logement au truand. Il n'y avait plus de promesses pour la défendre des calomnies… Il n'y avait plus rien… Jedusor était totalement contre le renouvellement de ce processus magique… Elle devait s'incliner… Il redevenait son unique espoir… Elle devait lui apporter le cahier le 22 décembre au soir, le lendemain de son anniversaire… Il lui avait détaillé la démarche à suivre car il avait peur qu'elle fut trop idiote… cela l'exaspéra… Il avait toujours les réponses…Par contre, Elle, elle était minable, sans solution, sans réaction…La seule chose pour laquelle elle était douée, c'était les pleurnicheries… Elle n'arrivait jamais à être constructive… elle n'était qu'une sotte…
Le 22 décembre 1943, Elle aurait dix-sept ans, serait majeure, subtiliserait apparence, baguette, sceau et chevalière de son Père, se rendrait à Gringotts et spolierait la dot de sa mère…
Le 22 décembre 1943, Lorelei Black deviendrait scélérat.
Le 22 décembre 1943, Lorelei Black n'aurait plus aucun honneur jusqu'à ce qu'on lui accordât la grâce d'une vertu factice.
Mais Lorelei Black ignorait que Le 22 décembre 1943 incarnerait aussi une renaissance. La face du monde en serait à tout jamais changé.
Le 22 décembre 1943, Lorelei Black serait affranchie.
Quels sont vos pronostics? ............. ça va être dur d'attendre.
