Note du 27 août 2009 : demain fin de mon arrêt de travail, mais j'ai encore trois semaines de vacances. Je vais essayer d'écrire les suites de mes fics. Celle là finit aujourd'hui. Merci de l'avoir suivie et merci pour vos nombreuses reviews.
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J'entends les portes du balcon s'ouvrir, je me retourne et accueille le visiteur d'un sourire. Je suis heureux, il a eu le message et il est venu.
- Bonsoir John.
- Bonsoir McKay.
Oups, il m'appelle par mon nom pour mettre sûrement de la distance, et le ton n'est pas vraiment amical. Bien fait pour moi. Il ne bouge pas, il croise ses bras et me regarde. Il faut que je bouge mon fauteuil roulant pour être face à lui sinon je vais avoir un torticolis. Je mets les mains sur les roues pour faire pivoter le fauteuil mais une de mes roues tape contre le mur, j'ai du mal à manoeuvrer.
- Attendez, je vais vous aider, déclare John. Il se met derrière moi et bouge le fauteuil. Où voulez vous vous mettre ?
- Euh ... comme vous restiez planté devant les portes je voulais être face à vous ...
- D'accord, murmure t'il.
Je me retrouve dos à la balustrade, John s'assoit sur le banc et me regarde, attendant patiemment que je parle.
- Rick vous a dit que je voulais m'excuser ?
- Il m'a juste dit que vous vouliez me parler.
- J'ai été nul, je n'aurai jamais dû vous insulter à l'infirmerie, la souffrance m'a fait dire n'importe quoi.
- Moi ce sont vos paroles qui m'ont fait souffrir. Je suis venu TOUS les jours, négligeant mon travail pour être avec vous, et qu'est ce que j'ai reçu en retour ? des reproches.
Je baisse les yeux et observe mes mains. Je ne peux pas affronter son regard.
- Je suis désolé John. Je comprendrais si vous ne voulez plus me parler, si vous ne voulez plus que je fasse partie de votre équipe, si vous ...
- Arrête ! hurle t'il, je suis surpris par le tutoiement. Pourquoi est ce que vous ramenez tout à vous ?!? Vous n'êtes pas le centre du monde, c'est pour ça que vous faites du mal aux gens qui tentent de se rapprocher de vous. Il n'y a que vous qui comptez, vous ne voyez pas combien vos amis peuvent aussi souffrir !
- Vous souffrez en ce moment ? je le vois qui lève les yeux au ciel. John, parlez moi.
- C'est vrai, je ne vais pas bien en ce moment.
- C'est à cause de ce que je vous ai dit ?
- Non ... oui ... un peu ... ce n'est pas ce que vous avez dit mais le moment où vous l'avez dit. J'étais en pleine détresse, j'avais besoin d'un ami et vous m'avez envoyé balader. Je venais de recevoir une très mauvaise nouvelle de la Terre. Il ferme les yeux et inspire longuement. Je venais d'apprendre que ma femme venait de mourir (1).
- Ta ... votre femme ? mon monde s'écroule, j'observe mon ami, je réalise que mon coeur avait battu pour un homme marié, je comprends maintenant sa tristesse dans la voix quand il chantait « I swear ». Ce n'était pas pour moi qu'il chantait sa chanson mais pour elle. Je suis désolé.
- Merci. En vérité c'était mon ex-femme, mais un lien trés fort nous unissait, nous étions restés amis. Ca me fait bizarre de me dire que je ne la reverrai plus jamais.
Il ferme les yeux mais j'ai bien vu que les larmes menacent de couler. Il se lève et s'appuie contre la balustrade, j'ai envie de le rejoindre. Alors, je mets le frein à mon fauteuil, je mets mes paumes sur les accoudoirs et avec le peu de force que j'ai dans les bras je me soulève. Je suis presque debout, il faut juste que je trouve mon équilibre et ... oh non ! Merde !
- Rodney !!! Je sens des bras qui m'entourent, John m'a rattrapé à temps avant que je ne tombe. Tu es complètement fou d'essayer de te lever tout seul !
- Je voulais venir te rejoindre. Je sens qu'il essaye de me réinstaller sur le fauteuil. Non, attends, laisse moi debout quelques minutes.
- D'accord, mais je te tiens.
- Je veux juste faire ce que je n'ai pas fait l'autre jour. Hug me. Je pose une main dans son dos et une autre sur sa nuque, je rapproche nos deux corps, je me colle à lui, il pose son menton sur mon épaule. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi, mais je te jure que ça va changer. Si tu veux me parler de jour comme de nuit, tu pou...
Je m'arrête figé sur place. Je viens de sentir quelque chose, un mouvement au niveau de l'entrejambe, pas de mon côté, mais du côté de John. Nan ! C'est pas possible ! C'est mon imagination. Je le sens qu'il se décolle un peu de moi, son menton quitte mon épaule, maintenant il me regarde en se pinçant les lèvres comme un gamin pris en faute. J'ouvre la bouche pour parler mais aucun son ne sort, je le regarde dans les yeux. Oups, j'ai eu tort. C'est au tour de John d'être étonné, quand il sent que j'ai le même problème. Nous nous mettons à rire.
- Bon, qu'est ce qu'on fait maintenant ? me demande John.
- Je ne sais pas.
- Toi, le brillant scientifique tu ne sais pas ?
- Je suis astrophysicien ...
- Et bien, je crois qu'on va y aller doucement ... Humph !
Il n'a pas le temps de finir sa phrase que je capture déjà ses lèvres, je force un peu le passage et nos langues se rencontrent pour la première fois. Nous nous séparons à bout de souffle.
- Euh ... quand je disais y aller doucement, je voulais dire rentrer chacun dans nos quartiers.
- Oh ! je baisse la tête, déçu. Mais John attrape mon menton et me force à le regarder.
- Tu as peut être mal compris mes propos mais j'en suis heureux. Je ne pensais pas que tu allais prendre des initiatives. Il m'embrasse doucement sur les lèvres. Il va falloir qu'on fasse très attention, j'ai une carrière à protéger.
- Je sais, et moi j'ai un statut de chef à garder. On va y aller doucement ... dans notre relation je parle, parce que je n'ai aucune expérience avec un homme.
- Moi non plus.
- John ?
- Oui ?
- Tu peux m'aider à m'asseoir ? Je fatigue.
- Bien sûr. Je te raccompagne à ta chambre ?
oOo
Nous sommes tous les deux dans Jumper 7 et nous ... batifolons pour ne pas dire autre chose. Voilà deux mois que notre histoire a commencé, nous jouons bien la comédie devant nos amis mais une fois seuls ... Wow ! Nous sommes donc dans le Jumper quand soudain un coup et un cri se font entendre. Nous nous relevons rapidement et regardons dehors.
- Merde ! Zelenka ! Il s'est assommé je crois.
Mon cher confrère est couché par terre, dans les vapes. John me tape sur l'épaule et me montre quelque chose. Nous voyons Teyla sortir en courant d'un autre Jumper, suivit de près par Hunter qui remet sa chemise dans son pantalon.
- Alors ça ! Il nous a caché cette relation.
- Silence John, il vient par içi.
- Arrête, il ne va pas nous entendre.
Hunter se penche sur le corps de Zelenka, prend son pouls et regarde autour de lui. Il s'avance avec les mains devant et touche notre Jumper. Il tape dessus et met ensuite ses mains sur ses hanches.
- Les gars, vous devriez faire ça ailleurs, nous dit-il.
- Merde, merde, merde, on est découvert, dis je en remettant mon t-shirt.
John appuie sur un bouton et le Jumper redevient visible. Hunter fait le tour et entre dans le vaisseau une fois le sas arrière ouvert.
- Mais qu'est ce que vous faites ? Vous n'êtes pas prudent les gars.
- Désolés, disons nous en coeur.
- Bon, sortez d'içi avant que Radek ne se réveille, je lui expliquerai que j'étais avec quelqu'un et que j'avais mis le Jumper en mode furtif.
- C'est presque la vérité, dis je. On t'a vu avec Teyla et ...
- Sors d'içi et pas un mot sur mon histoire avec ta coéquipière. On aimerait que ca reste secret.
- Oui, mais ...
- Dégage !
John m'attrape le bras et nous courons vers la sortie. Hunter est le seul à être dans la confidence, il l'a su dès le lendemain de mon premier baiser avec John. Il ne m'a pas jugé, il m'a même félicité.
Je regarde une dernière fois vers Hunter qui est retourné vers Zelenka. Je lui souris. Grâce à lui j'ai trouvé un autre ami militaire, et même plus qu'un ami. Merci Rick.
Fin.
(1) The Queen of Deathfic !!! c'était pas prévu au départ. lol.
