Trois jours était passés depuis que Noya m'avait invité chez lui. J'y avais enfin trouvé mes marques, et mon hôte prenait soin de moi, me forçant à manger toute mon assiette, et en faisant attention à l'heure à laquelle je me couchais. Nous arrivions et repartions du lycée ensemble, rejoint en cours de route par Asahi, qui tenait à voir son petit ami le plus tôt possible.
Je me réveillais à la même heure que d'habitude, n'aillant pas besoin de mettre de réveil, et trouvais mon meilleur ami assit à son bureau, comme à son habitude. Il s'était déjà lavé et habillé, et se retourna vers moi avant de me sourire.
« - Bien dormi ? me demanda-t-il en s'étirant.
- J'aurais bien aimé rester un peu plus au lit, mais sinon oui.
- Je vais préparer le petit déjeuné. Va te laver en attendant.
- Hai… »
Il sortit de la chambre alors que je me levai, refaisant le lit avant de me diriger vers la salle de bain. Je me fis la réflexion alors que je prenais une douche, que depuis trois jours, je dormais dans son lit. De plus, à chaque fois que je me réveillais, il était toujours assis à son bureau et que je ne l'avais pas vu une seule fois endormi. Il m'avait dit qu'il se levait un quart d'heure avant moi, pour se préparer afin de faire le petit déjeuné, et qu'il était à son bureau, car, le plus souvent, il était en avance, et qu'il finissait les devoirs qu'il n'avait pas fait la veille.
Je descendis les escaliers, une serviette posée sur mes épaules, le fil de ma pensée s'arrêtant quand une douce odeur me chatouilla les narines. J'entrai dans la cuisine et vis le libéro avec un tablier, en train de faire cuire des pancakes.
« - Ton frère n'est pas là aujourd'hui ?
- Non, il est partit faire une course pour ce soir. Au fait les bentos pour ce midi sont prêt.
- Idadakimas ! m'écriais-je, alors qu'il posait une assiette remplie de mini-crêpes devant moi.
- Au fait, cela va mieux dans ta classe ? me demanda-t-il en se rinçant les mains, avant de faire la vaisselle.
- Depuis que tu passes à toutes les pauses en les fixant, ils n'osent plus trop, même si je me fait encore insulter… »
Yu fit tomber un verre, qui explosa en morceau au sol.
« - Itai !
- Ça vas ? demandai-je en me levant.
- Ce n'est rien, juste une petite coupure.
- J'appelle pas ça une petite coupure, remarquais-je en voyant là où le verre l'avait coupé.
- Ne t'en fait pas, c'est rien. Continue de déjeuner, je vais ramasser les bouts de verre. »
Je me rassis à contre cœur et continuais de manger. Je savais très bien qu'il avait lâché le verre quand je lui avais dit que je me faisais encore insulter. Il sortit un ramasse poussière, et balaya tous les petits morceaux avant de les jeter à la poubelle. Il ouvrit ensuite un autre placard et en sortit un rouleau de bandages.
« - Attends, je vais t'aider à désinfecter, dis-je, en posant mon assiette vide dans l'évier.
- Merci. » soupira-t-il.
Je désinfectais la plaie et lui bandais sa paume. Il me remercia et rangea le produit avant d'enlever son tablier.
« - Tu ne déjeunes pas ? lui demandais-je.
- Je mangerais un truc sur la route », me répondit-il distraitement en sortant de la cuisine.
Nous montâmes les escaliers et j'allais me laver les dents alors qu'il faisait son sac. Nous partîmes pour le lycée dix minutes plus tard. Yu lisait les notes qu'Asahi lui avait passé sur ses cours en fronçant les sourcils, signifiant qu'il ne comprenait certainement pas grand chose. Nous arrivâmes au croisement où le champion nous rejoignait habituellement. Le numéro 3 enleva les notes des mains de son petit ami, et l'embrassa en souriant. Après s'être séparé du libéro, il lui rendit les feuilles, que l'intéressé rangea dans son sac en soupirant qu'il ne comprenait rien. Le champion rigola et nous nous remîmes en route.
« - Tu n'as pas oublié ton bento, Hinata ? Kageyama va encore être en colère.
- Non, ne t'inquiète pas Asahi-san. »
Je le vérifiais pour en être certain, avant de sortir une barre de céréale et de la tendre à mon meilleur ami. Il la prit sous le regard mécontent de Asahi, qui savait très bien qu'il n'avait pas déjeuné. Yu détourna le regard, puis mangea la barre que je lui avait donné. Nous étions arrivés au lycée et chacun alla dans sa classe respective. La journée passa si vite qu'en un éclair, l'heure de l'entraînement du soir était arrivée. Deux choses étaient différentes des autres journées : la première c'est que Noya n'était venu qu'une fois à la pause du matin, et je le ne l'avait pas revu de la journée, même pendant la pause du midi. Et la seconde, c'est que je n'avais reçu aucune forme de harcèlement aujourd'hui. Pas d'insultes, pas de coups ni même de rumeurs. C'est donc de bonne humeur que j'entrai dans le gymnase en le balayant du regard, espérant y trouver Nishinoya. Ce dernier n'y était pas. Je soupirai et partis m'échauffer avec Kageyama qui était déjà arrivé. Une demie heure plus tard, le coach ordonna un rassemblement.
« - Tiens, Nishinoya est malade ? remarqua-t-il.
- Non, il est partit au lycée avec nous ce matin, rétorquais-je.
- Il sèche l'entraînement alors? s'énerva l'adulte.
- Non, ce n'est pas son genre… dit Sugawara.
- Alors où est-il ? »
Personne ne répondit.
« - Hinata, Asahi, allez le chercher, ordonna Daichi.
- Hai ! »
Nous sortîmes tous les deux du gymnase, et nous dirigeâmes vers la salle de classe de notre première. Une fois devant sa professeur, nous lui demandâmes où se trouvait le libéro, ce à quoi elle nous répondit:
« - Tanaka ne vous l'a pas dit ? Nishinoya s'est endormi en plein examen et il n'avait pas l'air bien, alors je l'ai envoyé à l'infirmerie accompagné de Tanaka lui-même. C'est d'ailleurs la première fois que je vois quelqu'un s'endormir pendant un contrôle. »
Nous nous regardâmes avant de remercier la prof et de courir au rez de chaussé. Nous entrâmes dans la nursery, où l'infirmière nous accueillit.
« - Excusez nous de vous déranger, Yu est encore ici ? demandais-je.
- Oui, en effet, dans la pièce d'à côté.
- Peut-on le voir ? l'interrogea Asahi.
- Oui, bien sûr. »
Elle nous ouvrit la porte et nous laissa entrer dans le petit dortoir. Elle poussa légèrement un des rideau, laissant apercevoir le libéro dormant dans un lit, la couverture remontée jusqu'à ses épaules. Son petit ami s'assit au bord sur matelas alors que l'infirmière retournait à son bureau. Le champion joua avec les cheveux du numéro 4, caressant son front en se faisant agiter la mèche jaune de l'endormi.
« - Hinata, tu pourras dire au coach que je vais rester avec Yu ?
- Hai.
- Je le ramènerais chez lui après l'entraînement, s'il ne s'est pas réveillé.
- Voudras-tu que je porte vos sac ? demandais-je.
- Si tu en as envie, mais sinon je ne vais pas te forcer.
- Je vous rejoindrais après l'entraînement alors. »
Je sortis du dortoir et pus apercevoir, avant de fermer la porte, qu'Asahi s'était glissé sous les couvertures et avait blottit Noya contre son torse, en continuant de jouer avec ses cheveux. Je souris avant de retourner au gymnase. J'annonçais qu'Asahi était resté avec Nishinoya, qui ne se sentait pas bien.
« - Ils sont tous les deux à l'infirmerie », ajoutais-je avant de me diriger vers Kageyama, qui m'attendait pour faire des passes.
J'entendis le coach râler avant de sauter et de frapper le ballon. Nous continuâmes de nous entraîner jusqu'à ce que la nuit tombe et qu'il fasse noir dehors.
« - Ah ! Il est déjà si tard ?! m'écriais-je en voyant l'heure.
- Oh, c'est vrai, remarqua Daichi à son tour en regardant à son tour l'horloge. Rassemblement ! »
Tout le monde fit un cercle et notre capitaine annonça, sous l'œil attentif du coach, que c'était fini pour aujourd'hui.
« - N'oubliez pas de vous étirer ! nous rappela l'adulte alors que nous rangions le matériel.
- Hai ! »
Après avoir fini de ranger les ballons, les filets ainsi que d'avoir nettoyé les terrains, nous nous étirâmes et fûmes libres de partir. Je me précipitais vers l'infirmerie après avoir rassemblé toutes mes affaires et celles de mon senpai. J'entrais silencieusement dans le dortoir et refermai la porte avant de me diriger vers le lit du libéro. J'écartais doucement le rideau et souris en voyant les deux amants. Asahi avait enlacé Yu avec ses bras et l'avait ramené contre son torse. Les deux s'étaient endormis. J'hésitais à réveiller Asahi, mais me décidais finalement en me disant que ses parents s'inquiéteraient s'il ne rentrait pas chez lui.
Je m'approchais du lit et secouai doucement le champion par l'épaule. Il ouvrit lentement les yeux et se tourna vers moi.
« - Hinata ?
- Désolé de te réveiller, Asahi-san.
- Ce n'est pas grave. L'entraînement est terminé ? me demanda-t-il en s'étirant.
- Hai. »
Le champion se redressa, en faisant attention à son petit ami. Il se leva ensuite et remit ses chaussures, alors que je prenais les sacs de mes senpais. Asahi enleva sa veste et la posa sur les épaules du libéro, avant de le prendre sur son dos.
« - On peut y aller. Ça va aller avec les sacs ?
- Oui, ne t'inquiète pas », souriais-je.
Nous nous mîmes en route et sortîmes du lycée. La route se fit en silence, et nous arrivâmes bien vite à la maison du première année. Je frappai à la porte et attendis. Le frère du libéro vint nous ouvrir quelques dizaines de secondes plus tard avant de nous faire entrer.
« - Désolé que Yu vous cause autant de problèmes », s'excusa t-il en s'inclinant.
Asahi avait déposé Nishinoya dans le canapé et l'avait recouvert d'une couverture, tout en calant un oreiller sous sa tête.
« - Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas grave, intervint Asahi.
- Merci de prendre soin de lui, insista-t-il.
- Ce n'est rien… lui assura le champion. Si vous voulez bien m'excuser, je vais devoir rentrer chez moi, mes parents m'attendent.
- A demain Asahi ! m'écriais-je alors qu'il fermait la porte.
- Tu as faim Hinata ? me demanda le grand frère de Nishinoya.
- J'allais dire non, mais Yu m'aurait forcé à manger, donc je vais dire oui, dis-je en regardant le libéro endormi sur le canapé.
- Cela te dit des ramens fait maison ?
- Avec plaisir ! »
Il partit donc faire les dit ramens alors que je montais faire mes devoirs. Après avoir fini, une demie heure plus tard, je redescendis pour voir les bols de nouilles en train d'être servis.
« - Tu veux bien réveiller Yu, s'il te plaît ? me demanda le grand frère de l'intéressé en allant chercher le dernier ramen, encore dans la cuisine.
- Hai !
- Je suis réveillé, c'est bon… murmura une voix encore endormi provenant du numéro 4, qui se redressa en position assise.
- Alors à table », intervint le cuisinier.
Noya acquiesça avec un petit grognement en se frottant les yeux. Je souris et m'assis sur la chaise devant mon bol.
