SENTIMENTS OU PAS , JE NE PEUX VIVRE SANS TOI
DISCLAIMER: TOUS LES PERSONNAGES APPARTIENNENT OU SONT ISSUS DU FABULEUX UNIVERS DE JK ROWLING! REMERCIONS LA DE NOUS FAIRE TANT REVER….
RESUME: Lorelei Black a toujours considéré que la majorité ne pouvait avoir tort puisque la majorité définissait la normalité. De cette normalité émergeait la haute société, conservatrice de la morale et du bien-être du monde. Sa septième année risque fort d'ébranler toutes ses convictions… Epoque de Tom Jedusor
ANNONCE: mille pardons… j'ai mis beaucoup de temps… Finalement, j'ai du couper le chapitre de la fin, sinon je m'en sortais pas… Je vous laisse profiter.. Le prochain chapitre sera moins intéressant en terme d'actions mais l'art de la politique reconnu aux serpentards va être mis en œuvre…
Chapitre 13: Tout arrive à qui sait attendre. La mort, par exemple.
Black,
Deux options se présentent à toi: rompre les promesses ou devenir ma soumise
Je sais que t'épouser ne m'apportera rien puisque que tu seras reniée mais je t'aurai au moins appris que l'on doit me respecter. Ne m'oblige pas à corrompre ton niais de frère, il est le seul héritier mâle, l'honneur de tes parents n'en seraient que plus bafoué.
Le sort qui t'intéresse doit être effectué par une personne pure.
Je te transmettrai les détails pour le carnet, tu es tellement stupide qu'il faut éviter tout risque.
Ton maître.
Mardi 22 décembre 1943,
Tourelle, septième étage, Sunlightsunk Castle, Domaine de la Famille Black, alentour de Pembroke, Pays de Galles.
Des nuances rosées et orangées habillaient les cieux endormis, la lune sombrait doucement tandis que le paysage se noyait dans une profonde mélancolie tourmentée.
Les vents marins amenaient et renvoyaient une étrange mélodie. La mer comme attirée par ce chant singulier déployaient des vagues d'ondes ricochant sur des rocs ténébreux et cruels. L'océan soufflait ses flots. Ces lames ses brisaient sur les récifs, augmentant l'envoutement de la complainte:
Je ne sais d'où me vient
La tristesse que je ressens
Un conte des siècles anciens
Hante mon esprit et mes sens
Une jeune fille à la chevelure d'ébène psalmodiait cette ritournelle invariablement, créant une atmosphère d'infini et de fatalité, éternel emprisonnement d'un esprit possédé et tumultueux. Les yeux sombres et cabalistiques fixaient l'horizon doré, recherchant inlassablement une rive pour s'ancrer, une lueur d'espoir., un avenir.
Les vêtements de la demoiselle ne virevoltaient pas malgré les vaines caresses du zéphire pour consoler l'âme perdue. Les tissus lourds cloîtraient tout le corps de la recluse dans une cage d'étoffe somptueuse et luxueuse; l'ambiance n'en était que plus macabre…
La veille s'était tenue un grand gala pour honorer la naissance de la noble enfant.
La robe imposante et imprévue avait été utile pour recouvrir les colères de Sir Black… Un malotrus du nom grotesque de Jedusor en avait été la cause…
Une femme qui avait été son amie, sa confidente, son âme sœur l'avait usurpée, humiliée, vaincue…
Le jour où des promesses furent rompues, sa mère avait invité des amis de longue date, essayant de distraire sa progéniture…
Sir Black aurait dû être occupé, il l'était toujours, il dédaignait les bourgeois…
Mauvaise fortune régnait en cette journée-là… Le patriarche voulut s'enorgueillir… Il contraignit ses hôtes à ses propres flatteries… Il avait désiré prendre sa revanche sur la prospérité des affaires de la famille Knell… Suite à ces vanités, Le sourire narquois de Monsieur Knell scella la destinée de Lorelei… Il dévoila par quelques remarques perfides et polis l'existence d'un né-moldu… Le blême de Lady Black apporta le coup de grâce… Jehan Hubert Black perdit rictus condescendant, prunelles railleuses et air supérieur… Les privilèges, faveurs et reconnaissances qu'avait conquis Lorelei Black auprès du paternel furent anéantis, assassinés, annihilés… Le 19 décembre 1943, des meurtrissures envahirent la dépouille qu'était devenue la feue préférée de Sir Black.. Le 20 décembre 1943 des taillades avertirent la déshonorée que le pardon était difficile dans sa famille… Le 21 décembre 1943 l'autrichienne parvint à éloigner son époux, à le convaincre de donner la fête, de ne laisser courir de bruits sur un quelconque déshonneur possible… le seul point positif fut que personne ne songea un seul instant que l'opprobre se nichât aussi en sa chair… Son petit frère avait assuré qu'il ne libérait point sa sœur en présence d'inconnus masculins… Pieux mensonge salvateur…
-Ekkelniss, murmura d'un coup la jeune fille, sortant du labyrinthe damné des regrets, réanimée par le soutien de son petit frère, trop loyal et candide pour supposer l'imposture de son ainée… Elle devait lui faire honneur, retrouver sa vertu sinon lui aussi paierait les conséquence de sa folie… beaucoup trop de gens souffriraient de son idiotie… sa mère, son père… son frère perdrait un héritage précieux par contre… elle mentait… Son déshonneur portait juste préjudice à elle… La Famille Black la renierait… Elle s'éloignerait de l'infamie… Elle demeurerait noble et pure… Seule Lorelei resterait souillée…
Un léger « ploc » détourna l'altière jeune femme de ses noires pensées.
Un elfe de maison, petit, rachitique, aux longues oreilles, apparut. Il était vêtu d'une légère toge gris chartreux, très propre, puisque la demoiselle lui imposait de la laver tous les deux jours, sinon elle lui en offrirait une nouvelle.
Ekkelniss se flattait d'appartenir à la maîtresse Lorelei honorable et prude. Il était devenu sa propriété quand la grande sorcière, fierté de maître Sir Jehan Hubert, avait obtenu un diplôme très difficile que tout magicien devait passer. Il était persuadé de la dignité de cette nouvelle fonction et faisait tous les efforts pour l'allouer. La maîtresse était toujours aimable et compréhensive avec lui mais pas avec les autres. C'était normal, les autres ne la satisfaisaient pas comme lui en était capable, il se glorifiait de cette confiance et reconnaissance que lui attribuait la demoiselle… Il avait donc décidé qu'il serait seulement l'elfe de gentille maîtresse Lorelei qui était bien seule car ses autres compatriotes discutaient toujours les ordres avant de les faire ou pas. Les autres obéissaient à maître Sir Jehan Hubert exclusivement. Ils n'étaient pas aussi importants que lui, ils pouvaient être remplacés.
Gentille maîtresse semblait être très fatiguée, elle avait des cercles violets sous les yeux, signe de mauvais repos chez les augustes porteurs de baguettes; son teint était blafard et les lèvres bleutées, elle ressemblait à l'équivalent humain de l'elfe alcoolique Ökin qui était tombé dans le puits à souhait, Ökin avait été libéré après ça, il l'avait bien mérité.
-Ekkelniss, je ne pensais pas que tu viendrais… Père ne t'a pas interdit de m'aider? Chuchota la triste Gentille maîtresse.
L'elfe de maison fit ressortir ses gros yeux globuleux, crispa ses mains décharnées et proclama d'un ton solennel et énervé:
- Ekkelniss n'obéit qu'à Grande Maîtresse Lorelei! Ekkelniss est digne de confiance! Grande Maîtresse Lorelei peut tout demander à Ekkelniss!
- Excuse-moi, Ekkelniss! Je suis désolée… Mais c'est dangereux de désobéir à Père, tu n'es plus obligé de me soutenir… déclara la brune avec un sourire mélancolique.
-Ekkelniss veut aider Grande Maîtresse Lorelei! Répéta doucement la créature, les yeux suppliants.
Il attendait que gentille maîtresse Lorelei parlât, eût confiance en lui. Il ne fallait pas brusquer et déranger la gentille maîtresse Lorelei quand elle réfléchissait, sinon elle devenait très énervée et cela blessait Ekkelniss car il avait embêté sa gentille maîtresse Lorelei. Il y avait beaucoup de vents, il fallait que sa gentille maîtresse se décidât très vite avant qu'elle tombât très malade. Ekkelniss s'inquiétait toujours pour sa gentille maîtresse Lorelei. Un murmure mit fin aux réflexions d'Ekkelniss.
- Il va falloir alors faire quelque chose d'interdit et de dangereux… J'ai besoin de la baguette et des vêtements de Père et du sceau magique… j'ai besoin aussi que tu ne dises cela à personne… c'est un secret… j'ai besoin d'aller à Gringotts, tu peux m'aider, Ekkelniss? Je peux comprendre si tu refuses… débita rapidement, le souffle court, les yeux fuyants, la jeune fille. Elle était désemparée et pourtant pleine d'espoir, son elfe pourrait la secourir, il risquait la mort, seul sa loyauté l'obligeait à l'écouter, son paternel avait ôté ce privilège à sa descendance quand il eut appris pour le né-moldu.
- Ekkelniss peut faire ça… Grande Maîtresse Lorelei ne doit pas s'inquiéter! Ekkelniss est digne d'appartenir à Grande Maîtresse Lorelei! Ekkelniss va prouver sa valeur! Piailla l'elfe le ton glorieux. Il transplana et réapparut aussi promptement, la baguette, le sceau et des vêtements dans les bras.
Lorelei rit de bon cœur et fit naître un merveilleux sourire sur le faciès de la laide petit créature.
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Le chemin de Traverse était La rue marchande du quartier sorcier de Londres. On était toujours sûr de croiser une connaissance, amicale ou non, là-bas. Au contraire, l'allée des embrumes était sinistre et sans vie. Personne n'espérait rencontrer quelqu'un dans cet impasse aux connotations de magie noire.
Lorelei Black apparut dans ce sombre passage, un immonde elfe tenait sa fine main aristocrate. Heureusement pour Lorelei que la venelle était peu accueillante et poussait les sorciers à se déplacer au plus vite car un noble magicien ne portait de respect ou d'amitié pour ces êtres serviles qu'étaient les elfes de maison, tout juste de la considération pour les tâches qu'ils effectuaient avec ardeur et passion.
Un passant aurait été encore plus abasourdi de voir cette honorable héritière habillée avec des vêtements trop grands et a priori réservés à la population masculine.
La jeune femme jeta un regard aux alentours, aux aguets… Il n'y avait âme-qui-vive .
Elle demanda à Ekkelniss de l'attendre dans l'arrière cour d'une gargote miteuse nommée « repaire d'Herbet Verney ». Elle prit un cheveu trouvé sur un peigne, le mit dans la petite bouteille de polynectar et but le liquide que contenait la fiole.
Elle sentit se gonfler, sa chair se déplacer. Elle retint le cri de douleur quand ces os se mirent à pousser, sa gorge brûler, ses tripes se contracter. Ce n'était que trois minutes de souffrances fulgurantes. Elle ferma les yeux de toutes ces forces…
Une larme silencieuse s'échappa de l'œil gauche de Lorelei. La jeune fille voulut la récupérer de son index..elle se fit mal, elle s'était mis le doigt dans l'œil au sens propre… Elle voyait flou, elle ôta ses lunettes… Elle était maladroite et gauche… Personne ne pouvait la prendre pour Sir Black…
Elle évalua son reflet à travers une vitre, elle fut ahurie… elle était devenu son père… Quoiqu'elle semblait moins imposante que lui… Il faudrait le devenir…
Lorelei était partagée entre s'entraîner à paraître Sir Black ou à partir au plus vite terminer ce cambriolage… Elle n'avait qu'une heure, elle prit donc la route pour la banque gardée par les gobelins.
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Tout s'était bien passé. Les gobelins n'avait pas paru soupçonneux. Après tout, Lorelei connaissait et avait hérité de manière intentionnelle quand elle était petite toutes les expressions de son père, il était si dur et revêche que peu de gens prenaient parole sans réfléchir aux conséquences… Lorelei eut un élan de fierté pour son géniteur… Elle n'avait pas attendu et on l'avait servie expressément.
Elle resserra sa poigne sur sa sacoche, elle avait lancé de nombreux sorts de protection, certains si anciens que seuls les descendants de grandes familles en connaissait les propriétés, pour garder à l'abri son larcin. Elle avait remplacé le fameux cahier par un vulgaire carnet noir qui trainait dans sa chambre, cadeau de cousins éloignés désargentés. Elle pressait le pas, fondait la foule avec suffisance et rigidité… Elle ne devait croiser une fréquentation de son paternel, elle devait les dissuader de s'entretenir avec l'aristocrate… Il ne lui restait que quelques minutes avant que les effets de l'élixir ne s'estompassent… Elle était si près du but qu'elle ne pouvait prendre un cognard et perdre le souaffle… Elle parvint finalement à l'embranchement d'avec l'allée des embrumes, cependant sa vue baissait et elle sentit des mèches de cheveux chatouiller sa nuque… Elle courut à couvert des regards pour pénétrer le passage brumeux et ne s'arrêta que lorsqu'elle vit la pancarte misérable de l'établissement honorant le vampire le plus cruel et le plus éphémère que Londres avait connu. Elle respira à nouveau… Elle avait retrouvé son apparence et les défauts qui allaient de pair. Heureusement, l'auberge minable et décrépie exhibait un écriteau aussi grand qu'étaient petites les bourses qui se vidaient à l'intérieur. Elle partit à la recherche de l'elfe sans binocles à son nez. Les précieux verres étaient enfermées dans la serviette en cuir et la braqueuse ne désira prendre aucun risque de dévoiler son vol. Elle susurra finalement le nom de son fidèle serviteur qui apparut aussitôt… Elle ne devait perdre de temps… Elle prit la main squelettique aux ongles fourchus et disparut de la sinistre ruelle.
Peut-être aurait-il mieux valu finalement récupérer la monture en peau de dragon, Lorelei aurait ainsi pu remarquer quelques spectateurs… .
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De retour chez elle, l'accomplie malfaiteur se débarrassa des vêtements, de la baguette et du sceau magique de la famille Black, branche du cadet de la Seconde Génération. Elle tendit le tout à l'hideuse bête maigre et lui demanda s'il pouvait les remettre à leur place. Elle cacha le carnet recouvert d'une reliure factice entre les ouvrages de sa bibliothèque., s'habilla de sa chemise de nuit et plongea, la seconde où sa tête toucha l'oreiller, dans un sommeil lourd et réparateur… sa mission était en partie achevée… Le moins dure mais le plus écœurant restait à faire.
Exténuée, la jeune fille s'enfuît de cette journée vers le pays de l'oubli et des songes. Elle n'entendit ni les elfes qui lui apporter le plateau du déjeuner garni de pain raci et d'eau tranplaner, ni sa mère veiller le somme de son enfant battue et encore moins, Siegfried lui chuchoter des paroles réconfortantes parlant de pardon et d'amour inconditionnel…
Vers les quatre heures de l'après-midi, l'adolescente sortit de sa somnolence. Elle regarda par la fenêtre et vit le crépuscule gagner le ciel… Elle devait se préparer, rejoindre le maître chanteur. Elle prit une douche et se vêtit de manière la plus discrète qu'il fût. Elle renonça à se coiffer avec le chignon estimée, cela attirerait l'attention…n'importe quel observateur serait étonné de voir une jeune fille de bonne famille s'entretenir avec un indigent dans le pub minable de la tête de Sanglier. A la place, elle tressa sa chevelure ténébreuse.
Tout occupée à se préparer, le regard de Lorelei vogua de manière imprécise, elle voulait quitter ce cauchemar, ne pas participer consciemment à ce crime…Son attention se pointa sur le calendrier… la lune serait semblable à celle à la nuit où elle fut violentée et ternie… Elle eut un frisson, son éreintement était autant morale que physique… Elle n'aurait pas la force de côtoyer le cruel serpent sans foi ni loi… Il pouvait bien attendre… De toute façon, l'enchantement qu'elle désirait subir ne se ferait pas avant au moins un mois, le temps de réunir les artéfacts nécessaires… Une nouvelle fureur transperça la brune: … elle ne devait pas perdre d'esprit que sa seule monnaie était le cahier… Il fallait le garder en lieu sûr… ne l'échanger qu'à condition… Après tout, le sang-de-bourbe n'avait aucune véritable intention de s'unir à elle… Il patienterait… Lorelei prit l'étrange décision de provoquer le préfet, entama une missive qui relatait l'avancée de sa mission malgré les punitions et la réclusion qu'elle avait subies et donc son impossibilité à quitter de nouveau le giron familial. Cela serait trop risqué pour l'instant expliquait-elle, au pire elle emmènerait l'ouvrage à Poudlard.
Un hurlement brisa le silence morbide qui régnait dans le château depuis le reniement sentimental du seigneur envers son premier-né.
- SALE FILLE, veux-tu bien m'expliquer! Tonitrua une voix puissante et terrifiante. Le bruit de lourds pas angoissa Lorelei à mesure qu'ils s'approchaient de son appartement. Elle rangea l'ébauche de lettre, referma le secrétaire à clef et se leva, la tête baissée prête à recevoir un châtiment corporel supplémentaire.
Jehan Hubert Black ouvrit la barrière de chêne avec fracas, son visage impassible malgré ses éclats sonores. La jeune fille tenta d'accueillir convenablement son hôte tout en affichant une mine contrit sans pour autant laisser paraître l'affolement qui bourdonnait dans ses oreilles. Elle devait être innocente et repenti pour que la mauvaise humeur ne soit que temporaire. Elle dit d'une voix douce et soumise:
- Oui, Père.
Cette phrase fit tiquer l'œil gauche de Sir Jehan Black. Il se positionna au centre de la pièce jaugeant tous les objets qu'elle contenait. Il remarqua l'encrier sur le secrétaire, la chaise légèrement déplacée pour que ce recoin fusse harmonieux et élégant, et le corps de la fille faisant barrière à l'accès du bureau. Cela décupla sa colère… Il n'y avait plus de doute sur la félonie de cette créature qui osait être de son sang. Il leva la main gauche comme pour montrer quelque chose, Lorelei suivit du regard la menotte relevant le menton, elle n'aperçut le roseau tenu par l'autre membre que lorsque celui-ci fendit dans l'air pour ébrécher son minois de porcelaine.
- Tu n'as pas l'autorisation de parler, invectiva l'homme. A défaut de l'éduquer, il la dresserait pour être obéi.
- de quel droit invites-tu des gens! Continua-t-il en déambulant dans la suite beaucoup trop onéreuse pour une galeuse. Il se décida, tant pis si sa femme l'ennuierait avec ses pleurnicheries niaises et sentimentales. On ne pouvait contester son autorité, la bafouer et souiller sa réputation d'homme fréquentable qu'il avait réussi à forger auprès des plus honorables membres de la dynastie Black après tant de labeur et de temps consacré auprès des vieillards séniles et gâteux. Plutôt mourir ou mieux qu'elle meure!
- Tu es privé de toute existence jusqu'à ce que je concède du contraire… Tu n'iras pas à Poudlard! Tu n'auras plus aucune distraction, uniquement tes réflexions sur la valeur et la dignité de la famille Black, ta famille à moins que tu ne continuasses à me provoquer de la sorte! Tu n'as plus besoin de meubles, de décorations et de divertissements.
Joignant l'action à la parole, il renversa les meubles qu'il trouvait à son passage, bouscula l'adolescente pour se frayer un passage vers le pupitre qui fut envoyé contre les parois vert amande. Il se brisa révélant son contenu. Sir Black d'un sortilège fit venir les papiers dans ses mains. Il lut à la va-vite, consterné de ne pas tout comprendre des quelques mots aperçus.
- Quels sont ces écrits? Quelle est cette mission? Tu es sortie? Questionna-t-il, l'air ébahi. Comment avait-elle réussi à déjouer les surveillances mises en place? Pour aller où? Il n'y avait pas grand-chose dans les alentours, elle n'avait pas sa baguette pour faire appel au vulgaire magicobus… Si elle avait réussi ce tour de passe-passe, pouvait-on s'en tenir aux affirmations de son cadet quant à sa pureté.
Lorelei n'eut pas l'affront de répondre à mesure que les yeux de son géniteur déchiffraient le billet.
Lorelei n'eut pas le temps d'éclairer son paternel sur ses agissements et encore moins de clarifier la raison de son incursion dans sa suite. Après tout, il avait désormais une véritable raison de laisser pourrir le fruit de ses entrailles.
Lorelei ne comprit donc pas que l'hurlement effroyable qui suivit cette sombre découverte sembla provenir du rez-de-chaussée. En réalité, il lui paraissait même en déceler plusieurs dont un résonnant familier, celui de sa mère. Jehan Hubert Black écoutait tout autant ahuri, comme si le temps était suspendu, qu'il faisait un ténébreux cauchemar… Il gifla sa fille qui chuta, l'immobilisa de douleur à l'aide d'un coup de pied dans le ventre et tenta de redevenir maitre de la situation. Il partit à la recherche de ce remue-ménage qui le perturbait mais le secourait en l'éloignant du coup de massue qu'un troll avait du lui octroyer car il ne parvenait plus à réfléchir convenablement et faisait naitre en lui quelque chose qui ressemblait fort à de la peur.
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Lorelei, étendue au sol, reprit son souffle coupé par l'élan de son père. Le vacarme qui siégeait aux étages inférieurs était des plus affolants. On avait l'impression qu'une bataille s'y déroulait. Les gueulements devenaient de plus en plus insistants. Un frisson glacé parcourut l'échine de la jeune fille, la poussant à se relever au plus vite. Elle ne savait si elle devait sortir ou rester dans son cloître. Soudain, un sourd grondement près de l'entrée la figea dans la terreur. Un long museau grisâtre dépassait de l'embrasure de la porte, bougeant par à-coup de haut en bas comme si la bête acquiesçait ou appelait à suivre cette piste. Lorelei recula doucement tout en cherchant une esquive à l'affrontement ou de manière plus désespérée une arme pour se défendre.
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Toute logique avait quitté l'esprit de Lorelei, elle ne comprenait rien de ce qui passait mais elle savait que sa vie était en danger. L'instinct de survie devint maître du corps de la demoiselle, si peu habituée à laisser cours aux impulsions primitives. Comment réussit-elle à quitter la chambre, elle l'ignorait. Pourquoi était-elle en train de courir dans le couloir? Quelle était ce cri aigüe qui lui perçait les oreilles, si ce n'était sa propre voix… Elle avait mal, elle regarda à sa gauche, son frère tenait fermement son bras, la trainant parmi les allées, changeant brutalement de direction à chaque embranchement. Quelque chose de poisseux s'était étalé sur son corps… du sang…
Les créatures étaient à leur suite bien qu'elles se soient plusieurs fois fracassées le crâne à chaque croisement des étroits vestibules. Juste après un virage ardu, Un souffle humide et fétide stridula près de sa joue gauche, une masse de fourrure et de muscles déferla sur son frère. Lorelei se jeta à son tour sur l'amas de poils et de crocs, lança sa main droite sur le dos de la bête, un magma rouge en découla, la lame d'argent qu'elle tenait à cette main offrit aussi une odeur acre de chair brûlé. Un gémissement lancinant et l'effondrement du prédateur, Siegfried parvint à se dégager de l'horreur. Ils reprirent leur course, Lorelei tenait serrée dans sa poigne l'arme au métal noble tout autant que son cadet pointait sa baguette à chaque pressentiment de danger. Les autres monstres semblaient s'être dispersés dans les dédales de couloirs, un silence de mort y régnait, vaincu par moment par les rugissements des animaux. Ils marchèrent plus doucement, n'osant éveiller leur présence. Ils cherchaient, ils ne savaient pas quoi, peut-être un signe de vie, ou plutôt un accroc prouvant que ce n'était qu'un mauvais rêve, car il n'y avait plus d'espoir à avoir dans ces ténèbres qui furent leur demeure.
Un mouvement à leur droite retint leur attention. D'un coup, une main s'abattit sur l'épaule de Lorelei qui sursauta et exprima sa frayeur d'un bref cri. Cette menotte fine et blanche n'était que celle de leur mère qui se dévoila d'un discret lumos. Elle leur fit signe de la suivre, sa main caressant, touchant, palpant les deux corps de ses enfants, rassurante et rassurée. Le chemin choisi les menait vers l'antre du savoir ténébreux, pièce hautement protégée. C'était une bonne idée, le temps que la lune disparût.
La perspective de sécurité s'annihila dès lors que des râles bestiaux se firent entendre. Un être plus loup qu'humain se posta devant l'accès, ses pattes antérieurs raclèrent le sol, lacérant le parquet, puis s'immobilisèrent. Il bondit. Un sort propulsa l'animal contre une tapisserie qui se décrocha sous l'impact. Un autre sortilège enferma la créature dans ce piège d'étoffes. Embla Black n'avait rien oublié de ses cours du collège. Une certaine excitation mêlée à l'effroi de la situation la rendait alerte et efficace… Après tout, l'Allemagne était un des pays les plus infestés par ces créatures, tout sorcier germain attentif aux leçons de défense savait comment les combattre. Attendre que le ventre se dévoile, partie la plus fragilisée de la physionomie, ne pas courir car il fallait toujours l'attaquer de face, ne pas le laisser s'approcher pour ne pas être corrompu à son tour. Embla Black se sentit enfin utile, importante, sa nature de mère prenait tout son éclat tandis qu'elle protégeait sa progéniture, ses bébés.
Une deuxième créature apparut, Embla Black était décidée, elle libérerait le passage pour ses chérubins au péril de sa vie, Elle leva la baguette…
Elle n'entendit pas le « ploc » à ses cotés et ne comprit qu'elle ne transplanait qu'à la vue du papier peint de l'antique bibliothèque, un elfe de maison tenait sa robe. Elle regarda les alentours, son mari blafard et colérique tassé au fond de la salle, plusieurs elfes apeurés l'encerclant, son fils, l'air perdu, tournant sur place, repoussant l'elfe qui le touchait, des larmes aux yeux et finalement murmurant angoissé:
- Où est Lorelei?
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Une nouveau monstre s'avançait, sa mère se mit en position de combat. Lorelei regardait passive et fascinée cette démonstration de force tranquille. Elle chercha la main de son frère, tourna la tête des deux côtés, il n'y avait personne!… elle se retourna vers sa mère…
Elle avait, elle aussi, disparu… Il ne restait que la bête s'approchant avec une apparente sérénité sur le festin qui l'attendait.
L'adrénaline s'était dissoute du corps de la jeune fille, persuadée que sa mère la ramènerait saine et sauve… Elle n'eut qu'une réaction, crier, hurler, pleurer, éclater son désarroi:
-MUTTI! MUTTI! HILF! MUTTI! HILF! Ich will nicht sterben! Ich habe Angst! MUTTI! Allein will ich nicht sterben! HILF! MUTTI! Ahaaaaaaaaaaaaaaaaargh!
Le lycanthrope avait sauté, elle eut juste le temps d'esquiver. Le loup se repositionna aussitôt prêt à la dévorer. Elle tremblait de tout son corps, elle regardait la bête, évaluant la longueur des crocs, elle préférait mourir que souffrir. Un bruit détourna ses réflexions et son regard, le loup plongea sur elle profitant de son inattention. Etendue au sol, Lorelei protégea son visage de son bras, la gueule acéré se répit de ce membre en premier. Une fulgurante douleur traversa ses veines et artères, son sang brûlait, ses rétines semblaient s'enflammer, un dernier sursaut de vie lui donna la force nécessaire pour déplacer la patte de l'hybride qui bloquait son bras armé d'argent. Déséquilibré, le canidé relâcha sa prise, Lorelei plongea sa main plusieurs fois vers son bourreau mais elle ne taillada que l'air et quelques poils. D'un coup, la bête s'éloigna de la jeune fille. Lorelei s'échappa maladroitement de la zone d'attaque du loup. Elle entrevit sa mère pointant sa baguette sur l'agresseur, devant la porte ouverte du lieu protecteur. Embla Black lança plusieurs enchantements tout en se déplaçant sur le côté pour attirer l'attention de la créature. Elle voulait donner l'accès libre à sa fille; Elle énonça doucement la démarche à suivre d'une voix maternelle et relaxante:
- Loreilei! Betritt! Es geht mir gut! Keine Sorgen! Ich kann es töten! Langsamer, Lorelei! Du hast Zeit!
Lorelei essayait de se mouvoir avec lenteur. Mais plus le temps passait, plus sa mère avait de pas à faire pour retrouver la sécurité. Lorelei observait sa mère jouer savamment avec la bête quand elle vit luire deux points jaunes dans le dos de sa mutti. Elle n'eut le temps de parler. Sa mère, entendant un grondement derrière elle, tourna la tête pour pivoter, lâchant son attention, le premier loup bondit tandis que le second balaya les jambes de la lady d'un coup de patte. Les deux monstres travaillèrent rapidement, avant que le corps tout entier toucha le sol, la jugulaire avait été embrochée par leurs canines tranchantes. Une mare rougeâtre s'étendait autour de la victime qui tenait toujours sa baguette. Lorelei était pétrifiée de pure terreur. Ce n'était pas possible. Un hurlement à ses côtés ne changea rien à la donne. Les carnassiers aux babines rougies par le sang nourricier braquèrent leurs étranges pupilles dans sa direction. Elle s'en fichait… Elle le méritait… Si elle n'avait pas crié, sa bonne mutti serait vivante et heureuse auprès de son mari et de son fils… Quelqu'un la tira en arrière, pénétrant ainsi dans la sombre bibliothèque, referma la porte, tourna son visage et la fixa dans les yeux. Siegfried vociférait, cherchant à faire réagir sa sœur tétanisée. Lorelei avait perdu l'ouïe, la vue, le toucher, le goût… Elle avait tué sa mère…
Lorelei se laissait envahir par le vide et le désespoir. Elle ne tressaillit pas quand son père la frappa, ni quand il prit la lame de sa main et la glissa sous la gorge, elle ferma juste les yeux attendant de voir la rivière qui menait aux enfers…
Elle ne sentit rien, elle entendit du bruit par contre, des bousculades, des pleurs. Les gens étaient donc toujours aussi pressées, à moins qu'il n'existât encore quelques peurs et frayeurs à avoir dans ce monde-là. Elle pourrait peut-être voir sa mère avant qu'elles ne soient séparées. Elle ouvrit les yeux… Elle ne comprit pas, elle était toujours dans la bibliothèque, était-elle devenue un fantôme… Son frère était agenouillé à côté d'elle, il pleurait tenant dans ses paumes la lame embrunie d'avoir tant poignardé. Oui, elle devait être morte… Siegfried sanglotait, il balbutiait des phrases incohérentes:
- Mutti… voulait pas… pas ma faute…
Il se pencha et posa sa tête sur les cuisses de Lorelei, enfouissant sa frimousse contre son ventre.
-Lorelei… Il est mort… pas ma faute…
Traductions: phrases de Lorelei en allemand: Maman,maman! Au secours! maman! à l'aide!Je ne veux pas mourir! maman! j'ai peur! maman! au secours! je ne veux pas mourir toute seule.
Phrases d'Embla Black en allemand: Lorelei, rentre!ça va pour moi! ne t'inquiètes pas! Je peux largement le tuer! plus lentement, lorelei, tu as le temps!
Si je vous disiez que vous auriez pu le savoir dès le début? lol! ( pas facile, bon)
Certains documents s'éclaircissent largement maintenant. Quoique ça devrait vous faire réfléchir!
des théories, je serais ravi d'en prendre connaissance!
