Chapitre 2 : Résistance

HG

Durant dix minutes, je reste dans son jardin, une expression stupide sur le visage, puis, éclate d'un rire hystérique.

Je range mon matériel, apparaît dans mon appartement et m'écroule sur mon lit, épuisée. J'ai fait ce que j'ai pu. Maintenant, il ne reste qu'à attendre… Et espérer.

Mais que vais-je faire s'il refuse ? S'il ne me recontacte pas ?

Non, il va accepter. Il ne peut qu'accepter. Mon Dieu, pourvu qu'il accepte !

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Je passe trois semaines à me ronger les sangs. Il ne me reste aucun ongle. Et mon espoir de le voir participer à mon livre n'est pas loin d'avoir disparu.

Je pourrais le recontacter, mais j'ai promis de le laisser tranquille. Je tiens toujours mes promesses. Il faut qu'il le sache. J'ai besoin qu'il me fasse confiance.

C'est pourquoi je vais continuer d'attendre, patiemment.

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Dépêche-toi, Severus Snape, espèce de pauvre abruti !!!!!!

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SS

La première chose que je fais, après avoir passé ma porte, est d'envoyer les deux objets de mon désarroi, sa casquette et son livre, dans la corbeille en papier la plus proche.

Je n'ai jamais eu l'intention de lire ce stupide bouquin.

Merlin ! Qu'elle est naïve. Je n'arrive pas à croire que je me sois débarrassé de cette intruse si facilement. Elle ne viendra plus me déranger. A moi le calme, la paix et la solitude…

Je me dirige dans ma cuisine, sans un regard en arrière. Le creux que je ressens dans mon estomac doit signifier que je meurs de faim.

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Merlin, que c'est calme ici ! Je n'avais jamais remarqué ce silence.

Un silence exquis !

Un silence divin !

Je décide d'aller me coucher.

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Un silence agréable.

Un silence plaisant.

Un silence constant.

Je décide d'aller faire les courses.

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Un silence, tout de même, un peu irritant.

Je décide de m'installer sur le perron pour lire.

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Un silence étouffant !

Un silence de mort !

Pas le moindre bruit !

Et Merlin, ce maudit livre, qui n'arrête pas de me regarder d'un air accusateur !!!

Je finis par le sortir de la poubelle et le poser sur mon bureau.

Voilà. Je n'ai toujours pas l'intention de le lire.

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Ou peut-être juste la première page ?

NON !!!!!!!!!!!!

Je décide d'aller faire un tour.

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Est-ce qu'elle aurait placé un sort d'attraction sur cette saleté de livre ?

Je contrôle et recontrôle mais ne trouve pas le moindre sort.

Ce qui voudrait dire, quoi ? Que j'ai envie de le lire ?

Pourquoi aurais-je cette envie morbide de me replonger dans des souvenirs que je n'ai aucune envie d'examiner ?

Merlin ! Granger, vous n'auriez pas pu me laisser en paix !? Tranquille, seul, isolé, misérable…

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Je passe une nuit blanche à lire son manuscrit et réveiller des sentiments désagréables que je préférais enfouis au fond de moi.

Tristesse, deuil, culpabilité, obligation.

Non ! Je ne suis pas obligé !!!! Je ne suis plus obligé de faire quoi que ce soit ! Je suis libre…

Mais pourquoi cette liberté a-t-elle un goût aussi aigre ?

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HG

Un mois !! Et aucune nouvelle.

Ce sadique aurait pu prendre la peine de m'avertir qu'il refusait ma proposition au lieu de me laisser mariner indéfiniment.

Ce n'est plus la peine. Je me vois contrainte et forcée d'abandonner.

« Moi, Hermione Granger, déclare que ce livre se fera sans l'aide de Severus Sn… »

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase, qu'un énorme hibou se pose sur le rebord de ma fenêtre. Je m'approche du volatile avec méfiance. Il laisse tomber une enveloppe dans la paume de ma main et s'envole sans demander son reste.

Hum… Pas très sociable, ce hibou.

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine lorsque je lis les mots inscrits sur l'enveloppe : 'Destiné à l'agaçante et persistante créature nommée Hermione Granger, où qu'elle puisse être.'

Oh mon Dieu !!

Je m'assieds lourdement sur mon canapé et contemple l'enveloppe pendant une éternité avant de me décider à l'ouvrir. Je découvre une phrase rédigée à la hâte : 'Granger, rendez-vous sur ma pelouse demain à 9h00, soyez à l'heure. SS.'

???

Severus, cryptique, Snape !

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Je me retrouve dans la pelouse de l'intéressé, le lendemain, ne sachant pas à quoi m'attendre. Me disant de ne pas me réjouir trop vite. Un dictaphone, un bloc et des crayons, blottis au fond de mon sac… Au cas où…

'Maître' Severus Snape ne tarde pas à apparaître. Habillé en noir des pieds à la tête, teint cadavérique et cernes violets sous les yeux. Ce look de déterré ne lui va pas du tout.

« Qu'est-ce qui vous est arrivé ! Vous avez une mine épouvantable ! » je m'exclame, sans réfléchir.

Oupsssss…

Le déterré lève les yeux au ciel, avant de soupirer : « Devez-vous articuler tout ce qui vous passe par la tête ? »

« Non. »

« Je crois que ceci vous appartient » dit-il, en me rendant mon ébauche de livre.

Vu l'état du manuscrit, je suppose que celui-ci a subi et déjoué mille tentatives d'assassinat.

« Merci. »

Nous restons en silence pendant un temps infini à nous regarder en chien de faïence.

Je craque la première. Évidemment… Sadique…

« ALORS QUOI !!!??? »

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SS

Mais qu'est-ce qu'elle a à s'énerver de la sorte ? Elle devrait être ravie que j'accepte son offre, non ?

« Calmez-vous, Granger. »

« Me calmer ??!! Espèce de vieux sadique, ça fait un mois que vous me faites poireauter ! Alors maintenant, j'attends votre réponse une fois pour toute, c'est oui ou c'est non !!?? »

« Mais, c'est oui Granger, sinon pourquoi aurais-je accepté de vous revoir? »

« Oooh… Je n'avais pas compris que vous vouliez me revoir pour ça. »

« Gryffondor » je déclare, en secouant la tête.

Granger, pour toute réponse, me tire la langue.

« Très mature… Comme je viens de vous le dire, j'accepte votre offre. Mais à une seule condition. »

« Je vous écoute. »

« Je souhaite avoir un droit de relecture sur le chapitre me concernant. »

« Oh, ce n'est que ça. Bien sûr. »

« Non, non, comprenez-moi bien. Je veux un contrôle total sur ce que vous allez écrire sur moi. Autrement dit, je veux votre parole que vous ne publierez pas un mot sans mon accord. »

Elle hoche la tête.

« Bien sûr, Severus, vous avez ma parole. »

« Dans ce cas... » je murmure, en me dirigeant vers l'entrée de la maison.

En ouvrant la porte, je jette un coup d'œil en arrière et remarque que Granger est restée plantée sur ma pelouse, une expression de surprise, plutôt comique, sur le visage.

Soupir.

« Qu'est-ce que vous attendez, Granger, qu'il neige ? »