5. le sommet dans les étoiles.
Après un moment de répit extraordinaire, Lexa et Clarke reprirent conscience d'une manière bien brutale. Une flèche sortie de nulle part, les frôla et vint se loger dans la pierre, sur un flanc de roche tout près d'elles. Elles étaient à découvert…
Et soudain Wagar apparait en contre bas. Il peinait à monter et une trainée de sang le poursuivait, il était gravement touché. Il tentait de les rejoindre pendant qu'elles se mettaient à couvert dans un renfoncement de pierre et de glace. Elles étaient hors de portée pour l'instant, elles voyaient l'ombre de Wagar qui approchait et tentait de les rejoindre. Il n'était plus qu'à quelques mètres de se nicher à l'abri, il était à deux doigts de pouvoir échapper aux jets de flèches, il se battait pour vivre et continuer de protéger son Chef.
Il n'était plus qu'à quelques pas d'elles, il tentait de prévenir Lexa qu'il ne restait qu'un seul homme, qui restait à distance il tentait de lui dire qu'il avait tout fait pour sauver les autres mais qu'ils étaient morts en faisant leur devoir. Mais il n'a eu le temps que d'échanger un seul et unique regard avec son Commandant avant qu'une flèche ne l'atteignent en pleine tête. Il était si près de se mettre à couvert que son sang, en perles fines, vint assombrir le visage d'ange de Lexa. Par-dessus les vestiges de ses traditionnelles larmes de peinture noire, déjà presque effacées par leur périple, le sang chaud du chef de sa garde d'élite les retraçait et réveillait sa rage.
Un hurlement arracha son cœur et Lexa bondit à découvert en sortant ses poignards de leurs fourreaux. Clarke tenta de la retenir mais d'un geste convainquant et d'un regard franc, elle la força à rester sur place, bien à couvert et elle lui fit faux bond.
Le Commandant de la Coalition, sortit sa rage et sa puissance de leur écrin de velours. Elle savait d'où venait la flèche, elle avait déduit la position du tireur et comme un félin, fluide, discret mais féroce, elle attaqua. Elle esquiva deux, trois tirs de flèches et arriva à sa hauteur. Sautant de rocher en rocher, elle lui tomba dessus sans qu'il puisse avoir le temps de réarmé son arc. Une lutte acharnée esquissa des vagues violentes dans la neige, leurs deux corps comme deux ombres dans la nuit se mélangeaient pour ne faire qu'une et combattre. Il eût le temps de sortir un couteau de sa botte mais ne put esquiver les coups qu'elle lui portait. Il tomba à genoux et son sang gicla sur la neige immaculée.
Il rebondit vite et se jeta sur elle. Lexa sentit une forte douleur lui tirailler les flancs, elle esquiva le deuxième coup de lame et maitrisa l'homme terrifiant caché dernière son masque d'ossement d'animaux fendu par le coup de talon qu'elle lui avait assené. Elle sentit enfin les lames de ses poignards trouver la faille fatale. Dans un râle à demi étouffé par le vent, l'homme mourut lentement, un poignard glissant sur sa gorge, un autre planté dans l'estomac. Et Lexa, les mâchoires serrées, regarda l'homme tomber à terre et tacher de sang la couche de neige blanche.
Clarke n'entendait rien et se décida à sortir de sa cachette. A peine fait, l'ombre de Lexa revenait vers elle, essuyant le sang sombre sur les lames grises de ses poignards affutés et les traces fraîches sur son visage. Prise d'un élan de soulagement ingérable, Clarke oublia son statut de Wanheda et leader du 13ème Clan, et sauta littéralement au cou du Commandant.
Lexa, surprise par cette démonstration d'affection, mais pas moins heureuse, l'accueillit finalement sans songer le moins du monde à la repousser. Elle sentit un pincement sur ses côtes quand Clarke la serra contre elle mais maitrisa sa grimace. L'élan de leurs cœurs s'emportait pendant un instant et alors que l'humidité de l'air gelait presque sur place, une chaleur bienfaisante les consumait pour les aider à survivre. La force de l'étreinte suffit à Lexa pour comprendre combien Clarke était heureuse de la voir en vie. Pas seulement parce que sans elle, elle serait perdue au milieu des plus rudes montagnes du Nord mais surtout parce que, sans elle, sa vie n'aurait plus aucun sens. Peu importe le lieu et l'endroit, elle le savait à présent, seule sa présence donnait un sens à sa vie. Elle le ressentait depuis longtemps sans mettre des mots dessus mais encore une fois, Clarke semblait lui prouver qu'elle aussi éprouvait la même chose.
Elles pouvaient souffler un instant. Il n'y avait plus de danger à proximité, la troupe ennemie était décimée, le temps s'écoulait soudain différemment et l'étreinte s'éternisa, sans que l'une ou l'autre ne semble vouloir y mettre un terme. Entre les capes en fourrure et les capuchons en peaux de bêtes, les cheveux blonds et bruns se mêlaient. Entre l'air glacial et la peau brûlante d'adrénaline, leurs joues se frôlaient puis se cherchaient et se caressaient presque. Un seul petit mouvement de recul, de l'une ou de l'autre aurait pu induire un rapprochement plus intime, un baiser peut-être. La chaleur de la peau de l'autre les attirait comme le papillon vers la lumière mais aucune ne céda, semblant préférer faire durer l'instant et trouver du réconfort dans cette simple étreinte qui réanimait un peu leurs corps et leurs âmes.
Entre deux pics de montagnes, avec à leur pied une vallée de roche escarpée et tachée de sang, avec dans l'air un manque flagrant d'oxygène, elles perdaient un peu la notion des choses, pendant un moment seulement, un moment délicieux, perdues loin de tout.
Comme un rappel à l'ordre, une bourrasque violente de vent glacial les fit sortir de cette demi torpeur qui les emportait. Comme une relance à la vie rude et cruelle, le froid les enveloppait de nouveau. Il fallait continuer et trouver un véritable abri pour le reste de la nuit, semblait vouloir dire le vent qui s'étoffait à chaque seconde, comme si la prochaine tempête de neige n'était pas loin.
Lexa porta un dernier regard au chef de guerre, gisant dans une mare de sang chaud sur le sol glacé, faisant presque fondre la première couche de neige fine. Elles étaient seules désormais et le chemin était encore long.
Lexa reprit son rôle de Commandant, même si tous ses hommes étaient morts et qu'elle considérait Clarke comme son égal – ce qu'elle avait prouvé en s'agenouillant à ses pieds et en lui jurant fidélité– et elle l'entraina de nouveau par la main dans le dédale de pierre.
Tel un palais de roche et de glace, la montagne les accueillis, Lexa emporta la blonde en contre-bas, dans une vallée de rocs, dans les entrailles d'une montagne monstrueuse, tel un géant de pierre qui resterait là, immobile, bouche ouverte, comme pour mieux les engloutir.
Elles dévalaient des pentes, longeaient des corniches sans remparts, frôlaient des pics vertigineux, empruntaient des passages au-dessus de gouffres insondables, elles s'enfonçaient petit à petit, pas après pas, vers le creux de la montagne, elles poursuivaient toujours vers le Nord, toujours plus en contre-bas, là où il n'y a rien, si ce n'est de la roche et de la neige.
Clarke désespérait, l'air froid et l'épuisement lui montaient à la tête. Elle se demandait comment Lexa faisait sans carte pour se guider, elle s'imagina qu'elle était en train de les perdre, elle s'imagina mourir de froid dans ce labyrinthe de rochers. Elle continua de suivre Lexa le long des chemins secrets mais son esprit était ailleurs, la fatigue et sa blessure à la tête, induisaient en elle une douce folie, qu'elle finissait par chasser de temps à autre de son esprit mais qui revenaient de plus belle. Elle marchait sans savoir vers où, ni depuis combien de temps. Elle finit par ralentir le pas, elle fatiguait.
Les pans de mur en pierre autour d'elles se ressemblaient tous et cachaient à présent la douce pâleur de la Lune et seul un petit bout de ciel étoilé trônait au-dessus d'elles. Elles s'enfonçaient dans la montagne, de plus en plus loin. Les muscles à bout de force, le corps épuisés après des heures de marche, Clarke se figea et posa l'épaule sur un rocher faisant trois fois sa taille.
Il ne fallait pas dormir, il fallait avancer, lui disait une petite voix qui semblait venir de loin.
Lexa sentit sa main retenue par Clarke qui s'était arrêtée. Elle se retourna et se rapprocha au point de venir lui chuchoter des mots à l'oreille, comme si elle avait peur de réveiller des mauvais esprits qui habiteraient ces lieux.
_ Ne t'endors pas, Clarke. Il faut avancer. Nous ne sommes plus très loin. Clarke, il y a un refuge, encore un petit effort. S'il te plait.
Sa voix était douce, ses mots étaient comme une promesse qu'elles n'en resteraient pas là, comme pour lui jurer qu'elles ne mourraient pas ce soir et Clarke se souleva, pris l'appuie qu'elle lui offrait et mis un pied devant de l'autre, avec presque plus de conviction qu'avant.
Dans sa tête, Clarke s'imagina la retenir par le bras et l'embrasser comme si la mort était à ses trousses, comme si leurs vies en dépendaient. Elle ne voulait pas mourir sans gouter de nouveau à ses lèvres. Mais elle la laissa passer devant et continuer de marcher sur le sol qui commençait à dégeler.
Son serment d'accueillir la mort ne valait que si elle résistait et profitait de chaque moment vivant. Il lui semblait devenir folle, son raisonnement n'avait pas de sens, l'air de la montagne lui montait à la tête, la fatigue se jouait d'elle, son crâne la martelait, son envie de mourir était aussi grande que celle de vivre alors elle avança encore et encore, car au fond d'elle, elle savait qu'elle ne pouvait pas abandonner aussi facilement.
_ Lexa ? murmura faiblement Clarke comme si elle avait presque peur de la gêner.
Lexa tourna légèrement la tête mais continua d'avancer sans faiblir, malgré un léger boitillement nouveau.
_ Lexa, où est-ce qu'on va ? Il n'y a rien ici, cette montagne est morte, il n'y a que de la pierre et de la glace…
_ Il y avait bien un escalier dans ces pics rocheux non ?
_ Oui.
_ Les escaliers venteux. Crois-tu qu'il y aurait un chemin, s'il n'y avait rien au bout ?
_ Surement pas mais Lexa ! Dit-elle en haussant la voix et en la forçant à ralentir le pas. Je t'ai suivi jusqu'ici aveuglement, tous tes hommes sont morts tués par la patrouille de la Reine Nia et nous marchons au plus profond de la montagne vers une mort certaine, et notre peuple, et Polis et…
Lexa se stoppa et se planta devant elle, le regard sévère et fixe. Clarke reprit son calme et son souffle.
_ Lexa, où va-t-on ? Je veux savoir maintenant. Ton silence et tes devinettes m'épuisent, les sommets enneigés, le clan mystérieux éloignée de tout… Lexa, parle-moi, maintenant où je n'avance plus d'un centimètre !
Lexa leva les yeux au ciel sans le vouloir mais un sourire, divin et discret, s'esquissa sur ses lèvres. Clarke se détendit un peu, bien que son excès de colère restât en surface, elle ne pouvait pas résister à ces rares sourires.
_ Très bien mais je ne veux pas geler sur place, alors on avance et je t'explique. Répondit Lexa en l'invitant à poursuivre le chemin à côté d'elle.
Clarke céda, le passage devenait plus large et plus praticable, elles pouvaient marcher côte à côte, s'aidant mutuellement, ça devenait plus facile mais la fatigue et ses nerfs à vifs n'arrangeait rien.
_ Alors ? Raconte-moi, où va-t-on ? et pourquoi Titus a pris si peur à l'annonce de ton départ ? Et comment tu connais ce passage ? et ce clan, qui n'en ait pas un, et qui est si loin de t…
Lexa la regarda comme si déjà elle en demandait trop. Clarke comprit son erreur et se tut, levant les mains comme pour promettre de ne plus dire un seul mot.
_ Voilà… comme tu le sais, la Reine Nia pourrait bien envahir nos terres et renverser la Coalition. Si elle atteint Polis, nos troupes de guerriers seraient dépassées, même en comptant sur les renforts du Sud. Beaucoup de chefs de clan dirons le contraire, car c'est leur fierté d'Homme qui parle et ils mourront tous au combat pour être aussi arrogants. Nos peuples ont déjà trop subi de guerres et de catastrophes, avec la Coalition, j'avais installé un gouvernement stable, « le sang appel le sang » c'est dur mais réaliste et ça permet au plus grand nombre de survivre et de régler les conflits. Il y a quelques années, j'ai tenté de rallier tous les clans à ma cause. L'ouest et le sud se sont ralliée à Trikru et ce sont les premiers clans de la Coalition mais dans le Nord, Nia a refusé et s'est érigé en Reine absolue sur ses terres glacées où son Père déjà régnait depuis longtemps… et Le Roi de la Montagne a refusé aussi mon alliance, mais il a aussi refusé toute relation avec Nia et ses barbares, qu'il jugait sauvages et arriérés.
_ Le Roi de la Montagne ?
_ Il y a une cité au cœur de cette montagne.
Lexa voit Clarke blêmir à vue d'œil.
_ Rien à voir avec le Mont Weather, je te le jure... Dit-elle tout bas, comme pour éviter de parler d'un sujet douloureux avant de poursuivre. Il existe un peuple qui vit là-haut. A l'abri de toutes influences extérieures, dans une Cité de l'ancien temps, en partie intacte, une Cité si merveilleuse que le Roi gardait les Portes de la Cité sous bonne garde grâce à une armée puissante et fidèle. Je sais que son armée est immense, je sais qu'il pourrait écraser Nia et ses barbares sans la moindre résistance.
_ Comment sais-tu tout cela ? et comment connais-tu ce chemin caché ? Titus parlait d'une légende et que tu courais après des fantômes oubliés et une mort certaine.
_ Titus veut me protéger au mépris du bon sens. Je ne cours pas après des chimères, il sait parfaitement tout cela aussi bien que moi, c'est pourquoi il a accepté mon départ, c'est seulement que leur aide sera compliqué à avoir. Mais cette armée peut nous aider à vaincre Nia, sans ça, il y aura des milliers de morts et probablement la défaite au bout.
_ Si le roi a déjà refusé l'alliance, pourquoi accepterait-il aujourd'hui ?
_ Une intuition. Dit-elle faiblement en pensant secrètement qu'elle a peu de chance.
_ Tu as de sérieux doutes, je le vois bien.
_ Clarke, il faut avancer plus vite. Nous serons à l'abri bientôt. Je te le promets.
Clarke comprit qu'elle s'était assez confiée pour l'instant. Elle comprit que la route serait encore longue et qu'elle en apprendrait plus, sans la brusquer, un peu plus tard. Elle comprit que Lexa entretenait des attaches particulières avec ce Peuple dans les Montagnes, elle sentait dans ses mots une sombre nostalgie, une mélancolie inquiétante, presque funèbre. Elle se contenta de cela et continua d'avancer mécaniquement, un pas après l'autre, légérement chancelant et mal assuré à cause du froid et de la fatigue.
Mais comme promis l'environnement se mis à changer. La pierre semblait elle-même plus accueillante, le vent glacial s'engouffrait de moins en moins entre les sillons des roches et le couloir se rétrécissait sur elles comme pour les envelopper d'un avenir meilleur. Au bon d'un long canyon à ciel ouvert où le noir de la nuit déclinait en couleurs plus pâle, un mur de pierre gigantesque se dressait devant elle. Les vestiges d'une lourde porte en pierre étaient écroulés tout autour de l'entrée d'un tunnel. Un gouffre noir, semblant sans fin, était la suite du chemin.
Clarke avança d'un pas, comprenant qu'elles n'avaient le choix, que le chemin pour la Citée des Montagnes en passait par là, mais elle fut étonnée de voir Lexa hésiter plus qu'elle. Elle avait dit qu'un abri les attendait alors pourquoi hésiter maintenant ? Clarke avança tout de même et Lexa pressa le pas pour lui repasser devant, la tête haute.
Elles ne voyaient plus le ciel, elles entraient dans les veines de la montagne. Le noir total commençait à les envahir alors Lexa sortit de ses sacs en bandoulière, une sorte de branche en bois, entre l'allumette et la torche, qu'elle craqua sous sa semelle et dont le feu en jaillit instantanément.
Clarke observa alors la grotte immense dans laquelle elles pénétraient, les parois s'éclairant petit à petit devant elle. Plus elles avançaient, plus les parois se refermaient sur elles comme une cavité mortuaire, mais l'air gelé devenait presque moite et tiède, presque étouffant avec leurs vêtements de peaux sur le dos, leurs écharpes et leurs capuchons sur la tête.
Clarke se débattait pour dénouer quelques liens qui l'emprisonnait et retirer sa capuche en fourrure pour respirer un peu plus amplement. Lexa l'entraina toujours plus profond dans la montagne, elle laissa ses pas la guider.
Clarke suivit mais elle fatiguait, elle ralentissait le pas.
_ On peut s'arrêter et dormir maintenant ? demanda-t-elle fébrilement.
_ Non Clarke, pas encore, il ne faut pas dormir sans être totalement réchauffées.
Clarke allait protester mais au lieu de cela elle s'immobilisa, un bruit sourd et lointain lui parvenait aux oreilles, un bruit résonnant entre les parois des murs de pierre lourde et impénétrable. Un bruit qui s'intensifiait au fur et à mesure qu'elles continuaient d'avancer. Un bruit qu'elle finit par reconnaitre. Un bruit de chute d'eau étouffée par la roche.
Clarke n'osait pas croire que bientôt les bienfaits d'une eau chaude pourraient la reposer. Mais les vapeurs de fumée qui s'installaient entre les parois de la grotte la faisaient déjà rêver. Lexa l'entraîna dans le dédale de couloirs en pierre, dans un labyrinthe de roche infernal et démesuré. Elle commençait à retrouver des sensations dans son corps engourdit par le froid, à chaque nouveau pas, la chaleur l'envahissait et son corps reprenait vie.
Le contraste était saisissant et elle pourrait presque tourner de l'œil sous le choc thermique, alors Lexa lui fit ralentir le pas, elle freina son enthousiasme par un sourire conquérant.
Finalement, elles débouchèrent dans une immense cavité, traversée d'un large court d'eau bruyant et parsemé de bains à bulles naturellement creusés par l'eau sur la pierre poreuse depuis des milliers d'années.
Comme la mémoire des millions et millions de gouttes d'eau qui tombent sur la roche, la caverne s'inondait de cavités tels des souvenirs gravés au fil des années. Dans les vapeurs d'eau, il y avait de l'espoir à ne plus pouvoir respirer, l'espoir d'une survie méritée, l'espoir que demain elles verraient le jour se lever.
La promesse qui s'écoulait dans la rivière coupait soudain le souffle de Clarke qui, épuisée, s'écroula à genoux à côté de la première source chaude. Comme une oasis au milieu du désert, elle s'écroula à terre, sur cette roche si cruelle qui pourtant était promise à la voire survivre à cette nuit glacée.
Après avoir presque touché les étoiles, la voilà au creux de la terre nourricière qui la gardait en vie malgré les aléas de sa vie. Encore une fois, elle survivait à la nuit, encore une fois, elle trouvait un espoir au milieu des ténèbres.
