« - Shoyo ! »

Cette voix, je la connaissais trop bien. C'était celle de mon petit ami, ce qui, bien évidement, me fis me retourner vers lui, suivit de tous les terminales. Le joueur à la mèche jaune était agenouillé auprès du roux, étendu au sol inerte. Le libéro le secouait violemment par l'épaule, mais celui-ci ne réagissait pas. Ukai fut le premier à courir vers eux, suivit de Kageyama, qui n'était avec eux, et de Suga. Notre coach fut le premier arrivé, tentant par tous les moyens de faire réagir le numéro 10. Une fois arrivé auprès de mon petit ami, je compris l'ampleur de la situation. Les yeux d'Hinata avaient roulés en arrière, pour ne laisser apparaître que du blanc, et de la mousse de la même couleur sortait de sa bouche. Les pompiers furent prévenus et nous attendîmes leur arrivée en fouillant dans tout ce que nous trouvions, pouvant nous aider sur la situation du rouquin.

« - Les gars… regardez… » commença Sugawara en sortant du sac d'Hinata une boite de pilules à moitié vide et un journal.

Le passeur aux cheveux argents revint auprès des autres joueurs, toujours accroupis autour du numéro dix. Il posa la boite au sol et ouvrit le journal.

« - Harcèlement, Hôpital, Écriture de la lettre à Yu, Tentative de...tentative de suicide. »

Tout le monde se regarda, horrifié. Leur seconde aurait décidé de mettre fin à ses jours ? Et il se faisait harceler ? C'était le coup de massue.

« - Qu'est-ce que c'est cette lettre pour Yu ? Nishinoya tu es au courant de quelque chose ? »

Mon petit ami se leva, le regard pétrifié. Il recula de quelques pas avant de sortir, tremblant, un bout de papier de la poche de son short. Il le déplia, et le parcouru silencieusement. Une unique goutte d'eau tomba sur la lettre avant qu'il ne tombe à genoux et explose en larme, le visage entre ses mains. Nous le regardâmes tous sans comprendre, jusqu'à ce que je me lève et l'enlace, essayant de le calmer. Il s'accrocha à mon tee-shirt et pleura de plus belle. Je passais ma main dans son dos, lui murmurant des mots apaisants, et enlevait sa prise sur la lettre, que je lus à voix haute.

« Cher Yu,

Oui, je sais que tu détestes les formalités, mais c'est juste une dernière fois. Mon harcèlement est devenu invivable, tu le sais. C'est fini, je ne peux plus le supporter. A l'heure où tu lis ces mots, tu ne pourras déjà plus rien faire pour moi. Tu en déjà fais bien assez, et je ne veux pas que tu te blesses de nouveau. Je te remercie cependant d'avoir toujours été là à mes côtés, ce qui me rendais plus heureux que de jouer au volley. Tu as été comme un grand frère pour moi et je ne l'oublierais jamais. J'espère juste que tu vas vivres ta vie comme tu me l'as raconté et que tu deviendras un grand libéro.

Je m'adresse maintenant à l'équipe, car je sais que vous lirez ceci. Asahi, promet moi de veiller sur Yu comme il l'a fait pour moi, et de l'empêcher de penser qu'il peut me rejoindre. Je remercie également le coach de nous avoir entraîné pendant si longtemps. Tanaka, merci de m'avoir fait partager ces moments de fous rires. Tsukishima et Yamaguchi, bien que je ne vous connaisse pas vraiment, je suis sûr que l'on aurait pu bien s'entendre. Daichi, Sugawara, vous avez étés comme un père et une mère pour moi, alors continuez de veiller sur Karasuno. Et enfin, Kageyama, que je remercie particulièrement pour chaque passes que tu m'envoyais. C'était un moment inoubliable. Je compte sur toi et sur Yu pour veiller sur ma petite sœur, qui je pense sera la seule, à part peut-être vous, attristée de mon départ. »

Je relevai la tête après avoir fini de lire les dernier mots de notre seconde. Tout le monde avait les larmes aux yeux, même Tsukishima. Personne ne put prononcer quoi que ce soit, l'arrivée des secours coupant le silence qui régnait dans le gymnase. Il emmenèrent le numéro 10 de toute urgence et nous donnèrent le nom de l'hôpital. Nous montâmes dans le bus, toujours abasourdis par la lettre d'Hinata. Le trajet se fit dans le silence le plus complet, seul les pleurs de Nishinoya, que j'essayais toujours de calmer, venaient troubler le calme pesant qui régnait dans le véhicule. Nous arrivâmes ensuite à destination, et attendîmes dans la salle d'attente, des nouvelles de notre seconde. Mon petit ami avait fini par se calmer et attendait en fixant le sol d'un regard vide. Il faut avouer que cette situation était encore plus inquiétante que s'il pleurait. Je voyais mes coéquipiers lui jeter des petits coups d'œil inquiet, avant de me regarder. Une demie heure plus tard, un médecin nous informa enfin sur l'état du roux.

« - Il a dû subir un lavage d'estomac, mais il va mieux. Mr Hinata Shoyo pourra sortir dès demain. Il s'est déjà réveillé, mais il refuse de manger quoi que ce soit, et nous craignons qu'il ne tombe en dépression sévère.

- Nous le surveillerons, lui assura Ukai. Peut-on aller le voir ?

- Bien sûr, chambre 115. »

Tout le monde se leva et se dirigea vers la dite chambre. Tout le monde sauf Nishinoya.

« - Yu, tu viens ? lui demandais-je doucement.

- Je vous rejoindrais », chuchota-t-il d'une voix rocailleuse.

Je le regardais encore quelques secondes avant de fermer la porte et de rejoindre les autres. Je leur expliquais que notre libéro nous rejoindrait dans quelques minutes et nous nous arrêtâmes devant la chambre 115. Le coach ouvrit lentement la porte et nous entrâmes, tour à tour. Hinata était allongé à plat ventre sur le lit, la tête enfouie dans son oreiller. Une assiette remplie de nourriture était posé sur sa table de nuit, malheureusement intacte.

« - Hinata, c'est nous, c'est Karasuno, annonça doucement Daichi.

- Laissez moi tranquille…

- Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu te faisait harceler ? demanda Kageyama avec froideur.

-Kageyama…

- Qu'est-ce que ce cela aurait changé ?! » hurla le roux.

Personne ne prononça un mot. Ukai nous fit finalement un signe de tête vers la porte, et nous sortîmes en file indienne.

« - Cela ne sert à rien de parler pour l'instant, il ne nous écoutera pas. Nous reviendrons demain. »

Nous hochâmes tous la tête à contre cœur et redescendîmes dans la salle d'attente. J'ouvris la porte et y passa la tête. Noya n'était pas là.

« - Il est pas là.

- La lettre disait qu'il penserait sûrement à le rejoindre.

- Ne parle pas de malheurs, Tsukishima ! s'écria Sugawara.

- Il est peut-être allé voir Hinata ? intervint Kageyama.

- Allons voir ! »

Nous courûmes donc jusqu'à la chambre du roux et alors que nous allions faire irruption dans la pièce, nous entendîmes le recherché, hurler à l'intérieur.

« - Arrête de tout garder pour toi ! La vie, c'est comme le volley ! Tu n'es pas tout seul alors prends un peu sur toi et laisse nous t'aider ! »

J'entrouvris lentement la porte. Nishinoya avait forcé Hinata à s'asseoir, et l'avait attrapé par le col.

« - Le coach continuera de t'entraîner, comme Tanaka qui te fera partager d'autre fous rires ! Tu apprendras à connaître Yamaguchi et Tsukishima, et Daichi et Suga veilleront toujours sur toi, comme sur Karasuno ! Tu continueras de jouer avec ta petite sœur ! Et plus que tout, je continuerais d'être ton meilleur ami et de te protéger, que tu le veuilles ou non ! Je veux aussi que toi, tu vives ta vie comme tu l'entends ! »

Il avait hurlé ça sans s'arrêter pour reprendre son souffle, et alors qu'il le reprenait, Hinata le dévisageait, comme s'il le redécouvrait. Je regardais mes coéquipiers avec cette même expression. Le libéro lâcha finalement le seconde et sortit de la pièce. Nous nous cachâmes en vitesse dans l'angle du mur. Yu sortit et redescendit dans le hall. Nous descendîmes à notre tour, et retournâmes tous ensemble dans le bus. Vers la moitié du chemin, je sentis quelque chose se poser sur mon épaule. Je tournai la tête et vis que mon petit ami s'était endormi contre moi. Je souris et terminais le restant du voyage à lui caresser les cheveux. Une fois arrivé, je le pris sur mon dos, n'aillant pas le courage de le réveiller. Je le ramenais chez lui et le confia à son grand frère qui le prit dans ses bras avant de me remercier.