Acte III : Complication

(Six mois plus tard, mer d'Izoold)

Rien. Ce mot avait la sonorité du désespoir. Rien, absence, errance... Ils ne trouvaient rien, ni indices, ni pistes. Rien, sauf un an et demi de voyages. Ils avaient retourné chaque cailloux dans le continent de Palmacosta, et dans les environs d'Asgard et d'Hima, Kratos était même allé seul jusqu'à Luin et était revenu les mains vides. Ils étaient allés sur l'île des Minouz, et sur chaque îlot. Rien.

Et maintenant, il se dirigeaient à nouveau vers Izoold pour ratisser le désert de Triet et la pointe d'Isélia.

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Anna s'était accoudée au bastingage, pensive. Le cargo sur lequel ils voyageaient était plein d'agitation à laquelle elle se sentait extérieure. Elle étouffait dans sa cabine, et le pont était trop petit pour elle, qui était habituée à ces longues marches avec Kratos, sans fin où ils pouvaient ignorer les barrières qui bloquaient leur avancée.

Les cris, les courses dans les coursives, tout cela lui était étranger. À quoi cela leur servait-il ? Il restait deux jours de voyages, pourquoi se presser ? À quoi bon répéter les mêmes anecdotes, les mêmes discours ? Un geste, une mimique révélait toujours bien plus que leurs paroles de vents. Elle le comprenait maintenant, après le temps passé auprès de Kratos, dans ce silence qui estompait toutes les paroles superflues et les masques qu'on se posait consciemment.

Un sourire monta sur ses lèvres. Voilà qu'elle commençait à penser comme son sauveur ! Elle avait beau toujours apprécier l'agitation d'une ville, les appels et les rires, les plaisanteries, les marchandages, les discussions des aubergistes et les ragots qu'ils murmuraient avec un clin d'œil en baissant la voix, son plaisir était de courte durée. Là, entre la semaine en mer et l'activité intense de Palmacosta, elle rêvait à nouveau de partir avec Kratos et savourer le silence entre eux. Et puis, son sauveur était toujours plus approchable sur la route que le soir à l'auberge.

La jeune femme soupira. Oui, cela avait beau faire plus d'un an qu'elle voyageait avec Kratos, elle n'arrivait toujours pas à percer les défenses dont il s'entourait. Les informations qu'elle avait glané étaient celle du jour où il lui avait révélé ses ailes. Et il avait laissé échapper quelques autres allusions trop cryptiques pour qu'elle ne les comprenne. Ce n'était pas parce qu'il ne lui faisait pas confiance, Anna le savait, c'était plus parce qu'il estimait qu'elle n'avait pas besoin d'en savoir plus, et probablement, elle serait en danger si elle en savait trop.

Cela n'avait rien empêché, songea la jeune femme avec une pointe de mélancolie. Ni sa fascination pour son aura mystérieuse, ses gestes et ses intentions qui frisaient parfois le paradoxe, ni son attirance, ni la révélation qui l'avait frappé un beau jour : elle l'aimait.

C'était stupide et sans espoir, Anna le savait. Ils n'étaient pas du même monde. Et son sauveur avait été clair : il ne l'aidait pas par bonté de cœur. Et il était un Ange, il était immortel, il avait vécut plus de quatre mille ans, alors qu'elle... Elle était une simple humaine qui n'avait que peu de chance de survie, dont l'espoir de vivre s'amenuisait de jours en jours...

D'un geste machinal, elle agrippa le cristal de sa main gauche, dont la couleur virait lentement mais sûrement vers le rouge. Sa main se crispa sur la bille, ses ongles griffèrent la peau, elle maudit les Désians tout bas pour avoir réduit sa vie à l'image d'une chandelle qu'on soufflait toujours trop tôt...

"Tu devrais éviter d'y toucher."

Anna sursauta, elle n'avait pas entendu le mercenaire s'approcher.

"Je ne l'enlèverai pas, répondit-elle.

-Je sais. Mais cela attire l'attention.

-Nous serons loin quand les rumeurs se répandront.

-Ce n'est pas une raison.

-Je sais, soupira Anna.

-Quelque chose ne va pas ?, demanda Kratos."

Il ne reconnaissait pas l'expression amère qui faisait son chemin sur la face d'Anna. Celle-ci n'osa pas se confronter à son regard et se détourna vers la mer. Enfin, les yeux fermés, elle finit par murmurer :

"C'est en train de me dévorer... Je le sens, Kratos. C'est un compte à rebours, sauf que je ne sais pas quand il se terminera... C'est pire que dans ces cauchemars où je suis à nouveau dans la ferme."

Sa voix tremblait légèrement.

"Nous trouverons une solution, tenta maladroitement Kratos. Il reste des nains ici, quelque part.

-Où ? Où est-ce qu'il y en a ? Pourquoi n'en a-t-on pas trouvé un ? S'ils sont aussi rares que tu le dis, alors pourquoi personne n'en parle ? Seuls les nains peuvent graver le serti ! Il n'y a pas d'autres moyens !"

D'un geste rageur, Anna essuya les larmes qui s'amassaient dans ses yeux.

"Je suis désolée, fit-elle. Je me suis... emportée."

Kratos lui lança un regard perçant.

"Pourquoi t'excuser ? C'est ta vie qui est en jeu."

Elle secoua la tête avec force en signe de dénégation.

"Si j'ai peur, je me soumet aux Désians

-Pourquoi ?

-Kvar... voulait me briser. Il veut me voir paniquer, m'effondrer, le supplier de me tuer, à ses pieds. Il veut me voir me perdre dans de faux espoirs et désespérer en découvrant qu'ils étaient des rêves de vents. Je ne lui donnerai jamais ce plaisir. Jamais !"

La jeune femme sursauta en sentant la main de Kratos sur son épaule. L'angoisse qui l'avait saisie se calma un peu, et le mercenaire sentait son dos trembler.

"Je suis pathétique, n'est-ce pas ?, chuchota-t-elle d'une voix vacillante.

-Non.

-Ne mens pas. Cela ne te ressemble pas.

-Je ne mens pas. Tu es forte. Plus forte que n'importe quel Désian, plus forte que moi...

-Plus forte que toi ?, le coupa Anna . Comment une simple humaine pourrait te surpasser ?"

Il n'y eut pas de réponse à sa question sceptique.

"Tu vois ?"

Anna voulu se détourner de lui, cacher ses larmes dans sa cabine mais la main du Séraphin la maintenait sur place.

"Ne crois pas que quelqu'un est fort parce qu'il sait se battre ou parce qu'il ne montre aucune émotion. Ce n'est qu'un leurre. Un mensonge, parce qu'il a tué ces sensations pour continuer à vivre au lieu de les accepter. Toi, tu arrives encore à... être humaine malgré tout ce que tu as vécu. Tu sais encore rire, pleurer, à te battre contre cette exsphère... D'autres que toi se seraient effondrés depuis longtemps."

Anna était incapable de bouger en écoutant sa déclaration. L'émotion lui serait la gorge et elle ne savait pas quoi lui répondre. La main sur son épaule était fraîche, la poigne forte. Solide. Si solide. Que ferait-elle quand il repartirait ?

Mais pour le moment, il était là, et elle voulait profiter encore de sa solidité. D'autres qu'elles se seraient probablement tournées vers lui pour chercher refuge sans ses bras pour pleurer. Anna resta debout, lui tournant le dos, les larmes voulant librement sur ses joues. Quand elle réalisa qu'elle pleurait encore, un rire lui échappa, fragile et brisé.

"Qu'y a-t-il ?

-Je suis devenue bien pleurnicharde, on dirait. Il ne faut presque rien pour que je devienne un éponge."

Elle calma les derniers sanglots dans sa gorge. La poigne solide de son sauveur disparut, elle essuya ses larmes et osa se confronter à son regard minéral, un grand sourire, un peu forcé, posé sur ses lèvres.

"Merci, fit-elle avant de bafouiller : Sans toi, je n'aurai pas pu tenir."

La jeune femme s'éloigna à toute vitesse, les joues en feu, se traitant d'idiote. Elle ne venait quand même pas de se déclarer !

Avec un soupir, elle coula un regard dans sa direction. Il semblait décontenancé par son attitude. Évidement.

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(deux jours plus tard, dans les environs d'Izoold)

Une fois descendus du bateau, Anna et Kratos ne s'étaient pas attardés à Izoold. Noïshe avait retrouvé avec joie la terre ferme et avec moins de plaisir les fontes qui contenaient leur quelques possession et leur vivres. Les deux voyageurs ne parlaient guère; savourant le silence où leur pensées pouvaient s'échapper là où ils le voulaient.

Celles d'Anna revenaient sans cesse sur l'évidence qui l'avait frappée : Kratos n'allait pas rester à ses cotés toute sa vie. Quoiqu'il arrive, nain ou pas, leur temps ensemble allait s'achever. Il repartirait de là où il venait, et elle... retournerait chez elle. Mais serait-elle capable là-bas de vivre une vie sédentaire ? Ne repartirait-elle pas en voyage, soit pour cacher le déclin de son corps dû à l'esxphère, soit parce qu'elle ne supporterait probablement pas la monotonie étouffante d'une vie rangée, trop différente de la monotonie d'un voyage. Mais, dans chaque cas, elle se retrouverait à voyager seule... Avec les Désians, ce serait dangereux. Son sauveur ne serait plus là...

"Kratos ?, demanda-t-elle sur une impulsion."

Le Séraphin ne répondit rien, mais elle savait qu'il l'écoutait, il avait tourné légèrement la tête vers elle.

"Est-ce que ce serait possible... que tu m'apprennes... à me servir d'une épée ?"

Cette fois, il s'arrêta et la dévisagea avec surprise. Anna s'attendait à entendre une réplique offensée semblable à 'Ne suis-je pas capable de te protéger ?', elle entendit simplement :

"Pourquoi ?

-Hé bien..., Anna hésita peu encline à révéler le raisonnement qui l'avait menée à cette demande. J'étais en train de me dire que ce serait... utile... si je pouvais me défendre seule, tu sais, pour ne dépendre de personne.

-Pourquoi si soudainement ?

-Je ne sais pas trop... Je me demandais ce que j'allais faire quand tout se terminerait."

Elle hésita encore devant les mots qui défilaient dans son esprit, dont elle n'avait pas pris conscience mais qui sonnaient vrais.

"Je ne veux plus dépendre de quelqu'un. Je veux pouvoir me protéger et aider les gens qui me sont chers. Je ne veux plus me sentir aussi impuissante, quand je vois une ferme et que je me souviens de ceux qui y sont enfermés sans une chance de sortie... Je ne veux plus me sentir impuissante quand je rencontre des Désians et...

-L'épée ne te donnera qu'une sensation de puissance, la coupa Kratos.

-Pourquoi ?

-Ce n'est qu'un instrument de mort. Quand tu crois te défendre, la lame attaque sans se soucier de tes intentions et se couvre facilement de sang.

-Kratos...

-Il m'a fallu des années pour réaliser cela. Encore plus de temps pour arriver à travailler mes gestes pour qu'ils ne dépassent pas ma volonté... Et même avec cela, je sais qu'un épéiste seul ne peut changer le monde."

Anna sentit son cœur se serrer. Pourquoi se sentir si touchée ? À cause de son refus ? De ses explications ? Parce qu'elle avait follement imaginé, un instant, qu'en apprenant l'épée avec lui, elle garderait toujours un souvenir de lui ? Parce qu'il lui refusait son aide ?

"Je vois, murmura-t-elle. Enfin, je crois."

Elle ne vit pas le soupir de son sauveur.

"Détrompe-toi. Seuls ceux qui ont tué peuvent comprendre entièrement mes mots... Et personne ne mérite d'avoir du sang sur les mains."

Ce fut au tour d'Anna de lui lancer un regard curieux.

"Et toi ?, interrogea-t-elle."

Elle ne reçut aucune réponse, sauf un gémissement de Noïshe. Kratos lui tournait le dos et elle ne pouvait deviner son expression. Ses paroles sonnaient aussi torturée que son 'Je ne suis pas un ange' d'il y a six mois.

Il n'échangèrent pas plus ce jour-là.

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"Elle n'aurait pas du parler de cela, vieux camarade."

La nuit était complète, Anna dormait, et Kratos venait de briser le silence. Noïshe quitta sa place contre la jeune femme et vint auprès de son maître en poussant un petit gémissement.

"Elle a le pouvoir de rester au dessus de toute cette mort... Pourquoi désirer le pouvoir de tuer ?"

Il reçut un coup de museau dans l'épaule.

"Elle est trop jeune, je suppose..."

Un autre coup de museau, cette fois un peu plus fort. Kratos haussa un sourcil surpris.

"Tu trouves que je me trompe ?"

Noïshe remua la queue en signe d'assentiment, le Séraphin le gratta entre les oreilles. Peut-être... Anna l'avait déjà surpris, non ? Et puis, serait-il capable de lui apprendre ce que des millénaires d'expérience lui avait apporter... Pourquoi pas ? Ce serait comme au temps où il enseignait à Mithos le maniement d'une lame... Si Martel n'était pas morte, le Demi-Elfe aurait fait un très bon épéiste... Probablement. Et Anna était plus force que ce qu'il ne voulait voir.

Une onde de Mana coupa ses réflexions. Kratos se leva, la main sur la poignée de Flamberge. Quelqu'un se téléportait. Il se dirigea vers la source de l'énergie qu'il avait sentit, et se détendit – à peine.

"Yuan ?

-Kratos. Cela faisait longtemps."

Les retrouvailles étaient glaçantes, songea Kratos avec recul, avant de se rendre compte qu'il y avait bien mille ans que leurs rapport étaient aussi distants. Pourquoi ne le voir que maintenant ? Anna, évidement. Qui d'autre aurait pu lui permettre d'évoluer ?

"Mithos est furieux, annonça le Demi-Elfe. Tu devrais rentrer à Welgaïa.

-Continuer cette folie ?

-Quel autre choix y a-t-il ?

-Réaliser le souhait de Martel.

-Comment ?

-Je l'ignore.

-Tu vois ! Nous avons juré de le suivre. Il ne supportera pas que l'un d'entre nous ne s'éloigne de lui.

-Je ne peux pas rentrer.

-Il te poursuivra jusqu'à ce que tu reviennes à lui.

-Il ne peut pas faire quand chose.

-Tu es prêt à prendre ce risque pour... cette humaine ? Pitoyable.

-Anna est simplement à l'origine... Elle m'a juste montré que tout n'est pas perdu pour les hommes."

Sa première phrase sonnait faux et Yuan ne s'y trompa pas :

"Si cette fille disparaît, tu rentreras. Mithos le sait. Crois-moi, il se fera un plaisir de vous séparer, de lui révéler la vérité sur ce que tu est. Tu ne lui as rien dit, n'est-ce pas ? Et puis, il la mettra au bons soins de Kvar, tu la regarderas mourir, ou tu devras la tuer pour lui éviter ce destin."

Kratos ne répondit rien, mais le Demi-Elfe le connaissait depuis trop longtemps pour croire à son apparente indifférence.

"Tu devrais la quitter, continua-t-il. Ce sera moins douloureux pour vous deux. Votre histoire est déjà condamnée.

-Il n'y a rien entre nous.

-Tu t'aveugles. Tu l'aimes. Et tu deviens faible, Kratos.

-Es-tu là sur ordre de Mithos pour me ramener ?, gronda le mercenaire."

Il y eu un silence tendu, puis Yuan se détourna brusquement.

"Un nain vit près d'Isélia. Mithos rassemble ses forces pour vous empêcher de prendre contact. N'oublies pas mon avertissement : tu le regretteras.

-Yuan...

-Je ne suis pas aveugle non plus. Mais j'ai fait d'autres choix. Au revoir.

-Au revoir... mon ami."

Déjà, l'onde de Mana emportait l'autre Séraphin au loin, et la nuit regagnait son calme apparent tandis que le mercenaire revenait vers le campement, plongé dans ses pensées.

"Kratos ?"

Il sursauta, pour s'apercevoir qu'Anna était éveillée et le fixait avec une pointe d'inquiètude.

"J'ai cru entendre quelque chose, mentit-il. Rendors-toi."

Elle continuait de le fixer avec attention.

"Quelque chose ne va pas ?, demanda-t-elle.

-Ce n'est rien. Dors, demain la route sera longue."

La jeune femme finit par suivre son conseil, et bientôt, son souffle devint profond et régulier, son visage se détendit. Et Kratos se replongea dans ses pensées.

Pourquoi n'avait-il pas encore songé à leur séparation ? Pourquoi les mots de Yuan le touchaient-ils tellement ? Il savait bien, pourtant que sa route se séparerait avec celle d'Anna, un jour ou l'autre... Il avait pourtant refusé de l'envisager...

Mais Yuan avait raison. Un jour, il ne la verrait plus jamais. Plus jamais il ne contemplerait son sourire, ses yeux vifs, plus jamais il ne l'entendrait prononcer son nom. Plus jamais. Jamais...

Le Séraphin ferma brutalement les paupières, comme si cela dissiperait la sensation de vide au creux de son ventre, rouvrit les yeux pour se perdre dans la contemplation du visage serein de la jeune femme. Un rire amer lui serrait la gorge. Était-ce donc possible ?Il avait passé quatre mille ans à oublier qu'il était homme, et sa nature lui revenait brutalement ? Lui, l'épitome de la froideur et de l'indifférence, lui, il pouvait aimer ?

Pourquoi pas, après tout. Anna lui offrait un autre chemin... Il ne tenait qu'à lui de le suivre. Peut-être arriverait-il à arrêter Mithos, à aider les deux mondes ? Depuis la mort de Martel, il avait cessé de chercher une solution, peut-être était-il temps maintenant de se racheter, de trouver un autre but...

Mais qu'imaginait-il ? Anna ne savait pas qui il était vraiment, il valait même mieux qu'elle ne l'apprenne jamais... Il était à l'origine de tout ce qu'elle avait enduré, sa captivité, son exsphère, les fermes, leur fuite sans fin, le danger qui l'entourait, l'impossibilité pour elle de vivre une vie normale... Si elle savait tout, elle le maudirait, elle le haïrait...

Mais il pouvait quand même la protéger. Yuan lui avait indiqué un nain, sa route était toute tracée après tout... Il pourrait libérer Anna de ce monde dans lequel il était piégé, lui offrir la liberté de vivre comme n'importe quel humain, loin des tragédies et du sang. Oui, une fois qu'elle aurait son serti, il se rendrait à nouveau auprès de Mithos, pour la protéger, il la regarderait mûrir de loin tout en cherchant un moyen de réunifier les monde et faire germer l'arbre de Kharlan... Et si Kvar tentait de se venger... Il fallait qu'elle sache se défendre après tout. Il lui apprendrait l'épée.

Après, son cœur aurait tout le temps de geler à nouveau.