Note du 15 août 2009 : POV de Rodney. Merci pour vos reviews.

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Je ferme les yeux et inspire longuement, laissant l'air marin entrer dans mes poumons. Je suis bien, je suis zen, le soleil est présent mais il n'est pas brûlant. Je peux me promener sans problème sans crème solaire. Le sable est chaud sous mes pieds, il est doux, avec mes orteils je creuse un petit trou et enterre mon pied dans la fraîcheur de la sous-couche sableuse, je me baisse et en prend un peu dans ma main, il glisse entre mes doigts, jamais je n'ai connu un sable aussi agréable sur Terre. Pourtant, j'en ai fait des îles paradisiaques quand je donnais des conférences.

Un bruit derrière moi, c'est un oiseau qui s'envole, il a la tête et les ailes bleues et son ventre est blanc et orange. A une autre époque j'aurai sursauté mais là je me sens tellement bien, tellement au calme, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien. Promis, juré, je n'ai pas pris de petits cachets roses, à moins qu'on m'en ait donné à mon insu.

Je m'approche un peu plus de l'eau, elle est turquoise, claire, et ... fraîche. Je viens de tremper mes pieds. Le bruit des vagues s'échouant sur les rochers et sur la plage me berce. Je ferme encore une fois les yeux. Dieu que ça fait du bien ce petit repos.

J'évite de me rappeler dans quelles circonstances j'ai eu droit à ce repos, dès que j'essaie d'y penser un mal de tête vient jouer les troubles fêtes. Alors j'oublie, je profite du moment présent. Je retourne sur la plage et je m'assois, je prends un morceau de bâton et je dessine sur le sable. Je dessine le schéma d'un E2PZ mais bon, je dessine tout de même. Je n'ai jamais été fort pour ça, enfant mes parents ne reconnaissaient pas le lapin ou le cheval que je venais de reproduire.

Je regarde autour de moi, je ne me rappelle plus où se trouve le jumper. Qui a piloté le jumper au juste ? Comment suis je arrivé ... Aïe. Le mal de tête. Je commence à m'inquiéter sérieusement, j'ai peut être une tumeur ou un début d'anévrisme au cerveau. Ce qui me semble bizarre c'est que les douleurs commencent dès que j'essaie de me souvenir. Essayons pour voir ? Alors, Qu'est ce que j'ai mangé ce ma... Aïe aïe aïe. Ouais, pas normal.

Tout ça est trop beau pour être vrai, sûrement un coup des wraiths ou des géniis. Je suis probablement coinçé dans une machine, peut être la même qui était sur l'aurora.

- Y a quelqu'un ?

Ce paradis tropical me fait à présent aussi peur que l'enfer. Je suis seul, dans un endroit inconnu, j'aimerai avoir des réponses à mes nombreuses questions.

- Tenez le coup Rodney, nous avons besoin de vous.

Sheppard, c'est la voix de Sheppard, je regarde de partout mais je ne le vois pas. C'est comme si la voix me venait du ciel. Si je raconte au Colonel que je l'ai pris pour Dieu le père il va me faire enfermer. Où est il ? Il me fait sûrement une blague. Pourquoi me demande t'il de tenir le coup ? Il va me sauver, c'est ça.

- Sheppaaaaaard ! J'hurle mais personne ne m'entend. Riiiiiick ! Est ce que quelqu'un m'entend ?

Je dois être dans un monde virtuel, et mes amis doivent tout tenter pour me sortir de là. Le ciel s'assombrit, le vent se lève, le sable me fouette le visage, je protège mon visage avec mon t-shirt. Je respire à peine de peur d'avaler du sable.

oOo

- Qu'est ce qu'il a Carson ?

- Je ne sais pas, c'est comme s'il faisait de l'apnée du sommeil. Allez Rodney, respirez.

Le médecin lui administra par voie intra-veineuse un léger tranquilisant. Quelques secondes plus tard le canadien respira normalement et Sheppard souffla. Carson alla vers son bureau et revint avec deux infirmiers, ils débloquèrent les roues du lit et le déplacèrent.

- Qu'est ce que vous faites ? demanda John.

- Cette crise n'est pas normale, je préfère faire un IRM pour contrôler son cerveau. Vous deux restez là, je vous tiens au courant dès que j'aurai fait les examens.

Rick et John se regardèrent, l'inquiétude put se lire sur leurs visages.

oOo

La tempête s'est arrêtée, je suis allongé sur le sable, la tête me tourne, je crois que mon estomac va rendre tous les repas de la semaine passée. J'entend un bruit, comme si quelqu'un tapait contre un mur avec un marteau. Boum, boum, boum, boum, et encore des boums plus rapides. Les boums sont comme des notes, il y a par exemple cinq do puis cinq fa, ca me rappelle presque le film « Rencontre du troisième type » quand les extraterrestres jouent des notes pour rentrer en contact avec les humains (1). Peut être est-ce ça. Mes geôliers tentent de me parler ... si j'avais moins mal à la tête j'essayerai de comprendre. On verra ça plus tard.

- Pitié ! Cessez ce bruit !

Comme une réponse à ma prière le tintamarre s'arrête. Je reste allongé, j'ai besoin de repos, je vais dormir quelques minutes, je ne crains rien içi, enfin je crois ...

oOo

John se leva brusquement quand il entendit un bruit de roues, les infirmiers revinrent avec Rodney. Le visage confiant de Carson le soulagea, le médecin lui confirma qu'il n'y avait rien à l'IRM.

- J'ai dû arrêter le coma artificiel, espérons qu'il se réveille bientôt. Le Docteur Soler va prendre la suite, il se trouve au laboratoire, appelez le s'il y a le moindre problème.

- Vous allez où Carson ?

- Je dois opérer ... une urgence ... je vous confie Rodney.

- Comptez sur nous.

Une fois le médecin et les infirmiers partis, John rapprocha sa chaise du lit et posa sa main sur celle de McKay.

- Je vous laisse seul avec lui, dit Hunter. Je vais prendre une douche et me reposer un peu, appelez moi s'il y a du changement.

oOo

C'est bizarre, durant mon sommeil j'ai eu l'impression que quelqu'un me tenait la main mais en ouvrant les yeux j'ai remarqué que j'étais toujours seul sur cette plage. Je m'assois et regarde à nouveau l'océan. Ma gorge se serre, je me sens si fatigué, si seul, comme si quelqu'un me manquait. Hunter ? Ma soeur ? Je ne sais pas.

- Je suis là Rodney, je resterai là tant que vous ne vous réveillerez pas.

John Sheppard, j'entends à nouveau sa voix, un sourire se dessine sur mon visage, je suis content de l'entendre. Je crois que c'est lui qui me manque. Qu'est ce qu'il a dit ? Réveiller ? je suis endormi ou ... dans le coma ! Oui, je me rappelle de la dernière mission. La neige, le froid, une chute sans fin, une douleur effroyable lorsque mon corps touche le sol dur et glaçé. Il faut que je me concentre et que j'ouvre les yeux. Je me lève, un vortex se forme sous mes pieds, je suis aspiré dedans, je glisse ...

oOo

Bip, bip, bip, j'entends le bruit d'une machine, pas de doute je suis à l'infirmerie. J'essaie d'ouvrir les yeux mais la tête me tourne. Doucement, je dois prendre mon temps. Je sens une présence à mes côtés, quelqu'un me tiens la main et la serre un peu plus. Je respire un bon coup et ouvre plus grand les yeux. Ma vue est trouble mais je vois un sourire magnifique, un sourire soulagé, un sourire heureux. Je ne pensais pas voir autant d'émotions dans un seul sourire. Je comprends pourquoi Sheppard fait craquer autant de femmes avec cette arme de séduction. Il se lève et devant mon air inquiet il tapote ma main.

- Ne vous inquiétez pas, je vais prévenir le médecin que vous êtes réveillé et je vais aussi appeler Hunter.

En y réfléchissant, je préfère cent fois être là avec mes amis même si je souffre le martyr que d'être seul sur une île paradisiaque.

A suivre.

Je ne sais pas comment terminer ce chapitre. Pas grave. Histoire bientôt finie. Pour le choix d'une île durant le coma cela vient une nièce à mon beau père qui était plongée dans un coma artificiel et qui s'est retrouvée sur une île imaginaire durant cette période.

(1) c'est exactement à ça que je pensais pendant que j'étais dans le tube de la machine, ça m'a détressé.