Note du 05/04/09 : Désolée du retard mais des soucis personnels m'ont bloqués. Et ça ne risque pas de s'arranger. Je note la date car je veux voir quand le dernier chapitre a été updaté. Je sens que ça va me faire peur dans quelques semaines ou quelques mois.

Disclaimer : Stargate Atlantis et les personnages étaient la propriété des créateurs de la série.

- 3 -

John eut du mal à s'endormir. Dès qu'il fermait les yeux il revoyait Hunter et Rodney ensemble. Au mess, dans le jumper, dans le hangar ... Cette amitié était anormale. Un scientifique et un militaire ... Des trois ans passés sur Atlantis John n'avait pas le souvenir d'une grande amitié entre ces deux clans. Car c'était bien des clans. Les militaires d'un côté et le reste de l'autre. Le reste ? Astrophysiciens, anthropologues, botanistes, membres de l'équipe médicale ... Il se demanda où se situaient Ronon et Teyla. Comme Hunter pouvait il supporter Rodney ?

- Peut être qu'il ne l'a jamais vu à l'oeuvre dans son laboratoire. Il faudrait qu'il voit le vrai visage du tyran ...

Par dépit, John se leva et se rhabilla pour courir. Il fallait qu'il se défoule.

oOo

Deux heures plus tard il se sentait mieux. Montée et descente d'escaliers dans une zone éloignée des quartiers du personnel, retour par les pontons extérieurs ... Dehors, il s'arrêta et regarda les tours. Il était deux heures du matin et peu de pièces étaient allumées. Il repéra une pièce et d'après ses calculs c'était le laboratoire de Rodney.

Quelques minutes plus tard il se retrouva devant. Il entendit Rodney parler à quelqu'un. Son nouveau laboratoire n'avait pas de portes, de longs rideaux étaient posés le long des vitres. Par chance, une chaise était près d'une de ces vitres et elle poussait un pan de rideau permettant à John de pouvoir voir à l'intérieur. Ses deux heures de défoulement s'envolèrent à cause d'une curiosité malsaine.

- Il est encore là, ce mec ! grogna John.

Les deux amis buvaient, John n'arrivait pas à voir ce que c'était. Mais le pire ... le pire ! John n'en croyait pas ses yeux. Hunter avait le pantalon baissé aux chevilles et il était en train de le remonter.

Et le sourire de Rodney ! Et son visage ! Il avait les joues colorées. S'il était arrivé quelques minutes plus tôt John les aurait sûrement surpris à « s'amuser ». Il fallait arrêter tout ça. Il se décida à entrer dans le laboratoire.

oOo

Dès qu'il fit son apparition il vit Rodney perdre le sourire et afficher un regard hautain.

- Colonel ? Encore debout à cette heure ci ?

- Tout comme vous. Lieutenant, je vois que vous ne quittez plus McKay.

- Pourquoi ? Y a un temps limite ? Un couvre-feu ?

- Non mais c'est louche. Que faisiez vous ?

- Ca ne vous regarde pas Sheppard, s'emporta Rodney.

- On parlait du bon vieux temps en buvant de la vodka russe, répondit Hunter.

Comme Hunter soulevait la bouteille pour en boire une gorgée au goulot, John put voir un petit coffret en bois que Rodney planqua aussitôt derrière un tas de feuilles.

- Si j'apprends qu'il y a eu des soucis parce que vous étiez saouls vous allez avoir de gros problèmes, et pas qu'avec moi ! menaça John.

Rodney se leva de sa chaise et s'approcha très très près du Colonel. John pouvait sentir son haleine, elle n'empestait pas l'alcool.

- Normalement je ne devrais pas me justifier Colonel, mais vous remarquerez que la bouteille est à peine entamée. Maintenant, vous allez sortir immédiatement de mon bureau.

- D'accord, mais vous avez intérêt à être à l'heure et en forme tout à l'heure. Nous partons pour P4X269.

- Ne vous inquiétez pas, je vais très bien dormir.

John regarda Hunter puis Rodney et sortit du laboratoire. Il entendit Rodney dire à Hunter qu'il était l'heure de se coucher et qu'il le remerciait pour le cadeau.

- Qu'est ce que ce cadeau ? se demanda Sheppard.

oOo

Troublé par les évènements de la veille, John ne trouva pas le sommeil. Le lendemain, au mess, il prit un grand café serré. Il vit Rodney arriver, prendre des provisions sur son plateau, lever la tête, le voir et sourire. Etait ce un sourire de défi ou un sourire sincère ? Ca avait l'air sincère. Rodney s'avança et ... passa à côté de lui. Le scientifique alla s'asseoir quatre rangs plus loin avec l'autre militaire. John n'était plus en colère, il était résigné. S'il le voulait, il pourrait renvoyer Hunter pour déviance sexuelle, non application de la loi Don't Ask Don't Tell mais le Colonel n'avait jamais aimé cette loi. Elle était archaïque. De plus, il n'avait aucune preuve des préférences sexuelles du Lieutenant.

Après avoir observé les deux amis pendant cinq minutes, John se retourna pour finir son déjeuner. Il sursauta quand il vit qu'il n'était plus seul à table. Teyla eut du mal à cacher son sourire moqueur et Ronon se moqua carrèment de lui.

- Comment pouvez vous être militaire et ne pas avoir senti notre présence ?

- Je pense Ronon que notre cher Colonel était trop occupé à observer notre scientifique.

- Ce n'est pas drôle Teyla, maugréa John.

L'athosienne perdit son sourire au ton de son ami. Elle ressentit de la peine dans sa voix, alors elle lui attrapa la main et la serra.

- Il est peut être dans notre équipe mais il a droit d'avoir d'autres amis.

- Doucement Teyla, ce n'est pas mon ami, déclara Ronon entre deux bouchées. Ne me regardez pas comme ça, je n'ai aucun ami sur cette cité.

- Même moi ?

- Vous êtes ma coéquipière, tout comme Sheppard et McKay.

- Homme de cromagnon, dit John, reprenant le terme souvent utilisé par Rodney.

- J'aimerai bien savoir qui est cet homme ? s'emporta Ronon. Etait-ce un méchant ? Un dictateur ? Car je sens bien que c'est une insulte !

- Pardonnez moi Ronon, je ne voulais pas dire ça. Je suis fatigué.

Le Runner se calma tout de suite et regarda derrière le Colonel. Il fit un signe de la tête à Rodney et Hunter qui arrivaient à leur hauteur. John les fixa jusqu'à ce qu'ils sortent du mess. Ronon et Teyla se regardèrent, inquiets.

- John. Sentez vous qu'il y ait de l'amitié entre vous et Rodney ?

- Je ne sais pas. Comment définir l'amitié ?

- Par exemple, connaissez vous la date de son anniversaire ?

John fronça les sourcils et chercha dans sa mémoire une conversation où Rodney aurait parlé de son anniversaire. Leurs seules conversations étaient scientifiques, sportives, politiques ...

- Quel est le prénom de ses parents ? quels métiers faisaient-ils ? Est ce qu'il a des frères ou soeurs ?

- Je sais qu'il a une soeur, Jeannie (1). Vous voyez Teyla je sais quelque ... chose.

Les mots moururent dans sa gorge en voyant le regard désolé de son équipière. Il devait se rendre à l'évidence, il ne connaissait pas Rodney McKay. Teyla lui donna le coup de grâce.

- Si vous étiez amis, vous auriez su qu'hier c'était son anniversaire.

- Vous le saviez ?

- Oui, et le Lieutenant Hunter également. Le peu de temps que j'ai passé avec lui, je l'ai trouvé très gentil. John, comme on dit chez vous, mettez un peu d'eau dans votre vin, vous êtes souvent agressif avec McKay. D'accord, il n'a pas un caractère facile mais si vous faites un effort vous verrez que vous apprendrez à le connaître et que c'est quelqu'un d'adorable.

Le militaire n'en croyait pas ses oreilles, voilà que Teyla lui faisait la morale ! Mais elle n'avait pas tort. Il la remercia et se leva. En partant, il entendit Ronon se faire remonter les bretelles pour avoir dit qu'il n'avait pas d'amis. John sourit en pensant au quart d'heure d'enfer qu'il allait subir.

oOo

- Elisabeth, je peux vous parler ?

La dirigeante leva la tête et regarda son chef militaire dans l'encadrement de ... l'entrée ? Pas de la porte puisqu'elle ne faisait pas partie du décor. Elle nota pour elle même « faire mettre une porte pour mon bureau ».

- Elisabeth ?

- Oui ? Oh oui, asseyez vous John, dit elle en tentant de se concentrer.

- J'aimerai faire une demande spéciale.

- Laquelle ?

- Je veux faire du changement dans mon équipe.

Elisabeth regarda John, soupira, referma son ordinateur portable et se cala un peu plus dans son siège. Elle savait au fond d'elle même que John renverrait un jour son scientifique. Elle se prépara donc à négocier avec son chef militaire.

A suivre.

(1) Cette fic se passe avant l'arrivée de Jeannie.