Bonne Lecture et veuillez m'excuser pour le retard et les fautes.
Nettoyage musical
L'immense troll à la peau rocailleuse fonçait à travers la forêt, inlassablement à la poursuite de sa vulgaire proie, balayant les arbres sur son passage. Il en salivait déjà d'avance de le croquer, ce n'était plus qu'une question de temps. Il faut dire que Rory, le pauvre, avait du mal à maintenir la cadence, bientôt il se ferait rattraper. Sauf qu'il semblerait que pour le troll, bientôt s'était encore trop long. La créature envoya un de ces malheureux pins qu'il avait déracinés valdingué au loin, pour couper toute fuite.
Le premier fils du sheriff de Beacon Hills s'arrêta juste à temps, dérapant légèrement sur le sol ce qui manqua de peu de le faire trébucher, mais c'était mieux que se fracasser sur l'obstacle. Il n'avait plus le choix, il se retourna près à faire face à sa mort prochaine. Cette dernière s'était arrêtée et était en train de le contempler avec une lueur de gourmandise littéralement obscène dans les yeux.
Derek, c'est quand tu veux, marmonna le jeune homme.
Manifestement, le loup ne voulait pas, car rien ne se passa. Mis à part que le troll leva en l'air, l'énorme amas de roche en forme de pointe qui lui servait de massue, près à l'abattre sur sa victime. Ce soir, il avait un écrasé de magicien au menu.
Derek si tu ne te magne pas, s'exclama-t-il, la prochaine fois c'est toi qui fais l'appât et compte sur moi pour te planter là.
Toujours rien, la créature prit position. Il ne restait plus qu'une seconde à vivre pour le jeune homme. Alors il tenta une dernière chance.
DEREK, hurla-t-il.
Mais j'essaye, ça ne marche pas, finit enfin par s'exprimer le loup alors qu'il s'acharnait sur le clavier de son ordinateur. Il bug ton machin.
Rory soupira et arrêta le jeu avant de retirer ses oreillettes, de poser son ordinateur sur le lit à côté de lui puis d'en sortir péniblement. C'est de fort méchante humeur qu'il alla voir ce que le grand génie des ordinateurs avait bien put faire comme connerie, encore. Et bien tout ce qu'il pouvait dire c'est que sa réputation ironique était amplement méritée.
Comment t'as fait pour ouvrir une page de traitement de texte sans arrêter la partie en réseaux, réagit il vivement d'un ton qui laissait trahir un léger amusement.
Vas-y moque-toi de moi, c'est toi qui m'a supplié à genoux de jouer, je te signal, s'offusqua le secouriste en s'installant sur le lit pour reprendre sa lecture qu'il avait abandonné pour les beaux yeux du frère de son petit ami.
L'adjoint du sheriff avait les yeux rivé sur l'ordinateur pour comprendre ce que le loup avait fait. C'était une honte d'abimer une telle merveille, l'appareil était comme neuf et pourtant c'était une antiquité. Preuve que Derek ne faisait toujours pas copain copain avec la technologie. Au moins ça, ça n'avait pas changé parce que figurez-vous que maintenant monsieur à de la répartie grâce à son petit frère. Dire qu'il avait essayé pendant des années de lui apprendre l'art de la répartie cinglante et maintenant ça lui manquait, les réponses en grognement.
Très vite seul les soupires incessant de Rory se fit entendre dans le silence de la chambre du magicien. De son côté, le loup était aussi bruant qu'une image, depuis le temps il avait appris à ignorer la présence envahissante et immanquable des frères Stilinski. En tout cas celle du plus vieux parce que le plus jeune c'était une autre paire de manche. La preuve, le second fils du sheriff fit soudainement une entrée fracassante qui obligea son amoureux à lever le nez de son bouquin.
J'ai fini, s'exclama Stiles d'un ton enjoué.
Comment ça, tu as déjà fini ! réagit aussitôt son grand frère.
Il faut savoir que le plus jeune s'était lancé dans un grand nettoyage de printemps même si on était encore à la fin de l'hiver. Certes c'était à contrecœur, on s'en doute bien. Rory ne le lui avait laissé guère le choix, sinon le sheriff et sa femme serait au courant de ce qui c'était passé l'autre soir. N'en déplaise à son frère, l'adjoint du sheriff avait pensé à prendre une photo du spectacle désolant sur lequel il était tombé en rentrant d'une nuit de garde. Encore heureux qu'il ne soit pas pointé une demi-heure plutôt, sinon il serait tombé sur son meilleur ami et son petit frère dans une situation plutôt compromettante avec rien pour dissimuler leur « honte ». Là c'était bon ils étaient parti se doucher ou plus si affinité.
Mais ça n'avait pas empêché pour autant le jeune homme d'être abasourdi une fois la porte grande ouverte. Il y avait du chocolat partout, ça coulait le long des murs comme si c'était des bouts de cervelle qui retombait après qu'on ait défoncé le crane de quelqu'un à coup de barre de fer. Et le sol, il y avait des flaques de chocolat fondu dans les moindres coins et recoins. Il avait juste la couleur qui était différente, sinon on pouvait aisément croire qu'il venait d'y avoir un massacre des plus sanglants. Donc oui, Stiles était de corvée de nettoyage, parce que ne soyons pas fou, ce n'est pas Derek qui aurait eu ce genre d'idée tordu, même si il ne s'était surement pas plaint. Mais bon le jeune homme avait fait contre mauvaise fortune bon cœurs, et avait décidé de faire les choses bien et en grand.
Tu nous oblige à nous cloîtrer dans ma chambre pour qu'on ne te dérange pas et que tu trouves ce que je cache sous mon lit. Et tu nous dis que tu as fini après cinq minutes ? l'interrogea son grand frère.
Bah oui, s'exprima Stiles comme si ça coulait de source alors qu'il s'installa sur le lit à côté de son grincheux. Il ne faut pas une heure pour jeter un sort.
Stiles, s'exclama Derek, On avait dit pas de magie, c'est de la triche.
Premièrement, ce n'est pas la triche d'utiliser les talents que la nature ma doté. Je ne parle pas de ça gros pervers, s'interrompit de lui-même, le jeune homme, en donnant une tape sur l'épaule de son petit ami alors que celui-ci n'avait rien fait, ni dit. Deuxièmement, je n'ai ensorcelé que quelques balais pour qu'ils passent la serpillière.
Alors fait la vaisselle, s'offusqua Rory.
J'ai aussi ensorcelé les éponges, répondit simplement l'adolescent.
Et ça dura bien plusieurs minutes, Rory disait une tache ménagèrent et son petit frère répondait qu'il avait ensorcelé tout ce qu'il faut pour la faire. Pendant ce temps-là, le secouriste levait les yeux au ciel, que quelques balais avait-il dit.
Et comment t'as fait ? continua l'adjoint du sheriff, on ne peut pas réaliser plusieurs taches en même temps avec la magie. La moindre pensée influe notre magie je te rappelle. Plus on pense à des choses différents comme des corvées plus ça devient n'importe quoi. Notre famille est bien connue pour ça.
Mais je ne me suis pas inspiré de ma charmante famille. Mais de la grande Inra Leaver et j'ai tout cordonnée grâce à de la musique.
Derek soupira à l'attente de son nom. Depuis des semaines le plus jeune ne parlait que de ça. De ce groupe de magicien/superhéros qui défendait la veuve et l'orphelin de toutes les merdes surnaturelles possibles à l'échelle planétaire. Par contre Rory devait reconnaitre que c'était ingénieux, Inra était une magicienne qui utilisait les ondes sonore et principalement de la pop-musique pour contrôler sa magie. Lui ne faisait que copier ce qu'il voyait à la télé dans ses séries télés préférées. En conclusion, Stiles avait juste allumé la radio et la musique qui en découlait était comme un chef d'orchestre qui contrôlait tout le matériel dans leurs tâches.
Et t'as utilisé quelle musique ?
L'apprenti magicien de Paul Dukas, vous savez le morceau qui a inspiré la séquence du même nom dans le film Fantasia de Walt Disney. Ça me semblait tout à fait approprié.
Derek et Rory se regardèrent l'air de chercher à savoir si ça allait poser problème. Avant de brusquement réaliser, ils sortirent d'un même mouvement de la chambre pour voir l'étendue des dégâts.
En y repensant ce n'était peut-être pas la meilleure idée que j'ai eu, comprit le jeune homme alors qu'il entendait les deux autres se disputer plus loin.
Aller laisse-le regarder ce film que tu as dit, lançait Derek à son ami. Fantasia c'est le film le plus sérieux de Disney, ça ne risque rien, que tu as dit.
Oh ça va, tout le monde peut se tromper, s'offusqua Rory alors qu'ils mettaient deux pieds dans l'eau qui arrivait déjà au niveau de leur cheville, par ailleurs.
