Chapitre 12 : Choix
SS
« Peut-être pourrions-nous prendre ce lit, il me semble adéquat » je réfléchis à voix haute.
« Pardon ? »
« Pour remplacer le mien. Il m'avait semblé que tu ne le trouvais pas à ta convenance… En fait, n'hésite pas à prendre tes meubles. Ils ont l'air en meilleur état que les miens… Et ton chat bien sûr, comment s'appelle-t-il déjà ? »
« Pattenrond. »
« Je n'ai jamais entendu de nom aussi ridicule, mais soit… Je suppose que tu auras besoin d'une connexion internet, il faudra que je fasse venir quelqu'un… »
« Severus, est-ce que tu es sûr que tu te sens bien ? »
« Parfaitement bien… Où en es-tu, avec ton livre ? »
« Oh, je l'ai fini ce matin. A ce propos, j'ai besoin de ton approbation pour le dernier chapitre. »
« Tu l'as. »
Elle me regarde, médusée.
« Tu ne veux pas contrôler ce que j'ai écrit sur toi ?! »
« Non, je te fais confiance. »
Elle pose la main sur mon front, avant de secouer la tête.
« Arrête ça succube, je peux t'assurer que je n'ai pas de fièvre. »
« Ah ! Te revoilà ! Un moment, j'ai cru qu'un alien avait pris possession de ton corps. »
Je lève les yeux au ciel.
« Je suppose que tu préférerais que je te dise que je m'abstiens de commentaire sur ce chapitre pour éviter d'avoir avec toi une discussion pénible et interminable où je sais que je n'aurais pas le dernier mot. »
« Ça me semblerait plus crédible. »
Soupir.
« Très bien, pense ce que tu veux, pour ce que j'en ai à faire. »
« Oh pardon Severus, je ne voulais pas te vexer. C'est juste que je suis un peu surprise. Il m'avait semblé que tu tenais absolument à avoir un droit de relecture. »
Je secoue la tête.
« Quand tu m'as demandé de participer à ton livre, je ne pensais pas que tu avais mon intérêt à cœur. Maintenant, j'en suis persuadé. Et je me pose même la question si tu ne sais pas mieux que moi ce dont j'ai besoin… …Ferme la bouche, tu as l'air ridicule. »
« Ne bouge pas ! J'en ai pour deux secondes ! » dit-elle en se levant précipitamment.
?????? !
Elle revient une minute plus tard avec son dictaphone, qu'elle pose devant moi.
« Est-ce que tu pourrais répéter ce que tu viens de dire, en parlant bien dans le micro ? » demande-t-elle, en enclenchant l'appareil.
« Ferme la bouche, tu as l'air ridicule ? »
« Mais non, pas cette partie ! Tu sais, l'autre, celle où tu dis que je sais mieux que toi ce dont tu as besoin. »
« C'est bizarre, je n'ai aucun souvenir d'avoir jamais dit ça » dis-je, avant de me prendre un oreiller dans la figure.
« J'ai senti que tu avais besoin d'un bon coussin en pleine poire. Ne me remercie pas, c'est naturel » déclare ma succube, avant d'éclater de rire.
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HG
« C'est comme ça que tu me félicites ? »
« Euh, rappelle-moi, pourquoi devrais-je te féliciter ? »
Il sort la médaille de sa poche et la place autour de son cou.
« Mais, pour mon 'Ordre de Merlin 1ère classe', évidemment. »
Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire.
« Ça te va extrêmement bien, tu devrais la garder sur toi constamment. »
« Oui, je trouve aussi… Alors ? J'attends. »
« Bravo. »
« C'est tout ? J'attendais mieux de toi succube. »
Je lève les yeux au ciel. Parfois, c'est le pire des gamins.
« Personne ne méritait plus cet ordre de Merlin que vous. Vous êtes un Dieu vivant. Laissez-moi, pauvre mortelle que je suis, me prosterner devant votre grandeur, oh sublimissime Severus. »
« Ça suffira, vous pouvez disposer. »
Je secoue la tête, amusée.
« Je suppose que tu ne vas pas me remercier. »
« Ma présence ici n'est-elle pas déjà un remerciement en soi ? » demande-t-il.
« Euh. Non ! »
…
« Merci succube. »
« De rien, sublimissime Severus. »
« J'aime assez quand tu m'appelles comme ça. »
…
…
« Encore une question ! » s'exclame-t-il.
Il faut que j'arrête de faire ça, me dis-je, en retirant mes dents de mes lèvres meurtries.
« Severus, est-ce que tu as fait ton choix ? »
Il secoue la tête et me demande : « Et toi, est-ce que tu as décidé de ce que tu voulais faire, après ton livre ? »
« Euh… Pas vraiment. »
« Dans ce cas, peut-être pourrions-nous chercher ensemble ? » propose-t-il.
« Oui. »
« Attends-moi, succube, j'ai ce qu'il nous faut. »
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Severus revient, dix minutes plus tard, avec un volume sous le bras.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Ceci est le 'dictionnaires des professions sorcières et moldues' » dit-il, en déposant le livre sur le lit.
!!!!!!!!!!
« Je vois… Et comment comptes-tu procéder ? »
« Je propose que nous commencions par la lettre 'A' » dit-il, en ouvrant le livre. « Alors, succube, te verrais-tu : Accessoiriste ? »
J'éclate de rire.
« Non ? Que penses-tu de Acteur ? »
« Toi, tu pourrais faire ça ! Tu as l'habitude de te faire passer pour ce que tu n'es pas. »
« Oui, rappelle-moi de faire une audition pour le prochain 'James Bond'… Acupuncteur ? »
Je secoue la tête.
« Agriculteur ? Animateur ? Armurier ? Antiquaire ? »
« Oh ! Je te verrais bien antiquaire, tu sembles à l'aise au milieu des vieilleries. Et tu pourrais en profiter pour revendre une partie de tes meubles. »
« Ah… Ah… Ah. »
« Hum, admettons que je n'ai rien dit, continue… »
« Archéologue ? »
« Ça semble intéressant ! » je m'exclame.
« Oui, creuser dans la terre pour trouver des vieux pots me semble, en effet, fascinant. »
« Tu viens peut-être de briser ma vocation. »
« A ton service, succube. »
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« Barman ? Bibliothécaire ? Ça c'est pour toi. »
« Et pour toi… »
Il hoche la tête.
« Pourquoi Pas ? … Briseur de sorts ? »
« Pour toi ? »
« Je n'ai plus envie de faire de métier à risque …Botaniste ? »
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« Chanteur ? »
« Avec ta voix tu ferais un malheur. »
« Je ne crois pas, je ne chante même pas sous la douche… Conducteur de magicobus ? »
« Rien que d'y penser ça me donne la nausée… »
« Conseiller conjugal ? Peut-être que cela conviendrait à Minerva… »
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« Déménageur ? Détective privé ? »
« Oh, mets-le sur ta liste ! Tu serais parfait avec un imper. »
Il lève les yeux au ciel, et continue imperturbable.
« Dresseur d'animaux ? Dresseur de Troll ? Enseignant ?... »
…
« Severus ? »
« Je réfléchis… »
…
…
« Tu sais, j'y pense. Un poste de professeur de littérature va se libérer dans le collège où j'enseigne. Dans deux ans, la titulaire du poste va partir à la retraite… » dit-il.
« Et alors… ? »
« Et alors, ce serait un poste parfait pour toi, non ? »
« Moi ? Mais je ne connais rien en littérature ? »
Il lève les yeux au ciel.
« Tu viens d'écrire un livre ! Tu as lu trois milliards de bouquins ! Si quelqu'un connaît la littérature, c'est toi. Et ne me dis pas que tu n'aimerais pas enseigner. Pendant six ans où j'ai été ton professeur, j'ai eu l'impression que tu voulais donner le cours à ma place.»
« Je n'ai pas la formation » je proteste.
« Tu n'as qu'à faire des cours du soir et la journée garder ton job dans le cabinet de ton père. Je m'entends tolérablement bien avec la directrice du collège, je pourrais lui toucher un mot. Il y aurait une possibilité de faire un stage. »
« Oui, mais toi ? » je demande.
« Moi, je resterais enseigner la chimie. »
« Severus, es-tu sûr que c'est ce que tu as envie de faire ? »
Il hausse les épaules.
« Je trouve mon job actuel confortable… Je crois que j'aime l'enseignement. »
« Et moi je crois que je t'aime toi » dis-je, en l'enlaçant.
« Est-ce que ça veut dire oui ? »
« Oui, essayons ! »
« Merlin soit loué ! » s'exclame-t-il, en balançant le livre par terre. « Je n'avais aucune envie de continuer jusqu'à Z ! »
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« Severus, que ce serait-il passer, à ton avis, si tu n'avais pas tourné la tête quand j'ai essayé de t'embrasser sur la joue ? »
Soupir.
« Est-ce qu'on ne pourrait pas essayer de finir tes bagages avant de passer aux questions philosophiques ? … D'ailleurs, qu'est-ce que c'est que cette horreur ? Est-ce que c'est censé être décoratif ? » je demande, en soulevant par la queue le rat en peluche rose.
Ma succube éclate de rire.
« Non, c'est un jouet pour Patterond, il l'aime bien parce qu'il fait du bruit, tu vois… » dit-elle en empoignant le rat qui émet un couinement ridicule.
Je secoue la tête, avant balancer l'objet dans son sac.
« Et ça, qu'est-ce que c'est ? » je demande en désignant un objet biscornu en verre.
« C'est un vase, tu sais, au cas où il te viendrait à l'idée de m'offrir d'autres branchages. »
« Tu peux courir, vu comme tu as apprécié la dernière fois, je ne crois pas que je vais retenter l'expérience. »
« J'étais surprise, c'est tout ! Tu avoueras que ce n'est pas tous les jours que Severus Snape m'offre des fleurs. »
« Oui d'ailleurs je me demande bien ce qui m'a pris, j'ai dû avoir une absence cérébrale. »
« J'ai trouvé ça adorable » dit-elle en m'embrassant sur la joue.
« Mmh. »
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« Je crois que j'ai tout… Maintenant que nous avons fini, est-ce que tu répondrais à ma question philosophique ? » demande-t-elle, avec un petit sourire.
Soupir.
« Je ne comprends pas pourquoi tu te poses cette question et, encore moins, en quoi la réponse a une importance. »
« Tu ne vois pas que c'est cette erreur qui a tout déclenché entre nous et nous a permis de finir ensemble ! »
« Si je comprends bien, tu prétends que je suis avec toi aujourd'hui, uniquement parce que j'ai tourné la tête ? » je demande.
« Eh bien… Oui. »
« C'est ridicule ! »
« Ah oui ? Alors dis-moi, Sherlock, que ce serait-il passer autrement ? »
Soupir.
« Eh bien, je suppose que tu aurais continué de me harceler de questions pendant environ un mois, découvrant par la même occasion que tu avais des sentiments profonds à mon égard… Arrêtes de rire, c'est possible … Ensuite, lorsque l'interview se serait terminée, tu aurais trouvé le moyen de t'incruster et de continuer tes visites. Une amitié se serait, petit à petit, développée entre nous. Et, au bout d'environ cinq ans, j'aurais réalisé que j'ai peut-être des sentiments amoureux à ton égard. J'aurais attendu encore cinq ans pour être sûr, ensuite je t'aurais proposé un rendez-vous. »
« Dieu merci, tu as tourné la tête !!! »
Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire : « Oui, succube, Dieu merci… »
FIN
