Note du 11 juin 2009 : Merci à Alphy et à sa review qui m'a inspiré les paroles que dit Carson. J'avais écris ce chapitre il y a au moins deux semaines mais je n'étais pas contente des tournures de phrases. Mais bon, il faut tout de même publier. Mon cerveau est en mode « paralysie » également. J'ai du mal à aller sur l'ordi. Il me reste encore 15 jours d'arrêt maladie, peut être plus. Je tenterai d'écrire la suite bientôt.

Disclaimer : Stargate Atlantis et les personnages étaient la propriété des créateurs de la série.

- 7 -

Carson ressortit de son bureau bien énervé. Il essayait d'aider les gens, mais il se faisait rabrouer par certains. La psychologue d'Atlantis était sûrement dans une mauvaise période du mois, mais elle aurait pu faire preuve de délicatesse !

- Vous savez bien Carson que le Colonel est réfractaire à la psychologie, qu'il ne parle pas quand on l'oblige à venir en thérapie, que je suis déééébordée, imita le médecin. Et moi ? Je ne suis pas débordé ? D'accord, c'est à Sheppard de faire la démarche, mais ce n'est plus à moi de m'occuper de lui, je soigne le corps, ensuite l'esprit c'est.... Il s'arrêta de parler quand il entendit du bruit derrière le rideau de séparation (1). Colonel ? Vous êtes debout ?

- Oui. Il est temps que je sorte d'içi et que je reprenne le cours normal de ma vie. Je me suis un peu trop reposé, je me suis comporté comme un iii... un faible, un militaire doit savoir surmonter toutes les épreuves.

Le ton était dur, froid, ce qui changeait de la désinvolture qu'affichait par moment Sheppard. Carson remarqua également l'absence d'émotion sur le visage de son ami. Comme s'il avait perdu son âme et qu'il était devenu une machine.

- John ... si vous voulez parler ...

- Je vais bien Docteur Beckett, j'ai juste eu un moment de faiblesse. On ne m'y reprendra plus, murmura t'il pour lui même. Si vous n'êtes pas d'accord pour que je sorte ...

- Non, non, vous êtes en pleine forme.

Le Colonel vida la tablette, attrapa son livre « Guerre et Paix » et après une hésitation il jeta sur le lit un livre que Rodney lui avait apporté. Il prit congé de Carson et sortit de l'infirmerie.

oOo

La porte se referma derrière lui. Ca faisait longtemps que sa chambre n'avait pas été aérée, elle sentait le renfermé. Il ouvrit les persiennes et l'air frais du large se fit sentir. John ferma un instant les yeux et sentit l'odeur des embruns marins. L'image de deux yeux bleus et d'une fine bouche arriva dans sa tête.

- Non, pas maintenant. Plus jamais. Il faut l'oublier.

Il soupira, se passa la main dans les cheveux puis se mit une tape sur la nuque pour se punir d'avoir pensé à LUI. Il avait découvert son attirance pour le Canadien cinq jours plus tôt. Ils étaient tous les deux en train de rire à gorge déployée, Rodney lui racontant certaines histoires comme le jour où sa mère avait accueillit le copain de Jenny. Il s'appelait Phil, il se tenait dans l'encadrement de la porte quand sa mère lui avait sortit « bonjour. Vous avez la braguette ouverte » (2). Le pauvre diable s'était retourné tout rouge. Rodney aimait sa mère, quand il en parlait ses yeux brillaient, on voyait de l'amour dans son regard, il était beau quand il parlait d'elle. Ensuite, il avait raconté comment elle était morte, et John avait ressenti toute la peine de son ami, il lui ouvrait son coeur, sans aucune retenue, c'était la première fois que les deux amis parlaient autant. Toute la nuit John avait pensé à Rodney et lorsque Carson était venu le voir le lendemain matin pour lui dire qu'il pouvait sortir, John avait refusé. Il avait eu peur de ne pas retrouver la même complicité avec Rodney en dehors de l'infirmerie. Le scientifique venait le voir tous les jours, et pas d'Hunter dans les parages.

John entra dans la douche, il mit plus l'eau chaude que l'eau froide. Il fallait qu'il détende ses muscles. Sa main descendit le long de son torse, passa le nombril et arrivée au bas ventre elle remonta rapidement. John soupira encore une fois, comment allait il faire pour se laver s'il ne pouvait pas se toucher ? Il fallait qu'il se reprenne, ne pas renier ses sentiments mais les réprimer jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Il ouvrit subitement les yeux quand l'eau devint glacée. Il toucha le jet d'eau, mais celui-ci était chaud, et sa peau était rouge et chaude également. Etait-ce un frisson ? Il coupa l'eau et sortit de la douche.

Dix minutes plus tard, il alla voir Elisabeth. La dirigeante sourit en le voyant frais et dispo, prêt à reprendre le service actif. Elle lui fit signe de s'asseoir.

- Comment vous sentez vous John ?

- Bien mieux. Une bonne douche et me revoilà en forme. Je crois que j'ai un peu abusé de la situation à l'infirmerie.

- Tout le monde à droit à un repos.

- Oui, mais je suis le chef militaire et j'ai certaines ... obligations.

En disant ça, il pensa surtout aux règles d'une stupide et vieille loi américaine. Il se reconcentra sur Elisabeth qui le regardait attentivement.

- Vous êtes sûr que vous allez mieux ? Vous aviez l'air très loin dans vos pensées y a quelques secondes.

John la rassura et lui fit un sourire à la Sheppard, celui qui faisait craquer toutes les femmes, particulièrement Elisabeth. Il en jouait parfois un peu trop pour obtenir son accord. Elle allait dire quelque chose quand l'alarme de la porte retentit.

- Chuck ? demanda Weir en arrivant en courant vers le technicien.

- C'est la planète P2Z327, c'est le code du Lieutenant Hunter.

- Abaissez le bouclier. Elisabeth vit de l'inquiétude sur le visage du Colonel. Descendons voir.

Le lieutenant passa la porte en courant, il était seul. Avec ses bottes pleines de neiges, il faillit glisser, mais d'un mouvement de rein, il évita la chute. La scène aurait été comique si son visage n'avait pas eu cet air de panique.

- Il faut une équipe médicale et un équipement d'alpinisme avec des cordes, des mousquetons, des ...

Il fut interrompu par Sheppard qui l'avait pris par le col de la veste.

- Qu'est ce qui c'est passé ? Où est Rodney ?

Devant le silence du Lieutenant, John compris que c'était Rodney qui était en danger, si ce n'était pire.

- Nous marchions vers une grotte, quand la glace a cédé et Rodney est tombé dans une crevasse très profonde. Il ne répond pas à nos appels.

- Si jamais ... John ferma les yeux pour reprendre son calme. Elisabeth ! Je pars avec l'équipe de secours. Demandez un Jumper ...

- Un Jumper, non, coupa Hunter. C'est impossible de se poser sans risquer ...

- Qui vous dit que le Jumper se posera ? On le met en position au dessus de la crevasse et je descend en rappel. Lorne est un excellent pilote.

- Ok, je l'appelle, il faut vous habiller avec la tenue appropriée, je demande à Lorne de vous retrouver dans 15 minutes dans Jumper 3.

- Dites lui dans 10 minutes ! hurla John qui partait en courant.

oOo

Quand le Jumper passa la porte Lorne était aux commandes, Hunter lui indiquait la direction, John était dans le sas arrière préparant les cordages, attachant les mousquetons sous le regard de l'équipe médicale dirigée par le Docteur Thorpe, spécialiste en traumatologie. Une fois l'équipe au sol en vue, Hunter rejoignit Sheppard et s'équipa également pour une descente en rappel. John ne fit aucune protestation, il savait qu'Hunter allait venir quoiqu'il en dise.

- Nous sommes au dessus d'eux, mon Colonel. Johnson dit qu'ils n'ont toujours pas eu de contact avec le Docteur McKay.

Hunter et Sheppard se regardèrent, ils savaient tous les deux ce qui pouvait les attendre en bas.

- Attention, j'ouvre la porte arrière. Docteur, soyez prêt à descendre la civière à mon appel. Lorne, essayez de ne pas bouger le Jumper.

- Je ne vous promets rien mon Colonel, mais la chance est avec nous, le temps est beau.

John n'avait pas fait attention au temps, il ne pensait qu'à Rodney au fond de cette crevasse, blessé ou pire. D'un signe de tête, les deux militaires sautèrent et descendirent en rappel. La crevasse avait l'air d'être profonde. A mi-parcours ils s'arrêtèrent pour allumer leurs lampes frontales. John attrapa une lampe torche dans son sac et éclaira le fond de la crevasse.

- Là bas ! Je le vois.

- Lorne, déplacez vous de deux mètres sur la droite. Ils s'accrochèrent à leurs cordes le temps que le jumper se mettent dans l'axe. Stop ! C'est tout bon.

Ils descendirent rapidement les quelques mètres qui les séparaient de leur ami commun. Le canadien se trouvait sur une plateforme de glace, John prit son pouls, Rodney était inconscient mais vivant. John demanda la civière et à deux ils l'attachèrent. Doucement, Lorne fit s'élever le Jumper, emportant avec lui les deux alpinistes amateurs et la civière. Une fois à la surface, il les déposa sur la neige et attendit à quelques centimètres du sol que tout le monde monte dans le jumper.

Rodney fut pris en charge rapidement par l'équipe médicale et John s'installa à côté de Lorne.

- Major, vous êtes un pilote hors pair.

- Merci Colonel.

- Sans votre dextérité nous aurions mis des heures à descendre. Je demanderai au SGC ...

- J'ai fait mon travail Colonel, coupa Lorne.

- Un très bon travail.

John jeta un regard à l'arrière, Thorpe avait enveloppé Rodney dans une couverture chauffante. Il ne l'avait pas mis sous respirateur et n'avait pas sorti le défibrilateur, ce qui était peut être un bon signe. Hunter se tenait près de McKay et lui murmurait des choses à l'oreille. Quelle était leur relation à ces deux là ? John voulait en savoir plus et ce soir il allait interroger le Lieutenant. Soudain, il se sentit seul, terriblement seul, une boule se forma au fond de sa gorge.

« La solitude et le sentiment de ne pas être désiré sont les plus grandes pauvretés »

Mère teresa

A suivre. Révélation du passé russe au prochain chapitre.

(1) Qui a pensé à des bruits de ... plaisirs ? Je vois que certaines lèvent la main. Bravo ! Vous avez l'esprit mal tourné ! Vous avez pas honte ?

(2) C'est texto ce qu'a dit ma mère à mon ex-beau frère lors de leur première rencontre. J'adore ma mère. \o/