17. La dernière bataille, le dernier cauchemar.

De retour sous la tente de commandement, tout le Conseil de Guerre était réuni, le Commandant mettait en place les dernières stratégies, elle planifiait les axes de parcours des soldats et vérifiait les plans d'attaques des troupes de la première vague qui décimera les renforts de la Reine Nia, restés en arrière.

Puis le Prince Hamer prit le relais pour les ordres donné à la deuxième vague de soldats qui appuierons les défenses de la Capitale en débordant les lignes ennemies. Seul le Prince Hemlet gardait le silence, le nez toujours dans les cartes géographiques et les yeux rivés sur le plateau en relief où était disposé les pions. Il ressassait sans cesse tous les paramètres de leur attaque et de leur stratégie pour que rien ne leur échappe. Sous la tente, tous les hauts gradés étaient en alerte maximum, à l'extérieur, tous les soldats étaient au garde à vous, impatient et obéissant.

Lexa était plus grande et plus confiante que jamais devant cette toute nouvelle armée à ses ordres. Il irradiait d'elle une force magistrale qui la portait en chef absolue face à ses hommes prêts à donner leur vie pour ses idéaux. Elle portait déjà avec élégance et insolence son habit de guerrière et sa cape rouge réhaussé d'une épaulière, quand elle était Heda, et à Polis comme partout ailleurs, on la respectait et l'on s'inclinait devant elle. Mais aujourd'hui, Clarke semblait voir un tout autre Commandant encore. Il émanait d'elle une splendeur indécente, une intelligible force et un redoutable pouvoir. Son uniforme avait été remanié, et son épaulière et sa cape étaient maintenant surmontés d'une fourrure d'hermine blanche royale.

Elle portait en elle le soutien du Peuple des Sommets Enneigés, elle portait en elle la force d'un millier d'homme, elle était ce soir, le Commandant d'une armée sorti d'outre-tombe, que jamais personne n'aurait pensé voir au-delà de leur frontière. Sa voix portait haut et fort, sans trembler, et sans compromis.

Clarke se tenait plus en retrait, laissant les grandes lignes de la bataille, laissant les jeux de guerre aux Princes et au Commandant. Elle écoutait avec attention, elle admirait son Commandant guidé les troupes mais elle ne songeait qu'à cette mission secrète qu'elle voulait accomplir à tout prix. Pendant un instant, elle eut l'idée de s'éclipser l'idée de partir pour contacter Polis, seule, sans troupe, sans appui, sans prévenir personne. Elle estima ses chances, elles étaient bonnes, elle pouvait le faire, Lexa était en plein discours, fascinant et galvanisant ses troupes, sans trop faire attention à elle, du moins en apparence.

Elle devait le faire maintenant… mais elle porta son regard sur elle. Elle ne pouvait pas faire ça. Partir sans l'accord du Commandant était une chose, mais partir sans la prévenir, elle, la femme qu'elle aimait, en était une autre. Elle ne prendrait pas le risque de la faire souffrir, de lui donner l'impression de la trahir ou de l'abandonner, sans lui avoir dit au revoir, non, elle ne pouvait pas faire ça.

Lexa fit taire toute l'assemblée, elle leur donna les dernières bénédictions puis fis sortir tous les soldats et chefs de section, elle ne garda que ses trois ambassadeurs, Clarke, Hamer et Hemlet et les quelques Généraux considérés comme l'élite par les Princes.

Elle garda le silence et ils firent tous de même. Les mots semblaient ne pas venir facilement. Tous devaient prendre ça pour signe d'une sérénité parfaite, d'un calme absolu avant la bataille mais Clarke savait qu'elle avait en réalité du mal à s'exprimer et qu'elle tentait de contenir son émotion. Elle la sentait se battre pour rester fière et digne de son rang. Lexa porta son regard sur Clarke et enfin elle se décida, les larmes aux bords des yeux, les doigts serrés sur le pommeau de son poignard planté dans l'écorce de son trône.

_ Je ne veux pas donner cet ordre mais je vais le faire… Clarke. Dit le Commandant entre ses dents.

Les Princes et les Généraux se tournèrent d'un même élan vers l'Ambassadeur en question, elle-même surprise mais ne laissant rien apparaitre, gardant le visage stoïque, obéissant et déterminé.

_ Oui, Commandant ? Répondit Clarke haut et fort.

_ Pars vers le Sud-Ouest, va les prévenir. Prononça Lexa sans trembler mais les mâchoires serrées et un nœud dans l'estomac.

Sa voix trahissait pour la première fois son émotion en public, et ce regard fuyant envers Clarke finissait de la trahir. Cet ordre lui brisait le cœur, cet ordre désordonnait son esprit le doute et la peur s'insinuaient par la dernière brèche qui subsistait en elle, la dernière faille qu'elle ne pouvait consciemment pas refermer : son amour pour elle, c'était sa faiblesse, comme une histoire qui se répétait, comme une vielle blessure qui se ravivait encore comme pour l'empêcher de respirer.

Clarke releva fièrement la tête, elle déglutit avec peine, ses larmes montaient, elle luttait contre mais ça devenait trop difficile, elle salua respectueusement le Commandant et s'éclipsa comme un éclair dans un ciel orageux. Son départ résonna comme un coup de tonnerre terrifiant dans la poitrine du Commandant, le cœur de Lexa se brisait en deux dans un vacarme assourdissant que seule elle, pouvait entendre. Elle se démantelait de l'intérieur sans pouvoir rien n'y faire, seul son visage défait insinuait son état de fragilité au conseil restreint qui se trouvait encore présent sous la tente.

Lexa soupira furieusement, elle était à deux doigts de laisser ses nerfs lâcher. Elle se ravisa en croisant le regard inquiet du Prince Hemlet qui voyait clairement en elle.

_ Vous pouvez disposer. Murmura-t-elle et la tente fût vide en quelques secondes.

Elle ne put rester en place, à peine étaient-ils tous sortis qu'elle partit à la poursuite de Clarke par une fente dérobée dans le fond de la tente. Dans le campement quelques rares torches flambaient encore, tous les chariots de ravitaillement mis en sécurité, toutes les armes distribuées, tous les soldats étaient prêts, se ravitaillant, se reposant, se concentrant en recitant des vieux mantras ou aiguisant leurs lames en attendant l'ordre de partir au combat.

Dans la pénombre qui s'installait dans le champs, Lexa eut du mal à la retrouver, elle avait couru un peu dans tous les sens, un brin paniqué de ne pas la retrouver au milieu des soldats étonnés. Puis finalement, à la lisière du campement, un peu en retrait vers les bosquets, avec un groupe de soldat tout de noir vêtu, elle trouva Clarke sur le départ.

Clarke briefait une dernière fois ses hommes quand ces derniers se reculèrent, têtes baissés et silencieux. Elle se retourna et trouva Lexa plantée là. Elle jeta un coup d'œil à ses hommes et ils disparurent de sa vue, l'attendant quelques dizaines de mètres plus bas, sur le chemin qu'ils allaient emprunter pour leur mission.

_ Lexa ?

_ Tu allais vraiment partir comme ça ?

Clarke baissa les yeux un instant, son visage resta imperturbable. Elle ouvrit la bouche mais rien, aucun son, aucune parole, aucune excuse n'en sortit.

_ Je vois, tu trouves que c'est plus facile comme ça ? Demanda Lexa sans détour.

_ Non, Lexa, il n'y a rien de facile dans tout ça ! Mais je refuse de … je refuse de te dire au revoir, avec cette angoisse au ventre de ne jamais te revoir… je… je ne peux pas… je ne peux tout simplement pas rejouer cette scène d'adieux avec toi ! S'énerva Clarke au point d'avoir les larmes aux yeux.

_ Clarke attend…

_ Non, Lex, c'est plus fort que moi, je refuse l'idée d'échouer et je refuse de voir Nia gagner… et je…cette mission, c'est notre seul espoir mais ... Lexa, je … je vais revenir… je te le promets…

Lexa ne pouvait plus garder ses larmes pour elle-même, elles coulaient en vague déferlantes sur ses joues, effaçant à demi les marques de peintures de guerre qu'elle avait déjà peinte sur son visage. Clarke s'approcha d'elle et passa son pouce sur sa joue, emportant la peinture mêlée de larmes sur son doigt, puis elle traça sur son propre visage, des lignes de noir sous ses yeux bleus étincelants. Lexa lui sourit, presque à contre cœur, mais de toute évidence, elle admirait cette femme, même si tout ce qu'elle était et ce pourquoi elle se battait, lui faisait maintenant peur.

Cette peur viscérale de la perdre, ne la quittais plus depuis le sommet du Mont et Clarke le lisait dans ses yeux sous forme d'une flamme brûlant d'un amour inconditionnel.

_ Tu as plutôt intérêt à revenir… Murmura Lexa.

_ Et toi, reprend Polis… ensuite…

_ Je sais…

Clarke s'empara de ses lèvres en un baiser immortel, un baiser né de son angoisse et de son amour, une preuve tangible que pour elle, elle ferait tout et n'importe quoi : combattre les hommes des glaces, braver les montagnes et braver la douleur et la mort et revenir auprès d'elle quoiqu'il arrive. Prolongeant ce baiser tant que possible, Lexa le rendait éternel, elle le rendait aussi profond que l'amour qu'elle lui portait depuis toujours.

Lexa la serrait dans ses bras le plus fort qu'elle pouvait et dans le crépuscule, à l'abri des regards, le Commandant disait au revoir à son Ambassadeur.

Quelques heures plus tard, la nuit était tombée sur les forêts du Peuple des Arbres, l'atmosphère était étrangement calme, la faune et la flore semblaient somnoler et attendre quelque chose qui ne tarderait pas à venir. Au travers des sentiers, Clarke et sa troupe, quatre hommes de confiance : Braham, Nesis, Kaïdo et Logos, évitaient les grands chemins, les villages désertés et les champs à découvert. Elle marchait en tête, sans relâche, se fondant dans l'environnement comme elle avait appris à le faire, vivant seule dans la forêt pendant des mois, comme un prédateur mué d'un instinct sans raison.

Elle connaissait la géographie du territoire, elle avait appris les cartes et leur trajet par cœur. Elle ne pensait qu'à sa mission et chassait de son esprit ce baiser et le visage de Lexa qui se brisait de la voir partir, puis s'enfoncer dans les bois, pour peut-être ne jamais revenir.

Ils firent une brève halte pour étancher leur soif, à l'abri des ruines d'un vieux monument en pierre depuis longtemps démolis, envahit par les feuillages et les racines. Clarke testa les communications avec son talkie. Que de la friture, ils étaient bien évidement encore trop loin. Elle poursuivit en pleine nuit et éparpilla sa troupe en périmètre de protection autour d'elle. Ils évoluaient vers le même cap mais à distance raisonnable pour ne pas se faire surprendre par les patrouilles des Hommes des Glaces. Ils avaient pour ordre de couvrir ses arrières et d'abattre tout ennemi repérer.

Elle marchait dans les forêts entre Polis et les territoires du Peuple des Arbres, elle évita un village, où vu de loin, personne ne semblait vivre. Les habitants de Polis, femmes, enfants et vieillards et les villageois avaient été conduit dans des grottes secrètes près des grands lacs pour échapper à la guerre et aux invasions barbares, c'est pour cela que tous les environs semblaient encore plus dépeuplés que d'ordinaire.

Elle se sentit soudain seule, mais investit d'une telle mission qu'elle n'avait que cela en tête, que cela dans les veines, que cela comme moteur pour avancer, pas le temps pour la peur et la panique, pas le temps pour les digressions et le tourisme. L'atmosphère était de plus en plus étrange, la guerre allait éclater au petit jour, avant que l'aube ne réveille la ville et l'écosystème lui-même semblait le ressentit et se préparer à accueillir des flots de sangs.

Dans le silence absolu, seule une chouette chantait sa sinistre ritournelle nocturne seul le vent faisait mouvoir les feuilles dans les hauts branchages et seul son souffle lourd trahissait sa présence humaine. Elle avançait rapidement mais prudemment puis elle se figea comme une bête apeurée. Elle n'était plus le prédateur, elle était la proie.

Un craquement de branche, une envolé d'oiseaux sauvages à quelques mètres d'elle. Elle sentait toutes les fibres de son corps faire demi-tour et se réfugier dans un élan de panique. Elle prit la fuite sans perdre de temps, sentant des ombres à ses trousses, sentant la mort sur ses talons.

Dans cette nuit noire sans lune, les parcelles de forêts se ressemblaient toutes, les arbres, tous frères, se multipliaient comme au travers d'un jeu de miroir sans fin. Elle courait à perdre haleine, elle courait au point de ne plus sentir que la douleur de ses muscles en feu. Elle entendait des pas derrière elle, des râles et des grognements, elle entendait le bruit des lames qui s'entrechoquent dans la course des barbares à sa poursuite. Elle redoubla de vitesse, bondissant au-dessus des arbres morts et couchés par terre, se faufilant entre les troncs pour tenter de leur échapper, et puisant dans ses dernières ressources pour avancer coûte que coûte.

Ils étaient toujours à sa poursuite. Elle courait toujours plus vite, toujours plus loin, elle avait perdu son cap de départ mais elle ne pensait qu'à fuir. Plus le danger approchait, plus ses forces se décuplaient. Elle évitait habilement les branches et les racines, elle était agile et puissante, portée par l'adrénaline dans les veines et la peur au ventre. Puis soudain, elle se figea sur place pour prendre une décision sur la direction à suivre, une décision pour les leurrer et leur échapper à tout prix, mais son sang se glaça, elle entendit des hurlements transpercer le silence et la nuit.

Elle se retourna et aperçut une silhouette grimpée sur un monticule de terre. Elle reconnait Nesis, debout, essoufflé, peut-être même blessé. Dans la nuit noire, le temps paraissait se suspendre, le silence était redevenu profond et angoissant, rappelant à Clarke le silence des confins de l'espace, comme si quelque chose de terrible était en suspens dans l'univers. Puis la voix rauque de Nesis lui hurla de fuir. Ses mots semblaient venir de si loin, comme au ralentit, et Clarke mis du temps à comprendre.

_ Sauve-toi ! Hurla-t-il une dernière fois.

Derrière lui, un barbare se redressa et l'instant d'après Nesis s'effondrait au sol. Clarke resta muette, figée, sans avoir vraiment le temps de comprendre que sa troupe d'élite se faisait décimer, sans avoir le temps de le prévenir de la menace.

Son esprit ne fit qu'un tour, elle sorti enfin de son court mutisme et elle repartit à grandes enjambées. Un homme courait à ses côtés, à cinq ou six mètres d'elle, dans la nuit noire, elle peine à le reconnaitre mais il se rapproche. C'est Braham qui couvrait ses flancs et l'encourageait à continuer toujours plus vite malgré le feu dans ses poumons.

Les barbares étaient à leurs trousses dans ce labyrinthe d'arbres, de bois, de bosquets et de rochers. Ils perdaient définitivement leur cap, Clarke tenta de sortir sa boussole et de s'orienter maladroitement dans la panique. Elle ne voulait pas foncer tout droit dans la gueule du loup, elle voulait toujours atteindre les limites du territoire pour joindre la Capitale.

Braham s'arrêta avec elle, mais il semblait inquiet, il couvrait le périmètre des yeux sans relâche, l'arme au poing, prêt à tout, mais l'instant d'après, il s'écroula au sol, mort, une machette plongée dans le crâne.

Clarke étouffa un cri et se retrouva seule face au dernier barbare qui avançait férocement vers elle. Dans son esprit, ses pensées paniquaient mais son objectif resta le même : survivre, prévenir Polis.

L'homme s'élança sur elle, elle esquiva la première attaque mais il était imposant et elle perdit l'équilibre à cause des racines au sol. Elle saisit le poignard logé à sa cheville au lieu de son arme à feu qui pourrait attirer l'attention d'autres ennemis. La brute la plaqua au sol, elle se débattait mais sa lame ne rencontrait que des épaisses fourrures et des bouts d'armure métalliques infranchissable. Il la maitrisa avec fermeté et il brandit son épée au-dessus de sa tête, il prit son élan et même du plaisir à la voir ainsi à sa merci.

Il souriait derrière son masque, elle brandit son bras en avant, la lame de son poignard se planta dans sa gorge et il s'effondra sur elle en lâchant son arme. Elle le repoussa avec dégout et une mare de sang qui se mêlait déjà à la terre humide.

Sous le choc, il lui fallut plusieurs secondes pour reprendre ses esprits et sa respiration. Elle dérapa dans la boue, le sang et les feuilles mortes puis s'éloigna du corps avant de se relever péniblement et de se remettre debout. Le sang de l'ennemi tâchait ses mains, ses fourrures et le cuir de sa veste. Elle se sentit oppressée par les arbres qui semblaient se pencher au-dessus d'elle, elle perdit toute notion de temps et d'espace, elle était perdue dans la forêt noire, en proie à la panique.

Elle repartit en courant, tremblante, peu importe dans quelle direction, et plus elle mettait de la distance entre elle et ces corps, plus elle retrouvait sa lucidité. Elle continua de courir jusqu'à ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre, elle tenta de reprendre son souffle sans vraiment de succès. Trouvant encore quelques miettes de force, elle grimpa sur une petite colline, puis elle se hissa sur de grands et hauts rochers. Elle observa les environs, elle reprit sa respiration, et quand elle constata que tout était calme, elle se calma elle aussi.

Elle sortit aussitôt les cartes et sa boussole pour comprendre où elle était, puis elle prit le talkie dans son sac à dos et testa les communications. Le talkie se mit à grésiller, puis émit quelques bruitages indistincts. Elle se mis à régler furieusement les fréquences, elle s'acharna dessus et se mit à prier.

_ Est-ce que quelqu'un me reçoit ? Ici, Clarke Griffin Ambassadeur Skykru. Y'a quelqu'un ? S'il vous plait, répondez ? Est-ce que quelqu'un m'entend ?! Polis ?

_ zz..al.. ...jze.dé …allo..zzgr..

_Oui ! Quelqu'un m'entend ! ici Clarke Griffin !

_ On vous entend mieux, ça y est. Clarke ? c'est bien toi ?! C'est Harper !

_ Harper ?! Génial ! écoute-moi bien ! les renforts arrivent.

_ Quoi ? Clarke ? Je ne comprends pas.

_ Bellamy ou Kane sont avec toi ?

_ Clarke non de Dieu tu étais où ?! on te croyait morte ?! Demanda une autre voix semblable à celle d'Octavia, aussi bien qu'elle put reconnaitre avec tous les grésillements de la communication.

_ Pas le temps, écoutez-moi, Nia et son armée vont attaquer à l'aube.

_ On sait. On est en place.

_ Laissez les approcher et tenez bon. Lexa et sa nouvelle armée attaquerons par l'arrière pour décimer les troupes de renforts de Nia et venir écraser son armée aux portes de la Capitale. Tenez bon, maintenez les défenses, on est là !

_ Clarke ? C'est Bellamy, je t'ai entendu. Vous êtes au Nord près de la lisière ? Nia ne sait pas que vous êtes là ?

_ Non, elle ne s'attend pas à ce que l'on vienne du Nord, elle ne s'attend pas à cette armée sur ses talons. Et nous attaquerons quand elle pensera avoir le dessus.

_ Tu es sûr de toi, Clarke ?

_ Oui, défendez Polis à tout prix, on arrive en renfort.

_ . .fgths…. zzgz… . .Clark ?.zz

_ Bellamy ?! Bellamy ? Hurla-t-elle avant de perdre tout contact.

Plus que de la friture et des bribes de mots incompréhensibles. Elle coupa l'appareil, elle soupira et se terra à l'abri des rocher et des buissons épineux. Elle avait belle et bien entendu la voix des siens et avait confirmation que Polis ne désespérait pas et s'apprêtait à se battre. Sa mission était remplie. Elle respira plus facilement, plus amplement et ses nerfs à vifs semblaient s'apaiser un peu mais son angoisse restait encore figée dans son estomac, les premiers affrontements viendraient bientôt et avec eux, leur flot de sang.

Elle leva les yeux vers le ciel, vers cette nuit sans lune, vers cette voute céleste dégagé de branchages et une étoile filante passa si vite, qu'elle avait disparu avant que Clarke n'eût le temps de comprendre ce qu'elle venait de voir. Elle se souvint de cette nuit en haut du pic sous une pluie d'étoile filantes, qu'elle avait admiré avec Lexa. Ce souvenir éphémère fut perçu comme un grand réconfort, comme une promesse que, si elle avait eu un jour une bonne étoile qui veillait sur elle, elle était toujours là, penchée au-dessus de son destin. Elle avait une bouffée d'espoir mêlé de défaite comme dans un moment de répit, comme un vœu émis dans un souffle, un instant où tout est encore possible, où rien n'est encore joué d'avance, rien n'est scellé où tout peut encore changer, tout peut arriver tant que le dernier coup de glas ne sera pas porté.

Cet instant, cette sensation c'est l'approche de la Guerre qu'elle ressent.

Elle resta à l'abri un long moment, sans somnoler, bien éveillée, et soudain son cœur s'emballa de nouveau, des bruits de pas, des bruits de feuilles froissées et de branches qui craquent. Son cœur sursauta de peur et elle s'enfuit encore.

Entre temps, au campement, le Commandant Lexa était sur le pied de guerre. En tête des troupes postés en formation à l'orée du bois, attendant les signes de guetteurs, attendant le jour qui tardait à se lever.

Elle avait renoncé à rester en retrait comme prévu, si la femme qu'elle aimait était en mission secrète alors elle serait sur le champ de bataille aussi, elle serait en premières lignes dans cette guerre qui s'annonçait. Il était hors de question pour elle, de rester en arrière pendant que Clarke risquait sa vie pour la victoire, il était hors de question pour elle de rester assise sur son trône bien à l'abri des ennemies, cette guerre elle allait la mener de front, et elle comptait bien vaincre ses démons au passage.

Les rangs de soldats derrière elle portaient tous un courage énorme, ils portaient tous en eux la foi en leur Roi, leurs Princes et ce nouveau Commandant qu'ils accueillaient comme le messie venu les délivrer de leur tour d'ivoire, leur Cité dans les Montagnes du Nord. Même si pour la plupart, ils sortaient pour la première fois du massif, ils étaient près à le faire pour la guerre, et pour la paix annoncée après la victoire.

Pendant ce temps-là, à la Capitale, personne ne dormait, tout le monde était à son poste, la lisière de la ville était sous haute surveillance, gardée par des archers et des tireurs d'élite les premières ruelles étaient truffées de pièges mortels et derrière des trompes l'œil, tous les soldats de l'armée d'Heda, les guerriers des autres clans et les soldats d'Arkadia étaient en position de défense, attendant patiemment mais nerveusement que Nia lance son attaque.

Dans la forêt, à l'aube d'une nuit qui s'achevait péniblement, les barbares camouflés et surarmés avançaient lentement vers la ville. Confiants et terrifiants, enragés et assoiffés de sang, ils brandissaient silencieusement leurs armes en vue des premiers massacres qui les faisaient saliver. La Reine Nia et son escorte privée avançaient en retrait, elle préparait son entrée victorieuse dans la Capitale, elle se délectait de sa suprématie et de sa maitrise de la situation, sans s'imaginer une seconde que du Nord venait toute une armée pour l'arrêter.

Jamais elle n'aurait pensé que le Commandant Heda ait assez de cran pour aller réclamer de l'aide auprès du Roi fou sous sa Montagne, elle pensait ce peuple mort, enterré vivant dans leurs grottes. Elle pensait ce peuple figé dans la montagne, reclus derrière leurs immenses portes de pierre. Le dernier rapport de ses éclaireurs ne faisait aucune mention de la présence du Commandant Lexa à la Capitale ni ailleurs, et tout semblait très calme, aucun mouvement de troupe ou d'armée sur le territoire n'étaient à signaler, elle pensait donc que son arrivé les avait faits tous fuir. Elle pensait donc que le grand Commandant avait déserté et que la ville lui ouvrirait les bras après les premières démonstrations de force.

Elle prenait goût à la victoire avant de l'avoir savourer, elle aimait sa victoire avant même de l'avoir en main, elle regretterait bientôt son excès de confiance, elle regretterait bientôt d'avoir voulu défier Heda.

Les hommes de Nia étaient aux abords de la ville alors que le jour déposait un fin voile de lumière sur la capitale. Alors qu'ils s'apprêtaient à envahir et attaquer les premiers baraquements en périphérie de la ville, les pièges se déclenchèrent et dans un bruit sourd, les pulvérisa.

La guerre commençait.

Les hurlements et les détonations commencèrent, des rangs et des rangs de barbares sortirent des bois et entrèrent dans la ville en se prenant dans les pièges les uns après les autres. Du haut de leurs miradors, les archers les perçaient de flèches et les tireurs d'Arkadia armés de fusil automatiques appuyaient sur la gâchette sans relâcher la pression, hurlant et transpirant dans le petit matin.

Les chemins étaient jonchés de corps inertes, les rainures des pavés étaient ensanglantées, mais des bataillons de barbares continuaient d'investir les rues de Polis. Les habitations brulaient, les barbares hurlaient pour se donner du courage, le gros des défenses de Polis restaient cachées et calmes, les premières lignes mitraillant dans le mille, ne se laissant pas encore déborder.

Les jets de pierre démolirent les vieux baraquements, les incendies se rependaient, derrière les murs de la défense, les soldats se gonflaient de rage, déployant leurs forces pour ne pas se laisser envahir. Des camarades tombaient au sol, leur sang entachait les rues, leurs cris étouffés par les retentissements des armes automatiques et des lancés de catapulte.

Bellamy, Murphy, Kane, Bryan et Nathan vidaient leurs chargeurs sur l'ennemi, Octavia, Indra et leurs guerriers repoussaient à coups d'épées les envahisseurs arrivant à passer leurs barricades. La guerre faisait rage dans les rues du Polis alors que le soleil s'élevait doucement dans les cieux pour une nouvelle sombre journée.

Quant à Clarke, elle avait perdu ses repères et tout sens de l'orientation, elle ne savait plus où était le Nord et le Sud, ni l'Est ni l'Ouest, elle ne savait plus où elle était mais elle courrait plus vite que son ombre malgré son corps épuisé. Elle courrait toujours, craignant de devoir échapper à l'ennemi, quand les premiers rayons de soleil pointèrent au-dessus de la cime des arbres. L'air était lourd et pesant, électrique, comme si un orage approchait à l'horizon pourtant pas de nuages dans le ciel, et au loin, elle le savait, la guerre commençait.

Le Commandant Heda, avait fait avancer ses troupes dans la forêt dès les premières lueurs du jour. Plus habitués aux reliefs montagnards et au climat glacial, les soldats de la Cité furent un peu déroutés par la végétation dense et l'air chaud et étouffant de ces forêts vertes mais en hommes des montagnes digne de ce nom, en chasseurs ou combattants aguerris, ils prirent vite leurs marques et avancèrent, en douceur, en silence, comme les trappeurs et chasseurs qu'ils étaient, vers les campements des barbares encore en repos, attendant les prochains ordres de leur Reine.

Les éclaireurs de Lexa, lui indiquèrent les premières fumées qui s'élevaient de la Capitale. Il était temps d'attaquer. Le Commandant donna l'assaut et l'armé des glaces fut totalement surprise, ses hommes furent réveillés en sursaut, pris à la gorge, pris en étau et puis massacrés.

Les troupes de Lexa progressaient, sur leur chemin, elles décimaient celles de Nia. Le massacre s'étendait des forêts jusqu'aux plaines qui entourent Polis, les bosquets s'enflammaient, le sang tachait le foin et l'herbe verte, la terre s'imbibait de larmes, tout était détruit et les corps encore chauds s'entassaient dans la vallée. C'était un champ de bataille à ciel ouvert d'où refluait des odeurs de mort et de peine, où le Commandant avançait fièrement, pas après pas, en lançant son bras armé qui fendait l'air en tranchant les têtes de ses ennemis au passage.

Autour d'elle, ses soldats s'acharnaient à tuer les hommes des glaces, sur son flanc gauche, elle distingua Hamer, forcé d'admettre qu'il était fort et valeureux. Il fendait les crânes d'ossements de ses barbares à coups de massue, faisant gicler leurs sangs chauds en gouttelettes sur son visage grimaçant de rage. Son frère Hemlet, apparut de nulle part, planta son épée de part en part dans le corps d'un ennemi prêt à se jeter sur elle.

Lexa fit un signe de tête bref et reconnaissant puis, côte à côte, ils entrèrent à nouveau dans la bataille. Lexa était redoutable, Hemlet l'avait constaté pendant les quelques entrainements de la garde avant leur départ de la Cité, mais en situation réelle, il la trouvait encore plus fascinante et dangereuse. Elle était agile et puissante, aucun coup de haches ou d'épée ne l'atteignaient, elle esquivait les attaques et trouvait aussitôt la faille chez son ennemi qui, s'en comprendre, tombait mort à ses pieds.

Son visage était marqué de ses peintures de guerre noires et des gouttes de sang rouge vif. Sa beauté sublimée de férocité la rendait totalement fascinante, elle se battait corps et âme contre l'ennemi, sans jamais s'essouffler, sans jamais paniquer sous le poids des combattants qui lançaient leurs attaques désespérées contre elle. Elle était une déesse au milieu de ce champ de ruine, une déesse de la guerre, meurtrière, furieuse et invincible.

Elle tranchait de son épée affûtée tous les barbares sur son chemin et ses hommes, forts et valeureux combattaient toujours auprès d'elle sans faiblir, les bataillons d'Hommes des glaces commençaient à se réduire à vue d'œil, ils étaient dépassés mais tel des bêtes féroces, ils combattaient toujours tête baissée. Lexa reçu des coups, la douleur était vivace mais son ambition l'était plus encore. Un genou à terre, et l'épée au sol à un bon mètre, elle sentit venir l'homme derrière elle, alors elle sortit son fidèle poignard, elle pivota sur elle-même et esquiva quand il attaqua. Quelques secondes plus tard, l'homme gisait au sol dans un marre de sang qui se mêlait à une autre marre de sang, et elle se relevait péniblement de ce combat. Une tâche rouge couvrait sa cuisse et son bras. Elle était blessée, mais ne savait pas depuis quand, ni quel ennemi terrassé lui avait infligé ses blessures. L'adrénaline dans ses veines effaçait la douleur et pour l'instant la seule chose qu'elle pouvait faire, était de prier pour que les lames ne soient pas empoissonnées.

Elle balaya la scène de guerre d'un regard, ses hommes se battaient avec courage et face aux barbares ils se révélaient êtres de sérieux guerriers. En voyant tous ces Hommes des Glaces à terre, Lexa sentit une énorme bouffée d'espoir s'emparer d'elle, il ne restait plus qu'à rattraper Nia aux portes de Polis.

Elle porta son regard vers un grand homme en fourrure et au masque en crane de bête qui brandissait une hache au-dessus d'un jeune soldat à terre. Lexa lança son poignard à une telle vitesse que le barbare se rendit à peine compte que la lame s'était plantée dans son cou. Il tomba à terre près du jeune soldat et Lexa couru vers lui pour l'aider à se relever. Mais une fois face à face, une fois que le soldat ôta son casque, Lexa autant que le soldat furent surpris.

_ Commandant Heda ? Je … je… merci, vous m'avez sauvé la vie. Dit une voix de femme.

_ Bia ?

_ Commandant.

_ Bia, je… je pensais qu'il n'enrôlait que des hommes dans l'armée du Roi Semos ?

_ C'est le cas.

_ Tu es ma cousine, tu n'aurais jamais du prendre autant de risque et rester auprès de ton fils.

_ Hors de question, son père est invalide, blessé par un accident il y des années… alors ma famille n'allait pas rester là-bas son combattre à tes côtés… J'ai simplement pris sa place.

_ Comment as-tu … Hm… laisse tomber, bienvenue dans mon armée, chez moi, les femmes combattent aussi et parfois bien mieux que les hommes, reste près de moi, Bia et continuons.

Lexa courut en avant vers la lisière de la forêt où se jouait les derniers combats aux corps à corps, mais son armée avait le dessus, les Hommes des Glaces restant étaient furieux de cette attaque à revers et elle envoya une troupe rattraper les sauvages en fuite qui tentaient de prévenir leur Reine de l'attaque.

Ils furent arrêtés juste à temps. Près à dépasser la lisière de la forêt pour aller à la rencontre du convoi de la Reine, posté au pied de la ville les fuyards furent arrêtés à l'orée du bois, une lame sous la gorge, ils furent ramenés dans l'obscurité de la forêt avant de pouvoir donner l'alerte. Du haut de son mirador, Bellamy et ses hommes couvraient le périmètre. Bellamy était le seul à avoir remarqué ces hommes en fourrures blanches emporter les barbares et les tuer. Les paroles de Clarke résonnèrent en lui, les renforts venus du Nord étaient bien là. Il soupira, replaça son œil dans le viseur et continua d'arroser les assaillants.

Les défenses de la ville tenaient bon, ils avaient perdu les premiers rues mais le centre de la ville était toujours sous leur contrôle. Les barbares passèrent les barricades, et abattirent quelques habitations pour trouver des failles dans le labyrinthe de ruelles préparé à les repousser.

Nia était sur le point de pénétrer dans la ville, les défenses lâchaient les unes après les autres quand soudain une corne de brume retentit et tous les soldats et les barbares en luttent se tournèrent vers la forêt. La Reine, protégée de son escorte personnelle, se tourna à son tour mais ne vit rien à l'orée du bois. Elle fronça les sourcils, elle tendit l'oreille, puis elle ouvrit de grands yeux étonnés.

Dans l'obscurité de la forêt profonde, des mouvements d'ombres se distinguaient, comme si les arbres eux même se déplaçaient, comme si toute la forêt s'avançait vers elle et puis elle distingua les guerriers vêtus d'armures noires réhaussées de fourrures blanches très distinctes de celles de ses hommes à elle – et récemment entaché de sang frais. Les nombreux soldats formaient une vague déferlante qui allait submerger ses troupes et elle devint folle de rage et totalement paniqué en quelques secondes.

Lexa et son armée sortaient des bois en fonçant droit sur la ligne de bataillon des hommes de Nia qui attendait de pouvoir pénétrer dans la Capitale. La Reine comprit automatiquement que toutes ses troupes restées à l'arrière étaient décimées et que la bataille finale se jouerait ici et maintenant.

Elle envoya ses hommes combattre dans l'autre sens, elle rappela ceux en passe d'entrer dans la ville pour les envoyer droit sur les Hommes des Montagnes et elle prit la fuite comme elle put en tranchant quelques têtes sur son passage pour atteindre les champs et partir vers le Nord-Est. Malheureusement, sur son chemin, elle croisa un bataillon du Clan des Grands Lacs.

Ses hommes luttèrent jusqu'à la mort, ils donnèrent leurs vies pour la protéger chose qu'elle n'aurait jamais fait, mais elle finit par être seule face à ses ennemies, elle fut enchaînée, forcée de poser un genou à terre, dans cette terre où s'étalait le sang de ses hommes et elle était maintenant obliger de céder la victoire.

Les dernières résistances des hommes des Glaces tombèrent quand ils comprirent la défaite leur Reine. Beaucoup combattaient encore, plus pour fuir que pour vaincre. La lutte des Hommes des Glaces contre les guerriers de la Montagne faisait encore rage aux portes de la ville mais très vite, les troupes de Nia se dispersaient et les combats cessèrent petit à petit avec quelques derniers coups d'épées et de haches bien placés sous fond de hurlements d'agonies.

Le bras droit de Lexa, Indra, arriva la première sur les lieux où était enchainée Nia. Elle félicita ses hommes et emporta Nia au pied de la Tour. Elle était lourdement blessée mais tenait encore debout. Elle demanda des rapports à ses troupes. Il lui confirmait que les Hommes des Glaces étaient en fuite et que l'entrée nord de la ville était à présent sécurisée. On l'informa de l'arrivée de cette armée gigantesque qui mit en fuite les barbares. Elle pensa à son Commandant, elle galopa dans les rues de la ville jusqu'à la lisière de la forêt où les derniers combats avaient lieu avec les derniers Hommes des Glaces assez fou pour se battre jusqu'à la mort plutôt que de se rendre.

Indra retrouva son Commandant, elle la salua respectueusement, elle lui prit l'avant-bras et le serra fort pour lui démontrer tout l'importance de la revoir en vie. Indra l'informa de la capture de la Reine et Lexa prit sa monture pour entrer dans la ville sous les acclamations des soldats tenants encore debout. Elle longea les rues, les barricades étaient déplacées sur son chemin, l'Armée des Montagnes et les deux Princes la suivaient et étaient accueillis chaleureusement par les soldats de Polis et des autres clans, avec un énorme enthousiasme et les yeux débordant de reconnaissance.

La foule était en liesse lorsqu'elle pénétra sur la grande place au pied de la Tour. Sa majestueuse Tour, cela lui fit un bien fou de rentrer à la maison mais elle porta immédiatement son regard sur la potence où était enchainée fermement la Reine Nia.

Lexa posa un pied à terre et s'avança vers elle, suivit de près par Indra et Octavia. Elle remarqua Titus dans la foule, qui venait de sortir de son bunker, le visage si soulager de la revoir en vie qu'elle crut déceler quelques larmes perler aux coins de ses yeux.

Elle leva son épée en l'air et la foule se tut. Elle regarda Nia d'un regard absolument noir et terrifiant. Nia garda la tête haute et le regard sévère. Dans le regard du Commandant une décision se profilait à l'horizon et ce sera la mort son ultime verdict.

_ L'exile est impossible Nia, tu le sais, ça ne saurait pour toi qu'une autre façon de te permettre de reconstruire ta nation avec les hommes qui te sont toujours fidèles et revenir encore me défier. J'offre l'asile à tous les repentis, les autres seront bannis plus loin que les terres gelées, je les condamne à mort…et… Je banni la Nation des Glaces de la Coalition. Dit-elle bien fort. Et toi, Nia, tu ne verras pas l'aube du prochain jour. Ton combat prend fin aujourd'hui, et la guerre prend fin avec ta chute.

Le Commandant Lexa approcha du pilori, elle retraça ses peintures de guerre sur son visage avec le sang coagulé de la lame de son épée. Elle ne quitta pas Nia des yeux, elle pointa la lame sur son cœur, la Reine ne supplia pas, elle resta digne jusqu'au bout. Jamais de rédemption ne serait possible pour cette femme terrible née dans la glace, élevée par un père monstrueux, jamais rien ne lui ferra admettre la paix et l'autorité suprême de Lexa. Elle porta son regard vers Roan, le fils de Nia, qu'elle avait repéré parmi les hommes blessés et enchainés au pied de la tour. Il baissa les yeux et la laissa faire, lui allait se repentir. A côté de lui, Ontari, l'enfant au sang d'ébène que Nia voulait mettre sur le trône, sa petite protégée, plus aimée que son propre fils, elle se débattait, elle hurlait alors que sa Reine allait mourir. Elle ne se repentirait pas, et périrait sous la lame d'Indra quelque minutes plus tard.

La Reine devait mourir aujourd'hui pour assurer le retour de plus beaux jours, elle et tous ceux qui aimeraient la venger. Lexa porta le coup fatal rapidement, en plein cœur. Elle plongea la lame dans sa poitrine, Nia ne hurla pas, son regard ne vacilla même pas, elle était la dureté incarnée, elle fut la Reine des Glaces jusqu'à son dernier souffle.

Puis sa tête retomba lourdement, plus aucun mouvement, Nia, la Reine des Glaces était morte.

Les pavés imbibés de sang frais, les corps encore chauds entassés dans les coins, les râles de ceux qui étaient blessés, toute la ville était entre le deuil et la joie. On s'affairait partout à déblayer les débris, éteindre les feux et soigner les blessures. Au loin, en bordure de la ville, on entendait les dernières détonations, on exécutait les ennemis incapables de se convertir.

Bellamy arriva en trombe sur le pavé de la grande place, il contourna plusieurs gardes pour atteindre le Commandant qui venait tout juste de mettre fin à la vie de la Reine.

_ Lexa ? où est Clarke ? Demanda-t-il avec une panique non dissimulée.

Lexa sembla défaillir, elle ne l'avait pas oublié, bien au contraire, elle pensait sans doute qu'elle avait déjà rallier la ville et retrouver les membres de son peuple. Elle balaya la foule des yeux, près de l'entrée de la Tour, elle vit Kane et d'autres Arkadiens mais pas de chevelure blond cendré légérement bouclé. Elle paniqua intérieurement, elle s'empara du talkie accroché à la ceinture de Bellamy et s'acharna sur les fréquences pour trouver celle de Clarke. Mais rien, que des grésillements sortaient de l'appareil.

Son cœur s'effondra littéralement, elle resta debout alors que ses jambes ne la portaient plus. Elle allait tomber dans le chaos le plus sombre à l'idée de l'avoir perdu.

_ Bellamy ? Elle a réussi à te joindre ? Dis-moi qu'elle a réussi ?

_ Oui je l'ai eu au talkie, on savait que vous arriviez mais …

_ Mais quoi ?! Bellamy ? Où est-elle ?!

_ Je ne sais pas où elle était, ni ce qu'il lui est arrivé après lui avoir parlé…

Lexa allait perdre pied. Tous ses doutes refaisaient surface comme un flot de vagues coupables qui la submergeait. Elle les sentait les unes après les autres, elle sentait leurs poids s'abattre sur ses épaules et la fragiliser coups après coups jusqu'à ce qu'elle s'effondre. Elle cherchait l'espoir dans la foule mais elle voyait trouble, elle se sentait partir dans une rage folle de tristesse qu'elle ne pourrait bientôt plus contrôler.

Et puis soudain, sortit de nulle part, traversant la foule, Clarke apparut, couverte de terre et de sang, presque méconnaissable.

Lexa stoppa son élan à temps, tout son corps souhaitait courir la rejoindre et la serrer dans ses bras.

Aux côtés de Clarke, Logos avançait en boitillant, il était dans un sale état et plusieurs soldats vinrent à sa rencontre pour l'aider à se tenir debout et pour libérer Clarke de cette charge. Clarke lui sourit avant qu'il ne s'éloigne.

Lexa l'inspecta, inquiète : elle tenait debout, elle avait un léger sourire aux lèvres. Elle avait une envie folle de l'enlacer et de l'embrasser mais un seul regard entre elles suffisait à se transmettre tout le bonheur de se revoir vivantes. Le moment n'était pas aux démonstrations publiques, et Lexa fut interpellée par un de ses Capitaines d'arme qui l'informait des prochaines marches à suivre. Elle le fit partir et reporta son regard vers Clarke, elle lui lança un franc sourire sans faire plus attention à toute la foule autour d'elle. Elle regarda le sang sur elle mais Clarke lui signifia en silence que ce n'était pas le sien.

_ Merci Clarke Griffin, au nom de tous, merci. Dit Lexa haut et fort.

Elle inclina la tête puis tout l'assistance mit un genou à terre devant Clarke Griffin, qui ne put s'empêcher de presque rougir tout en restant digne et consciente de la tragédie qui s'était joué ici et des centaines de morts qui jonchaient les pavés en bordures de la ville.

Clarke se rapprocha de Lexa en regardant le corps inerte de Nia.

_ Alors ça y est. Elle est morte. Nous avons gagné ?

_ Oui Clarke, nous avons gagné, grâce à toi les défenses de Polis n'ont pas faibli.

_ Dieu Merci.

_ Clarke tu vas bien ? Demanda Lexa en chuchotant tout bas.

_ Ouais ça va. Et toi, tu es blessée ?

_ Ne t'inquiète pas, je n'ai rien, ou si peu que je survivrais.

Lexa était si près de Clarke que cette dernière avait une envie irrésistible de l'embrasser.

_ Clarke ?

_ Oui ?

_ C'est bon que tu sois là. Chuchota Lexa avant de laisser ses lèvres effleurer sa joue le plus discrètement possible mais le plus convaincant possible.

Puis elle s'esquiva avec Indra et ses hommes qui l'attendaient déjà.

Bellamy, Octavia, Harper et Kane se précipitèrent vers Clarke pour lui offrir appuis et réconfort, pour la félicité de leur victoire, pour en savoir plus sur son périple. Kane se précipita dans la Tour, pour envoyer un messager à Arkadia, prévenir Abby que sa fille était en vie. Hamer et Hemlet furent présentés et toute la ville semblait revivre, ayant échappé à un sombre destin, ayant vaincu la puissante armée de Nia, ayant belle et bien obtenu la victoire avant la fin du jour.

Un peu plus tard, tout en haut de la tour, le Commandant retrouvait son trône et son pouvoir. Accueillit dans un silence solennel par tous ses Capitaines d'Arme, ses Généraux, les Chefs de Clans, Indra, Titus, Kane, Octavia et Bellamy et, bien évidemment, ses ambassadeurs, Clarke, Hamer et Hemlet ainsi que Bia et une foule de gens du peuple entassé dans la pièce. Tous s'inclinaient au moment où elle se posait lascivement et fièrement sur son trône.

Elle porta un regard souverain à toute l'assistance, elle ne sentait plus les doutes et les trahisons dans les yeux des chefs de clans, plus que de l'admiration et du dévouement. Elle était plus respectée aujourd'hui, après cette victoire face à la Reine des Glaces, qu'elle ne l'avait été auparavant et pourtant elle ne se sentait pas différence, pas plus puissante, au contraire, elle se sentait plus humaine. Elle pouvait enfin songer à lâcher prise, la paix allait s'installer, la Coalition allait perdurer.

Après un long moment de silence, elle prit la parole.

_ Peuple de la Terre, j'ai le plaisir de vous annonce ce soir, après cette bataille que l'on aura douloureusement gagnée, que La Nation des glaces est défaite, et la Coalition accueille à sa place le Peuple des Montagnes du Nord.

Elle fit signe aux Princes de se lever.

_ J'offre solennellement une place au sein de cette institution au Peuple du Nord. Les Princes Hamer et Hemlet, fils du Roi Semos, Roi de la Montagne, sont les nouveaux Ambassadeurs de ce peuple riche de culture, de force et d'innovation. La Cité ouvrira ses portes aux voyageurs, les routes du Nord seront de nouveau praticables et sûres, et en retour ils seront les bienvenus à la Capitale. Je veux instaurer un nouvel âge de paix et de liberté, je veux penser à la survie de toute l'espèce humain et pas seulement de mon clan. Je veux voir un avenir meilleur dans notre monde désolé et en ruine.

Les mots du Commandant résonnaient dans la grande salle, chacun de ses mots résonnaient dans le cœur de ceux qui avaient combattu et chacun lui vouait dorénavant une fidélité sans borne. Clarke retenait son large sourire, elle était émue d'avoir survécu, elle était émue d'avoir dû voyager aux confins du monde pour pouvoir rencontrer la véritable Lexa. Elle se sentait privilégiée parmi la foule, elle se sentait heureuse de partager ce secret avec elle. Elle la regardait, le regard aimant, sans fuite, avec fascination et délice.

Bellamy regardait Clarke qui regardait Lexa.

Ce regard ne pouvait plus tromper personne, ses doutes étaient en train de lui sauter à la figure, il y avait quelque chose de changer en Clarke, en bien, en meilleur, comme une nouvelle assurance, une nouvelle aura, comme une force inédite émanant d'elle. Il ne pouvait plus se le cacher, cette meilleure facette de Clarke, c'était grâce à Lexa. Il s'avouait silencieusement vaincu et continua d'écouter le discours du Commandant, qu'il n'avait jamais vraiment aimé mais dont il reconnaissait les qualités de chef de guerre. Asticoté par sa sœur, Octavia, debout à ses côtés, il cessa de regarder Clarke, il cessa et abdiqua.

Lexa mit fin à cette consécration après avoir fait entrer officiellement Hamer et Hemlet dans la Coalition en tant que représentant de leur père, le Roi Semos. Elle remercia solennellement les jeunes princes pour leur entrée en guerre à ses côtés. Elle fit reconnaitre à tous les autres clans, que leur armée avait été la clef de leur victoire. Elle mit fin au anciennes haines inter-clans.

Elle fit régner la paix sur Polis, et dans les rues, les crieurs annonçaient la nouvelle. Le peuple des arbres et le peuple de la Montagne, ainsi que les soldats des clans voisins, se mêlaient en franches convivialité, partageant des rires et du vin autour des feu de joie et des buffets improvisés.

Puis la salle du trône se vida lentement, les invités allaient en direction de la salle de gala, pour participer aux festivités et au banquet. Encore une fois, Lexa et Clarke ne purent s'approcher de trop près. Titus étant sans cesse sur le dos de Heda, lui quémandant encore toutes les informations sur son voyage, les détails de son alliance et ses rapports avec le Roi Semos et Clarke était pris en otage par les soldats Arkadiens, la portant en triomphe dans les couloirs de la Tour pour ensuite lui offrir des coupes d'alcool en riant et en écoutant ses récits sur les grandes montagnes du Nord et la neige à perte de vue.

Lexa la perdit de vue à l'entrée de la salle, elle reporta son attention sur Titus, elle écouta les derniers rapports de ses hommes sur la situation des dégâts sur la ville, elle ordonna l'évacuation de certaines zones sinistrées, elle ordonna la mise en terre des corps dans une vallée des fosses, elle s'assura que les blessés reçoivent bien des soins et que tout le monde soit logé cette nuit dans des baraquements, puis elle prit congés. Elle ne cessait de penser à Clarke, elle ne cessait de penser à l'instant où elle pourrait enfin la retrouver.

Lexa, Commandant de tous les clans des territoires connus de cette région de La Terre, regardait la vue depuis le haut de l'immense tour de la Capitale, Polis. Son regard, plongé vers l'horizon, était noir et sur son visage, comme à l'accoutumé, aucune émotion, aucun tic, aucun signe d'aucune sorte. Elle attendait simplement que le soleil se couche. Elle attendait, résolument calme, pourtant tout son être bouillonnait d'impatience. Elle laissa son esprit remonter le cours du temps. Elle laissa l'empreinte des douleurs et des souvenirs lui glisser dessus, elle les laissa la traverser de part en part acceptant enfin ce qu'elle était et ce qu'elle avait vécu. Le regard perdu au loin, Heda repensa aux jours qui venaient de s'écouler.

La Grande Guerre avait été gagné, Polis était libre, la Coalition était sauve. Le peuple des Montagnes avait remplacé la Nation des Glaces au sein de sa grande institution, cette dernière alliance terrestre, ce dernier espoir. Le Peuple du Ciel était devenu le 13ème clan et ça ne saurait plus jamais remis en question. Plus aucun clan ne la contredisait, plus aucun clan ne doutait d'elle et de ses idéaux.

Elle avait ramené la paix dans un monde depuis bien trop longtemps en guerre et son souvenir s'arrêta là, ses pensées furent stoppées.

Elle reprit conscience avec le grincement de la porte d'entrée de sa suite impériale. Elle se détourna de l'horizon et quitta la terrasse. Sur son visage, ses traits se transformaient, l'ange terrible, le Commandant Heda semblait changer de figure, comme un masque qu'elle aurait plaisir à retirer. Un sourire s'esquissa puis s'afficha franchement sur son si joli visage, ses yeux verts profonds devenaient étincelants comme des joyaux précieux, son cœur, au rythme si régulier d'ordinaire, s'emballait soudainement et furieusement.

La Fille du Ciel venait enfin la rejoindre. Clarke Griffin, l'Ambassadeur du 13ème clan, venait d'échapper aux festivités, elle venait enfin la retrouver en toute intimité. En toute discrétion, à la lueur des chandelles, sans plus que leur peuple n'ait besoin d'elles avant le petit matin, il était temps pour elles de fêter leur propre victoire sur l'adversité, sur la vie, car elles avaient réussi leur pari, elles avaient réussi à survivre et à revenir.

F.I.N

En haut de la tour, à l'abri des regards, à l'abri de la foule en fête, à l'abri du peuple en joie hurlant leur bonheur dans les rues de Polis, Lexa prit la main de Clarke et la posa sur son cœur.

_ Nous avons réussis.

_ Tu en as douté ?

_ Jamais.

_ Ton peuple est libre et vivant.

_ Notre peuple Clarke, notre peuple. Répéta Lexa.

Clarke sourit largement puis son regard se fit plus profond, plus sérieux, mais un brin malicieux aussi.

Elle déplaça ses mains sur ses hanches, elle colla son corps au sien et l'embrassa lentement. Lexa se recula et se mordit la lèvre, comme pour faire durer l'instant, avant de soulever Clarke du sol et de l'emporter vers un lieu plus intime. Entourées de chandelles aux flammes chancelantes, emportées par le léger vent chaud venu du balcon, le souvenir de ses jours glacials semblait loin à présent mais la chaleur entre elles, ne cessait de flamber aux creux de leurs reins comme c'était le cas au cœur de la montagne.

Trop heureuse d'en avoir fini avec la guerre, trop enjouées d'être rentrées à la Capitale victorieuses, elles savouraient cette délicieuse nuit, la première d'une longue série, entre douceur et passion ardente.

Leurs deux corps se connaissant maintenant, elles n'avaient plus besoin de précaution, elles n'avaient plus peur d'entreprendre quoique soit l'une envers l'autre, elles avaient appris à s'aimer et ne songeaient qu'à se perfectionner. Les jambes entrelacées, les mains jointes, les doigts entremêlés et les lèvres scellées, elles s'aimaient sans plus se soucier du reste du Monde pour qui elles avaient déjà tant fait.

Pour la première fois, sans couperet au-dessus de leur tête, sans angoisse mortelle, sans doute perturbants, ni guerre arrivant à grands pas, juste ensemble, elles sont aux anges dans la pâleur d'un jour sanglant qui s'achève. Leurs caresses débordantes de douceur, leurs baisers ardents comme les flammes des buchers qui brûlent sur les places de la Capitale. Elles s'aiment enfin l'esprit plus libre, le cœur plus léger, elles s'embrasent d'une nouvelle liberté incandescente, comme la promesse que l'avenir ressemblera à cette nuit, chaude, généreuse et pleine d'espoir.

A bout de souffle, Clarke capitula et s'étala sur la couche de draps en désordre. Le corps à l'abandon et la respiration lourde, elle souriait les yeux fermés, le cœur battant à toute rompre. Lexa se pencha sur elle, et déposa ses lèvres au hasard sur sa peau.

_ Tu penses à quoi ? Demanda Lexa.

_ A toi. Sourit Clarke

_ Non sérieusement.

_ Hm… je me demandais combien de temps ça allait durer.

_ Quoi donc ?

_ Le calme, la paix.

Lexa se redressa sur ses coudes pour la regarder. Clarke avait senti son mouvement se résigna à ouvrir les yeux pour lui faire face.

_ Eh bien oui, depuis toujours, j'ai l'impression que ma vie est simplement une succession de catastrophes. Je me demande juste quand sera prochaine.

_ Clarke je t'interdit de penser à ça maintenant, et je t'interdis de penser que ta vie est ainsi. En allant à la Montagne du Nord, tu as fait un pèlerinage, tu as trouvé la force en toi de te battre, de survivre et de tout changer. Je veux que tu comprennes que sans toi, je n'aurais rien accompli du tout. Et je veux que tu comprennes que le prochain danger est loin, très loin. Crois-moi.

_ Tu en ais sûr ?

_ Je te le promets. La Coalition est stable dorénavant et je ne laisserais plus personne la mettre en doute.

_ Mon expérience m'a appris qu'il y toujours des ennemis quelques part.

_ Et bien peut-être, mais pour le moment … ce n'est pas des potentiels ennemis dont tu devrais te méfier… mais de moi. Répondit Lexa avec un large sourire sur les lèvres qui finit par achever Clarke à coups de soupirs exaltés.

Elles s'endormirent l'une contre l'autre, au petit jour, se cachant des rayons du soleil sous les draps froissés, le sourire aux lèvres et rêvant à demain, rêvant à d'autres nuits comme celle-ci, rêvant à la vie qui les attendait.

.F.I.N.